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15/11/2002

Ces profs qui fricotent avec des étudiants

Vive la vie d’étudiant, vive celle des profs! Qu’en est-il de la relation entre ces deux générations? Sont-elles séparées par un fossé immense ou, au contraire, existe-t-il un parfait terrain d’entente, un lieu de rencontre privilégié pour une rencontre entre ces deux espèces? Guido Campus Magazine s’est mis en quête des sujets idéaux et les a attirés dans les recoins les plus sombres et menaçants: ils ont parlé.

Philippe est professeur d’éducation physique. Il est spécialiste en natation / sauveteur et essaie de transmettre à ses étudiants le goût pour les activités nautiques. Il y a de cela trois ans et demi, il a commencé à sortir avec une de ses anciennes étudiantes tout juste diplômée. Après avoir entretenu avec lui une relation durable de 3 mois, elle le demandait en mariage. Son amoureux, de 9 ans son aîné, n’a pas hésité une seule seconde et lui a donné dans la foulée deux petits monstres. Philippe en connaît un rayon sur la drague, c’est le moins qu’on puisse dire.

Guido: Vous êtes-vous connus dans un contexte relationnel prof/étudiant classique?

Philippe: Je lui ai donné cours pendant cinq ans mais il ne s’est rien passé pendant tout ce temps. Elle n’était pas libre à l’époque de toute façon. Mais lorsqu’elle a obtenu son diplôme et que sa relation a pris du plomb dans l’aile, ça a été très vite. Parce que je la connaissais déjà. Lorsque quelqu’un a été votre élève pendant cinq années, vous connaissez la personne que vous avez devant vous. Vous apprenez à vous connaître dans des situations différentes, pendant des stages sportifs, par exemple. Lorsque, en fin de compte, les choses se sont faites entre nous, nous nous sommes très vite mis en ménage. Et trois mois après, je lui ai demandé de m’épouser. Je savais que c’était la femme de ma vie.

Guido: Comment fut votre relation au cours des premiers mois?

Philippe: Je n’entretenais pas de rapport prof/élève classique avec elle, dans la mesure où nous pouvions parler presque sans tabous. Tout le monde me connaît ici, notre relation n’est donc pas restée secrète très longtemps. La nouvelle s’est propagée à la vitesse de l’éclair. Nous avons été confrontés à des réactions surtout de la part d’anciens camarades de classe qui sont relativement tombés des nues. Leurs réactions trahissaient un étonnement mais elles étaient très positives.

Guido: Comment vous positionnez-vous face à une relation prof / étudiant?

Philippe: C’est une question très difficile. En tant que professeur, ça a toujours deux poids, deux mesures. Ou bien vous donnez exagérément dans le favoritisme, ou bien exagérément dans la surprotection. Ni l’une, ni l’autre de ces attitude n’est saine. Il est très difficile de faire la part des choses. Mais je n’ai absolument rien contre le fait qu’un prof et un étudiant veulent une relation.

Guido: Arrive-t-il que des étudiantes essaient de vous séduire?

Philippe: Bien entendu. J’organise des stages de ski et des stages de sports nautiques. C’est une occasion de faire connaissance avec les étudiants différemment. Des étudiantes font des paris entre elles pour qui me séduira la première. Quinze casiers en jeu. Je ne m’oppose jamais à ça, au contraire, je prends beaucoup de plaisir à faire durer le petit jeu. Ca rend les études plus passionnantes. Et pour être honnête: c’est quand-même assez flatteur pour votre ego que des étudiantes fassent des paris sur votre dos.


Donnant, donnant. C’est la raison même, mais quel service rends-tu en retour à un prof qui s’investit à fond dans la promotion de ton travail de fin d’étude? Faire en sorte qu’il vive mieux sa crise de la cinquantaine! Salut, Sandra?
Sandra vient d’obtenir un diplôme en civilisations orientales, elle est japanologue et nous raconte comment ça se passait à l’époque dans son département. «Par un beau matin d’octobre, Jef le professeur étalait fièrement dans l’amphi sa théorie sur la crise de la cinquantaine, lorsque Lola, étudiante en deuxième licence, l’a repéré. Et il se passa ce qui se passait chaque année avec une étudiante de deuxième licence. Car, comme toujours, Jef était directeur de mémoire de l’ensemble de ses deuxièmes licences et assidûment en quête d’une proie facile. Lola, qui connaissait les avantages qu’elle pourrait tirer de relations sexuelles avec son directeur de mémoire, décida de saisir la balle au bond. Une petite robe en stretch, des talons-aiguilles de 15 centimètres, un coup de rouge à lèvre et le tour était joué. Il n’en fallut pas beaucoup pour mettre le professeur Jef à genoux. A mesure que l’histoire avançait, Lola vit toutes sortes de bourses lui être proposées. En juin, alors que les examens se déroulaient dans une chaleur torride, Lola consentit un ultime effort en ressortant ses bottes en cuir de l’armoire et s’assura ainsi une distinction. Après la cérémonie de remise des diplômes, elle partit sur-le-champ à l’étranger avec ses bourses en poche. Quant à Jef, le professeur, il s’envoya deux autres fille de la promotion de deuxième licence. C’est comme ça que ça se passait dans mon département…»

«Donner cours: un jeu de séduction mutuel.» Guido Campus Magazine a interrogé quelques profs et étudiants à propos de leur position. Des étincelles jaillissent aux confins du débat à mesure que celui-ci progresse, des hommes de jugement s’illustrent par leurs brillantes logorrhées. S’agit-il bien de toute la vérité, rien que de la vérité?

Guido: Mesdames, messieurs du corps professoral, donner cours est-il un jeu de séduction communément admis ?

Professeur De Vos, multimédia: «Donner cours est un moyen de séduction idéal qui peut inciter à une collaboration plus étroite avec l’étudiant, afin de susciter l’enthousiasme et instaurer une confiance mutuelle. Mais la séduction n’est pas une fin en soi car l’enseignement deviendrait sinon un show artificiel.»
Fred, professeur d’allemand : «Au sens platonique de la séduction, il en est certainement ainsi, autrement, il n’en est rien. Si vous voyez en la séduction un moyen de vendre un produit, peut-être. Evidemment que j’essaie de vendre mon truc. Et en ce qui me concerne, c’est l’allemand. Par contre, je n’ai rien d’autre à vendre.»
Professeur Van Limberghen, droit social: «Il y a évidemment du vrai dans cette position! Mais donner cours doit rester un jeu sérieux. Et il y a des règles que le jeu impose de respecter. Le but ultime reste néanmoins de parvenir à susciter une sorte de préférence autour de son cours.»
William, professeur de néerlandais: «Il est préférable de réduire au maximum toute influence de part et d’autre. Mais il faut être en mesure de captiver le public qui est devant vous, et cela implique dans les faits de jouer la comédie. Le théâtre est une forme de séduction. Je réponds donc par l’affirmative.»

Guido: Arrive-t-il que des étudiants essaient de vous séduire?

Professeur De Vos: «Ca arrive, oui. Mais lorsque je remarque que des étudiantes attachent trop d’importance aux artifices de la séduction, une petite lumière rouge s’allume. Et je me tiens sur mes gardes.»
Fred: «Pendant les examens, davantage d’attention est accordée à la tenue vestimentaire mais ça fait partie du jeu. Seuls les décolletés qui vont jusqu’au genoux et les jupes qui remontent jusqu’aux oreilles dénotent une volonté de séduction accompagnée d’arrière-pensées. Ce qui n’est pas un problème en soi, parce que ce sont des gens qui ont forcément quelque chose à cacher. Manque d’étude par exemple.» 
Professeur Van Limberghen: «Je suis pour une discussion à bâtons rompus entre professeur et étudiant, et si l’étudiant est en mesure d’inciter le professeur à adopter par la séduction une position différente, cela doit rester possible. Je ne peux bien sûr pas satisfaire aux demandes de tout le monde. L’étudiant est un produit que l’on fabrique et, par définition, on ne demande pas son avis à un produit. Mes propos peuvent paraître quelque peu irrespectueux, cependant on ne demande pas leur avis aux cochons pour savoir si le fermier fait du bon travail.»  
William: «Je ne dis pas que les étudiants n’essaient jamais de me séduire mais, dans mon travail, ça ne joue pas un rôle essentiel. Certains étudiants essaient de sauver leur peau aux examens en s’illustrant par le choix de leur tenue vestimentaire. Chacun selon ses moyens.»

Guido: Avez-vous déjà eu des sentiments particuliers pour un étudiant?

Prof. De Vos: «Il n’est pas impensable que des sentiments particuliers s’installent, c’est parfaitement normal. Mais cela s’apparente davantage à la sympathie que l’on ressent envers autrui. Je ne me sers jamais de tout ça. Les racontars selon lesquels des profs abuseraient de leur autorité pour nouer une relation avec quelqu’un ne sont que des contes de fée. Néanmoins, quelqu’un dont il se dégage quelque chose, une personne ayant un certain charisme pourra d’autant plus vite compter sur ma sympathie. Et il est un fait que cela soit indubitablement lié au sexe de la personne.» 
Professeur Van Limberghen: «Lorsque Monsieur De Vos déclare: ces sentiments s’apparentent davantage à de la sympathie. Il y a une sorte de force de gravité, une force qui, dans un autre contexte, pourrait peut-être déboucher sur autre chose. Ou peut-être pas du tout. Il ne faut jamais rien sortir de son contexte. Et ce contexte est simple: je suis prof de droit social et ceux à qui je donne cours restent mes étudiants.»  
Fred: «Il y a des étudiants avec qui, dès le premier jour, un certain courant passe, il peut être positif ou négatif. J’ai naturellement des préférences pour certains étudiants. Un entretien d’embauche dure environ 20 minutes, les contacts que j’ai avec mes étudiants sont de minimum une année académique. Et en un an, il peut se passer toutes sortes de choses.»
William: «Il faut distinguer l’apparition de sentiments des conséquences qu’ils peuvent avoir sur les résultats de fin d’année. Tout le monde peut coucher avec tout le monde, mais il n’est pas question que ce tout le monde soit un ou une étudiante.»

Guido: Salut les étudiants! Le fait de donner cours est-il devenu un sport de séduction consacré?

Nele, japanologie: «Si seulement ça pouvait être vrai! En vérité, c’est une lutte subtile entre s’endormir et rester éveillé.»
Vincent, médecine: «Davantage pour les filles que pour les mecs, parce qu’il y a plus de profs hommes que de femmes. Et les profs femmes que l’on a devant nous ressemblent davantage à des mecs»
Ben, communication: «A mon sens, une assistante peut arriver à ses fins facilement avec moi. Les hommes rendent les choses moins évidentes. Les femmes se cachent moins derrière un masque et le message est clair.» 
Karen, Kinésithérapie: «C’est comme si tous les profs succombaient à des femmes à moitié nues. Et en plus, les assistants sont souvent plus malins que les profs.»

Guido: Avez-vous déjà personnellement essayé de séduire un de vos professeurs?

Nele: «Non, j’en ai pas vu dans le coin qui valaient vraiment le coup.»
Vincent: «Je n’ai encore jamais essayé mais je ne l’exclus pas non plus. On ne sait jamais à l’avance si on aura pas cours avec une jeune prof canon tout juste diplômée. Je pense bien qu’un truc pareil doit être excitant.»
Ben: «Là tu t’égares, mon vieux...»
Karen: «Si un truc finit par se passer entre un prof et un étudiant, l’initiative vient forcément du professeur. Je n’imagine pas vraiment qu’un étudiant puisse séduire un professeur comme ça.»

Guido: D’où notre question: un prof a-t-il déjà tenté de draguer l’un d’entre vous?

Nele: «Celui-là, c’est clair. C’est un prof qui drague tout ce qui bouge. Un vieux dégueulasse avec un manteau en cuir.» 
Vincent: «Non, pas encore eu cette chance.»
Benny: «Moi non plus. Bien que peut-être cette assistante…»
Karen: «Moi non plus. Mais peut-être que c’est parce que j’ai un gros derrière.»

(MDK)


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