Michel De Maegd en 5 dates
Présentateur du Journal Télévisé de RTL-TVI depuis 13 ans, Michel De Maegd est devenu une personnalité incontournable du petit écran. Retour sur le parcours en cinq dates d'un authentique aventurier du paysage audiovisuel belge.
Septembre 1987: Début des études supérieures
Après des études secondaires passées sans embûches, Michel de Maegd entre à la faculté de droit de l’ULB à seulement 18 ans. Mais y renoncera après deux années. S’il y a été poussé par son entourage, il ne s’y plaisait pas. Vient alors une année intermédiaire, où il travaille comme barman tout en prenant des cours de langues. Lors d’une discussion avec un ami, il découvre les études de communication. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de l’IHECS. Une nouvelle vocation? Pas vraiment. «J’ai cette vocation depuis toujours!» explique-t-il. «Déjà en humanités, je me baladais toujours avec mon dictaphone et je publiais dans le journal de l’école. Quand on partait en voyage, j’interviewais déjà des gens!»
Ces nouvelles études le confortent en tout cas dans son envie. Son expérience à l’IHECS l’enchante et il se montre très sérieux dans son travail. Ce qui s'avère payant. En troisième année, il reçoit une bourse, lui permettant de partir en Erasmus. Destination: Bordeaux! Pourquoi un tel choix? «Là-bas, il y avait une formation qui n’existait pas encore en Belgique: le Journaliste Reporter d’Images. On apprend aux journalistes à savoir manier soi-même une caméra et à s’occuper du côté technique du métier de caméraman, ce qui m’a ouvert plein d’horizons.»
Un bon outil pour décrocher un stage. Nous sommes en 1995, et la campagne présidentielle française bat son plein. Ambitieux, Michel veut travailler sur cet événement. Il harcèle donc les correspondants sur place, dont Christophe Giltay, de chez RTL, qui refuse par téléphone de le prendre en stage. Désespéré? Que du contraire! C’est au culot que Michel se rend à Paris, et finira par convaincre le correspondant pour décrocher un stage de deux mois chez RTL Paris. Un passage où il sera remarqué, entres autres, par Stéphane Rosenblatt, alors rédacteur en chef du JT de chez RTL-TVI. Renseignements pris, il est invité par celui-ci à le recontacter pour devenir pigiste après ses études. Ce qu’il ne manquera pas de faire, avant même de terminer son master!
13 juillet 2000: Premier JT
Grâce à ses bonnes productions, RTL lui offre un CDI en 1997. Le début d’une véritable "success story". Directement nommé responsable du nouveau bureau régional de Charleroi, il reprend, deux ans plus tard, la route des bureaux bruxellois. Il intègre alors l’équipe du magazine Reporters. De là, tout s’enchaîne: un de ses reportages ("Les proies de l’ombre", traitant de la clandestinité du point de vue des clandestins) est primé. La même année, il reçoit également le prix du journalisme du Crédit Communal. Et cerise sur le gâteau, il décroche quelques mois plus tard le poste de présentateur titulaire du Journal Télévisé. Une consécration pas vraiment recherchée… «Je n’étais pas du tout candidat au JT. RTL m’a proposé de faire une maquette car Jean-Marc Collienne, qui était le titulaire d’alors, allait partir s’installer à l’île de la Réunion. Les dirigeants de la chaîne ont alors fait un casting de huit personnes, et ils m’ont choisi!»
Vient alors le premier journal, un 13 Heures dont les médias auront juste retenu sa première parole: «bonsoir»! Mais très vite, le stress va s’évaporer. Il s’installe durablement comme valeur sûre du journal. Celui qui ne se voyait pas passer plus d’un an à ce poste va finalement y rester avec, en 2008, une promotion qui l’envoie au Journal de 19 Heures. Ce qui a permis une telle réussite? Des événements qui l’ont rapidement fait évoluer. Deux semaines seulement après ses débuts, il doit déjà gérer une première édition spéciale, suite au fameux crash du Concorde. Un an plus tard, une autre catastrophe l’a évidemment marqué: les attentats du 11 septembre, où il a dû reprendre le JT de 19 Heures en urgence, la présentatrice titulaire, Florence Reuters, étant à l’antenne durant tout l’après-midi. Tout cela lui a conféré une grosse expérience en peu de temps. Depuis, il s’est personnellement développé au sein de RTL, créant, par exemple, l’émission Face à Face.
3 avril 2009: L’aventure Earth Challenge
De son propre aveu, il s’agit de sa plus belle aventure humaine. Il résume facilement son objectif d’alors: «le but de ce challenge était de conscientiser un maximum de personnes à propos du changement climatique». Ayant relié en ULM Sydney à Bruxelles en deux parcours (avec une coupure à Bangkok), il aura, avec son équipe, traversé pas moins de 22 pays. Ce programme, grâce à sa démarche entièrement écologique, fut fortement soutenu par le WWF. Un vrai gage de crédibilité selon le journaliste. Il n’hésite par ailleurs pas à souligner l’importance de l’organisme au panda dans la réussite de sa mission.
En bon reporter, Michel De Maegd n’en oublie pas moins l’exercice journalistique. Même si le projet fut réalisé de manière totalement indépendante de RTL, il finit par trouver un arrangement "win-win" avec son employeur. Celui-ci consistait à soutenir le projet en échange d’une série de 48 capsules de deux minutes, permettant aux gens de suivre son périple. Mais il ne s’est pas arrêté là: il en a fait un livre, préfacé par l’académicien français Erik Orsenna, et un film. Ce dernier a d’ailleurs été sélectionné dans un programme québécois, "Les grands explorateurs". Notre interlocuteur annonce par ailleurs qu’il quittera RTL pour deux mois fin 2013 pour tenir une cinquantaine de conférences et présenter son "bébé" à travers le Québec. Peut-être le retrouvera-t-on un jour sur un Ushuaia belge?
26 février 2012: Pékin Express
«ça m’a sorti de mon décor du journal et ça a montré au public ce que je suis vraiment!» affirme Michel. Il est vrai que de le voir à la présentation de la version belge de Pékin Express avait, pour les spectateurs non avertis, de quoi surprendre. Mais lorsqu’on lui a proposé d’être l’animateur de ce jeu, il n’a pas hésité une seconde. RTL lui proposait enfin un projet hors des sentiers battus, qui correspondait à son profil d’aventurier. Après tout, même s’il n’a pas été candidat, il aura dû aussi escalader les volcans et autres difficultés où il devait se rendre pour attendre les candidats!
Après avoir été parrain du tout premier Fort Boyard belge, replonger dans une nouvelle aventure n’est pas pour lui déplaire. Surtout lorsque l’enjeu tourne autour d’une association! Il n’y a rien de mieux que de jouer pour une bonne cause, nous assure-t-il. Mais s’il a adoré Pékin Express, c’est aussi pour une autre raison. «En effet, cela m’a permis de mieux connaître les autres personnalités de la chaîne! Cela a créé une certaine connivence entre nous, et j’ai ainsi pu apprendre à apprécier certains candidats comme Stéphane Pauwels tout-à-fait autrement que comme on les voit d’habitude!»
20 septembre 2012: Le "cas" JoeyStarr
Assurément un coup de "buzz" qui a fait connaître notre présentateur outre-Quiévrain. Bref rappel des faits: JoeyStarr et Gad Elmaleh sont invités sur le plateau du 19 Heures pour faire la promotion de leur film Les seigneurs. Le premier nommé, manifestement saoul (des photos prouvent qu’il buvait du rhum dans les couloirs du studio) et bruyant, n’a pas supporté un «chut» du présentateur demandant le calme pour le retour à l’antenne. Le scandale n’a pas tardé à suivre. «J’étais déjà un peu inquiet avant,» concède Michel. «Deux jours avant leur passage, Gad m’a appelé pour demander d’annuler, car il ne voulait pas le faire avec JoeyStarr. Il y avait déjà une tension (…) Sur le plateau, j’ai très vite senti à l’attitude de JoeyStarr qu’il y avait un souci,» nous explique-t-il.
La suite, on la connaît. Mais le rappeur-acteur n’était pas le premier cas difficile à gérer. Précédemment, notre présentateur-vedette a déjà connu des difficultés avec Dieudonné, venu soi-disant pour faire des excuses suite à ses propos qualifiés d’antisémites. Pour au final en rajouter une couche. Une autre interview qui a mis mal à l’aise notre journaliste concernait le regretté Guillaume Depardieu, qui s’est présenté avec une faiblesse physique telle qu’il était incapable de répondre aux questions les plus basiques.