LUC GILSON: «C'est quand même un peu flippant de découvrir le professeur le jour de l'examen»
Quel est donc le parcours du Monsieur Tout s'explique de RTL-TVI?
Rencontre avec Luc Gilson, l'une des figures de proue de la chaîne privée pour en savoir plus sur sa vie étudiante de l'époque.
GUIDO: Vous avez fait des études de communication à Louvain-la-Neuve. Etait-ce déjà dans l'optique de devenir journaliste?
Luc Gilson: Pas du tout! J'ai débarqué à Louvain-la-Neuve pour autre chose. Je voulais faire la réalisation à l'IAD. Etant donné que cela n'a pas pu se faire et que j'avais déjà pris un kot à Louvain-la-Neuve, j'ai dû choisir une autre voie et je me suis inscrit dans les mêmes études que mes amis, je pensais que ce serait plus facile, que je pourrais profiter de leurs notes de cours! J'ai donc commencé des candidatures en sciences économiques et sociales, que je n'ai plus quittées bien que j'aie réussi l'examen d'entrée à l'IAD l'année d'après. Le journalisme en soi m'intéressait, mais j'étais quand même plus branché sur la réalisation. J'avais déjà envie de faire de la télé. Faire de la télé, pas dans le sens de passer à l'antenne, mais plutôt de fabriquer des reportages.
Abonné à la photocopieuse
GUIDO: Quel est votre principal souvenir de cette période d'étudiant?
Luc Gilson: J'y ai passé des années extraordinaires. A tel point que je suis même resté une année supplémentaire à Louvain-la-Neuve au terme de mes études. J'étais alors en décalage complet: je partais travailler le matin à RTL alors que mes potes cuvaient encore! Il a donc fallu quitter la ville à ce moment-là!
GUIDO: Louvain-la-Neuve est quand même la ville de la guindaille, on suppose donc que vous n'y avez pas échappé!
Luc Gilson: Je sortais beaucoup en effet, j'aimais faire la fête. Je n'allais donc pas à tous les cours. Malgré tout, j'étais très bien organisé. Je prenais les résumés des autres que j'étudiais, je faisais même des échanges de résumés, c'est-à-dire que je photocopiais les notes de cours de certaines personnes que j'échangeais contre d'autres résumés. Ce qui m'a parfois joué des tours parce que les gens se sont vus proposer leur propre résumé qui tournait dans l'auditoire! (rires) Je passais donc beaucoup de temps à la photocopieuse. Par contre, quand le temps était venu d'étudier plus sérieusement, je bloquais à fond pendant un mois. Ce qui n'est probablement pas la meilleure des méthodes parce qu'on ne retient pas grand-chose à long terme, mais ça m'a plutôt réussi. J'avais même parfois des meilleurs points que les étudiants à qui j'avais pris le résumé!
GUIDO: Comment se passaient les examens?
Luc Gilson: Il m'est arrivé d'aller à des examens desquels je n'avais jamais vu la tête du prof! Ce qui doit encore arriver à beaucoup d'étudiants, je pense. C'est quand même un peu flippant de découvrir le professeur le jour de l'examen, je le reconnais. J'avais parfois peur de ne pas me retrouver dans le bon bureau! Je n'étais donc pas un étudiant modèle. Dès le départ, j'avais plus envie de pratiquer… et de guindailler! Je n'étais pas très assidu.
GUIDO: Que vous ont apporté ces études?
Luc Gilson: Ce genre d'études permet plus une ouverture d'esprit qu'autre chose. Il y a beaucoup de choses que j'ai oubliées, mais toutes ces choses-là m'ont tout de même ouvert l'esprit. C'est là la qualité première de l'université. Ces études ouvrent aussi des portes grâce au stage, ce qui est vachement important dans ce métier..
GUIDO: Justement, ce stage, vous l'avez effectué à RTL, qui depuis ne vous a plus lâché!
Luc Gilson: Oui, ils ne m'ont jamais laissé sortir! Au secours! (rires) C'est le hasard qui a fait que je suis arrivé à RTL. Je suis arrivé un peu en retard à la Bourse des Stages, entre la première et la deuxième licence à l'époque, tout était pris, il ne restait plus que RTL au mois d'août! J'ai donc accepté et j'ai débarqué à la rédaction du journal télévisé. Je me suis très vite pris au jeu. Au bout du cinquième jour, on a commencé à me confier des sujets et après mon stage, ils m'ont offert de travailler à la pige pour eux. C'est de cette façon que ma carrière a commencé.
GUIDO: Quel souvenir gardez-vous de ces premières années au sein de la chaîne privée?
Luc Gilson: Que des bons souvenirs. C'est la meilleure école quand on fait ce métier. Au journal télévisé, il faut travailler dans l'urgence, toucher à tout, dans tous les domaines. Au bout de sept-huit ans, j'en avais fait le tour et j'estimais qu'il était temps de changer d'air.