SOLDOUT: Retour sur un coup de foudre et la naissance d'un duo électrique
A la scène comme à la ville, Charlotte et David forment un couple électrique. Alors qu'ils peaufinent leur troisième album (un premier extrait est déjà en écoute sur Internet), ils offriront à leurs fans la chance de découvrir leurs nouveaux titres en live aux prochaines Francofolies de Spa. L'occasion pour nous de faire le point avec la moitié féminine du groupe sur ses années d'études, période qui a vu la naissance de Soldout.
Charlotte: J'ai choisi de faire mes études à l'ERG (Ecole de Recherche Graphique) à Saint-Gilles. C'était clair, dès mes humanités, que je me dirigerais vers des études artistiques. J'ai quand même décidé de partir un an aux Etats-Unis (à San Francisco) après ma rhéto. Non pas avec un organisme, mais par moi-même. J'ai donc choisi comme matière principale la photo, en ajoutant un cours de chant en option.
GUIDO: Les études à l'américaine sont forcément différentes du cursus européen…
Charlotte: Complètement! Le campus, par exemple, est tellement énorme qu'on se retrouve avec des gens différents à chaque cours. Il n'y a pas de cohésion de classe, de groupe. C'est donc beaucoup plus difficile de s'y faire sa propre place. Ce système individualiste ne m'a pas vraiment permis de me fondre dans cette masse. C'était totalement différent à l'ERG où il y avait davantage de cohésion qui favorisait nettement la recherche et la créativité qui étaient encouragées.
«J'y ai bu le plus grand nombre de bières de ma vie!»
GUIDO: C'est pendant tes études que tu as rencontré David (ndlr: son compagnon et l'autre tête pensant du duo)?
Charlotte: En effet, même si lui n'a pas fait d'études et est entièrement autodidacte. Des amis communs ont organisé notre rencontre, dans un premier temps pour faire de la musique ensemble. On est directement tombés amoureux l'un de l'autre et c'était évident autant pour lui que pour moi que l'on ferait de la musique en couple.
GUIDO: Dans la vie de tous les jours, arrivez-vous parfois à mettre Soldout de côté?
Charlotte: Pas vraiment. Parfois, on aimerait, mais c'est impossible. Même quand on a fini de travailler, il nous arrive tout le temps de continuer à en parler entre nous.
GUIDO: Soldout est né et a explosé pendant tes années d'études. Etait-ce là une situation facile à gérer?
Charlotte: Le premier album est en effet sorti pendant ma deuxième année à l'ERG. Le succès aidant, on a fait de plus en plus de concerts, j'étais donc de moins en moins disponible pour l'école. Les profs se sont montrés indulgents; dans une école d'art, les élèves ont de toute façon tout intérêt à s'intéresser à des projets artistiques en-dehors du cadre des études. J'ai réussi à tout combiner jusqu'à la fin, même si ça a été chaud, notamment au cours de la dernière année.
GUIDO: Es-tu nostalgique de ces années-là?
Charlotte: J'aime bien regarder mes anciens projets de temps en temps. Car je n'ai plus eu l'occasion de faire du graphisme depuis. Je ressors donc ma vieille boite pour les montrer à mes amis. J'en suis assez fière et j'aimerais encore plus développer ces compétences à l'avenir.
GUIDO: Tu étais plutôt une étudiante sorteuse ou studieuse?
Charlotte: Ni l'un ni l'autre! Je me souviens notamment de mes premiers jours à l'ERG. Une de mes copines tenait absolument à ce que je l'accompagne à une activité de recrutement pour le baptême. Je savais très bien où je mettais les pieds puisqu'il m'était déjà arrivé de sortir aux TD de l'ULB dès l'âge de quinze ans. J'avais déjà vu et je n'avais pas spécialement envie de faire mon baptême. Pour lui faire plaisir, je l'ai accompagnée et je me suis donc retrouvée à cette soirée où j'ai certainement bu le plus grand nombre de bières de ma vie! J'ai même été obligée d'appeler ma sœur pour qu'elle vienne me chercher, essayant tant bien que mal de déchiffrer les plaques de la rue pour lui indiquer où j'étais!
«Il y avait tellement d'ambiance que même les gars de la sécurité étaient en train de danser!»
GUIDO: Est-ce que tu apprécies l'ambiance très particulière des festivals?
Charlotte: ça me plait à fond. C'est complètement différent d'un concert en salle. Il y a souvent moins de pression à se produire en festival qu'en concert. Il fait généralement beau, les gens sont de bonne humeur, ce sont les vacances, … Notre set étant plus court, la prestation est plus compacte et les gens n'en perdent pas le fil, ce qui peut arriver lors d'un concert d'une heure et demie.
GUIDO: Quel est le festival belge que tu préfères?
Charlotte: Les Ardentes, je m'y incruste chaque année, même quand on n'y joue pas! Il y a une atmosphère très spéciale qui règne sur ce festival. J'ai aussi beaucoup de tendresse pour le festival de Dour. Quand on y a joué, c'était à chaque fois en dernier lors du dernier jour. Il y a toujours eu une ambiance électrique incroyable lors de nos concerts à Dour. ça te renvoie une telle énergie! Lors de notre premier passage, il y avait tellement d'ambiance que j'ai surpris un des gars de la sécurité en train de danser!
GUIDO: Vous êtes actuellement en pleine phase d'enregistrement de votre troisième album. Le stress commence-t-il tout doucement à monter?
Charlotte: Je ne stresse pas vraiment par rapport à l'accueil que le public réservera à l'album, mais plutôt par rapport à moi, je tiens en effet à être complètement satisfaite du travail accompli. Quand on prend des décisions sur les musiques, les arrangements, on essaie de se rapprocher au plus de ce qu'on ressent, sans réellement se préoccuper de ce que les gens attendent de nous. Il faut suivre son instinct et se recentrer sur ce que l'on veut vraiment faire.
GUIDO: Peux-tu déjà un peu révéler quelle sera la couleur de ce nouvel album?
Charlotte: Si le premier album était très pop, très sucré, assez naïf et le deuxième davantage axé sur une recherche dans le son, plus électronique, le nouvel album sera plus posé, plus mélodique, avec un travail différent sur ma voix. On essaie bien entendu de ne jamais faire deux fois le même album.