Koter à l’UCL: appel à témoignages
Incroyable mais vrai! Les étudiants de Louvain-la-Neuve, si prompts à monter aux barricades ou à défiler dans les rues bruxelloises pour défendre leurs intérêts ne sont pas organisés pour des questions aussi essentielles que le travail étudiant, la qualité de l’alimentation sur le site ou la problématique du logement étudiant.
Quand on gratte un peu, cela n’a rien de surprenant. A ses origines, les autorités académiques ont souhaité cantonner les activités de la représentation étudiante aux matières culturelles (beaucoup) ou académiques (pas trop). Résultat: il n’y a, à la différence de l’ULB ou de l’ULg, pas d’administrateur étudiant au Conseil d’administration. Petit à petit, les étudiants ont poussé la réflexion, les actions et les revendications dans les matières sociales mais comme toujours en la matière, il a fallu, à chaque fois, attendre un comité AGL «branché» sur la matière, voire une seule personnalité étudiante pour assurer certaines avancées dans des problématiques jusque là inexplorées. De plus, en fonction de l’actualité politique, l’énergie s’est fortement cristallisée au niveau de la FEF et a pu laisser quelque peu de côté les «petites» préoccupations étudiantes.
Mais cela pourrait changer! Les équipes Marsupilami et Moulin Rouge, issues des dernières élections AGL et associées pour un an à la gestion des affaires, ont confié à Olivier Stein, étudiant en deuxième candi droit, le soin de mener une vaste enquête sur la situation du logement à Louvain-la-Neuve.
A ce stade-ci, pas encore de révélation fracassante. Depuis des années, tous les étudiants locataires en butte à des problèmes de garantie, d’état des lieux (entrée et sortie), de charges ou de remise en état trop tardive se sont débrouillés tout seul.
Désormais, n’hésitez pas à partager vos expériences et à vous mobiliser pour la mise en place d’une logique de médiation plutôt que de conflit.
Contact:
Olivier Stein
AGL: Tél.: 010 / 45 08 88
Courriel: stein@agl.ucl.ac.be ou agl@agl.ucl.ac.be
Eckelmans : l’ennemi public n°1 ?
Arrivé au début des années 70, avec les pionniers de Louvain-la-Neuve, Guido Eckelmans a ouvert ses premiers logements étudiants dans le quartier de l’Hocaille,en 1975, là ou se trouve encore le Piano. Depuis, il a incarné, jusqu’à la caricature, le gestionnaire de kots, près de ses sous et bâtissant sa fortune sur le dos des étudiants. Rencontre.
Ses premiers «clients», alors que poussaient les premiers auditoires sur les champs de patates, ce sont les ingénieurs civils. Venus avec leurs bottes et touts contents de servir de cobayes actifs pour la construction et la mise en oeuvre d’une toute nouvelle ville (ce n’était plus arrivé en Belgique depuis la fondation de Charleroi, au XVIIème siècle!).
Guido Eckelmans est au milieu d’eux. Organisant des soirées dansantes, offrant de temps à autre quelques bacs ou un tonneau. Ce n’est pas un nouveau venu dans la construction et la gestion immobilières. Son père avant lui avaient jeté les premières bases de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui un empire, dans le Limbourg. Dans les années soixante, l’entreprise a déplacé ses activités vers Leuven où, très vite remarqué, le jeune Guido va être sollicité pour accompagner le «déménagement» vers Louvain-la-Neuve.
Une clientèle en mouvement
Aujourd’hui, sur LLN, il gère près de 1200 logements: 700 chambres et 500 studios. Avec une rotation, à l’entre-saisons, de près de 70%! Des entrées et des sorties qu’il faut gérer et qui mettent à genoux la petite dizaine de jobistes chargés de l’état des lieux. «Ce qui me stupéfie le plus, confie G. Eckelmans, c’est l’agressivité, chaque année plus forte, que nous rencontrons chez les étudiants. La très grande majorité des contacts se passent bien mais là où des problèmes se posent, ils s’expriment de plus en plus désagréablement. Cela dit, toute notre société «évolue» ainsi et si les banques deviennent agressives, comment s’étonner que le reste suit?».
Le nœud du problème, c’est le rôle intermédiaire que joue le gestionnaire immobilier, le «gérant». Les propriétaires veulent assurer un rendement optimum (bon an, mal an, 7,2%) pour leurs investissements et Eckelmans ne tient pas à les perdre. Entre le marteau et l’enclume: l’étudiant. Clientèle quelque peu captive dans une ville perdue au milieu de champs. Résultat: Eckelmans écope des premières candis. Un an plus tard, ces derniers partent vers les Kots à projets ou les commus… et la rotation s’installe.
Une période noire
Alors, d’où vient la «mauvaise réputation» d’Eckelmans? Ce dernier répond: «Dans les années ’80, j’ai repris une société qui disposait d’un gros portefeuille de vieux logements. Des kots à la limite de la salubrité (ou de l’insalubrité, c’est selon), pour lesquels je disposais d’une trop étroite marge de manœuvre pour les remettre en état. De là, des conflits incessants avec les étudiants qui, il faut le dire, ont payé les pots cassés. Aujourd’hui, tous ces logements ont été repris par une nouvelle société immobilière, un homme jeune et volontaire. Moi, je n’avais plus la patience nécessaire».
Vers la concertation ?
Il n’en reste pas moins que des problèmes subsistent. Des incompréhensions. Comme la liquidation de la garantie locative qui traîne parfois jusque décembre ou des montants de charges jugés excessifs : «Je ne suis pas pour autant fermé à la discussion. Dans mes implantations à Bruxelles, pour des étudiants de l’ULB, je suis en contact régulier avec des comités d’habitants avec lesquels nous essayons de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties. Pourquoi pas à LLN?»
Stéphane VANDEN EEDE
Enquête Test Achats
Reçu avec distinction !
La dernière enquête Test-Achats relative au logement étudiant date d’octobre 1998 (n°414) et s’est révélée plutôt positive pour le logement étudiant. Une étude de six pages, s’appuyant sur 5000 questionnaires rentrés et qui s’est clôturée par une cote globale de 7,43 sur 10!
Sur les 300.000 étudiants qui fréquentent les écoles supérieures, près de 120.000 d’entre eux logent en kots. On peut dire, en gros, que les seuls problèmes liés au logement étudiant se concentrent, pour l’essentiel, dans la rédaction des contrats proposés par les particuliers. Il s’agit donc d’être vigilant: certaines clauses sont unilatéralement défavorables pour les étudiants.
Si LLN, à l’époque, était considérée comme la plus chère (une moyenne de 8.000 francs par mois), il n’y a pas de différence notable par rapport aux sites universitaires. Exception faite de la période de recherche: si la plupart des étudiants bruxellois ou namurois se mettent en quête de leur futur logement deux ou trois mois avant la rentrée académique, les louvanistes, quant à eux, s’y mettent dès mars-avril.
Enfin interrogé par nos soins, le service consommateurs du magazine Test-Achats n’a jusque ici jamais enregistré de plainte relative aux logements gérés par la Société Eckelmans.