DOSSIER: Les vacances? Oui, mais pas (trop) cher!
Il est dans la vie une étape presque aussi importante que sa première communion ou son mariage, c’est le jour où l’on décide de partir seul en vacances. Enfin, seul… Sans les parents. Et là, quelques conseils peuvent toujours être les bienvenus afin de ne pas voir ses vacances se transformer en cauchemar financier.
L’idée de cet article nous est venue d’une conversation avec Andy, étudiant en droit. Ses premières vacances sans ses parents, ils les remboursent toujours… à ses parents. «J’ai toujours travaillé les deux mois d’été. Pour mes loisirs. En septembre, j’avais pris l’habitude de partir en vacances avec mes parents. Généreux, mes parents. Je n’ai jamais rien dû payer sinon les verres que j’allais boire avec les personnes rencontrées sur place. C’est dire que je ne me rendais pas bien compte de ce que coûtent vraiment des vacances. Puis, il y a eu l’année dernière. J’avais décidé de partir avec une copine. La même avec qui je comptais m’installer pour ma dernière année à l’unif. Objectif: profiter des prix de septembre. Et c’est ce que l’on a fait. Sauf qu'une fois arrivé en Crête, je n’ai pas fait attention à ce que je faisais. L’‘All-in’ n’était pas vraiment du All-In et je me suis retrouvé avec une facture finale qui, sur le coup, m’a laissé sans voix. J’ai payé, mais je n’avais du coup plus rien pour notre projet d’emménagement. Mes parents m’ont fait une sorte de ‘crédit pont’, mais je sais déjà qu’à cause de mon manque de réflexion, les vacances, l’année prochaine, je peux me les mettre derrière l’oreille…»
Pour vous éviter cette déconvenue, nous avons décidé de vous proposer quelques astuces avant que vous ne partiez en vacances. Bonne nouvelle, des conseils que vous pourrez emporter avec vous pour toutes les vacances de votre vie.
Sois ton propre agent de voyage
Internet est une source d’inspiration exceptionnelle. Il ne faut pourtant pas te laisser émerveiller par des offres imbattables. Elles cachent parfois de mauvaises surprises. Anne-Laurence, étudiante en sciences économiques, s’en souvient encore. «Je suis partie avec une copine dans le Sud de l’Espagne. Quand j’ai vu l’offre, je me suis dit que je ne pouvais pas manquer ça. En All-In, je pouvais passer une semaine au bord de la mer sans jamais avoir à mettre la main au porte-monnaie. Je ne m’étendrai même pas sur la grande route qui séparait l’hôtel de la fameuse plage où je souhaitais me coucher et ne plus bouger. Par contre, j’étais furieuse. Alors que l’on me proposait des boissons à volonté, je n’ai vu qu’après qu’il s’agissait uniquement de la fontaine à eau proposée à l’entrée de la plage. Si je voulais autre chose, c’était payant. Je ne suis pas une alcoolique dans l’âme, mais l’apéro à l’eau plate, ça ne fait pas réellement vacances.» Pourtant, Anne-Laurence en a tiré, outre la leçon, un point positif. «Comme on ne pouvait rien faire dans l’hôtel sans être frappé de suppléments divers et variés, nous avons été nous balader dans la station. Là, on a découvert un petit hôtel hyper sympa. En plus, il avait sa plage. L’année suivante, j’ai téléphoné en direct. Bien sûr, ils n’offraient pas des boissons à volonté, mais le prix des chambres était plus que raisonnable. J’ai pu aussi choisir de manière plus efficace les vols pour atteindre Malaga. J’étais devenue mon propre agent. Et cela rapporte. En choisissant un mardi pour partir plutôt qu’un autre jour, j’ai réduit le prix des billets de 200 euros chacun. Assez pour compenser le côté non All-Inclusive.»
Sois flexible
Ils sont nombreux celles et ceux qui nous ont indiqué faire des économies sur le simple fait de changer leur date de départ ou d’arrivée. Thomas, étudiant en sciences politiques, s’en réjouit encore. «Notre destination? Cuba. Mais nous voulions partir ‘à l’aventure’, donc sans réservation. Du coup, j’ai pris le temps de choisir les vols en fonction de leur prix. Au final, nous avons décalé nos vacances de dix jours. Comme je devenais tout doucement un as de la réservation sur le net, j’ai même poussé le vice à ne pas prendre la même compagnie aérienne pour l’aller et pour le retour. Grosso modo, la différence nous a ‘offert’ trois nuitées. L’anecdote, c’est que nous n’avions pas réellement réservé le billet de retour. C’est en arrivant à l’aéroport de La Havane que je me suis renseigné sur les vols disponibles. Et là encore, nous avons gagné quelques dizaines d’euros.» Certains sites ont fait des enquêtes à ce sujet. Être flexible sur les jours est une chose. Il faut aussi – et c’est trop tard pour cette année – envisager de réserver ses vols très tôt dans l’année. Un exemple? Selon Skyscanner, réserver ses vols pour le Maroc quatre à cinq semaines avant le départ permettra d’obtenir les meilleurs prix et donc des moyens supplémentaires une fois sur place.
Sois objectif dans ton budget
Comme pour le quotidien, il est nécessaire, pour les vacances, de bien établir son budget. Et là, le conseil, c’est d’être objectif lorsqu’on établit son fichier Excel. «J’ai listé le prix des vols, les nuitées, et j’ai établi un budget repas par jour,» se souvient Mehdi, étudiant en droit. «Mais, j’avoue, je n’ai pas fait les choses très sérieusement. Taxes d’aéroport, pourboires, verres au bord de la piscine, verres sur le port… J’en passe et des plus chers… Du coup, une fois sur place, on a vu notre budget fondre comme neige au soleil. Nous sommes donc passés par une soirée moins drôle où l’on a calculé ce qui nous restait en poche et, effectivement, on a établi combien on pouvait dépenser par jour. Dès ce moment-là, on a été plus serein,» poursuit Mehdi. Et c’est vrai: budgétiser ses vacances correctement permet de ne pas avoir de mauvaises surprises, mais aussi de savoir si l’on peut, ou non, s’offrir telle ou telle escapade, telle ou telle activité.
Sois malin à l’heure du repas
Un poste particulièrement meurtrier pour ton budget vacances est celui accordé aux repas. Certes, il existe des offres All-inclusive, mais celles-ci sont généralement ennuyeuses pour qui souhaite vivre des vacances vivantes, voire aventureuses. Là aussi, certaines règles de base permettront d’éviter d’investir tout son budget dans des menus de piètre qualité. Pierre avait prévu le coup. «J’ai acheté un guide reprenant les restaurants locaux, avec un bref descriptif. J’ai donc pu me créer une petite carte avec les endroits à ne pas manquer. J’ai ainsi pu éviter les coins à touristes et leurs restaurants forcément orientés ‘arnaque’. J’ai passé mes dernières vacances en Espagne. J’avais une liste longue comme mon bras de ‘petits’ restaurants servant des paellas non seulement typiques, mais surtout aux saveurs dépaysantes. Pareil avec les petits déjeuners. L’hôtel nous facturait les petits déjeuners 17 euros par personne. En sortant de l’hôtel et en marchant une cinquantaine de mètres, nous avons trouvé un bar local. Le café y était bon, les croissants (presque) à la française. Résultat: 6 euros par personne.» Dans les offres All-in ou demi-pension, les tours opérateurs tentent souvent de se ‘rattraper’ sur les à-côtés. Un exemple: le repas du soir compris dans l’offre est souvent celui en formule buffet. Le sympathique petit restaurant en bord de plage sera, lui, payant et il y a de fortes chances que vous aurez l’impression de payer les gambas au prix du homard. Une autre option, c’est de louer un lieu de vacances où il est possible de cuisiner. Une occasion en or de déguster les produits locaux achetés directement chez le producteur.
Sois malin dans tes déplacements
«Nous avions décidé de louer une voiture. À quatre copains, cela ne nous coûterait pas très cher. Sauf que cela a coûté plus cher et que cela a failli mettre la bisbrouille entre nous. D’abord, nous avons réservé trop tard. Du coup, la voiture était très chère à louer. Ensuite, nous n’avions pas prévu qu’arrivé sur place, on nous imposerait, vu notre âge, de prendre une assurance spéciale et donc de supporter les coûts inhérents. Enfin, alors que nous avions une voiture pour quatre a surgi le moment où deux souhaitaient aller à un endroit tandis que les deux autres en préféraient un autre. La dernière mauvaise surprise fut au moment de rendre la voiture. Pour bénéficier du meilleur tarif, nous avions pris un forfait de kilomètres. Et, comme de bien entendu, nous l’avons joyeusement dépassé. J’ai donc dû y aller de ma carte de crédit de secours pour payer la centaine d’euros de frais supplémentaires,» s’amuse aujourd’hui Yannick, étudiant en médecine du sport. Il a raison. La location d’une voiture entraîne des frais importants, à commencer par le carburant qu’il faut ajouter en fin de séjour. En plus, lorsque tu décides de passer ta journée à la plage et que la voiture reste garée, tu paies pour rien. Avant ton départ, pense à vérifier si des transports en commun ne permettent pas d’effectuer les trajets souhaités. Pareil avec un scooter ou un vélo qui sera bien moins cher tout en permettant de conserver sa liberté d’action.
Sois (presque) un autochtone
Pierre, étudiant en infirmerie, a trouvé un autre moyen de faire des économies. «J’ai très vite remarqué des différences de prix entre le supermarché à côté du camping et celui se trouvant à quelques kilomètres de la plage. Du coup, j’ai posé des questions autour de moi. Les personnes vivant dans le village m’ont indiqué les magasins où ils faisaient leurs courses. Force est de constater que c’était encore moins cher. Cela m’a même permis de trouver des souvenirs pour ma famille et ceux-ci étaient aussi très différents de ce que l’on peut trouver dans les pièges à touriste.»
Certes, chacun aura ses propres astuces pour réduire le coût de ses vacances. Il n’en reste pas moins que les quelques expériences relatées ci-dessus vous permettront de faire de substantielles économies et, par-là, de vivre des vacances encore plus fun.
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