Interview exclusive de CLARA MORGANE
Après une incartade remarquée dans le milieu du X, Clara Morgane a décidé de changer de vie et de se lancer dans la chanson en sortant
Déclarations, un album aux sonorités R&B, pop et électro.
C'est à Paris que nous avons eu la chance de discuter avec la très charmante demoiselle.
GUIDO: Tu as fait la tournée des clubs cet été…
Clara Morgane : C'était la première fois que je m'y produisais en tant que chanteuse. Avec mes danseuses, on a un petit show de cinq chansons qui a été imaginé par un chorégraphe et qui a tourné pendant tout l'été. J'ai vraiment apprécié cette période. Au total, on a fait une cinquantaine de dates, ce qui est pour moi la meilleure façon d'apprendre la scène.
Un rêve de petite fille
GUIDO: Avais-tu un stress particulier à chanter pour la première fois en public?
Clara Morgane : Le plus étonnant, c'est que la première fois que je me suis produite en public, c'était devant la presse et les professionnels. C'était donc assez compliqué pour moi. J'en garde d'ailleurs un souvenir assez flou. J'ai juste essayé de faire au mieux, mais je dois quand même avouer que c'était pas ma meilleure prestation ( rires ) et que depuis, j'ai fait mieux. C'était assez dur de faire ses premiers pas devant les gens du métier.
GUIDO: Comment t'est venue l'idée de te lancer dans la musique?
Clara Morgane : C'est un peu un rêve de petite fille, ce qui n'est pas très original puisque beaucoup de jeunes filles ont les mêmes aspirations. Il y a trois ans, j'ai commencé à faire de la musique en faisant des bœufs avec des gens issus de la scène R&B. J'ai également commencé le piano et à apprendre la musique. J'ai compris que c'est quelque chose dont on ne venait jamais à bout dans l'apprentissage. Ensuite, je me suis demandé ce qui était le plus important pour moi et la musique s'est imposée d'elle-même. J'ai préparé une chanson ( J'Aime ) avec Lord Kossity qui a plu à Sony qui m'a permis de me lancer dans l'aventure.
GUIDO: La sortie d'un premier album doit forcément amener avec elle une certaine appréhension.
Clara Morgane : En tant qu'artiste, tu as toujours peur lors de la sortie d'un nouveau disque. Il est impossible d'être intouchable. Tous les artistes peuvent devenir ringards ou has been en un seul album. Il faut donc être très prudent. Pour rencontrer le succès, je pense qu'il faut qu'une alchimie se produise entre les mélodies, les textes, l'image et la relation avec le public.
GUIDO: Jusqu'où t'es-tu investie dans la réalisation de Déclarations , ton premier album?
Clara Morgane : J'y ai investi tous mes jours, toutes mes nuits, toutes mes pensées, toute ma vie, privée ou professionnelle! Ça a pris toute la place dans ma vie au cours des deux dernières années. J'ai écrit les textes, me suis entourée des personnes que je voulais, si bien que je peux vraiment dire que c'est mon propre album. Cet album était l'occasion pour moi de parler de choses qui me tenaient vraiment à cœur.
Attendue au tournant
GUIDO: Au vu de ton "ancienne vie", on imagine le nombre de détracteurs prêts à t'attendre au tournant.
Clara Morgane : Quand on vient d'autre part, quand on a fait d'autres choses auparavant, il est difficile de s'imposer et d'expliquer qu'on est capable de faire plein d'autres choses. Ce qui me gêne le plus, c'est que certaines personnes ne veulent carrément pas entendre ce que je fais. Ce qui prouve le niveau de fermeture d'esprit de quelques personnes. Mais le contraire est aussi vrai: certains veulent l'entendre parce que c'est moi! Ce qui est aussi un peu gênant parfois!
GUIDO: La France est un peu cloisonnée. Une fois que tu fais quelque chose, tu as parfois cette étiquette qui te colle à la peau.
Clara Morgane : Personnellement, je n'ai jamais fonctionné comme ça et j'ai toujours fait plein de choses au cours de ma vie. J'ai fait moins d'un an dans le cinéma X, je suis ensuite passée à la présentation, je suis devenue égérie d'un magazine, j'ai créé ma ligne de lingerie avant de me lancer dans la musique. J'ai fait beaucoup de choses et je ne veux pas me résigner à ne faire qu'une seule chose. Le principal pour moi, ce n'est pas que les autres m'acceptent forcément, mais c'est plutôt d'être heureuse et de me réaliser en tant que femme. Peu importe donc finalement.
GUIDO: Si tout cela n'était pas arrivé, où penses-tu que tu serais en ce moment?
Clara Morgane : Je n'en sais rien du tout. J'avais entamé un BTS en action commerciale, mais sans savoir où cela allait me mener. Tout ce qui m'est arrivé n'était pas prévu au départ. Je suis montée à Paris pour réaliser un fantasme. Un coup de gueule qui a duré plusieurs mois mais qui s'est vite arrêté ( ndlr : son passage dans le cinéma X ). Une façon de dire «Ta gueule!» à tout le monde parce que j'avais envie de sentir que ma vie m'appartenait. J'avais ce besoin à une époque, qui n'est plus du tout le même aujourd'hui.
GUIDO: Le showbiz est quand même un monde de paillettes…
Clara Morgane : Non! (rires) Au quotidien, pas du tout. Tout ces artifices n'ont pas vraiment d'importance. Ce qui compte pour moi, c'est de me réaliser en tant qu'artiste. Je suis quelqu'un qui ne sort pas, qui ne fait pas la fête, je préfère rester avec mes amis à faire de la musique plutôt que de vivre dans les paillettes.
S'installer en Belgique
GUIDO: Qui dit célébrité dit perte de l'anonymat. Est-ce quelque chose de dérangeant au quotidien?
Clara Morgane : Le métier d'artiste passe forcément par la médiatisation, on ne peut pas faire autrement. Je dois avouer que c'est quelque chose qui ne me plaît pas forcément. Quand on est en représentation, quand on chante ou quand on fait des photos, on ne pense qu'à faire son métier et à réaliser ses passions. Par contre, quand on est dans la rue ou que l'on fait des courses, on ne le voit pas de la même façon. Bon, je ne vais pas me plaindre non plus, c'est le prix à payer, j'ai envie de dire, le revers de la médaille. Ça me dérange un peu, mais il y a des gens qui ont du mal à comprendre qu'on a tous une vie privée. C'est un peu comme si on leur devait quelque chose. Ce qui est compliqué à gérer au quotidien. Pourtant, on ne peut pas ne pas être content que les gens vous aiment et viennent vous le dire. Etant donné que j'aime passer inaperçue au quotidien, c'est un peu difficile à gérer.
GUIDO: En Belgique, on n'a pas de magazines people comme Voici , Public ou Closer …
Clara Morgane : Ah, vous avez de la chance! (rires)
GUIDO: Contrairement à la France où les paparazzi sont légion et n'épargnent pratiquement personne.
Clara Morgane : C'est insupportable. On donne tellement de nous au quotidien, durant les concerts, les interviews qu'on a l'impression qu'on nous vole ce qu'il nous reste d'intimité. Par exemple, après un week-end de vacances avec mon amoureux, j'ai fait la couverture d'un magazine. C'est une situation pas très évidente. Je n'ai pas souvent le temps de m'échapper quelques jours au milieu d'un planning chargé et le seul moment que l'on a entre nous, on nous le vole. Malgré toute la passion que j'ai pour ce métier, je me pose toujours la question de savoir si cela en vaut vraiment la peine en quelque sorte.
GUIDO: Tu es l'une des femmes les plus sexy de France, et aussi l'une des plus appréciées, autant par les hommes que par les femmes paradoxalement. A quoi cela est-il dû selon toi?
Clara Morgane : J'ai toujours essayé de me montrer telle que j'étais, c'est peut-être pour cette raison que l'on m'apprécie autant. Quand on est sincère, on ne peut pas vraiment nous détester, à moins d'être détestable! Mais, il y aura toujours des gens pour vous détester, partout…
GUIDO: Pas en Belgique en tout cas, on est plutôt cool ici!
Clara Morgane : Ben, je vais venir habiter chez vous alors! Pas de paparazzi et que des gens cool! (rires)
(SD)