DOSSIER: Dis-moi comment tu kotes, je te dirai qui tu es…
La rentrée, pour beaucoup, c’est le passage dans une nouvelle vie, affranchie des règles de la maison familiale. C’est intégrer un endroit à soi où l’on doit se sentir bien pour pouvoir profiter et réussir pleinement ses études…
Avant même d’imaginer entrer dans son kot, encore faut-il le trouver. Et, une fois trouvé, il faudra voir dans quelle mesure tu pourras l’adapter à ce que tu en attends vraiment. Inutile de vouloir, par exemple, placer une batterie dans le salon si tu fais de la colocation avec une personne dont le bruit des ailes de mouche révulse. Toutefois, à l’heure de lire ses lignes, deux possibilités s’offrent à toi: tu as déjà ton kot et tu devras t’adapter aux circonstances ou tu n’as pas encore ton kot et notre premier conseil est de te mettre en quête de celui-ci sans attendre.
Seconde sess ratée, la bonne nouvelle
Si tu fais partie de cette catégorie des retardataires, tu pourras miser sur les résultats de la seconde sess. Pour des raisons pratiques, certains étudiants, sans doute trop optimistes, ont déjà signé pour reconduire leur bail d’un an. Sauf que la seconde sess ne s’est pas déroulée aussi bien qu’ils auraient pu le souhaiter. Certains arrêteront même les études. Ils forment ta cible privilégiée dans ta recherche de kot. Sur Facebook ou sur certains sites spécialisés, tu trouveras ainsi un kot près de l’unif que l’on te cédera avec bonheur puisque cela permettra à son ancien locataire de se défaire d’un contrat de location devenu encombrant.
Pense toujours à visiter le kot avant de signer. Trouver est une chose, s’imposer de vivre n’importe où durant un an en est une autre. S’il s’agit d’une colocation, il peut être sympa de proposer aux occupants du kot d’aller boire un verre. Cela te permettra de mieux les découvrir et de voir si vous avez des atomes crochus en termes de mode de vie. Enfin, de plus en plus de kots sont soumis à des règlements qui permettent à de nombreux étudiants de vivre dans une même maison en parfaite entente. Prends connaissance de ce règlement s’il existe et vérifie que cela ne va pas à l’encontre de tes propres projets. Nombreux sont les étudiants qui se sont mis leurs colocataires à dos parce qu’ils ramenaient tous les soirs petit ami ou petite amie au kot alors que c’était formellement interdit dans ledit règlement.
Personnalité bruyante?
Tu es celui qui te connaît le mieux. Tu sais si tu es quelqu’un de plutôt bruyant ou pas. Agis en conséquence. Si tu sais que tu as besoin d’écouter de la musique en poussant le son à son maximum ou que tu fais partie de ces adeptes de la batterie qui n’ont rien trouvé de mieux pour se défouler, il est sans doute préférable que tu vives seul, voire dans un appartement bien isolé. Olivier se souvient. «Nous avions un groupe. Donc tout marchait bien. Je me suis acheté un synthétiseur. Je pouvais l’amener partout avec moi. Dans mon premier kot, cela n’a pas posé de problème. Mes colocs me demandaient de leur jouer des morceaux. Il y en a même un qui m’accompagnait à la guitare. Mais je suis passé à Louvain-la-Neuve, toujours en coloc. Et là, les choses se sont gâtées. Je faisais trop de bruit. J’ai décidé de mettre un casque. Puis, même avec le casque, j’ai dû me réfugier dans ma chambre. Apparemment, même mes gesticulations gênaient lorsque je jouais dans notre salon commun.»
Un corps sain…
On connaît tous l’adage ‘un esprit sain dans un corps sain’. Là encore, si tu es sportif dans l’âme, tu devras en tenir compte au moment de choisir ton kot. D’une part, il y a les sportifs à domicile. Si tu as un banc de musculation, assure-toi d’avoir la place pour le mettre. Paul: «À la maison, j’avais une pièce pour installer tout mon matériel. Dans mon kot, impossible d’installer tous les accessoires de mon banc de muscu. En plus, les haltères et autres Kettle Bell étaient trop lourds. Du coup, j’ai dû renforcer le plancher à l’endroit où je faisais mes exercices. Mes parents n’étaient pas ravis, mais j’ai réussi à les convaincre en leur disant que c’était pour ma santé et la réussite de mes études… de kiné.» D’autre part, il y a les sportifs d’extérieur. Faire du jogging tous les matins est une chose, mais des tensions pourraient rapidement naître avec tes colocataires si, chaque jour, à six heures de mat, tu les réveilles avec une douche. Tu pourrais aussi leur en vouloir de remplir les armoires de la cuisine avec des ‘crasses’. Pour un sportif, devoir résister à la tentation n’est pas toujours la meilleure des choses. «J’adore le chocolat. Mais ce n’est pas en accord avec le programme que je m’étais fixé. Avec ma copine Sabine, nous avions décidé de faire des efforts. Mais elle a lâché. Chaque jour, outre le fait de devoir sortir pour courir, je devais lutter contre l’envie de m’enfiler une barre de chocolat. C’est démotivant!»
Un Sheldon en puissance?
Aujourd’hui, nous sommes tous hyper connectés. Smartphone, tablette, ordinateur… Les écrans sont partout. Mais, parmi nous, il en existe qui ont dépassé le stade qui consiste à utiliser ces outils comme simples moyens de communication. Pour eux, une connexion commune à toute une maison à kots, une connexion qui ne serait pas suffisamment stable, représente un réel enfer. Si tu es un geek invétéré, que tu télécharges de la musique tout en regardant un film en streaming et en gardant un œil sur ta partie de jeu en ligne, prends soin, avant de signer pour un kot, que la connexion qui t’est proposée est suffisante. Vérifie même si tu as la possibilité de prendre une ligne téléphonique ou un abonnement au câble à ton nom afin de ne pas être dépendant d’autrui. Haithem en a fait l’amère expérience: «Nous avions une connexion limitée en termes de données. Chaque mois, c’était le même cinéma. Le propriétaire revenait vers nous parce que nous avions dépassé notre quota. Il y avait un surplus à payer. J’ai toujours payé celui-ci, conscient que ce n’était pas mes colocs qui étaient en cause, mais cela a mis un peu de tension entre nous.»
Le fêtard
C’est sans doute le pire des colocataires. Sauf, bien évidemment, si tous dans l’appartement vivent au même rythme. Le fêtard, par définition, se lève tard sans se coucher tôt. Mais, en plus, il n’apprécie pas forcément être dérangé pendant ses précieuses heures de sommeil. Dans le même temps, vu l’état dans lequel il rentre parfois au kot, il serait faux de dire qu’il est discret. Cela peut poser un souci avec ses colocataires, voire avec les autres habitants de l’immeuble. Thomas: «J’aime faire la fête. Je veux profiter pleinement de mes années d’étude. Mais je pense aussi aux autres. Dans ma chambre, j’ai fait placer un revêtement de sol qui absorbe le bruit. Comme ça, quand je rentre de guindaille, je peux retirer mes chaussures sans craindre de réveiller mes potes qui dorment juste en dessous. Mais je sais déjà que je prendrai, l’année prochaine, un appartement seul. Ma colocataire est en Haute École. Elle n’a pas du tout les mêmes horaires que moi. Et la salle de bains est à côté de ma chambre. Chaque matin, j’ai l’impression qu’elle prend sa douche dans mon lit. C’est insupportable ce bruit. Je ne peux pas lui demander de changer ses habitudes, mais j’aurai beaucoup de difficultés à changer les miennes.»
Le studieux
On a tendance à l’oublier, mais certains entament des études pour… étudier. Et là, tout est également question d’environnement. Notre premier conseil est qu’ils évitent les quartiers trop proches de l’université, souvent plus bruyants puisqu’on y fait régulièrement la fête. Si leur budget le leur permet, il serait idéal de pouvoir koter seul. Enfin, ils devront se concocter une pièce entièrement consacrée à leurs études. Comme le télétravailleur a besoin de se créer un bureau qui lui permet de se déconnecter de sa vie de famille, l’étudiant doit pouvoir se détourner des loisirs que la vie met quotidiennement à sa disposition. Audrey a vécu seule et en colocation, mais le problème restait le même: «Lorsque j’étais avec deux copines en kot, les choses allaient plutôt bien puisqu’elles voulaient étudier. Mais quand l’une d’entre elles a ramené son petit ami puis celui-ci, ses propres amis, je passais plus de temps dans le salon que devant mon bureau. J’ai déménagé pour vivre seule. Pour une question de budget, j’avais une pièce qui me servait de salon, de salle à manger, de bureau et de chambre. J’ai eu des difficultés majeures à éteindre la télé pour faire mon travail. Mais en plus, avec mon lit dans la pièce d’étude, j’étais régulièrement attirée vers lui. On a beau dire. Étudier, c’est bien, mais se coucher dans son lit, bouquiner et rêvasser, ce n’est pas mal non plus.»
En fait, force est de constater que, dans un monde idéal, il devrait y avoir autant de types de kots qu’il y a d’étudiants. Mais, comme tout le monde le sait, le monde parfait n’existe pas. Il faut donc composer et, quand on est réellement décidé à vivre en kot, faire des concessions, avec ses colocataires, mais aussi seul(e), avec l’environnement dans lequel on vit.
10 conseils malins pour réussir ta vie en kot
Quelle que soit ta façon de vivre, en colocation ou seul, noctambule ou studieux, certaines choses sont immuables si l’on veut bien vivre en kot. Voici dix conseils qui devraient te faciliter la vie.
1. En colocation, établis un tableau des tâches. Cela permettra à chacun de savoir quoi faire et quand. Cela évitera surtout les disputes entre des amis qui ne s’attendaient pas à ce que la vie en communauté soit aussi compliquée.
2. Pour manger, c’est soit le chacun pour soi, soit des repas ensemble. Dans les deux cas, mieux vaut établir une bonne communication. En effet, si tu veux te faire cuire une pizza, tu maudiras ta colo qui réchauffe un de ses plats au four. Et si vous faites des courses pour quatre, c’est toujours frustrant d’en avoir un qui n’est jamais à l’heure.
3. Pense à régulièrement faire le ménage. C’est fou de voir la vitesse à laquelle la crasse et la poussière peuvent s’accumuler. Avec un effet pervers supplémentaire. La crasse attire la crasse. On a, en effet, peu envie de s’y mettre lorsqu’on a l’impression que la montagne de poussière est impossible à déplacer. Fais régulièrement ton ménage. Cela prend peu de temps. En plus, si tu dois ramener une conquête chez toi, tu seras toujours ravi d’avoir toujours un intérieur accueillant.
4. Souscris une bonne assurance habitation. Loin de nous l’idée de vouloir t’effrayer, mais tu as sans doute des objets de valeur et laissé une garantie locative à ton propriétaire. Vérifie que ton assurance (obligatoire) te couvre réellement à la hauteur de tes espoirs.
5. Évite de prendre des animaux. Certes, avoir un chien ou un chat est sympa quand on est seul(e). Mais il faut s’en occuper. Promener le chien, s’assurer de la propreté du bac du chat… Devoir rentrer à des heures convenables pour éviter les accidents domestiques… Si tu tiens vraiment à avoir une bestiole dans ton kot, opte plutôt pour un poisson rouge.
6. En colocation, établis un budget commun. Même si vous avez décidé de ne pas manger ensemble, il y a des produits (par exemple pour l’entretien du kot) qui seront communs. Si vous établissez un budget mensuel pour ces produits et que vous vous partagez la corvée des courses, vous éviterez de nombreuses discussions sur qui a payé quoi et qui a consommé quoi…
7. Insuffle une vie éco-responsable dans ton kot. Éteindre la lumière, ne pas faire couler l’eau trop longtemps… Autant de petits gestes qui permettront de réduire la facture finale, mais surtout de faire un geste pour la planète.
8. Partage avec tes colocataires ton horaire de cours (obligatoires) et d’examens. Informez-vous les uns les autres de quand vous commencez votre blocus. On ne pourra pas vous en vouloir de demander un peu de calme si vous avez prévenu que vous avez un examen important à passer.
9. Ne laisse pas dans les communs des objets dont tu préfères garder l’usage exclusif. C’est tout bête, mais si cela te rend fou de voir quelqu’un d’autre que toi utiliser ta tablette, ne la laisse pas traîner sur la table du salon. Dans le même temps, y ajouter un code secret pourrait être mal vu.
10. Pense aux poubelles: c’est sans doute le dernier conseil, mais peut-être le plus important. Si tu es en charge des poubelles, ne les oublie pas. Une poubelle qui dégage une odeur pestilentielle est souvent la première cause de désaccord dans une colocation.