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02/05/2006

Radio Saga: Regard sur les radios étudiantes de Wallonie et de Bruxelles

Au sein de chaque campus, les radios étudiantes se donnent le moyen d'exister et de vous faire vibrer au son de nouveautés musicales et d'infos sur ton campus. Nous avons donc effectué un petit tour de Wallonie et de Bruxelles afin d'en savoir plus sur leur fonctionnement.

Point de départ de notre périple dans toutes les radios estudiantines de Wallonie et de Bruxelles, les studios de NovaFM (Louvain-la-Neuve) , bâtie sur les cendres de feu Radio Hellena qui rythmait alors les journées et les nuits louvanistes. C'aurait sûrement été plus facile pour ce kot-à-projet de reprendre les jingles et les visuels de Hellena. Cependant, ils ont décidé de se lancer dans un tout nouveau projet, NovaFM.

Aurélie, la responsable des journalistes, nous explique comment s'est bâtie la nouvelle radio: "Vu que Hellena s'était arrêtée en avril 2005 (problèmes d'argent, le matos qui arrivait à terme, l'insuffisance des subsides) et qu'on a seulement repris en main la radio début février, cela ne le faisait pas trop de reprendre le même nom alors que la radio s'était arrêtée il y avait plus de six mois. En plus, la ligne directrice a été modifiée, nous avons en effet une ouverture aux étudiants, une dynamisation du volet journalistique et une plus grande visibilité." Un fameux lifting donc de la radio et un concept dépoussiéré au possible. Thibaut, le directeur d'antenne, continue de plus belle: "Ce n'était donc pas cohérent de continuer avec le même nom après six mois de disparition et de reprendre en disant que ça allait être mieux en ne changeant ni d'équipe, ni de locaux, ni de nom, … Les gens qui n'écoutaient pas Hellena avant n'auraient donc pas plus envie d'écouter notre radio maintenant." Ce qui leur a valu beaucoup de critiques positives en ce qui concerne la redynamisation de la radio. Huit mois de combat qui leur ont permis de continuer à faire le projet qui leur tenait à cœur.

Une table de mixage qui tient la chope!

Alors que toutes les autres radios étudiantes se revendiquent sérieuses et essaient de couvrir un public aussi large que possible, chez Radio Extra (Mons), c'est plutôt la déconne et la guindaille qui sont au rendez-vous. Rien qu'à voir leur studio avec ses murs complètement tapissés d'emballages d'œufs, on a compris que la fine équipe ne se prenait pas pour ce qu'ils n'étaient pas et que la fête était largement au rendez-vous au sein de leur local situé en plein cœur de la cité Houzeau, le repaire des étudiants en Polytechnique de la ville de Mons. "On a quand même eu un peu de casse ces temps-ci dans notre studio. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de monde dans la radio et il suffit qu'un gars pas très sobre renverse une canette sur notre matériel pour que ce soit la catastrophe. On a déjà grillé deux écrans de PC à cause de ça, sur deux ans!", nous a raconté Nicolas Thiry, le président actuel de la radio de Mons. En plus, les subsides ne sont pas, disons, gargantuesques: "Nos seuls subsides sont en fait les cartes de membre et le distributeur! C'est tout ce qu'on a. Notre table qui sert à émettre doit bien avoir quinze ans! Et elle tient la chope!".

Autre radio et ambiance totalement différente chez 48FM (Liège) , la radio ainsi baptisée à cause de la ligne de bus qui relie le Sart-Tilman à l'Université place du XX Août et qui porte le numéro 48. Au-dessus des locaux de la Fédé, François Colmant, employé à mi-temps à la radio et ancien étudiant en communications a accepté de répondre à nos questions. "Nous avons un statut d'ASBL, on est financé à 100% par l'Université. On a un budget qu'ils avalisent ou pas. C'est un cercle étudiant à l'origine mais c'est beaucoup plus professionnalisé qu'un cercle d'étudiants vu qu'une radio demande beaucoup de prérogatives…"

Sur le web ou anarchiste altermondialiste

La spécificité de 48FM est que celle-ci est une webradio, qu'elle n'est donc écoutable que sur le Net. "48FM n'a pas de fréquence propre, c'est encore uniquement une webradio, qui est écoutable 16 heures par jour, de 10 à 2 heures du matin sur www.48fm.com . Ça bouge pour le moment du côté du gouvernement wallon, donc le plan fréquence risque d'être réactivé, on est déjà sur la brèche, notre dossier est déjà prêt et l'Université nous suit. On a maintenant toutes les chances que le dossier soit cette fois pris: on a un soutien financier, … Tout dépend maintenant des politiques, d'un accord entre les Communautés Flamandes et Francophones, comme toujours!"

Enfin, ce sont Déborah et Nathalie (employée à temps plein pour la permanence et le secrétariat depuis 1992) qui nous ont accueilli au sein de Radio Campus (Bruxelles) . Radio souvent considérée à tort comme une radio anarchiste et un peu baba cool par les étudiants de l'ULB. "Beaucoup voient Radio Campus comme une radio d'artistes paumés, voire d'anarchistes altermondialistes. Il est vrai qu'on est issu de la première vague des radios libres avec tout ce que ça voulait sous-entendre d'illégal et de marginal. De plus, on a une grande indépendance face à nos choix et un jeune de 18 ans sera plus enclin à chercher des choses qu'il connaît déjà et donc pas à écouter Radio Campus. On associe donc la radio non-commerciale avec quelque chose de marginal, de compliqué et d'inaccessible."

Venez, venez faire de la radio!

Point commun entre toutes ces radios: l'accueil qu'elles réservent aux étudiants. En effet, que tu sois liégeois, bruxellois, montois ou louvaniste, si l'envie te prend de te mesurer au micro de la radio de ton campus, il te suffit juste de pousser la porte de celle-ci et tu seras accompagné par les responsables de la radio en question.

Thibaut (NovaFM): "Trois plages horaires sont gérées par les membres du kot (matin-midi-soir). Le reste du temps, on accueille les étudiants qui viennent faire leurs propres émissions. Et il n'y a pas que des étudiants, il y a aussi des riverains passionnés de radio, des écoliers, …   mais aussi des étudiants en journalisme responsables des trois flash-info de la journée. On doit donc veiller à ce qu'ils soient à l'heure, que ça se passe bien, qu'ils aient leur matos. On doit également les chapeauter et les gérer s'ils n'ont jamais été derrière une console. Une fois qu'ils sont à l'antenne, on les écoute afin de voir s'il n'y a pas de blancs. L'important pour nous est de donner une expérience radiophonique à un maximum de gens, même s'ils n'ont jamais animé auparavant. On les coache, on leur explique la technique, on leur donne des conseils d'animation. Si ils arrivent avec un projet, et si celui-ci est viable, dynamique et original, ils ont alors totalement leur place au sein de la radio. La seule condition étant qu'il signe le contrat pour l'entièreté du quadri."

Une fois les deux pieds dans le studio, les apprentis-animateurs ne sont pas lâchés dans la nature et sont à chaque fois encadrés par les membres de la radio. Chez 48FM, "on leur conseille surtout de ne pas avoir une voix formatée comme on en entend sur toutes les radios. Il faut à tout prix être naturel, ton accent de Liège, si tu l'as, à toi d'essayer d'en jouer! Et de ne pas essayer de se donner un style qui viendra plus tard". Bizarrement, chez Radio Campus, il n'y a pas des masses d'étudiants parmi les 150 bénévoles qui travaillent pour la radio. Déborah: "Les étudiants n'ont pas forcément le temps pour ça, c'est plutôt par après, quand ils sont encore en train de chercher du boulot qu'ils pensent à notre radio. Beaucoup de ceux-ci se servent aussi de Radio Campus comme d'un tremplin avant de commencer dans des radios plus commerciales."

Une programmation alternative et une université permissive

Quand on dit radio étudiante, on pense souvent à une programmation hors des chemins battus. Pas question donc d'espérer entendre la voix tonitruante de Nolwenn Leroy ou le phrasé légendaire de M Pokora sur 48FM ou Radio Campus. En effet, ces radios ont clairement opté pour une programmation alternative et anti-commerciale.

"48FM est une radio 100% anti-commerciale, il n'y a pas de pub, on diffuse très peu de standards musicaux, mais plutôt des musiques un peu plus pointues, qui méritent le détour. Notre but n'est en effet pas de concurrencer Contact! Le public est également plus restreint du fait de notre passage sur Internet. C'est une programmation très large, c'est une radio par et pour les étudiants et les autres, il n'y a pas cette volonté de cloisonner, par exemple, on n'a pas d'émission sur la guindaille ou ce genre de choses."

Vu que tous les goûts sont dans la nature, Radio Campus possède une émission par genre musical, afin que tout le monde ait sa propre émission de prédilection. "C'est un fourre-tout. On programme aussi bien du hip-hop que du reggae. On peut se considérer plus pointu, mais d'un autre côté c'est nettement plus généraliste que les radios qui se disent généralistes. Ce n'est pas une radio de flux, que l'on va mettre en bruit de fond, mais plutôt une radio parmi laquelle on va choisir sa plage horaire."

Tant que ses animateurs ne commencent pas à déblatérer des propos discriminatoires ou xénophobes, la radio étudiante n'a apparemment pas beaucoup de comptes à rendre aux autorités de l'Université. Que ce soit du côté de NovaFM ("on n'a aucune censure, on n'a jamais eu aucun problème avec les autorités. La seule restriction étant de ne pas passer de pubs à l'antenne") ou de 48FM ("on s'entend très bien avec l'Université, on n'a aucune restriction, ils nous font entièrement confiance sur le contenu. Peut-être est-ce parce qu'on n'est que sur le net et qu'on ne fait donc pas trop de bruit. C'est totalement implicite, à nous maintenant de ne pas faire les cons"), la liberté est totale pour ses animateurs. Le concept de radio libre a donc bel et bien l'air d'avoir de beaux jours devant lui.

Et les études dans tout ça?

Au sein de NovaFM et Radio Extra, les équipes sont strictement composées d'étudiants, à la différence de Radio Campus et 48FM qui emploient chacune un employé fixe et rémunéré destiné à gérer la radio au jour le jour. Thibaut, le pilier de NovaFM, avoue notamment avoir quelques difficultés à concilier mémoire et radio: "Quand t'as beaucoup d'étude, ça va, mais si, comme dans mon cas, tu es en plein mémoire et tu es toujours ici soi-disant pour bosser, ça devient chaud. Les gens le savent bien quand ils s'engagent ici, c'est une chouette projet, très motivant, mais très prenant. Il faut donc essayer de gérer les deux, avoir une radio de pointe et réussir ses études". Même son de cloche chez Radio Extra: "Ce n'est en effet pas facile de combiner les études avec la radio. Ça dépend en fait de la manière dont on veut le faire ou ne pas le faire. Vu qu'on habite ici, dès que quelqu'un veut rentrer dans le studio, il vient nous voir, on est très souvent réveillé au milieu de la nuit. Mais on savait pertinemment bien que ça se passerait comme ça. Vu qu'on est toujours disponible, ce n'est pas toujours facile d'aller au cours le lendemain."

Quant à François, il est employé à 48FM à mi-temps et est journaliste indépendant complémentaire. "J'ai la double casquette. Dans l'état actuel des choses, il me serait impossible de me contenter uniquement de la radio. Si on passe en fréquence, ça va demander beaucoup plus d'investissement et des petits couacs techniques seront alors plus graves que sur Internet, on peut se permettre de ne pas émettre pendant un quart d'heure. Si on émet en fréquence, ce genre de couac ne peut plus se produire. Il faudra alors engager certainement une autre personne à mi-temps ou à temps plein".

(SD)

Quelques souvenirs en vrac

Thibaut (NovaFM): "On a eu quelques problèmes de PC au début qui sont maintenant réglés. On n'avait donc plus le programme qui gérait la musique non-stop et on a donc dû utiliser des mini-discs. Comme un gros gland, j'ai mis un mini-disc d'avant avec les jingles de Hellena dessus!"

Thibaut (NovaFM): "Pendant l'interview du directeur d'Amnesty International francophone, j'ai fait 1 minutes 50 d'interview avec le micro sur OFF! Je n'ai pas eu le courage de lui dire, donc je me suis dis tant pis! Je me suis quand même rattrapé avec le recteur."

François (48FM): "On a fait une émission en direct de la Saint-Nicolas sur la place du XX Août remplie d'étudiants en tabliers. Et que font les étudiants lors de tels événements? Ils boivent bien entendu! Et nous n'échappons pas à la règle, nous avons donc fait une émission complètement imbibés, qui n'a pas été retransmise par la suite vu qu'elle était inaudible!"

François (48FM): "On a eu des invités comme Benoît Poelvoorde, Jean-Luc Fonck, Marka, Zop Hopop, Miam Monster Miam… Des artistes qui connaissent la radio, ça ne les dérange donc pas de venir nous faire un petit coucou."

NovaFM

Louvain-la-Neuve

104.8

www.nova-fm.com

48FM

Liège

sur le Net

www.48fm.com

Radio Extra

Mons

106.9

radioextra.student.fpms.ac.be

Radio Campus

Bruxelles

107.2

radiocampus.ulb.ac.be

RUN

Namur

106.4

www.run.be

 


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