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13/03/2008

DANY VINCE: "La mobilité, c'est la rencontre de l'autre"

Au cours de cette année académique, nous avons décidé de rencontrer les personnes les mieux placées pour décider du présent et du futur des étudiants. Nouvelle personne rencontrée dans le cadre de notre spécial 'Voyages': Dany Vince, le président du Conseil Supérieur de la Mobilité Etudiante.

GUIDO: Pourriez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste le Conseil Supérieur de la Mobilité Etudiante?
Dany Vince
: Ce Conseil vient de succéder à l'ancienne agence Erasmus et a dès lors une mission plus large que celle-ci dans la mesure où il se doit de gérer l'ensemble des aspects de la mobilité, et non plus simplement la mobilité européenne organisée en collaboration avec la Communauté Européenne. Nous gérons donc aussi Erasmus Belgica ainsi que des nouvelles bourses de mobilité octroyées par la Communauté Française et des programmes en collaboration avec la Région Wallonne pour par exemple des bourses de mobilité pour les enseignants pour leur formation linguistique. Notre mission est donc un peu plus large que la mission antérieure de l'Agence Erasmus.

Bologne et la mobilité étudiante

GUIDO: Pourquoi un tel changement s'est-il produit?
Dany Vince
: Ce changement s'est imposé essentiellement par une demande de la Commission Européenne. Finalement, l'Agence Erasmus avait été créée dans les années 90 de façon totalement informelle. Elle n'avait pas de structure juridique formalisée, c'était une association de fait au départ. Plus tard, la Commission Européenne a demandé une formalisation des structures. Toutes les agences ont donc été rassemblées en une unité qui se doit d'harmoniser les procédures.

GUIDO: On parle de plus en plus de mobilité étudiante. Quels sont concrètement les moyens mis en œuvre pour favoriser celle-ci?
Dany Vince
: Il faut distinguer deux niveaux de la mobilité: la mobilité étudiante, mais aussi désormais de plus en plus de programmes qui se développent au niveau de la mobilité des enseignants. Cependant, la partie plus importante reste encore aujourd'hui la mobilité étudiante. Les incitants à la mobilité, ce sont évidemment les bourses de mobilité qui sont octroyées aux étudiants qui partent. Il faut aussi savoir que nous subsidions, nous vérifions que les étudiants répondent aux différents critères de la mobilité, mais il y a une décentralisation importante de la gestion étant donné que ce sont les établissements qui déterminent l'octroi des bourses. Le choix des étudiants qui partent relève de la responsabilité des établissements. Il y a donc une très grande décentralisation.

GUIDO: Un des buts avoués de la réforme de Bologne était de favoriser la mobilité entre les universités. Est-ce que cela se vérifie dans les chiffres?
Dany Vince
: C'est encore trop tôt pour que cela se marque dans les chiffres étant donné que l'implémentation de Bologne n'a commencé que l'année passée et que l'effet direct sur la mobilité n'est pas encore apparu. On s'attend néanmoins à une certaine croissance de la mobilité dans les deux années à venir.

Augmenter les bourses Erasmus

GUIDO: Le programme Erasmus vient de fêter ses 20 ans d'existence. Quel bilan peut-on tirer de cet anniversaire?
Dany Vince
: Erasmus a déjà permis une grande mobilité. Au cours de ces 20 années, ce sont plus de 25.000 étudiants qui ont pu profiter de ce programme. On est à l'heure actuelle à une moyenne de 2500 étudiants par an. Cependant, on est toujours à une fraction faible de la mobilité étant donné le nombre d'inscrits dans l'Enseignement Supérieur. Le défi, c'est donc de pouvoir encore plus augmenter cette mobilité au cours des prochaines années étant le trop grand nombre de personnes qui ne partent pas pour le moment…

GUIDO: Pourquoi si peu d'étudiants partent en Erasmus selon vous?
Dany Vince
: Il y a sûrement des facteurs culturels qui entrent en ligne de compte. Mais il y a surtout une offre insuffisante; on rencontre d'énormes difficultés à trouver des établissements d'accueil. Cependant, la principale difficulté, c'est la faible hauteur des bourses à l'heure actuelle (200 euros/mois, ce qui reste insuffisant, surtout pour partir dans des pays où le pouvoir d'achat est extrêmement cher, les pays anglo-saxons par exemple). La mobilité est un véritable enrichissement pour l'étudiant, mais c'est quelque chose qui reste extrêmement cher. L'augmentation des moyens reste donc un des objectifs qu'on doit avoir en ligne de mire.

GUIDO: Un programme d'échange existe également entre les universités belges, connu sous le nom de Erasmus Belgica qui permet, par exemple, à un étudiant wallon de passer un quadrimestre dans une université de Flandre.
Dany Vince
: Le programme Erasmus Belgica est connu et bien utilisé. Mais ce que l'on constate, c'est que, dans beaucoup d'établissements, les étudiants ont tendance à d'abord essayer de partir en Erasmus Belgica et puis en Erasmus. On a donc de plus en plus d'étudiants qui font le cumul entre les deux programmes, en partant au préalable en Erasmus Belgica avant d'opter pour un séjour Erasmus.

La rencontre de l'autre

GUIDO: J'ai lu quelque part que les bourses Erasmus n'avaient pas pu être délivrées en temps et en heure cette année…
Dany Vince
: On a failli avoir un problème, en fait. On a eu un problème de retard, lié à la mise en place de notre structure avec une année de retard. ça a mené un retard dans les versements dans les subventions venant de la Commission Européenne. Ce problème est maintenant résolu, les montants vont nous être versés dans les tout prochains jours (ndlr: interview réalisée au début du mois de décembre 2007) et on vient de signer les conventions avec les établissements. Tout est donc rentré dans l'ordre à présent!

GUIDO: Que diriez-vous à un étudiant peu motivé de partir à l'étranger avec le programme Erasmus?
Dany Vince
: La mobilité, c'est la rencontre de l'autre. Aller voir ailleurs, c'est toujours enrichissant. Un autre élément qui doit être une motivation pour le jeune à l'heure actuelle de partir à l'étranger: c'est la meilleure façon d'apprendre une langue. Incontestablement, tous les étudiants qui partent en mobilité en reviennent avec une ouverture d'esprit beaucoup plus importante. Evidemment, certains étudiants n'ont pas besoin d'un tel programme pour avoir ce type d'ouverture, mais pour d'autres, c'est un plus qu'ils peuvent acquérir par ce biais. A l'occasion d'un sondage effectué dans le cadre des 20 ans du programme Erasmus, on a constaté que leur voyage avait été un plus pour leur carrière professionnelle. Pour les entreprises par exemple, un étudiant parti en Erasmus a déjà fait la preuve qu'il pouvait avoir une certaine forme d'autonomie.  

(SD)


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