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08/11/2007

Interview de Mathias El Berhoumi (PRÉSIDENT DE LA FEF)

Au cours de cette année académique, nous avons décidé de rencontrer les personnes les mieux placées pour décider du présent et du futur des étudiants.

Deuxième personne rencontrée dans le cadre de cette nouvelle série d'interviews, Mathias El Berhoumi, nouveau président de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF).

GUIDO: Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, pourrais-tu expliquer en quoi consiste la mission de la FEF?

Mathias El Berhoumi : Les missions de la FEF sont diverses: au niveau politique, on essaie de faire avancer certains droits des étudiants, de défendre les étudiants au niveau communautaire. On a donc forcément des contacts réguliers avec le monde politique, au niveau communautaire donc, mais aussi au niveau du régional et du fédéral, vu que certains de leurs dossiers concernent en premier lieu les étudiants. Deuxièmement, on informe également les étudiants de leurs droits. Ensuite, il faut savoir qu'on représente les étudiants par l'intermédiaire de conseils étudiants locaux. On essaie donc d'aider le mieux possible ces associations en leur donnant tous les outils afin qu'elles connaissent mieux les droits à défendre.

Beaucoup de sollicitations

GUIDO: Quel a été ton parcours avant d'être nommé président de la FEF?
Mathias El Berhoumi
: J'ai d'abord été président du CAU à Saint-Louis en 2003-2004. Ensuite, étant donné que je me suis retrouvé à l'UCL, j'ai continué mon parcours au sein de l'AGL. C'est alors que je me suis décidé à tenter l'aventure communautaire en me présentant aux élections de la FEF.

GUIDO: Vu que tu es étudiant à Louvain-la-Neuve et que les bureaux de la FEF se situent à Bruxelles, comment comptes-tu t'organiser?

Mathias El Berhoumi : Il est clair que c'est un boulot qui me prend beaucoup de temps. Pendant les vacances, alors que c'était censé être la période creuse, on a déjà pas mal travaillé. On est sollicité autant par la presse que par les conseils étudiants qui se posent des questions. Il faut donc être partout tout en continuant d'être étudiant, c'est-à-dire en essayant de réussir son année et avoir encore une vie sociale! (rires)

GUIDO: On a l'impression que les actions de la FEF passent parfois au-dessus de la tête des étudiants…
Mathias El Berhoumi
: En effet. On a un énorme rôle à jouer. Il faut informer les étudiants de ce qu'on fait concrètement. C'est une chose de dire que les étudiants ont droit à certaines choses et de se convaincre de les défendre jusqu'à un certain point, mais il faut aussi voir si ce qu'on défend, c'est aussi ce que veulent les étudiants. Il faut donc essayer de ne pas se planter et proposer des choses que la grande majorité des étudiants ne veulent pas. On essaie donc d'être au plus proche des étudiants.

GUIDO: Quels sont vos rapports avec la Ministre Simonet, en charge de l'Enseignement Supérieur en Communauté Française?
Mathias El Berhoumi
: En dehors des oppositions que l'on peut avoir, les rapports humains restent bons. Même si elle est très sympathique, on reproche beaucoup de choses à sa politique qui n'est pas encore assez engagée selon nous, sur les allocations d'études, la promotion de la réussite, le processus des fusions, le refinancement, …

Une université accessible à tous?

GUIDO: Quelles sont les revendications qui te tiennent le plus à cœur pour cette nouvelle année académique?
Mathias El Berhoumi
: En premier lieu, je dirais la politique de la promotion de la réussite. Actuellement, on a un taux d'échec énorme en Communauté Française en première année. C'est une vraie boucherie! Il serait temps un jour de proposer des mesures fortes pour lutter contre ça. Le taux d'échec coûte plus cher à la Communauté Française que de lutter contre le taux d'échec. Ensuite, le numerus clausus est un dossier dont on parle depuis longtemps mais qui n'avance toujours pas. Il faut savoir que cette année il y aura la première génération de l'ancien système (de la Ministre Dupuis) qui va   connaître ce système de numerus clausus après les sept années d'études. On leur a donc laissé faire leurs études et certains d'entre eux ne sont pas sûrs d'obtenir un numéro Inami et donc d'exercer leur profession de médecin. C'est un dossier qui doit avancer cette année, si on n'obtient pas de loi pour changer cela, on risque de ne pas être content! Troisièmement, il y a beaucoup de pistes à proposer concernant le dossier du coût des études, en ce qui concerne le logement, le transport, les droits d'inscription, …

GUIDO: Est-il vraiment possible de proposer une université accessible à tous?
Mathias El Berhoumi
: Evidemment. Il existe des pays dans lesquels l'enseignement supérieur est très proche de la gratuité. Vu que l'un de nos collaborateurs est grec, on prend souvent l'exemple de la Grèce qui arrive à proposer un enseignement gratuit au niveau des minervals, des syllabus, … Dans beaucoup d'autres pays, on mène une politique à ce niveau-là, ce qui est logique puisque les étudiants n'ont pas de salaire et dépendent souvent uniquement de leurs parents. Ce qui revient à dire que l'on donne plus de chances à ceux dont les parents ont de l'argent. Il y a moyen de financer ce genre de politique, mais évidemment il faut le vouloir, ce qui est autre chose…

GUIDO: On a beaucoup parlé du processus de Bologne au cours des années passées. Quels sont selon toi les avantages et les inconvénients de ce système?
Mathias El Berhoumi
: Un des premiers buts avancés de cette réforme était de favoriser la mobilité des étudiants. A priori donc, nous on était plutôt pour ce genre de changement qui permet aux étudiants de plus voyager. La reconnaissance des diplômes était aussi un avantage non négligeable. Evidemment, il y a aussi des points plus négatifs: on a en effet peur qu'à terme, ce système installe un climat de concurrence entre les établissements. C'est en gros notre position sur la question. Mais, c'est un problème tellement énorme qu'il faudrait encore en parler pendant des heures!

GUIDO: Est-ce que cela te tenterait de t'investir en politique après ton mandat à la FEF?
Mathias El Berhoumi
: Je vais d'abord tenter de finir cette année et ensuite on verra! Je suis encore assez jeune et je ne me pose donc pas encore ce genre de questions. Il y a en effet beaucoup d'anciens membres de la FEF qui ont terminé dans le monde politique. Mais il y en a aussi beaucoup qui n'ont pas choisi la politique! A l'heure actuelle, je ne ferme aucune porte. En fait, on a des contacts très comiques avec les hommes et femmes politiques: On est des observateurs et on n'est membre d'aucun parti, ce qui nous permet de pouvoir critiquer tout le monde. On verra bien plus tard si je veux entrer ou non en politique, 21 ans, c'est encore jeune pour penser à ça!

(SD)


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