A quand ta première bagnole?
Marre d'attendre le bus sous la pluie ou de rentrer à pinces passé minuit? Envie d'escapades romantiques ou de virées entre copains? Des années que tu en rêves: avoir ta bagnole, à toi.
Avoir les moyens de cette liberté élémentaire: aller où tu veux, quand tu veux sans avoir à supplier le paternel pour qu’il te laisse les clés de sa BM. Antique coupé sport ou citadine flambant neuve, quelque soit celle sur laquelle ton choix se portera, cette liberté a un prix et entraîne certaines responsabilités. Alors, pour que ton carrosse ne se transforme pas en citrouille ou qu’il ne te mène pas tout droit à la banqueroute, lève le pied, attache ta ceinture; on t’emmène faire un tour de chauffe, histoire que tu ne finisses pas dans les graviers dès la première chicane.
Après des mois à jouer à la marchande derrière la caisse du supermarché, des été passés dans la chaleur étouffante des cuisines d’un fast-food, des soirées à remplir des verres que d’autres vident aussi sec, tu as enfin amassé un pactole suffisant pour te payer la voiture de tes rêves. Neuve ou d’occasion? Là est l’éternelle question qui sera toutefois vite réglée après une sommaire inspection de ton compte en banque. Une petite citadine neuve avec l’équipement de base, pas trop moche ni trop ringarde, genre Renault Twingo, Peugeot 107 ou Polo Fox, va déjà taper dans les 9.000 à 10.000 €. Pour les fauchés, il reste la Logan ou la Lada à partir de 7.200 €. Mais bon, on avait parlé de rêve, non? Et puis à ce prix là, autant prendre une occasion, genre une C2 1,6 VTR, 110 ch. par exemple (mon maître achat, en toute subjectivité), ou une Golf TDi 1.9 de 2004. Si tes prétentions sont plus modestes, il te reste une fringante Citroën Saxo vert pomme, une rutilante Opel Corsa de 1998, ou une épave de Volvo (si si!). Si t’as vraiment pas une tune, tu peux avoir une Renault 5 1987 ou une Ford Fiesta de 1995 pour 100 €, mais bon, à ce prix là, je te dis pas la ruine… Et vu ce qu’elle va coûter en entretien, c’est pas nécessairement un bon calcul…
Comment ne pas devenir le dindon de l’occasion?
Comme vous n’êtes pas experts en mécanique (et nous non plus…), François-Xavier (FX pour les intimes), garagiste à Mons, nous donne quelques petits trucs pour ne pas se faire plumer quand on achète une occase.
1) Préférer une visite du véhicule en plein jour. Les endroits sombres, les intérieurs de garage, les parkings, sont à proscrire: de sérieux vices extérieurs peuvent être 'camouflés'. Ainsi par exemple, une aile repeinte peut ne pas te sauter aux yeux.
2) Se renseigner au maximum en discutant avec le vendeur de la 'vie' de sa voiture, des éventuels accidents ou incidents mécaniques etc... Préférer toujours un propriétaire qui avoue accidents et incidents réparés depuis à un vendeur euphorique qui essaye de refourguer sa camelote comme un bateleur de foire.
3) Vérifier que le véhicule n’a pas été repeint en soulevant légèrement un coin du joint de pare-brise: si la peinture qui se trouve dessous est bien de la même couleur que le reste de la carrosserie. Un véhicule repeint peut cacher des problèmes de rouille…
4) Regarder les pneus. S'ils sont régulièrement usés, tout va bien mais s'ils sont presque lisses de place en place, c'est que les amortisseurs sont morts. Si un coté du pneu est plus usé que l'autre, c'est qu'il y a un défaut d' alignement .
5) À l’intérieur, dans le coffre, soulever la moquette pour inspecter le plancher qui ne doit être ni mouillé, ni rouillé.
6) Ne pas hésiter à toucher à tout. Joue avec tous les boutons, essaye différentes positions de phares, clignotants, essuie-glace, rétroviseur, position des sièges, l’autoradio s’il y en a un…
7) Sous le capot: effectuer un contrôle visuel du moteur. Les câbles et les tuyaux divers sont-ils en bon état et bien attachés? Et les courroies? Jette un œil au maître-cylindre de freinage. Ouvre le bocal de liquide de frein pour inspecter le niveau et son aspect. Noir ou parsemé de bulles d'huile? Dans les deux cas, il est trop vieux!
Regarde la batterie. Un amas blanc et granuleux sur les bornes? La batterie est bonne à jeter.
8) Regarder la jauge à huile: normalement, elle doit être brune et absolument exempte de traces blanches ou de gouttelettes. La présence de ces traces indique que de l'eau s'est mélangée avec l'huile du moteur et l'endroit à soupçonner en premier est le joint de culasse. Attention, ça coûte cher! Passe la jauge à huile entre tes deux doigts et frotte-les l'un contre l'autre. Tu sens des grumeaux de métal? Alerte: il y a une pièce qui est en train de frotter sur une autre et tu peux t’attendre à des dégâts importants prochainement. Examine de façon sourcilleuse tout écoulement d’huile ou d’eau dans le moteur. N’hésite à te glisser sous la voiture pour voir la face cachée des choses…
9) Laisser le propriétaire démarrer sa voiture et regarder la couleur de la fumée qui sort du pot d’échappement. Noire, elle signale un problème de carburation; bleue, un moteur trop usé. Va faire un petit tour avec le propriétaire: cela te permettra d'observer sa conduite, patinage excessif au démarrage, pied constamment sur l'embrayage, vitesses trop poussées, …
10) A toi de prendre le volant. Passe la première et fais le test de l'embrayage: serre à fond le frein à main puis passe la première et embraye normalement. Même en faisant un peu 'crier' l'embrayage, le moteur doit caler. Passe ensuite une à une les vitesses et rétrograde les toutes pour déceler un problème.
11) Sur une route cahoteuse, on ne doit normalement entendre ni cliquetis ni grincements. Si tu entends ces bruits et que tu as des difficultés à maintenir le véhicule en ligne droite, les suspensions ou le train avant sont probablement à revoir.
12) Sur une belle ligne droite, cale-toi sur les 3000 tours/minute en gardant un régime constant. C'est à ce régime que tu repéreras le mieux les bruits suspects du moteur. Un cliquetis? Les soupapes sont probablement déréglées. Un claquement? Peut-être une soupape grillée.
13) Enfin, sur un terrain dégagé bien large et désert, teste les freins. En roulant à 30/50 km/h, tiens fermement le volant et freine violemment. Essaye de sentir si une roue bloque avant les autres. Les quatre roues doivent se bloquer en même temps. Fais un deuxième test avec un freinage moins appuyé en tenant légèrement le volant. S'il vibre, les disques de freins sont probablement en cause.
Liberté, responsabilité, solvabilité
Ça y est, tu es enfin au volant, le plein est fait, tu vas enfin pouvoir partir en virée, rouler à tombeau ouvert sur les routes de notre beau royaume. Pas, encore jeune irresponsable! Il te reste un petit détail à régler: ton assurance.
En effet, tout propriétaire d’un véhicule est obligé par la loi d’être couvert par une assurance responsabilité civile (RC) qui indemnise, le cas échéant, les victimes d’un accident causé par l’assuré. Les compagnies d’assurance, dont l’esprit retors et calculateur ferait passer le fisc pour un organisme de bienfaisance, ont inventé un système à la complexité à la limite de la perversité destiné à récompenser ses 'bons' assurés et à châtier les mauvais et dont la simple évocation fait blêmir toute tête brûlée ayant un palmarès routier digne d’un crash test dummy: le bonus-malus ou coefficient de réduction/majoration (de la prime bien sûr, pas des prestations…). Le principe en est simplissime: plus son bonus-malus est haut, plus la prime d’assurance est chère. Chaque accident te donne un malus et fait monter ta cote, chaque année passée sans accident la fait baisser, ce qui te donne droit à un bonus, et à payer moins cher.
Là ou ça se complique, c’est que le nouvel assuré, sans passé de conducteur, ne commence pas à 0, mais à 11, tandis que le degré 14 signifie le paiement de 100% de la prime (sauf dans les deux premières années où le conducteur paye de toute façon l’intégralité). L’assuré descend d’un degré par année sans accident. Il verra par contre son coefficient bondir de 5 points par sinistre en tort, pouvant payer jusqu’à 200% de sa prime, arrivé à 22. Au-delà, sa compagnie peut carrément résilier le contrat.
Comme tu l’auras compris, les assureurs chouchoutent les conducteurs ayant un bonus-malus 0. Les jeunes par contre, les statistiques le prouvent largement, ont plus d'accidents que le reste des conducteurs. Leur prime est donc plus chère, par principe. Souvent, pour les mêmes raisons, les compagnies refusent purement et simplement d’assurer les moins de 26 ans. Si tu es un garçon, c’est encore plus mal barré puisque là encore, les statistiques le prouvent, la tendance de ces messieurs à conduire avec leurs glandes plutôt que leur cerveau, convaincus qu’ils sont que leur virilité se mesure à l’aune des bonds de l’aiguille sur le compte-tours, est génératrice de nettement plus d’accidents que les habitudes courtoises et détendues de ces dames.
D’autres paramètres relatifs à la valeur de la voiture tels que son âge, son niveau d’options et d’équipements, ou à sa dangerosité potentielle, comme sa puissance, font logiquement grimper le montant de la prime. Après un petit calcul sur le site d’un assureur belge bien connu, un assuré mâle lambda de 21 ans, pilotant une citadine diesel neuve avec un bon niveau d’équipement, se retrouve avec une prime de plus de 1.200 €… Pour éviter le coup de massue ou de retomber carrément à la case BM de papa, certaines compagnies proposent des contrats pour les jeunes de moins de 26 ans à des prix abordables, à condition de respecter des conditions draconiennes: pas plus de 80 chevaux sous le capot, pas plus de deux2 passagers et franchise obligatoire en cas d’accident les week-ends et veilles de jours fériés. Et vous dites que c’est destiné aux jeunes?
En résumé, si tu ne veux pas payer ton assurance auto plus chère que ta voiture: achète un véhicule d'occasion , pas trop puissant (1100 à 1400cc max). Nombreux sont ceux qui optent pour cette 'solution': le conducteur principal est un parent et le conducteur occasionnel ou deuxième conducteur, c'est le jeune. Néanmoins, cette option est illégale dans la mesure ou le vrai conducteur régulier est le jeune, la compagnie pourrait invoquer ce fait en cas d'accident et invoquer une fausse déclaration et donc refuser d'indemniser: vous prenez donc un risque important.
Autant jouer franc jeu, d’autant que les compagnies acceptent généralement de couvrir le jeune après une augmentation de la prime et moyennant le payement d’une franchise en cas d’accident.
En règle générale, rappelle-toi cependant que la prudence et le respect du code de la route sont la meilleure des assurances pour toi, et pour les autres.
(AG)
Dis-moi ce que tu conduis, je te dirai qui tu es
Rien de plus commun qu’une voiture: il s’en vend des millions tous les ans, noires, grises, rouges, bleues ou beiges. Le principe général est toujours le même (quatre roues, un volant, des sièges, un moteur qui fait vroum vroum). Et pourtant, les revues automobiles débordent des rayons des libraires, avec des titres consacrés aux cabriolets, aux tout-terrain, aux coupés sport, aux ancêtres… sans parler des magazines de tuning et des abominations visuelles qui leur servent de couverture.
Sur le web, on ne compte plus les forums et blogs consacrés à l’une ou l’autre marque, les sites de clubs de collectionneurs, et bien sûr la version online d’absolument tous les hebdos précités. Pourquoi tant d’attention? Comment expliquer que certaines voitures affichent un coquet 400.000 euros au catalogue, arbre magique non compris, et qu’en plus, elles se vendent? Cette démesure motorisée illustre par l’absurde une vérité indiscutable: une bagnole, c’est aussi et surtout une question d’image. Que serait James Bond sans son Aston Martin, Magnum sans sa Ferrari, Columbo sans sa Peugeot 504, David Hasselhoff sans son Kit, et Joëlle Milquet sans son Espace?
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Le premier de classe
Sérieuse et volontaire, sa voiture se doit aussi d’être fiable, car il ne faudrait pas tomber en panne sur la route des amphis. De préférence allemande, parce que notre ami n’est pas du genre à prendre des risques pour une fantaisie.
Sa voiture: VW Polo, modèle III (1994-2002). Valeur sûre des valeurs sûres, une ligne un peu chiante, le couple parfait.
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La post-alter néo-hippie
Forcément fantasque et anti-pratique, son astronef tellurique (oui, elle appelle vraiment sa voiture comme ça) se repère au premier coup d’œil sur le parking du campus: violet métallisé, elle l’a repeint elle-même (alors arrêtez de chercher Xzibit de Pimp my Ride dans les couloirs!), parce qu’un autre monde est possible — sur la route aussi.
Son astronef: Citroën CX break, série I (1974-1986). D’ambulance à corbillard, cette voiture a tout fait. Son coffre peut passer de salon à chambre à coucher selon l’heure et les besoins. Il est aussi le lieu idéal pour une séance de rebirthing improvisé.
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La fille à papa
Chic mais jamais extravagante, sa Titine (elle a su rester simple), cadeau des parents pour ses 18 ans, est le carrosse idéal pour aller faire son blocus au Zoute dans les meilleures conditions.
Sa Titine: Mini Cooper S Cabriolet (2005-). Mignonne, puissante, chère. Toutes ses copines ont la même, c’est vraiment supèèèèèèr!
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Le touriste
Capricieuse, rouillée, imprévisible, sa voiture est une épave. La réparer? Mais ce serait perdre sa meilleure excuse pour tous ces cours auxquels il n’a jamais pu arriver! La voiture du touriste est quand même rapide s’il le faut, histoire d’arriver avant la fermeture chez MegacopyShop le jour de la remise du TFE (en quatrième sess’ prolongée).
Sa bouse: Renault Super5 GT Turbo (1985-1991). Ultra nerveuse, mais probablement rouillée jusqu’aux essuie-glace: idéale!
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La fan des groupes belges en G
Werchter , Dour, Pukkelpop, mais aussi Verdur Rock, Wolurock ou d’obscures fêtes de la patate en rase campagne… Les Ghinzu, Girls in Hawaii et autres Goose, elle les suit vraiment partout! L’été venu, elle fourre tous ses potes, avec matos de camping et provisions pour deux mois, dans son van, que sa bande appelle l’Aquarium ou OCB-mobile (tout un programme).
Son van: VW Caravelle (1990-2003). Pas aussi mythique que le Combi cher au Flower Power des années 60, mais drôlement plus pratique.
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Le six-étoiles au doré clairsemé
Dévoué corps et âme aux tourments des nouvelles recrues, il vole de bleusailles en rallyes-chopes, en vétéran de la logistique bibitive. Sa voiture n’a pas de porte-canettes, c’est un casier de bière ambulant. Et entre La digue du cul, Fanchon et La p’tite gaïole, on raconte que la voix de l’ordinateur de bord ne rate jamais une note…
Sa fourgonnette: Peugeot Partner (1996-). A force de la conduire en tablard, elle pue les vieilles tripes, mais à l’arrière, qu’est-ce qu’il peut en caser des fûts et des filles s’il reste de la place!