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23/06/2014

DOSSIER: FESTIVALIER UN JOUR, FESTIVALIER TOUJOURS…

Entre mi-juin et fin septembre, notre plat pays va vibrer sous les décibels de plus de 35 festivals. Des moments d’exception pour celles et ceux qui s’y préparent convenablement et savent pourquoi ils choisissent tel ou tel festival.


Un festival, c’est avant tout une âme, une ambiance. On ne ‘se fait’ pas un festival comme on va à un concert. On y participe et tout le plaisir de la chose peut se résumer dans ce verbe. Le côté participatif d’un festival est important. On y est, mais, surtout, on y est avec d’autres pour un moment de partage intense, qui marque les mémoires. Les organisateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et certains d’entre eux n’hésitent pas à faire sceller un bracelet de tissu au poignet des participants. Un bracelet comme un signe de ralliement entre différentes personnes qui, sans cela, ne se parleraient sans doute jamais. Pareil pour la page Facebook qui regroupe des filles et des garçons ayant en commun d’avoir vécu une expérience qu’ils pensent unique. «Je suis devenue fan de la page de Couleur Café,» nous dit Marie, 22 ans. «Au départ, j’espérais y trouver des photos pour pouvoir revivre quelques moments. Histoire sans doute de céder à une certaine nostalgie. Mais très vite, je me suis rendu compte que nous formions une communauté à part entière. Non seulement nous nous parlions des soirées vécues à Tour & Taxis, mais en plus, nous nous rendions compte que nous avions des tas d’autres choses à partager. Cela va faire un an que je suis sur cette page et depuis j’ai rencontré une dizaine d’autres ‘fans’. Nous sommes potes et apprécions de pouvoir nous voir de temps en temps. Comme quoi, aller à un festival ne se limite pas toujours à assister à un concert,» s’amuse-t-elle.

Sur scène, mais pas seulement

Cette ambiance si particulière, elle se ressent sur scène avec des artistes qui vivent réellement l’instant. «Je me souviens d’un passage de Sting à Werchter,» nous explique Michel, un vieux routard des festivals qui retrouve son âme d’étudiant dès qu’il foule le sol de ces événements d’exception. «Il avait plu toute la journée. Nous étions trempés jusqu’aux os. Je ne me souviens plus des groupes vus pendant l’après-midi. Mais quand Sting est arrivé sur scène, les nuages ont disparu et il y avait pleine lune juste au-dessus de la scène. Le concert devait durer une heure. Sting est resté trois heures sur scène. Une sorte de symbiose s’est installée entre l’artiste et les spectateurs, mais aussi entre les spectateurs eux-mêmes. Ce sont des expériences qui marquent et que l’on n’oublie jamais.»

Isabelle, elle, garde un excellent souvenir des ‘à côté’ de son festival favori : Couleur Café. «Tout le monde est cool lors de ce festival. Depuis qu’ils se sont installés dans le nord de Bruxelles, c’est une sorte de ville dans la ville. J’adore ça. Puis, il y a toutes les échoppes autour des différentes scènes. La première année où nous avons vécu ce festival, j’ai bu une curieuse boisson servie dans des petites bouteilles d’eau en plastique. C’était bon. Cela se buvait comme de l’eau. Mon copain de l’époque a préféré prendre un cigare. On n’en trouve plus beaucoup aujourd’hui et c’est peut-être tant mieux parce qu’il s’est carrément endormi durant un concert. De mon côté, je dois avouer que je n’ai plus trop de souvenirs de qui j’ai vu et quand. Mais j’en garde malgré tout un bon souvenir…»

Un resto avec Patrick Bruel!

Un festival, c’est aussi l’occasion de vivre des expériences plus proches avec les artistes. Thomas est un habitué des Francofolies et c’est cette proximité qu’il apprécie particulièrement. «Je me suis retrouvé tout-à-fait par hasard dans un bar. J’étais avec deux copains. Tout d’un coup, je tourne la tête et je me rends compte que le mec à côté de moi, c’est Stephan Eicher. Je ne peux pas dire que je suis un fan absolu. Mais le fait de le voir là, je me suis senti timide. Puis on s’est mis à se parler. Il a voulu savoir comment nous vivions notre vie d’étudiant en Belgique, il voulait essayer de comprendre notre (trop) célèbre frontière linguistique. Pour finir, le verre s’est éternisé et on a discuté pendant deux heures. Cela ne fait pas de nous les meilleurs amis du monde, mais ce sont des moments privilégiés.»

Pierre, lui, c’est Patrick Bruel qu’il a mis au défi d’aller boire un verre. «Je me suis retrouvé nez à nez avec lui. Il a souri comme il doit sourire à des milliers de fans. J’ai voulu faire le malin. Je lui ai dit que nous allions boire un verre dans une brasserie. Il s’est tourné vers la personne qui l’accompagnait pour lui demander si elle connaissait, m’a demandé si on pouvait y manger quelque chose et puis m’a dit qu’il nous rejoignait après les interviews qu’il devait faire. Je suis reparti en le traitant presque de mytho. C’est quand je l’ai vu rentrer dans la brasserie que j’ai failli m’étouffer. Pour finir, on a mangé ensemble. On a beaucoup ri. Le moment a été trop court, mais il devait rentrer sur Paris le jour même… enfin, la nuit même!»

Les aléas du festivalier

Festivalier n’a malheureusement pas que des bons côtés. Certains d’entre eux s’en souviennent avec une pointe d’amertume. Nathalie, par exemple. «Je rêvais depuis des années de faire Werchter. Mignon comme un cœur, mon petit ami m’achète des places pour qu’on y aille à deux. Cadeau d’anniversaire dont je me serais bien passé. Dans le train, il sort de son sac une bouteille de vodka et me dit qu’on doit la boire avant d’arriver sur le site parce qu’ils n’acceptent pas les bouteilles d’alcool. Moi qui ne bois pas, je n’étais déjà pas ravie. Lui s’est siroté la bouteille. Arrivé sur place, tout allait bien. On s’est retrouvé sur la plaine. J’avais soif. Il est allé me chercher une bière et s’en est pris une pour lui. C’était la bière de trop. J’ai passé toute la journée au poste de secours à lui mettre des claques pour qu’il ne s’endorme pas. Bon, j’ai pu entendre les musiciens, mais franchement, je ne m’attendais pas à ça

Nous sommes le 18 août 2011. Vers 18h30. Une tempête s’abat sur le Festival Pukkelpop. Les tentes ne résistent pas aux vents, à la grêle. Les écrans géants sont balayés. On dénombre cinq morts et plus de 150 blessés. Cécile y était. «L’enfer. Je n’ai pas d’autres mots pour décrire ce que nous avons vécu. Le bruit était terrible. On ne s’entendait pas parler alors que l’on était, avec mes amis, les uns à côté des autres. Puis on a vu les tentes s’effondrer, des objets voler. Je me souviens être passée, le calme revenu, près d’arbres déracinés comme si cela avait été des arbustes ridicules. Aujourd’hui, quand j’y pense, j’ai encore les larmes aux yeux. Mais c’est juste la fatalité. Les personnes qui ont vécu cette expérience n’iront certainement plus jamais à un festival de la même façon. Moi, cette année, je retourne au Pukkelpop. Il n’y a pas de raison. Puis, il faut faire gagner la vie dans ce genre de circonstances.»

Damien, lui, a été confronté à un aspect pratique assez gênant. «On venait de passer deux jours tout bonnement géniaux. Certes, il avait plu, mais nous étions heureux. Quand on est retourné au parking pour reprendre ma vieille Clio cabossée, j’ai bien vu que les roues étaient étrangement enfoncées dans le sol. J’ai voulu démarrer, mais à part une gerbe de boue qui a aspergé les personnes derrière moi, je n’ai pas avancé d’un pouce. On s’y est mis à cinq pour tenter de sortir la voiture. Mais cela n’a pas fonctionné. Pour finir, on a dû faire appel au fermier qui louait son champ en guise de parking. Il s’est bien marré lui. Des gogos comme nous, il en voit chaque année. D’ailleurs, à la fin des concerts, il attend déjà avec son tracteur à l’entrée du champ. Bon, je me suis senti un peu bête, mais cela ne m’empêchera pas d’y retourner.»


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