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16/01/2017

DOSSIER: Les étudiants font du ski

Chaque année à la même époque, des hordes de milliers d'étudiants envahissent les Alpes françaises pour une semaine de décompression totale durant laquelle vin chaud, pentes enneigées et soirées animées se disputent leur quotidien. Qu'est-ce qui plaît tant aux étudiants pour qu'ils soient si nombreux à slalomer entre les pistes dès la fin de leurs examens? C'est ce que nous avons tenté de savoir auprès de nos témoins privilégiés.


Les sports d'hiver entre étudiants, on en parle beaucoup, certains mythes circulent même d'année en année sur les campus à propos d''exploits' réalisés par les comitards des années précédentes (comme une cloison explosée entre deux chambres ou un appart transformé en soirée-mousse!). Mais comment démêler le vrai du faux? Les étudiants sont-ils vraiment de gros sauvages prenant le ski comme excuse à tous les vices possibles et imaginables? C'est ce que nous allons essayer de comprendre en confrontant dix clichés inhérents à ces voyages à des cercles organisant chaque année ce périple tant convoité.

Cliché n°1: Les étudiants ne partent que pour une seule raison: faire la fête

=> FAUX (quoique…)

L'appel des pistes noires est-il la seule raison pour laquelle les étudiants sont tellement attachés à cette semaine de transition entre le premier et le deuxième quadrimestre? Pas vraiment, ne nous voilons pas la face, les soirées font également partie intégrante de cet exode massif vers les Alpes suisses et françaises. Thomas, du Comité de Baptême Ingénieur Civil de Liège, nuance ces propos: «Le Ski Ingé, c’est le parfait mélange entre ski et fête. On y trouve des profils allant d’un extrême à l’autre. Il y en a qui se lèvent tôt et qui sont sur leurs skis dès l’ouverture des pistes. Il y en a d'autres qui préfèrent dormir un peu plus longtemps et ne commencer la glisse que l’après-midi et enfin, il y a ceux qui ne viennent que pour faire la fête. Au final, chacun y trouve son bonheur.» Ils essaient donc de s'adapter selon la personnalité de leurs participants. «On essaie d’être le plus possible à l’écoute de nos participants, on leur demande leurs affinités avec les autres et on en tient compte pour les cars ainsi que pour le placement des chambres. On propose notamment une option guindaille ou non guindaille afin de mettre les plus bruyants à l’écart des plus calmes.»

Cliché n°2: Le ravitaillement en alcool au Luxembourg est une étape incontournable du voyage

=> VRAI

Alors qu'ils ne sont partis que depuis une demi-heure, les cars s'arrêtent déjà pour une pause prolongée au Luxembourg. La raison de cet arrêt précoce subi? Un ravitaillement bienvenu en clopes et en alcool pour la plupart des vacanciers. Comme l'explique Sacha, du Cercle Solvay: «C’est un arrêt qui est prévu par notre tour-opérateur. Cet arrêt permet de faire une petite pause avant de vraiment prendre la route. Après, ce n’est pas non plus un endroit où je resterais des heures. Certes les bouteilles ne sont pas chères, et l’ambiance est sympa mais il y a beaucoup de monde qui se jette sur tout.» Même son de cloche du côté de Maxime de l'AGE-Sciences de Mons: «C’est bel et bien une réalité. Les étudiants sont d’ailleurs vraiment demandeurs de cela, ce qui est compréhensible quand on regarde les prix des dits produits en station.» Certaines fois, une organisation est même prévue pour les étudiants, leur permettant des prix compétitifs tout en sirotant un petit verre d'accueil prévu par le commerçant! «Même ceux qui n’y achètent rien y restent des heures pour profiter des dégustations gratuites et des hôtesses plus que sympathiques,» confirme Thomas.

Cliché n°3: Le trajet en car est déjà une aventure en soi

=> VRAI

Après ce premier ravitaillement, c'est parti pour de longues heures de transit vers les montagnes enneigées. Mais comment occuper les étudiants pendant ce long trajet vers le Saint-Graal de fin janvier? Sacha: «C’est assez long, mais généralement on essaie de mettre les gens qui se connaissent dans le même bus. Il y a une bonne ambiance, on regarde des films et on fait des blagues!» Si les plus calmes peuvent dormir et passer un voyage paisible, les plus chauds n'arrivent pas toujours très reposés en station, c'est clair, c'est ce que nous confirme Thomas. Si les trajets allers se passent généralement sans souci, ce n'est pas toujours le cas pour le retour. Comme ce fut le cas dans le passé pour l'AGE-Sciences: «Nous avons déjà eu des départs retardés pour causes météorologiques ou simplement dû au fait que nous sommes tributaires de l’arrivée des chauffeurs en station, qui doivent avoir leurs heures de repos avant de reprendre la route. Mais rien de dramatique.»

Cliché n°4: Les associations étudiantes manquent d'organisation et de professionnalisme

=> FAUX (archi faux!)

De nos trois personnes interrogées, il ressort clairement que l'organisation mise en place par les cercles concernés s'avère professionnelle, carrée et rigoureuse. Car encadrer une centaine d'étudiants en voyage à l'étranger ne se fait pas sans un certain sérieux et une bonne dose de concentration. Après la négociation d'un contrat le plus attrayant possible avec un maximum d'avantages et un prix aussi bas que possible, il faut ensuite passer à la publicité afin qu'un maximum de personnes participent au voyage mis en place par le cercle ou l'organisation étudiante. «Ensuite, ce sont des dizaines de mails avec notre tour-opérateur (ndlr: le Skikot en ce qui concerne les Ingés Civils de Liège) afin de régler tous les détails possibles. Les capacités des cars, la disposition des chambres dans la résidence, s’assurer que tout est prêt pour notre arrivée. C’est ici qu’il faut être le plus présent, ce qui n’est pas toujours évident car nous sommes tous en examen à ce moment-là. Mais jusqu’ici, on a toujours réussi à gérer ça au mieux.» À cela s'ajoutent la répartition des chambres pour ne pas avoir de lits vides et surtout motiver des personnes de dernière minute lors d’années difficiles pour avoir le nombre de personnes promis auprès du tour-opérateur, ajoute Maxime.

Cliché n°5: Les hôtels n'apprécient pas vraiment compter des étudiants dans leur clientèle

=> UN PEU VRAI

Après vérification, la cloison démolie entre deux chambres et la soirée-mousse improvisée en pleine nuit semblent bel et bien avérés! Mais ce sont bien entendu des événements isolés et le plus souvent, aucun incident n'est à déplorer lors de ces semaines de décompression totale. Les hôteliers sont-ils dès lors refroidis par la réservation d'une vingtaine de chambres pour les besoins d'un trip étudiant? «Cela dépend des années, explique Sacha, avant d’être déléguée, j’ai été deux ans dans le Comité Voyage et selon les endroits où l’on était, les hôteliers étaient plus stressés ou plus confiants. Je pense qu'on doit aussi faire nos preuves afin qu’ils nous fassent confiance. Selon moi, leurs expériences passées avec d’autres groupes influencent également beaucoup la perception qu’ils ont des étudiants.» Même si Maxime a pour sa part constaté que de moins en moins d'hôtels acceptaient des réservations massives de students, Thomas et son cercle d'Ingénieurs Civils cherchent toujours une résidence adaptée à un tel voyage, qui a l'habitude d'accueillir des étudiants et «ça se passe toujours très bien au final».

Cliché n°6: L'alcool coule à flot pendant une semaine de ski

=> VRAI ET FAUX

Ne nous voilons pas la face, une semaine étudiante au ski sans alcool, c'est un peu comme un Spring Break sans nichons au balcon. Inconcevable! Du côté de Liège, on n'a pas honte de cet aspect bien connu et - surtout - attendu des étudiants: «Dans les avantages et activités que l’on propose, il y a une partie bibitive, c’est sûr. On organise en effet trois soirées fûts où les bières sont gratuites et à volonté pour nos participants. On organise aussi un souper savoyard, un concours tequila ainsi que des after-ski tous les jours. Ça reste un voyage estudiantin, la fête est très présente mais il ne faut pas s’imaginer que notre voyage n’est basé que sur ça. La grande majorité de nos participants est quand même là pour le plaisir de skier et passe un maximum de temps sur les pistes.» Même son de cloche à Bruxelles (Solvay): «Il y en a qui viennent vraiment pour skier et qui ne font pas trop la fête car ils veulent être en forme le lendemain pour être sur les pistes à 9 heures. Après, il y a ceux qui skient un peu ou qui ne skient pas du tout et qui profitent plus des soirées. Avec le ski Solvay, chacun profite de sa seule vraie semaine de vacances comme il le veut!» Tout est donc question de savoir ce que l'on veut au préalable, le ski ou la fête, ou les deux. Même si le ski Solvay est connu pour ses soirées à thèmes tous les soirs. «La plus-value du Ski Solvay, c’est justement cette multitude d’activités proposées par le comité voyage pour que chacun puisse trouver son bonheur.» Tandis qu'à Mons, ils essaient toujours d’être relativement frais pour skier le lendemain, même si les soirées peuvent être 'relativement arrosées'.

Cliché n°7: Les étudiants sont encore plus crevés après le ski qu'après leurs examens

=> VRAI (mais…)

Pour ceux qui aiment skier toute la journée et faire la fête toute la nuit (la majorité), le ski est rarement une période propice au repos et à la méditation après une session de janvier carabinée. Qu'importe, si tu reviens complètement mort crevé, tu as encore tout un quadrimestre pour te remettre sur pied! Tant pour le comité voyage que pour les étudiants de Solvay, le retour est difficile. «Il y a tellement de choses à faire et à organiser pour nous. Et puis, les soirées jusqu'à six heures du matin ou le fait de skier toute la journée c’est fatigant aussi!» Thomas renchérit: «On revient un peu fatigué c’est certain, que ce soit dû à l’effort physique ou à l’accumulation de soirées. Dans un cas comme dans l’autre, le voyage permet de décompresser après la session éprouvante de janvier.» Même son de cloche chez Maxime, même si «le bien que nous a procuré la semaine reprendra vite le dessus».

Cliché n°8: On y fait tout sauf skier

=> FAUX (sauf si…)

Même si le Cercle Solvay est surtout connu pour proposer une semaine bien mouvementée pour un prix très raisonnable, des after-ski tous les jours, des soirées à thèmes tous les jours et des activités toute la journée, ils essaient toujours d'opter pour des stations avec un grand domaine skiable (comme Val Thorens, L'Alpe D’huez et Tignes). «Nous choisissons toujours des stations de ski qui permettent aux skieurs de réellement skier.» Cette année, les Ingénieurs Civils liégeois investiront, eux, le domaine skiable de La Plagne pour trois raisons principales: «un domaine skiable intéressant, un prix attractif et la possibilité d'accueillir des étudiants».

Cliché n°9: Parfois, ça se passe mal

=> VRAI (mais pas si mal que ça…)

Si certains débordements sont parfois à déplorer lors de certains voyages au ski, aucun de nos trois témoins n'a, semble-t-il, vécu des incidents très sérieux. Seul le 'petit problème' de bus du cercle Solvay en 2015 est à épingler: «Il y a deux ans en revenant du ski, on a eu un petit problème avec le bus. On est donc resté bloqué plus de 12 heures dans le bus. J’étais la 'gérante' du bus 26, et on a mis 25 heures pour arriver jusqu'à Bruxelles! Au début, je l’avoue, j’ai beaucoup stressé, je devais gérer cinquante personnes et les rassurer. Les gens étaient d’abord assez paniqués et énervés, car après une semaine de ski on n'a qu’une envie, c'est de retrouver notre lit! Par la suite, on a trouvé un endroit où se poser au chaud. On s’est tous mis autour d’un ordinateur et on a regardé Le Roi Lion, on en a aussi profité pour faire une petite sieste. Les gens étaient plus décontractés par la suite, et j’ai appris à faire connaissance avec tout le monde, et au fond je me suis vachement bien marré. Selon moi, c’est la meilleure anecdote de mon ski 2015, car grâce à ce 'petit' problème de bus, j’ai rencontré des gens qui sont toujours des très bons amis à moi!»

Cliché n°10: Les voyages au ski sont des réservoirs à anecdotes

=> VRAI, VRAI, VRAI

Si le souper savoyard (souvent en altitude, avec retour à ski, légèrement imbibé et dans le noir) semble un incontournable dans la rubrique 'meilleur souvenir' pour la plupart des étudiants, un voyage au ski est aussi un impressionnant réservoir à anecdotes toutes plus poilantes les unes que les autres. Si bien que les étudiants absents pestent souvent de ne pas avoir eu l'occasion de participer aux délires de leurs potes pendant une semaine et avoir manqué, par exemple, un Président qui ne se souvient plus avoir fêté son anniversaire ou un étudiant (un peu alcoolisé) qui saute par un balcon dans la forêt. «Le seul moyen de l'arrêter a été de lui crier que des loups rôdaient,» explique Maxime (AGE-Sciences). Chez les Ingénieurs Civils Liégeois, une anecdote continue d'impressionner Thomas année après année: la vitesse à laquelle les inscriptions se remplissent. «On ouvre le lien à 20 heures et trois minutes plus tard, on a déjà plus de 300 inscrits. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons augmenté le nombre de places cette année. On espère pouvoir contenter un maximum de personnes.» Te voilà donc prévenu si la lecture de cet article t'a donné envie de tâter de la poudreuse cette année!

Photo: Shutterstock
 


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