Le blocus selon cinq étudiants
Plus que quelques semaines avant le moment tant redouté par les étudiants: le blocus de Noël! Pour l’occasion, Guido a cherché à connaître les rituels et habitudes estudiantines propres à cette période. 5 étudiants, 5 possibilités...
Mélanie, 24 ans, est étudiante en psychologie. Depuis deux ans, elle bloque seule dans son studio. «J’ai besoin de calme pour étudier. C’est donc l’endroit idéal puisque j’y vis seule. Les distractions sont moins nombreuses qu’ailleurs», explique-t-elle.
«Rien de tel que d'étudier chez mes parents. Ils s’occupent bien de moi, veillent à faire le moins de bruit possible et me préparent des bons petits plats. Bref, c’est le top en période de blocus. Je ne pourrais pas étudier ailleurs que là», raconte Arnaud, 21 ans et étudiant en histoire.
Nathan, 19 ans, étudiant en biologie, préfère quant à lui l’agitation qui règne dans son kot. «Je partage un kot avec trois autres garçons et deux filles. Tout le monde ne bloque pas là – et heureusement d’ailleurs – mais on est généralement trois ou quatre à préférer cette option à la bloque chez les parents. C’est trop calme chez eux. Et puis, étudier avec d’autres personnes qui vivent la même chose est motivant. On se sent moins seul et on s’encourage mutuellement. Je rentre pour les fêtes au blocus de Noël et l’un ou l’autre jour au blocus de juin histoire de profiter un peu du jardin», raconte-t-il.
De son côté, Sophie, 22 ans et étudiante en relations publiques, aime le changement. «A Noël, je préfère le confort et l’ambiance cosy qui règnent chez mes parents. Et puis, ça me permet de ne pas perdre de temps dans les trajets pour rentrer lors des fêtes. Par contre, en juin, j’étudie avec un groupe de cinq copines dans la maison de campagne de l’une d’entre elles. Au début, cette idée me faisait un peu peur car je craignais de me laisser distraire trop facilement mais en fin de compte, c’est génial. Je l’ai déjà fait pendant deux ans et je compte continuer puisque ça marche très bien comme ça», témoigne-t-elle.
Anne, 23 ans et étudiante en communication, a quant à elle opté pour une solution atypique mais de plus en plus recherchée. Depuis plusieurs années déjà, elle étudie dans un couvent ou un monastère. Le calme et la sérénité des lieux lui sont bénéfiques: «J’ai passé un premier blocus au couvent de Maredret dans la région de Namur. Ce sont mes parents qui m’ont parlé de cette possibilité pour y préparer ma seconde session en première année. L’expérience s’est avérée concluante. Par la suite, j’ai fait quatre autres blocus au Monastère de Wavreumont près de Stavelot. Mon cousin y avait étudié aussi et m’en avait dit du bien. J’aime le fait de me retrouver entourée d’étudiants qui ne font pas du tout les mêmes études que moi. Ça permet d’éviter les comparaisons et le stress inutile. C’est une expérience très sympa.»
Plannings, horaires et compagnie
En période de blocus, à chaque étudiant sa méthode de travail. Mélanie suit un planning strict établi avant le blocus. Si ses journées sont plutôt chargées, elle veille à s’accorder régulièrement des pauses: «Je commence généralement à étudier vers neuf heures et je m’arrête en fin de soirée. Je m’accorde deux longues pauses d’une heure trente à deux heures pour les repas et quelques-unes plus courtes pendant la journée. Je me détends en regardant la télé principalement. C’est en soirée que je suis la plus productive. Il m’arrive parfois d’étudier un cours jusqu’à minuit.»
Pour Nathan, même topo: de longues journées d’étude entrecoupées de pauses régulières. «Je suis particulièrement efficace entre vingt-et-une heures et vingt-trois heures. Allez savoir pourquoi… Pendant mes pauses, je discute surtout avec mes colocataires ou je m‘autorise de temps en temps une petite partie de jeu vidéo. Parfois, nos breaks se prolongent d’ailleurs un peu trop. On discute tellement qu’on en ‘oublie’ de retourner travailler!», témoigne-t-il.
Arnaud, de son côté, privilégie le matin et le soir pour l’étude mais préfère bannir l’après-midi, peu propice à l’emmagasinement de matière dans son cas. «L’après-midi, je suis tout sauf productif, je dirais même que je suis contre-productif. Lors de mon dernier blocus, j’ai donc décidé de ne plus étudier à ce moment-là. Et je dois dire que ça me réussit plutôt bien. Mon étude est plus efficace de cette façon. J’ai donc adapté mon horaire: je commence tôt, vers sept heures trente, et je bosse jusqu’à treize heures. Je m’accorde ensuite une longue pause pendant laquelle je fais du sport, je vais me balader dans les magasins ou je regarde la télé. Je reprends ensuite l’étude juste après le repas du soir, vers dix-neuf heures trente et je bosse jusqu’à minuit environ. Cet horaire peut sembler léger au premier abord mais, au total, j’étudie tout de même dix heures par jour, ce qui est plutôt pas mal», raconte-t-il.
«A part étudier, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans un couvent ou un monastère donc… j’étudie toute la journée», explique Anne. Si, dans les lieux de cultes, les horaires d’étude sont laissés au libre choix de l’étudiant, les repas, eux, se prennent à heures fixes. «Le matin et le soir, on mange entre étudiants ou avec quelques visiteurs tandis que le repas du midi est pris avec la communauté, en silence. Quant aux pauses, il y a plusieurs options possibles au monastère de Wavreumont: un terrain de basket et une salle avec table de ping-pong et fauteuils sont mis à notre disposition. On peut aussi se promener ou discuter avec les moines», poursuit Anne.
Pour Sophie aussi, la période de blocus se résume à étudier du matin au soir: «Quand je bloque chez mes parents, j’étudie toute la journée et je passe généralement mes pauses sur Facebook ou MSN, ce qui n’est pas forcément le mieux. Je devrais sans doute prendre l’air à la place… En juin, quand je bloque avec mes copines, on étudie aussi toute la journée mais les pauses sont plus bénéfiques: on discute et on rigole beaucoup, ce qui nous permet de nous détendre totalement. Certains jours, on va même faire une heure de tennis au club du coin. Et puis, on ne manquerait pour rien au monde nos mini-pauses Roland-Garros.»
Rituels et autres manies
«Pendant le blocus et la session d’examens, je ne me sépare pas de mon porte-bonheur: une bague ancienne que j’ai reçue de ma grand-mère. En fait, je l’ai portée pour deux examens lors d’une session précédente et ce sont ceux que j’ai le mieux réussis. Du coup, je suis persuadée que si je ne la porte pas, je vais rater. C’est devenu une obsession alors qu’au fond, je sais bien que c’est ridicule. Cette bague ne m’aidera pas si je ne connais rien à la matière!», raconte Sophie.
De son côté, la recette de Mélanie pour un blocus réussi, c’est l’isolement total ou presque. «Je refuse les repas entre amis ou en famille, les longues conversations téléphoniques mais aussi les SMS. Je passe mes journées enfermée et j’étudie en pyjama ou en training pour être tout à fait à l’aise» lance-t-elle. Seule dérogation à la règle: les fêtes. «Au blocus de Noël, je m’autorise des pauses d’une journée pour Noël et le Nouvel an. Au blocus de juin, je m’accorde deux sorties maximum pendant le blocus, histoire de décompresser un peu», poursuit-elle.
Nathan, lui, effectue un grand nettoyage de son bureau en prévision du blocus: «Je ne supporte pas d’étudier sur un bureau rempli de brols. Les tentations sont trop nombreuses. Du coup, je vire tout ce qui pourrait me distraire de mon syllabus: les livres et les magazines, les gadgets en tout genre, les cadres photo mais aussi, et surtout, mon ordi portable et mon GSM. Seule ma collection de fluos et l’un ou l’autre bic sont autorisés à rester sur mon bureau. C’est une méthode radicale qui fonctionne plutôt bien.»
Arnaud, de son côté, a imaginé un système tout à fait inédit pour éviter les distractions. «Je place un paravent opaque entre mon bureau et le reste de la pièce. Résultat: je suis dans ma petite bulle et j’étudie très efficacement. En blocus, j’ai une autre manie qui consiste à me lever constamment: pour aller aux toilettes, chercher un verre d’eau, voir ce qu’il se passe à la fenêtre, m’étirer. J’ai besoin de bouger. Je ne supporte pas de rester assis trop longtemps», explique-t-il.
Quant à Anne, si elle n’a pas vraiment de rituel particulier en période de blocus, elle compte sur les pauses pour se détendre un maximum. «Etudier dans un monastère ou un couvent peut paraître ennuyant au premier abord. Pourtant, c’est vraiment tout sauf ça. Braver les interdits est notre jeu préféré avec les autres étudiants. On se prend généralement de bons fous rires pendant les pauses. Un jour, parce qu’on en avait marre des cloches qui se trouvaient juste au-dessus de nos chambres et qui nous réveillaient tous les matins à six heures, on est monté dans la salle des cloches pour essayer de bloquer le mécanisme. On n’y est pas arrivé, mais ça nous a beaucoup fait rire!», conclut-elle.
10 conseils pour affronter sereinement le blocus
- Avant de débuter ton blocus, vérifie que tu possèdes bien toutes les notes de cours et veille à lire au moins une fois tes syllabi. Tu gagneras un temps précieux par la suite.
- Etablis préalablement un planning de tes journées en restant le plus réaliste possible. Inutile de te fixer des objectifs que tu sais à l’avance irréalisables.
- Accorde-toi des pauses courtes et plus longues. Travaille par exemple par périodes de 50 minutes, ensuite prends une pause de 10 minutes pour te changer les idées. Au bout de 3 heures de travail, fais une plus longue pause, d’environ 30 minutes. Consacre également une heure aux repas du midi et du soir. Profites-en pour sortir oxygéner ton cerveau ou pratiquer l’activité qui te détend le mieux.
- Dors suffisamment. Une moyenne de sept à huit heures par nuit est idéale. Tu peux aussi envisager une courte sieste juste après le lunch.
- Mange équilibré. Demande à tes parents de te préparer tes plats sains préférés. Si tu étudies à ton kot, demande-leur de te préparer des plats à congeler pour éviter de perdre trop de temps à cuisiner.
- Evite de te comparer à tes amis pour ne pas stresser inutilement. Avance à ton propre rythme.
- Les jours où ta productivité est trop faible, prends une pause de plusieurs heures avant d’ouvrir à nouveau ton syllabus.
- Bouge: pratique un sport au moins une à deux fois par semaine.
- Range ta chambre ou ton kot afin d’éviter les distractions. Eteins aussi ton ordinateur et ton GSM pour étudier plus efficacement.
- Travaille dans un environnement sain: aère régulièrement ta chambre (pendant tes pauses par exemple) et évite de la surchauffer en hiver.
Une pointe d’humour…
Sur Facebook, le groupe ‘Tu sais que tu es en blocus quand…’, qui compte plus de neuf milles membres, joue la carte de l’humour. Quelques extraits.
Tu sais que tu es en blocus quand…
…tu fais des cauchemars. Au choix: tu te fais manger par des syllabus, ou tu te retrouves tout(e) nu(e) à ton examen oral.
…tu découvres soudainement que tu as plein de choses très urgentes à faire, comme ranger ta chambre/ ton kot.
…tu as une pure tête de déterré(e).
…tu as des grandes crises du genre: mais pourquoi j'ai choisi ces études-là, moi?
…tu voudrais retourner au temps des études secondaires, où tout était si facile.
…tu manges encore plus mal qu'habituellement.
…tu te dis que c'est le bon moment pour lire tes romans en retard et/ou te regarder la dernière saison de Docteur House.
…tu parles tout(e) seul(e).
…tu te dis que la seconde sess', c'est pas fait pour les chiens.
…tu te demandes quand tu pourras à nouveau fêter Noël pour de vrai.
Etudier - et uniquement étudier- tu feras…
Comme Anne, tu as envie de tenter l’expérience du blocus dans un couvent ou un monastère? Voici les coordonnées de quelques-uns d’entre eux:
- Abbaye de Maredret: Rue des Laidmonts, 9, 5537, Maredret - 082 69 91 34
- Abbaye de Maredsous: Rue de Maredsous, 11, 5537, Denée – 082/69.82.11
Une petite contribution financière est généralement demandée pour occuper la chambre et profiter des repas.
Mettre toutes les chances de son côté…
Tu es étudiant en première année de l’enseignement supérieur ou de l’université? Commande sans plus tarder le kit "Startingbloque" sur le site Internet
www.startingbloque.be. Ce kit, qui comprend notamment un planning d’étude, un petit livre rempli de bons conseils et des post-it à coller partout sur ton bureau, a pour ambition d’aider les étudiants pendant cette période souvent éprouvante. Une chouette initiative issue de la collaboration entre Jeunesse et Santé et La Mutualité Chrétienne.