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24/09/2007

Un kot dans un abri de jardin!

Nous dormons tous et toutes de manière différente. Encore plus les étudiants belges! Et comment! C'en est fini des kots traditionnels. Aujourd'hui, c'est le règne des fanas des abris de jardin, des bureaux et des restaurants.

Actuellement, on ne compte plus les kots design, une terrasse luxueuse est un must et tout le monde a sa propre cuisinière. Les étudiants sont donc de mieux en mieux lotis. Cependant, tout le monde ne peut se permettre un tel luxe. Certains étudiants ont un seul slogan en tête: back to basics . Et d'autres regorgent d'idées farfelues afin de se trouver un logement pas cher qui sort de l'ordinaire.

Dormir au bureau

On garde les murs. Et un toit aussi. Mais un kot dans la rue étudiante de la ville, non merci pour Lise et Jean, un couple qui semble tout droit sorti d'un film farfelu. Tandis qu'il porte un large pantalon de costume blanc, elle trottine à ses côtés sur ses escarpins jaunes avec les boucles d'oreilles assorties. Ils ne sont pas vraiment de ce monde, et cela ne les dérange pas le moins du monde. Alors qu'il se balade le long de l'Escaut, ils discutent d'éclairage, eh oui ce sont des étudiants en art. Un peu plus loin, on observe des bâtiments immenses: des lofts modernes, des immeubles de bureaux excentriques et des bars. Encore plus loin, le couple ouvre la porte d'un espace qui ressemble à s'y méprendre à un bureau. Mais derrière les bureaux et une table de réunion taille XL, une porte coulissante s'ouvre sur un espace où il n'y a ni étagères ou photocopieuses mais un living douillet.

Prendre sa douche derrière la cloison

Cela fait maintenant deux ans que Lise et Jean vivent dans cet espace. Son prix? Une bouchée de pain. Car ils surveillent le bureau pendant la nuit, ce qui arrange bien le proprio. En échange, les deux amoureux ont le droit de profiter de l'" arrière-chambre ". «Il n'y a pas beaucoup de monde dans le bureau,» nous explique Lise. «C'est plutôt un endroit où discuter affaires. Je pense que c'est une entreprise de consultance, mais ne m'en demandez pas plus. En fait, je n'ai pas besoin de le savoir, tant que nous sommes bien entre nos quatre murs. Par contre, je n'aurais pas aimé qu'il y ait ici tout au long de la journée des gens derrière leur PC. On est au calme. Derrière, nous avons fabriqué une cloison, afin d'avoir un semblant de salle de bains. Jean a installé avec quelques amis une cuvette de bain afin que l'on puisse se doucher, enfin à peu près se doucher! Je trouve cela suffisant. Nous avons même une petite cour.» Cependant, ils ne savent pas encore s'ils pourront y passer une troisième année. Le deal a été fait via un artiste qui exposait de temps à autre dans le bureau. Lise et Jean sont conscients qu'ils pourraient se retrouver à la rue du jour au lendemain, car personne ne peut séjourner normalement dans cet espace. Mais cela n'a pas l'air de les effrayer plus que ça.

Nain de jardin

Un peu moins fashion , le cas de Gilles. Il loge durant l'année académique dans l'abri de jardin de ses amis, ou plutôt l'abri de jardin des amis de ses parents. «Cela ne regarde que moi, mais la vie en kot ne me dit pas grand-chose. Je pense être proche d'un ermite. Tomber tous les soirs sur un cokotteur , cela n'est pas du tout de mon goût. Je préfère choisir le moment pour voir mes amis. Dans mon abri de jardin, je suis mon propre chef. Ne pensez pas non plus que je dors sur un lit pliant à côté d'une tondeuse à gazon. C'est une maison faite de pierres quand même. Une sorte d'hangar retapé dans le fond du jardin. Je ne vois ni n'entends presque jamais les amis de mes parents. Il y a une rangée d'arbres qui font que je me sens dans mon propre domaine. C'est un peu la brousse là où je dors. Il y a même un petit chemin, je n'ai donc pas à traverser le jardin pour arriver dans ma 'demeure'. En outre, c'est super de ne pas habiter en plein milieu de la ville. C'est bien pratique d'habiter dans un bois, surtout le soir quand je joue de la guitare. Je joue alors pour mes amis les animaux. ( rires ) J'ai même assez d'espace pour loger mes amis. On peut donc jouer de la musique jusqu'au beau milieu de la nuit sans faire chier personne. Les meilleures heures de la semaine. J'ai besoin de ça afin de pouvoir supporter le régime scolaire de ma Haute Ecole. Cela m'apporte une sorte d'équilibre.»

Une escapade dans la brousse

Gilles n'en a que faire de ne pas avoir de jacuzzi ou de bloc de cuisine dans sa maison. Les ustensiles de base, cela lui suffit amplement. «En hiver, j'ai parfois envie d'une douche bien chaude, mais je peux alors aller frapper à la porte de la maison des amis. Et puis, je me débrouille très bien avec mon lavabo, tu en deviens même inventif! Je ne cuisine pratiquement jamais. Je possède un micro-ondes, avec lequel je prépare pratiquement tous mes repas. Mes amis m'apportent de temps à autre des repas. Je pense que leurs mères me trouvent sympathique et préparent de la nourriture supplémentaire pour moi. Ou alors ils ont pitié, c'est aussi possible.» Des escapades nocturnes dans cette brousse, cela intéresse-t-il les gonzesses? « Hmm , je ne pense pas que la majorité des filles serait conquise par ce style de vie. Mais les filles sur lesquelles je craque sont aussi un peu alternatives. Elles se sentent bien ici. C'est très agréable de vivre ici, tu sais, les femmes en restent souvent sans voix.»

Merci bonne-maman

Trente kilomètres plus loin, à Louvain, Hanne et ses amis sont encore en plein dans les travaux. Au printemps, sa grand-mère est décédée et a laissé sa maison à sa fille. Afin de garder la maison dans la famille, la mère de Hanne a décidé de la donner à sa propre fille. Et pourquoi pas maintenant au lieu d'attendre encore quelques années de plus? «Je dois encore étudier trois ans avant d'obtenir mon diplôme,» nous explique Hanne . «On n'avait pas envie de voir la maison dépérir devant nos yeux. Mais, vivre dans cette grande maison toute seule ne m'intéressait pas non plus. Honnêtement, je ne la trouvais pas très à mon goût! Jusqu'à une discussion avec trois de mes amis lors de vacances communes. On avait tous la même envie: déménager! Non que notre kot était si pourri, mais ce n'était plus du tout notre truc. L'année d'avant, deux personnes étaient venues se rajouter et avaient foutu un boxon d'enfer. Ce contre quoi il n'y avait pas grand-chose à faire.»

Une fête précipitée

«Je ne me souviens plus très bien comment l'idée nous est venue, mais soudain la solution s'est imposée à nous: on allait rénover la maison de ma grand-mère et y vivre tous ensemble. On passait déjà de super vacances, mais cette soirée-là en particulier fût de toute beauté. On a alors envoyé des SMS à nos amis afin de savoir s'ils étaient également partants. Et on n'a reçu que des réponses positives.» Après une fête précipitée dans le Sud, le retour de Hanne signifiait avertir ses parents de son projet fou. Oui, rénover, c'est très bien, mais avec quel argent? C'était loin d'être du simple bricolage pour la remettre en état. Il semble que cela se soit encore mieux passé que prévu. Après quelques crises émotionnelles et l'établissement d'un plan financier, les travaux pouvaient commencer. La maison s'est rapidement dotée de nouvelles pièces, dont notamment deux salles de bain, une cuisine commune et un coin salon. Pour le moment, Hanne et ses amis sont encore en train de donner un dernier coup de peinture à leur nouveau 'kot'. Car ils aimeraient bien y rentrer dans le courant du mois d'octobre. Bonne-maman peut être fière de sa petite-fille.

Errer dans le pays étudiant

Il existe aussi des gens qui n'ont pas besoin de maison. Ceux-ci sont en effet coutumiers de chercher chaque soir un endroit où dormir. David n'est plus étudiant, mais a erré pendant des années dans le pays étudiant. Cette errance a débuté après des vacances en Malaisie. Là-bas, il a trouvé le repos total et s'est juré de ne plus jamais s'installer dans une vie agitée. «Après ces vacances d'été, quand j'ai dû de nouveau m'imprégner de la vie étudiante, je me suis senti oppressé. Les contraintes et les systèmes universitaires ont commencé à me causer de l'hyperventilation. Déjà, mes humanités avaient été difficilement vécues et j'avais donc dû déployer des tonnes d'efforts pour m'en sortir. Pour moi, les études supérieures étaient synonymes de liberté. C'était une des conditions que je m'étais donnée avant d'entamer l' unif . Koter me disait bien, et on peut dire que cela m'a bien réussi, mais j'avais encore et toujours l'impression d'être un mouton qui suivait le troupeau. Après ce voyage donc, mon envie de liberté s'est encore plus développée. Au début, j'avais décidé de rester à la maison et de faire chaque jour les trajets en train vers mon université. Au début, cela me convenait bien, mais j'en ai vite eu marre de cette précipitation continuelle. Je devais donc trouver une autre solution. J'ai donc raconté à mes parents que des amis m'offraient de koter avec eux, en échange d'une somme d'argent. Pas de problème, je recevais donc un peu d'argent chaque mois. Mais, évidemment ces amis avec un espace disponible n'existaient pas et je devais donc trouver chaque jour un endroit où dormir. Souvent, je me retrouvais en effet chez des amis. J'avais toujours un point de chute. Mais, parfois, il y avait une fille dans leur lit, je me faisais donc vite la malle!»

Rayé du testament

«Où je dormais? Cela dépendait bien souvent de mon humeur et de ma situation financière. Quand je n'avais plus beaucoup d'argent sur mon compte, je me débrouillais pour dormir chez des amis, ou même les frères et sœurs de mes amis. Quand mon budget était à la hausse, je pouvais parfois me permettre de ma payer l'hôtel. C'est ça l'aventure pour moi. Je m'imaginais en vacances, en quelque sorte. Cela peut faire sourire, mais de cette façon, je n'ai jamais oublié la dernière année de mes études.» Cela doit certainement être dans les gênes, vu que Jacob, le frère de David, a lui aussi eu des envies de nomadisme. Bien qu'il soit moins inventif que son frère. «Lorsque j'entendais les aventures de mon frère, j'étais toujours fasciné. J'avais donc décidé de faire la même chose une fois que j'aurais entamé mes études supérieures. Mais apparemment, je suis moins rusé que mon frère: mes parents ont vite eu vent de mon comportement et m'ont tout simplement rayé de leur testament. ( rires ) Ce fut vraiment une sérieuse dispute. Je pense que l'on ne s'est plus parlé pendant presque un an. David – vu qu'il se sentait un peu responsable de mon comportement – a décidé de nous réconcilier. En fait, cela nous fait bien rire encore aujourd'hui. Pour mon anniversaire, une petite roulotte m'attendait dans ma chambre. Mes parents ont de l'humour, c'est le moins que l'on puisse dire. Cependant, David n'ose toujours pas leur confesser son année d'errance!»

Afin de préserver leur anonymat, Jean et Lise ont choisi des prénoms fictifs.

(RE)


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