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19/03/2007

Les dix commandements de GABRIEL RINGLET

Il est l'un des piliers de l'UCL depuis de nombreuses années. Homme de foi passionné par la communication et prof apprécié de tous, Gabriel Ringlet nous a fait l'honneur de répondre à nos questions.

GUIDO: D'où vous est venue l'envie de devenir professeur à l'université?
Gabriel Ringlet : Avec une maman professeur de mathématique dans le secondaire, j'ai toujours vu défiler beaucoup de profs à la maison… Très jeune déjà, je regardais ce métier avec sympathie. D'autant plus que cette maman donnait cours à la fois à des élèves de l'enseignement général, du technique et du professionnel. Une performance de vulgarisation! Cependant, je rêvais aussi de devenir journaliste. Donc, devenir professeur de journalisme en ayant pratiqué la presse écrite dans un quotidien durant 19 ans, c'était vraiment l'heureuse synthèse, une synthèse inattendue.

I. Renoncer, mais persévérer

GUIDO: Quels sont les cours que vous donnez encore aujourd'hui aux étudiants?
Gabriel Ringlet : Pendant longtemps, j'ai enseigné la presse écrite, à la fois via des cours théoriques et au travers de séminaires et d'ateliers pratiques. Devenu vice-recteur et puis prorecteur, j'ai dû renoncer à toute la partie pratique qui me plaisait pourtant beaucoup. J'ai quand même toujours voulu garder un cours théorique. Je donne aujourd'hui un enseignement intitulé "Presse, journalisme et société".

II. Interroger l'étudiant au cœur de son identité

GUIDO: Privilégiez-vous plutôt les cours "ex cathedra" ou en petits groupes?
Gabriel Ringlet : Je n'oppose pas le cours "ex cathedra" et le cours en petits groupes. Ce sont deux démarches très différentes, complémentaires. Le cours magistral, si on veut qu'il "passe", suppose beaucoup de vivacité, de diversité, de rythme. Il a un côté théâtral au sens – je l'espère! – le plus noble du terme. Le cours ou séminaire en petits groupes permet une relation beaucoup plus personnelle et ose interroger l'étudiant jusqu'au cœur de son identité. L'idéal est vraiment de rencontrer les mêmes étudiants dans les deux démarches.

III. Être au croisement de plusieurs disciplines

GUIDO: Quel souvenir gardez-vous de votre parcours universitaire diversifié (ndlr: romanes, philo, théologie pour se terminer avec un doctorat en communication)?
Gabriel Ringlet : Je garde un excellent souvenir de mes propres études et je considère cela comme une chance exceptionnelle d'avoir fréquenté plusieurs facultés et de m'être toujours trouvé au carrefour de plusieurs disciplines. D'autant plus que j'ai eu la chance de suivre – en bonus! – de l'hébreu à l'Université de Liège.

IV. Privilégier un folklore qui élève l'étudiant

GUIDO: Et sur le plan social?
Gabriel Ringlet : Comme théologien, je fréquentais un cercle. J'ai le souvenir de rencontres "clandestines" dans les caves d'un café de Leuven… Je crois au folklore étudiant quand il élève, quand il élargit l'étudiant, le fait grandir, le rend plus complet, plus humaniste. Mais je déteste le faux folklore qui abaisse, humilie et fait régresser.

GUIDO: Comment établiriez-vous le profil de l'étudiant actuel?
Gabriel Ringlet : L'étudiant-type n'existe pas. Il y a DES étudiants. Et chacun est unique. Il n'empêche… Aujourd'hui, beaucoup me paraissent trop "sages", trop centrés sur les seuls cours. Mais peut-être est-ce dû à un trop grand volume de matières. Sûrement.

V. Siffler le premier ministre

GUIDO: Pensez-vous qu'il existe encore aujourd'hui un engagement étudiant tel qu'il existait auparavant?
Gabriel Ringlet : Je crois toujours à l'engagement étudiant. Que l'étudiant prenne position face à l'actualité, qu'il alimente le débat d'idées. De mon temps, les premiers ministres successifs ou les ministres des affaires étrangères venaient débattre dans les universités avant d'aller au Parlement. Et nous étions des centaines à discuter, applaudir ou siffler! On en est un peu loin. Mais les engagements prennent d'autres chemins, parfois très concrets: l'attention, par exemple, à des situations de détresse, l'engagement pour l'environnement, etc.

VI. Garder le feu sacré

GUIDO: Cela fait maintenant un certain temps que vous donnez cours. Vous n'avez jamais eu envie de jeter l'éponge?
Gabriel Ringlet : Ah là, franchement, je peux vous assurer que le feu existe toujours. Peut-être même plus qu'au départ! J'ai comme l'impression que cette "brûlure" ne cesse de grandir…

GUIDO: Vos cours n'ont-ils jamais été perturbés d'une quelconque façon?
Gabriel Ringlet : Le chahut, je ne le supporterais pas. Je ne l'ai jamais connu. Donner cours est tellement exigeant que j'ai besoin de la plus grande attention. Les étudiants aussi à mon avis!

VII. Oser exprimer sa fragilité

GUIDO: Comment faire selon vous pour être un bon prof d'unif?
Gabriel Ringlet : Il faut dominer sa matière, évidemment. Ça ne veut pas dire tout savoir. Un étudiant peut apporter un éclairage très pertinent, donner une interprétation à laquelle vous n'aviez pas pensé. J'ajoute que le prof doit dire "je" et donc oser exprimer sa fragilité. Les mauvais profs jouent la "toute puissance" pour se protéger eux-mêmes. Quel dommage pour les étudiants!

VIII. Jeter des ponts

GUIDO: Quels seraient les conseils que vous donneriez aux étudiants afin qu'ils passent avec succès votre examen?
Gabriel Ringlet : C'est tout simple! Et je leur répète tout le temps: jeter des ponts. Relier les chapitres, voir le fil rouge qui traverse un cours. Et ne surtout pas lire comme un cul-de-jatte! Autrement dit, se battre avec la matière, la boxer, la labourer et chercher le souffle, même dans le paragraphe le plus aride.

IX. Encourager la relation entre l'université et son environnement

GUIDO: Après avoir été recteur à l'UCL, vous voici prorecteur. En quoi consiste cette fonction?
Gabriel Ringlet : Comme prorecteur, je suis chargé de la culture, de la communication et des relations avec les Régions. Je me sens en très grande proximité avec ces domaines. Ils me correspondent vraiment. La communication, c'est, en principe, mon métier. La culture, la relation avec les écrivains, les artistes, les créateurs d'imaginaire… voilà un domaine qui touche au sens-même de l'université, à son identité. Quant aux Régions, là aussi je me sens sur un terrain familier puisque je n'ai cessé d'encourager la relation entre l'université et son environnement.

X. Jongler avec les différentes fonctions

GUIDO: Toutes ces responsabilités, n'est-ce pas trop pour un seul homme?
Gabriel Ringlet : C'est beaucoup trop tout ça! Et en plus, donner cours… Donc c'est difficile, oui, très difficile. Mais vital. Je ne serais plus moi-même si je renonçais à donner cours, à lire des poètes, à rencontrer des cinéastes, des chanteurs… Le piège des responsabilités politiques, gouvernementales, c'est de ne plus parler sa propre parole. Un de mes maîtres, le Père Lucien Guissard, ancien rédacteur en chef de La Croix de Paris , m'a invité à ne jamais tomber dans ce piège. Quoi qu'il arrive, me disait-il, et quelles que soient vos responsabilités, ne cessez jamais de lire, d'écrire… Jusqu'à présent, j'ai tenu parole…

(SD)


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