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12/01/2009

DOSSIER: Tous accros à FACEBOOK?

Finie la génération SMS, exit les blogs, Facebook a depuis quelques mois pris le relais et conquis le cœur des ados et autres adulescents du monde entier.

Véritable outil de communication et de réseau social, il s'inscrit dès lors comme le site le plus successful de ce début de millénaire, arrivant même à détrôner son concurrent MySpace. Quelles sont les raisons d'un tel succès? Comment tout cela a-t-il débuté? Facebook peut-il se révéler dangereux? Peut-on vivre sans être inscrit sur le site? Tentatives de réponses dans notre dossier du mois.

Destiné à l'origine à établir un réseau social des étudiants de Harvard, la réputation de Facebook s'est rapidement propagée dans d'autres universités, d'autres collèges ou d'autres sociétés avant d'envahir le monde entier et de devenir le site tel qu'on le connaît actuellement. Conçu en février 2004 par Mark Zuckerberg, le site n'a donc pas attendu le nombre des années avant de pénétrer dans la majorité des foyers.

La curiosité est un sain défaut

Lentement, la réputation de Facebook a commencé à faire le tour du monde et à imprégner les différents continents. Si bien que la majorité des 15-25 ans ont leur propre profil et se sont lancés dans l'aventure. Pour une simple et bonne raison: le bouche-à-oreille qui a fonctionné à merveille. Nadège, 20 ans, étudiante en Infocom: «Tout le monde en parlait. A un moment, j’ai donc voulu voir par moi-même de quoi il s’agissait». Tout comme Sophie, 22 ans, étudiante en journalisme, qui avoue son envie d'en savoir plus et d'espionner ses petits camarades: «Je voulais découvrir ce que c’était. Et très curieuse de nature, je pouvais ainsi espionner la vie de mes compatriotes!».

Petit à petit, le site de socialisation s'immisce dans la vie des ados. Ils sont même une majorité à checker d'abord leur profil Facebook avant leurs mails ou leur adresse MSN. Lentement mais sûrement, il s'incruste dans le quotidien déjà surbooké de la jeunesse numérique belge. François, 18 ans, étudiant en sciences économiques, nous explique le long cheminement du site dans sa vie de tous les jours: «Au début, c'est surtout marrant de rechercher des potes afin de regarder leur profil. Ensuite, je me suis fait prendre aux divers quizz, assez ludiques mais dont on se lasse assez vite. Par après, je l'ai surtout utilisé pour retrouver d'anciennes connaissances que j'avais perdues de vue, comme des amis de primaire ou des scouts. Maintenant, c'est devenu mon site de référence, j'y chatte, regarde les photos de mes amis, réagit aux profils, etc… A terme, je pense que Facebook remplacera MSN.»

L'apologie de la nostalgie

A ce jour, Facebook compte 110 millions d'utilisateurs répertoriés parmi lesquels plus d'un million de Belges. Ce qui équivaut à un dixième de la population. Ce succès est notamment à amputer au fait de retrouver pas mal de connaissances perdues de vue grâce à cet outil ludique et facile d'utilisation. «En plus, une fois accepté en tant qu'ami, pas besoin de parler, on peut fureter dans leur vie sans avoir à les rencontrer en chair et en os. Exit donc les blancs gênants lors de conversations insipides!», explique Cynthia, 23 ans. Car il est clair que beaucoup d'"amis" Facebook seraient niés si jamais ils venaient à être croisés en rue. D'où ce paradoxe de l'écran qui facilite les rapports humains. Progrès ou régression, à vous d'en décider…

Nadège, Pauline (19 ans, langues et littératures germaniques) et Sophie sont toutes trois assurément sous le charme du site de socialisation. La première pointe du doigt la possibilité de retrouver de vieilles connaissances ou de voir la nouvelle vie des gens, et même si elle checke son profil au moins une fois par jour, elle ne se sent pas encore accro: «Quand on est en kot et qu’on a du temps libre, il faut bien le tuer! Je ne vais pas mourir si je ne sais pas y aller pendant un mois. En plus, ça me fera plus de choses à découvrir à mon retour!». Pauline, elle, aime savoir les événements à venir et quels amis sont susceptibles de s'y rendre tandis que Sophie prend un malin plaisir à «un peu espionner la vie des gens», quelque chose qui plaît à beaucoup, avouons-le!

Le culte du soi

Qu'on le veuille ou non, notre profil en dit beaucoup sur nous, peut-être même plus qu'on pourrait l'imaginer. Ainsi, une récente étude américaine vient de démontrer que le profil Facebook d'un utilisateur pouvait en apprendre beaucoup sur son degré de nombrilisme. Ainsi, selon cette étude, tu es considéré comme narcissique si tu postes plein de photos de toi (ce qui consiste à dire que tu utilises Facebook pour faire ton auto-promo), si tu as des tonnes d'amis (car tu privilégies les rapports peu profonds) ou si tu es inondé de posts sur ton "Wall" (ce qui révèle ta popularité webesque). Tu cumules ces trois conditions? Tu es alors considéré comme un narcissique du web.

Arnaud, étudiant en droit à Louvain-la-Neuve, confirme les résultats de cette étude à demi-mot: «C'est vrai qu'il y a certains profils qui sont exagérés. Genre la fille qui n'arrête pas de mettre des photos d'elle sous toutes les coutures et qui se croit belle à prendre la pose! Mais tout cela n'est pas bien méchant! Et je dois dire que je suis quand même friand de toutes les photos que l'on retrouve sur le site. Si personne n'en mettait, ce serait nettement moins marrant!». Certains autres étudiants avouent être restés perplexes devant les profils de leurs anciens camarades de classe, comme Quentin, 24 ans, étudiant en médecine à Woluwé: «C'est dingue, beaucoup de mes anciens copains de primaire ont déjà une femme, un boulot et même, pour certains, des enfants alors que je rame toujours au beau milieu de mes études! Il y a quand même un fossé assez important entre eux et moi. Moi, mes photos, ce sont surtout des guindailles entre potes alors qu'eux inondent leur profil de photos de leur maison ou de leur petit dernier! J'ai été sidéré en voyant ça. Mais ce n'est pas pour ça que j'envie leur vie!»

Facebook , un danger?

Si surfer sur Facebook peut apparaître comme bénin et sans risque à première vue, certaines complications peuvent se présenter aux internautes qui n'hésitent pas à déballer leur vie privée au monde entier. Thomas, 21 ans, en a fait la douloureuse expérience. «Cette mode de tagger à tout-va m'a coûté mon kot! Je m'explique: certains potes mettent en ligne des tas de photos de guindaille. Jusque là, rien de bien méchant. Sauf que dorénavant, la plupart de mes oncles et tantes ont également succombé à la mode Facebook et sont devenus mes "amis", comme on dit. Si bien qu'un simple tag d'un pote les a mis en présence avec une photo de moi en très piteux état, une chope dans une main, un pétard dans l'autre et affalé à même le sol. Ni de une ni de deux, y en a un qui a cafté auprès de mes parents. Le résultat: plus de kot pour moi, je suis désormais obligé de faire la navette.» Ce qui amène Thomas à dispenser deux conseils bien avisés: premièrement, ne pas tagger ses amis dans des postures pour le moins compromettantes et ne pas accepter des "amis" à qui on ne veut pas révéler les moindres aspects (reluisants ou non) de sa vie.

Un conseil que prodigue également Séverine, 19 ans, étudiante en tourisme qui a perdu beaucoup plus qu'un kot à cause d'un tag malheureux, mais son copain qui n'a pas apprécié une photo de sa belle en charmante compagnie. «Dans mon cercle d'étudiants, on boit beaucoup et on ne répond pas toujours de nos actes. Auparavant, on pouvait facilement tirer un trait sur une soirée qui finit mal. Sauf que là, un des comitards n'a pas fait gaffe en foutant les tofes (sic) sur Facebook. Si bien qu'au réveil, à peine connecté, mon petit copain s'est retrouvé en face d'une photo de moi embrassant goulûment un autre que lui.» Après de vaines tentatives de rabibochage, le couple a fini par imploser et la belle par se morfondre seule dans son kot. So sad!

Plus surprenant encore, le site arrive même à créer des disputes au sein de couples. Comme celui de Marine et Karl, deux étudiants de 22 ans qui vivent ensemble depuis cette année. Entre lui agacé par ses visites à répétition sur son profil et elle énervée par son hyper-jalousie naissante, les deux amoureux sont au bord du gouffre. Ils s'expliquent. Karl: «Nous vivons ensemble depuis quelques semaines et j'ai du mal à revenir après une journée de cours harassante pour la trouver devant l'écran de l'ordi à regarder le profil de mecs qu'elle ne connaît même pas!». Ce à quoi Marine rétorque que ce n'est que par pur jalousie que son petit ami ne supporte plus l'intrusion de Facebook dans sa vie privée. «C'est mon seul délassement de la journée, continue-t-elle, c'est vrai que je peux y passer des heures, mais cela me calme après mes cours. En plus, je ne vois pas vraiment le mal qu'il y a à regarder les photos et les profils de mes copains, qui sont le plus souvent des copines d'ailleurs!». Deux sons de cloche qui montrent bien à quel point le site a pris le pouvoir sur notre quotidien.

Les irréductibles

Parmi notre panel (très enthousiaste) d'interviewés, nous avons tout de même réussi à trouver un larron qui n'est pas tombé dans le panneau et qui a très vite déserté le nouvel espace de jeu de toute une génération. Gaëtan, étudiant en comptabilité à Liège, a très rapidement compris les limites du site: « J’ai été membre de Facebook pendant exactement une semaine. C’était désastreux en fait. Je voulais pas ‘devenir ami’ avec tous ces lynx, je voulais juste regarder leur profils et leurs photos au calme. Mais, je ne pouvais pas faire ça sans devenir leur ami. Après, j’ai vu qu’on pouvait envoyer des messages. D’accord, j’envoie un message à un mec que j’ai plus vu depuis longtemps. Au lieu de me répondre, il me demande de devenir ami avec lui. Non, mais c’est puéril, non? Bref, à la fin de cette semaine, je me trouvais sans ami, sans rien, j’étais le mec le moins actif sur Facebook. Alors, j’ai décidé de deleter mon profil, plus jamais je vais dessus, c’est du brol! » Comme quoi, comme le disait si bien notre vieil ami Marc-O, on ne peut pas plaire à tout le monde… Pourtant, le virus est en train de sauter les générations, comme nous le confirme Pauline: « Facebook marche si bien que ma grand-mère m’a même demandé pour l’y inscrire! ».

(SD)

Méfiez-vous des imitations!

Largement copié, souvent parodié et même exploité, Facebook a fait des émules, en voici trois exemples parmi tant d'autres:

Failbook
Version satirique du site assez réussie, avec des profils de personnalités politiques (surtout) françaises. Cependant, suite à une action de Facebook, le site est (temporairement?) suspendu. Dommage. C'était un plaisir de consulter les profils fictifs de Nicolas S. ou Ségolène R.!
www.failbook.fr

UCLBook
Le site des alumni de l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve. Il espère réunir en son sein les dizaines de milliers d'anciens de l'université, même si on ne voit pas trop l'intérêt de se rendre sur ce réseau social assez déserté pour le moment.
www.uclouvain.be/alumni

Sexebook
Assez douteux, ce réseau social libertin de sexe amateur gratuit se propose de réunir coquins et coquines du monde entier qui peuvent s'échanger photos, infos, et plus si affinités!
www.sexebook.com

10 bonnes/mauvaises raisons de s'inscrire sur Facebook

1. Retrouver des vieilles connaissances (copains de primaire, amis d'enfance, cousins éloignés, …). Avec le risque qu'elles ne te lâchent plus de sitôt!

2. Rester en contact perpétuel avec ses amis. Mais ne jamais pouvoir esquiver une sortie sans l'un ou l'autre, avec les preuves à l'appui!

3. Montrer à tout le monde à quel point tu es populaire avec tes centaines d'amis. Et constater plus tard que parmi tes 256 amis, 213 sont virtuels!

4. Offrir au monde entier les prises de vue de ton bonheur affiché avec ton copain/ta copine. Et te retrouver plaqué(e) après une semaine!

5. Epier en toute discrétion les moindres faits et gestes de ses amis. Et risquer de te faire épier en retour.

6. Défier tes amis pour une partie de poker endiablée. Et constater que tu en touches encore moins que Patriiiiiiiiiiiiiiiick.

7. Etre taggé sur des photos dont tu ignorais l'existence. Avec le risque que ce ne soit pas franchement à ton avantage.

8. Se rendre compte que l'amie du cousin de ta cokoteuse est aussi ton ami. Mais qu'il ne t'a pas accepté en tant qu'ami.

9. Passer du temps à fureter dans la vie de tes congénères. Et réaliser que ton mémoire n'a toujours pas avancé d'un pouce (et si tu changeais de sujet pour le faire sur Facebook?).

10. T'esclaffer devant tes photos de primaire et la dégaine que tu avais à l'époque. Et remarquer que ton premier amour est devenu un boudin sans nom, au revoir les beaux souvenirs!


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