Kot et multimédia - Profil: cyberstudent
Vingt-et-unième siècle oblige, de nombreux kots et chambres d’étudiants adoptent le look cyber: les consoles de jeux vidéo ont remplacé les traditionnels jeux de société, l’ADSL vole la vedette aux bouquins poussiéreux de la bibliothèque et les ordinateurs portables ont relégué le bloc-notes au rang d’ancêtre… Témoignages.
Kot-à-projet Louvain-Li-Nux
«On peut aimer l’informatique et la technologie sans être un geek!»
Gaëtan et Simon, tous les deux âgés de 21 ans, sont étudiants en ingénieur civil. Arnaud, 21 ans également, poursuit des études de psychologie tandis que Brieuc, l’aîné de la bande du haut de ses 22 ans, entre en quatrième année d’agronomie. Tous les quatre, ils sont membres du kot-à-projet Louvain-Li-Nux, qui compte dix étudiants et dont le but est de promouvoir les logiciels libres.
GUIDO: Quel projet développe votre kot?
Gaëtan: On s’occupe de promouvoir les logiciels libres, c’est-à-dire les logiciels qui sont non-payants et accessibles à tout le monde. On peut comparer ça aux médicaments brevetés et aux génériques. Le principe est le même: la formule originale est copiée et proposée gratuitement – ou à moindre prix dans le cas des médicaments génériques. Les logiciels libres possèdent un code source et peuvent être adaptés, modifiés et distribués par chaque personne qui le souhaite. A peu près chaque logiciel payant possède son équivalent gratuit.
Brieuc: Parmi les plus connus, il y a Firefox qui est l’équivalent d’Internet Explorer ou VLC qui est le logiciel libre de Windows Media Player. Notre kot promeut essentiellement Ubuntu, qui est l’un des équivalents de Windows.
Arnaud: Les logiciels libres requièrent parfois un temps d’adaptation, mais il ne faut pas de connaissances particulières en informatique pour pouvoir s’en servir.
GUIDO: Concrètement, qu’organisez-vous et à quel public vous adressez-vous?
Simon: Il y a tout d’abord les permanences. Un soir par semaine, des personnes de l’extérieur, étudiants ou autres, peuvent venir au kot avec leur ordinateur pour se faire installer un programme ou pour nous demander de résoudre un problème informatique.
Arnaud: On organise aussi des ‘Install-Party’ basées sur le même principe: une fois par quadrimestre, on installe des distributions Linux sur des ordinateurs.
Gaëtan: On propose également des conférences et des démonstrations. On a dernièrement fait une présentation dans une classe d’étudiants de cinquième année au Lycée Martin V de Louvain-la-Neuve. Le but était d’informer les jeunes de l’existence des logiciels libres et de les sensibiliser au sujet. On s’est également rendus à la Ligue des Droits de l’Homme à la demande de leur direction pour expliquer notre projet et installer des logiciels libres.
Brieuc: Il y a aussi les geek parties qui sont des soirées que l’on organise de temps en temps au kot. Pour l’occasion, on pousse le cliché geek au maximum: plats surgelés au menu, film geek dans le style de Star Wars, jeux vidéo… Certains participants sont des vrais geeks, d’autres pas du tout. Mais tout le monde est le bienvenu.
GUIDO: Qu’est-ce qu’un geek pour vous?
Simon: C’est quelqu’un qui est passionné par quelque chose à l’excès. Il ne fait plus que ça, quitte à délaisser toute forme de vie sociale. Le terme geek est lié au monde de l’informatique et des nouvelles technologies, mais il peut en réalité concerner n’importe quel autre domaine ou passion.
GUIDO: Vous considérez-vous comme des ‘geeks’?
Gaëtan: Non. On essaie d’ailleurs de casser cette image de geek que les personnes de l’extérieur essaient parfois de nous coller. On veut prouver qu’on peut aimer l’informatique et la technologie sans pour autant être des geeks et en ayant une vie sociale bien remplie à côté. C’est d’ailleurs le cas de la majorité des membres de ce kot.
GUIDO: Chaque étudiant du kot a-t-il un rôle différent?
Gaëtan: Pas vraiment. Mis à part le président et le trésorier, les autres membres n’ont pas de rôle spécifique. Disons plutôt que chacun(e) a son domaine de prédilection et qu’en fonction de la demande, c’est le ou la plus expérimenté(e) en la matière qui s’y colle.
GUIDO: En quoi avez-vous le sentiment que votre projet a du sens?
Brieuc: Le constat actuel est que nos vies sont de plus en plus régies par l’informatique: aujourd’hui, une majorité de kots disposent de l’ADSL, les inscriptions aux examens et les diverses communications ont principalement lieu via le net. Les valves sont quasi inexistantes. Il nous paraît donc utile d’informer les personnes qui connaissent uniquement les logiciels payants qu’il existe des alternatives tout aussi efficaces et gratuites. Peu de gens le savent.
GUIDO: Les personnes qui font appel à vous sont-elles reconnaissantes pour ce service gratuit rendu?
Arnaud: Oui, c’est très souvent le cas. Pour nous remercier, certains nous offrent parfois des bacs de bière ou de la nourriture. Un jour, un cuisinier qui avait fait appel à nous s’est même occupé du repas du soir pour l’ensemble du kot. Ce genre de geste est évidemment très apprécié!
GUIDO: Répondez-vous aussi aux demandes pendant le blocus?
Simon: C’est une période plus délicate. On répond à la demande uniquement si l’un des membres du kot a le temps de s’en occuper et si c’est particulièrement urgent. Dans le cas contraire, on est bien obligé de refuser. Nos études restent tout de même notre priorité.
Kot-à-projet Louvain-Li-Nux
Rue Constantin Meunier, 12
Louvain-la-Neuve.
www.louvainlinux.be
Le jour de permanence de l’année scolaire 2010-2011 sera communiqué sur le site internet de ce kot à projet dès la rentrée.
Florence du blog ‘Et Dieu Kreature’
«Bloguer est un plaisir et doit le rester!»
Florence a 22 ans et est étudiante en troisième année de droit à l’ISES à Bruxelles. Elle se décrit comme gourmande-généreuse-observatrice-étonnante-attentionnée-calme-boudeuse-excessive. Elle aime les plaisirs simples, décroche rarement son téléphone, adore discuter avec de parfaits inconnus et rêve de s’envoler pour Tokyo et Las Vegas. Depuis quatre ans, elle partage son quotidien sur son blog au ton osé, drôle et décalé.
GUIDO: Que peut-on lire sur ton blog?
Florence: Je raconte mon quotidien au travers de mes posts: je parle de mon chien, de mes amoureux, des bonnes adresses que je découvre à Bruxelles ou ailleurs, des nouvelles technologies, de mes coups de cœur, de l’actu, des études mais aussi de mes petites aventures quotidiennes ou des conversations que j’entends dans la rue. Je n’ai pas de ligne éditoriale et je parle vraiment de ce dont j’ai envie et de ce qui me passe par la tête.
GUIDO: Pourquoi as-tu eu envie de créer ton blog?
Florence: Pour m’exprimer... Quand je l’ai créé il y a quatre ans, j’étais beaucoup plus réservée et introvertie qu’aujourd’hui. J’y voyais une sorte de remède, de ‘défouloir’. J’aime aussi beaucoup écrire et tenir un blog m’offrait cette opportunité. Contrairement à d’autres blogueuses, je n’ai pas décidé de créer mon blog après en avoir découvert d’autres: à l’époque, je n’en suivais aucun.
GUIDO: Bloguer, ça t’apporte quoi?
Florence: Ça me permet de m’exprimer, de donner mon avis et de partager mes idées en toute liberté. Bloguer me permet aussi de rencontrer pas mal de monde. Depuis environ un an, je participe de temps en temps à des événements destinés aux blogueurs et blogueuses. Cela m’a permis de faire des connaissances. Certaines personnes sont même devenues des ami(e)s.
GUIDO: Tu es plutôt active sur ton blog. Comment gères-tu de front études et blogging?
Florence: Je ne m’impose aucune contrainte. Je rédige des posts quand j’en ai envie, sans me mettre la pression. Quand j’ai plein de choses à raconter et le temps pour le faire, je peux publier un post par jour pendant plusieurs semaines. Dans le cas contraire, il m’arrive d’espacer fortement mes posts, comme c’est souvent le cas pendant les vacances par exemple. Il m’est aussi déjà arrivé de ne plus rien écrire du tout pendant plusieurs semaines, de mettre cette activité entre parenthèses. Cela ne me pose aucun problème. Je ne me sens absolument pas prisonnière de mon blog. Pour moi, bloguer est un plaisir et doit le rester.
GUIDO: Entretiens-tu l’interactivité sur ton blog?
Florence: Oui… Je réponds toujours aux commentaires. Il s’agit souvent des mêmes internautes. Certains contacts restent uniquement virtuels tandis que j’ai déjà rencontré quelques personnes qui me suivent. Connaître l’avis de mes lecteurs sur un post m’intéresse toujours. Certains sujets mènent à des débats, d’autres provoquent des réactions vives. Mais c’est justement là l’intérêt d’un blog!
GUIDO: Te considères-tu comme une geekette?
Florence: Si, comme beaucoup le font, on associe le terme geekette à l’informatique et aux nouvelles technologies, on peut alors dire que je l’ai été il y a quelques années. J’étais vraiment une no-life, fan de jeux vidéo et de technologie. Je consacrais presque tout mon temps à ces activités. Heureusement, je ne suis plus comme ça aujourd’hui. Je m’intéresse bien entendu toujours à ce domaine, mais j’ai aussi une vie sociale à côté. Heureusement pour moi! Ceci dit, je ne suis pas d’accord avec l’utilisation courante qui est faite du terme geek. La plupart des gens réduisent au rang de geek ceux et celles qui possèdent un Smartphone et sont inscrits sur Facebook et Twitter alors que ce terme désigne n’importe quelle personne qui ne jure que par sa passion et ne voit plus rien d’autre. Et peu importe que cette passion soit la lecture, le piano ou l’informatique.
GUIDO: Ton entourage est-il au courant que tu blogues?
Florence: Oui, même si je dois bien avouer que je ne l’ai dit que tardivement à mes parents. Ce n’était pas dans le but de leur cacher des choses, mais j’estimais que ce blog ne leur était pas vraiment destiné. Mes professeurs sont aussi au courant. L’un deux est un jour tombé sur un post quelque peu incendiaire dédié à mon école. Ça ne lui a d’ailleurs pas beaucoup plu…
GUIDO: Profites-tu de ton blog pour promouvoir certains produits?
Florence: Oui, bien sûr, mais toujours sans m’imposer la moindre contrainte. Je parle d’un produit uniquement si j’ai eu le coup de cœur pour celui-ci. J’applique le même principe aux articles sponsorisés et je mentionne toujours qu’il s’agit d’un article de ce type.
GUIDO: Et Dieu Kreature. Pourquoi ce titre?
Florence: A l’époque où je jouais aux jeux vidéo en réseau, mon pseudo était Kreature. Je l’ai gardé et j’ai créé un jeu de mots autour de celui-ci pour trouver le titre de mon blog. C’est aussi simple que ça!
Micro-trottoir: es-tu un cyberstudent?
Nous nous sommes baladés sur les campus belges à la rencontre des étudiants. Notre question étant de savoir quels derniers gadgets à la mode fleurissent dans leur kot. Résultat de notre sondage: les dernières technologies ont bel et bien envahi leur espace de vie!
«A part mon ordi portable et mon GSM, je ne suis pas très branchée ‘nouvelles technologies’ dans mon kot. Je n’ai même pas de baladeur MP3. Oui, j’avoue, je suis un peu en dehors du coup…»
Marine, étudiante en psychologie
«Je viens de remplacer mon vieux GSM tout cassé par un modèle à écran tactile même si, en fin de compte, je n’en vois pas bien l’intérêt. J’ai été influencé et j’ai suivi la tendance comme tout le monde. Dans mon kot, j’ai aussi une Wii que j’ai ramené de chez mes parents. Autant dire que les soirées jeux vidéo entre colocs sont nombreuses.»
Bastien, étudiant en journalisme
«Je suis un geek de la photographie! Une bonne partie de mon budget d’étudiant passe là-dedans. Dernièrement, je me suis acheté un nouvel objectif et un disque dur externe pour stocker mes photos car leur taille est trop importante pour mon ordi portable. A part ça, j’utilise beaucoup ma webcam pour discuter avec des amis.»
Matthieu, étudiant en histoire
«Je suis inscrite sur plusieurs réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter et je dois avouer que j’y passe un temps dingue. C’est un sujet de disputes avec mes parents qui estiment que je ne devrais pas me connecter du tout en période de blocus et d’examens… Une chose tout-à-fait impossible pour moi!»
Elise, étudiante en psychologie
«Je ne pourrais plus me passer de ma station iPod dans mon kot. C’est le top pour écouter de la musique avec un son de qualité. A part ça, je me lève aussi tous les matins avec ce fameux réveil d’une-marque-célèbre-qu’on-ne-citera-pas et qui imite la lumière du jour. C’est aussi de la technologie, ça, non?»
Alexis, étudiant en marketing
«Un ordi portable, une connexion Internet, une webcam, un disque dur externe, un Smartphone, un baladeur MP3, une dock station, un appareil photo reflex: je me sens tout à coup très ‘geekette’ en m’entendant énumérer les gadgets technologiques que je possède…»
Sophia, étudiante en architecture
«Comme la plupart des étudiants, j’ai un laptop et un GSM. Mais c’est à peu près tout. Mes parents m’ont aussi offert un GPS pour mon dernier anniversaire. Ils ont vite compris que ça leur permettrait de faire des économies d’essence; je n’arrêtais pas de me perdre avant de l’avoir!»
Zoé, étudiante en droit
«Je suis très branché ‘jeux vidéo’ mais j’ai bravement laissé ma PS3 chez mes parents. Je crois qu’ils préféraient aussi… Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour étudier sérieusement!»
Alex, étudiant en publicité