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21/01/2008

BERNARD COULIE: Président de l'Académie Louvain et Recteur de l'UCL

Troisième personne rencontrée dans le cadre de cette nouvelle série d'interviews, Bernard Coulie, le Recteur de l'UCL à la présidence de l'Académie Louvain jusqu'à la fin de l'année.

Un rythme soutenu

GUIDO: Quelles sont les principales fonctions qui incombe au Recteur d'une université?
Bernard Coulie
: C'est un métier incroyablement chargé, sept jours sur sept, du matin au soir. Le boulot de Recteur d'une grande université comme l'UCL est très varié parce que cela implique deux métiers, un métier tourné vers l'interne (la coordination de toutes les actions de l'université, la responsabilité du développement urbain en partenariat avec la ville) et un autre métier externe (les rencontres avec les autres Recteurs, le monde politique, le monde économique pour nouer des contacts et présenter son université afin de la défendre au mieux). En plus de cela, il faut aussi essayer de s'accorder du temps pour faire de la stratégie, avoir une vision à long terme et implémenter un plan de réforme. Tout cela est assez complexe, je dois le reconnaître.

GUIDO: Quelle est la principale mission de l'université?
Bernard Coulie
: Une université a deux principales missions: la formation des jeunes (l'enseignement) et la création de connaissances (la recherche). Il y a d'autres institutions qui font de l'enseignement et d'autres institutions qui font de la recherche, comme les entreprises par exemple. Mais il n'y aucune autre institution que l'université où l'on fait les deux et où l'enseignement est nourri par la recherche. C'est donc là que se situe la spécificité de l'université, une spécificité qu'il faut garder à tout prix.

GUIDO: Y a-t-il des choses auxquelles vous ne vous étiez pas attendu dans la fonction de Recteur?
Bernard Coulie
: Je savais que cela serait très prenant, mais ça l'est encore plus que je ne le croyais! Le rythme est très soutenu, il faut donc réagir très vite aux nouveautés de tous les jours. Il n'y a vraiment pas le temps de souffler. Si on accumule du retard, on n'a plus le temps de souffler.

GUIDO: Vous avez certainement des contacts fréquents avec certaines associations étudiantes…
Bernard Coulie : J'ai des contacts institutionnels avec les responsables étudiants, qui sont toujours un peu biaisés par le fait que je suis Recteur et eux représentants des étudiants. Il y a toujours un non-dit et ce n'est jamais aussi franc que je le voudrais. ça fait partie du système: dès que deux personnes qui ont des fonctions différentes se rencontrent, le dialogue n'est plus tout à fait naturel.

GUIDO: Est-ce que vous avez encore l'occasion de donner cours actuellement?
Bernard Coulie
: Non. Quand je suis devenu Recteur, j'ai décidé de ne plus donner cours. Parce que je savais que ce serait un job à temps plein et parce que je pensais que ce ne serait pas honnête vis-à-vis de mes étudiants de déplacer tous mes cours à cause de réunions importantes. Ce n'était donc pas un service à leur rendre. Cependant, après trois ans, donner cours me manque beaucoup plus que je ne le pensais et je réfléchis très sérieusement à reprendre un enseignement, même minime, l'année prochaine.

Une révolution complète de l'enseignement supérieur

GUIDO: Vous êtes donc cette année à la tête de l'Académie Louvain. En quoi cette responsabilité diffère-t-elle de votre quotidien de Recteur de l'UCL?
Bernard Coulie
: Je suis en effet à la présidence de l'Académie cette année, vu que c'est une tournante entre tous les recteurs des universités de l'Académie Louvain (ndlr : l'Académie Louvain rassemble les universités suivantes: UCL, FUNDP, FUCaM et FUSL). En plus du travail de Recteur de l'UCL, je suis en charge de la coordination de l'Académie, du suivi, de l'organisation de réunions, etc …

GUIDO: Quels sont selon vous les principaux avantages d'une telle fusion entre quatre grandes universités?

Bernard Coulie : Pourquoi s'est-on lancé dans ce grand projet de fusion? Pas pour grandir pour le plaisir de grandir, mais dans notre contexte à nous (Communauté Française, Belgique, Europe), il est vraiment important de mieux nous positionner sur le plan international. C'est donc pour cette raison qu'il est intéressant de se mettre ensemble, de mettre nos moyens ensemble vu qu'on est très mal financés.

GUIDO: On a beaucoup parlé de la réforme de Bologne. En quoi cette réforme a-t-elle changé le visage de l'université?
Bernard Coulie
: La réforme de Bologne a vu les universités modifier leurs programmes en remplaçant les candidatures et les licences par les Bachelor et les Master . Mais, Bologne, ce n'est pas que ça. Le vrai système de Bologne, c'est l'ouverture de notre petit marché local à un vaste espace européen de l'enseignement supérieur. C'est une modification fondamentale dont on n'a pas encore senti tous les effets. Les conséquences de Bologne vont se ressentir de plus en plus au cours des années. On observe déjà actuellement des flux importants d'étudiants. On est donc face à un bouleversement colossal en termes de mobilité étudiante, de concurrence aussi. On est parti pour une révolution complète de l'enseignement supérieur. Le problème, c'est qu'on ne sait pas toujours ce qui va arriver. Il faut donc être prêt, mais on ne sait pas à quoi!

(SD) 

Son avis sur…

- Le numerus clausus en médecine

« Sur le plan du principe, en tant que Recteur, je ne peux pas être pour le numerus clausus. L'université doit en effet accueillir tous ceux qui ont envie de faire des études et leur donner les moyens d'acquérir des compétences. Dans le même temps, une université ne vit pas sur une île déserte ni dans un monde désincarné: nous sommes une université de la Communauté Française, de Belgique. On est donc au service de la collectivité qui se donne des règles (par exemple le numerus clausus). Sur le principe, je suis donc contre, mais je n'ai pas d'autre choix que de l'appliquer. J'espère qu'on va trouver d'autres solutions parce qu'on voit bien qu'on manque de médecins généralistes et spécialistes. Ce n'est donc pas défendable de dire qu'on forme trop de médecins, ce n'est pas vrai. »

- Le taux d'échec en première année

« La première chose à dire, c'est que le taux d'échec en première année n'a pas varié, il est le même depuis 20, 30 ou même 40 ans. Cependant, il est bon aussi de dire qu'il y a plus de jeunes qui sortent avec un diplôme universitaire qu'avant vu que les inscriptions augmentent avec les années. Il y a beaucoup d'actions organisées pour favoriser la transition entre le secondaire et l'université: la prise en charge, les monitorats, les conseillers aux études, les tuteurs, … Si on se veut se montrer optimiste, on peut se dire que si on ne le faisait pas, ce serait encore pire. J'ai lu quelque part qu'il y avait 45% d'échec en première année, mais que 80% des jeunes qui commençaient un jour l'université finissaient avec un diplôme de l'enseignement supérieur. »

- La gratuité de l'université

« Ce n'est en effet pas impossible, même si cela peut me paraît assez démagogique. Dans une université comme la mienne, le minerval représente 3% de nos recettes. On ne vit donc pas là-dessus. Il suffirait donc que les pouvoirs publics financent 3% de plus et ça pourrait être gratuit. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne manière de poser le problème. Personnellement, j'ai toujours plaidé pour un minerval différencié, selon les revenus. Ensuite, peut-être que payer, ça responsabilise. La gratuité, je ne suis donc pas certain que ce soit culturellement une bonne idée et que cela résolve le problème de la réussite en première année, par exemple. »


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