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03/12/2015

C'est quoi le roller derby?

Venu tout droit des États-Unis (évidemment!), le roller derby s'est petit à petit implanté en Belgique où de nombreuses équipes patinent toutes plus vite les unes que les autres. À 24 ans, Charlotte De Hulster (surnommée O'Gara dès qu'elle troque ses chaussures pour des patins à roulettes), étudiante en sciences économiques à Solvay, fait partie des Namur Roller Girls. Le maître-mot de son équipe? «Le fun, avant tout!»


GUIDO: Comment as-tu fait la connaissance du roller derby?
Charlotte
: J'ai découvert le roller derby il y a quatre ans et demi. Dès qu'elle a vu le film Bliss (avec Drew Barrymore), ayant pour thème le roller derby, une de mes amies s'est dit «C'est exactement ce que je veux faire» et elle a ainsi cherché si ça existait quelque part en Belgique. À travers les réseaux sociaux, elle a trouvé quatre-cinq personnes intéressées par ce sport. Elles se sont rencontrées et ont créé l'équipe. Quelques jours plus tard, j'ai participé à un de leurs recrutements. J'ai passé deux heures sur les fesses, mais j'ai tellement aimé ça que j'y suis retourné. Et ça fait maintenant presque cinq ans que ça dure.

 

Stratégie, tactique, vitesse et endurance

 

GUIDO: Comment résumerais-tu le concept du roller derby en quelques mots?
Charlotte
: Le roller derby est un sport de contact sur patins à roulettes qui se déroule sur deux périodes de trente minutes, elles-mêmes divisées en manches de deux minutes maximum. Pendant ces deux minutes, cinq filles par équipe sont sur le terrain: quatre bloqueuses et une attaquante, qu'on appelle jammeuse, avec une étoile sur son casque. Le but de cette attaquante est de dépasser les adversaires. Tandis que les bloqueuses essaient de la bloquer tout en aidant leur jammeuse à se faufiler et à passer devant. C'est un sport qui allie stratégie, tactique, vitesse et endurance.

 

GUIDO: On suppose quand même que tous les coups ne sont pas permis!
Charlotte
: Évidemment, il y a plein de règles. Cinquante pages de règles! Qu'on est obligé de connaître pour pouvoir participer à des matchs. Dans chaque match, il y a sept arbitres. On ne peut pas bloquer avec les avant-bras, la tête, le coude ou les jambes. Il est donc interdit de faire un croche-pied ou de donner un coup de coude. On peut donc utiliser son flanc, ses hanches ou son dos pour bloquer une adversaire.

 

GUIDO: Le roller derby est-il un sport exclusivement féminin?
Charlotte
: Non, même si le sport est à la base féminin, il y a maintenant aussi des garçons qui le pratiquent, ça s'appelle alors le merby.

 

GUIDO: Ce sport est originaire des États-Unis…
Charlotte
: J'ai lu que le roller derby a commencé dans les années trente. C'était alors un sport de vitesse où tous les coups étaient permis. Après être tombé en désuétude dans les années septante, c'est revenu en force dans les années deux-mille au Texas, où elles ont créé le roller derby tel qu'on le connaît actuellement. Avant d'arriver en Belgique en 2008.

 

Câlins post-match

 

GUIDO: Vu les nombreux contacts, est-il facile de garder une entente cordiale avec ses adversaires à l'issue d'un match?
Charlotte
: Dès qu'on finit un match, on a pris l'habitude de se faire des câlins pour se féliciter l'une l'autre! L'esprit derby, ce n'est pas vraiment la compétition. Oui, il peut exister des rivalités entre certaines équipes, mais on essaie de garder ça fun et drôle. L'after-partie, c'est le moment où on partage et on s'amuse; et c'est souvent le meilleur, d'ailleurs.

 

GUIDO: Est-ce vraiment un sport?
Charlotte
: Oui, c'est un sport, même plus que ça. Pour beaucoup d'entre nous, toute notre vie tourne maintenant autour du roller derby. Nos vies sont calculées là-dessus. Si un match est prévu, notre week-end est bloqué pour ça et pas pour autre chose. On sort tout le temps ensemble, on se voit beaucoup, c'est en quelque sorte une grande famille.

 

GUIDO: Quelles sont les principales qualités à avoir pour pratiquer le roller derby?
Charlotte
: Déjà, il faut de la volonté. Parce qu'au début, ce n'est vraiment pas facile, sauf si on a déjà une bonne base en patins. Il faut s'accrocher. Ça demande aussi énormément d'investissement et une bonne dose de fun. Et il ne faut pas oublier qu'on se prend aussi parfois des sales coups…

 

GUIDO: Justement, considères-tu ce sport comme dangereux?
Charlotte
: Non, vraiment pas. C'est hyper sécurisé et la première chose qu'on nous enseigne dans le roller derby, c'est d'apprendre à tomber et à ne pas se faire mal. Ce n'est pas plus dangereux qu'un autre sport. Bon, ça tombe mal, je me suis foulé la cheville hier, rien de grave, mais sinon je n'ai jamais eu d'autre blessure en quatre années.

 

Pas de prise de tête

 

GUIDO: Qu'ont pensé tes parents quand tu leur as annoncé ton choix de faire du roller derby?
Charlotte
: Au début, ils étaient juste contents que je me trouve une occupation. Maintenant, peut-être qu'ils regrettent un peu, étant donné le temps que ça me prend, par rapport aux études par exemple. Par contre, je pense qu'ils sont contents de voir à quel point ça m'apporte. Je ne pourrais plus vivre sans derby. Si demain je me casse une jambe, c'est la fin de ma vie!

 

GUIDO: Et les autres étudiants, quelle est leur réaction quand ils apprennent ton hobby?
Charlotte
: «Ah, c'est cool!» est la réaction la plus courante. Ils ne le savent pas tous, mais c'est vrai que quand j'en parle, ils sont immédiatement intéressés et posent beaucoup de questions.

 

GUIDO: Existe-t-il une Coupe du Monde de la discipline?
Charlotte
: L'année dernière, la deuxième Coupe du Monde de roller derby a été organisée et pour la première fois, la Belgique y a participé. Une fille de notre équipe a été retenue et est donc partie au Texas pour défendre les couleurs de notre pays. Ce serait pour moi l'apogée de pouvoir y participer un jour.

 

GUIDO: La Belgique a-t-elle un bon niveau sur la scène internationale et européenne?
Charlotte
: On a quand même fini onzième à la Coupe du Monde! Ce qui est déjà pas mal. Au niveau européen, on est dans le top 4, derrière la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne.

 

GUIDO: Comment convaincrais-tu les autres étudiantes de se mettre au roller derby?
Charlotte
: Une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en défaire. Il y a une ambiance de malade, c'est un sport bon enfant, personne ne se prend la tête. Évidemment, il y a quelques excentriques, des gens décalés qui se déguisent, mais ça reste tout le temps drôle et fun.


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