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25/06/2018

Dernier diplôme, premier emploi

Quel que soit votre niveau d’études, il y a ce moment où l’on ne peut, de façon pragmatique, pas aller plus loin. On a obtenu son dernier diplôme et on doit se lancer dans la vie active. Entre obligations et craintes, nous tentons ici de vous dégager la voie…
 


Pierre, étudiant en Sciences politiques, ne s’attendait pas à cette galère. «J’ai toujours eu des jobs étudiants. Pour moi, c’était mon statut qui changeait. Ma capacité à travailler est restée intacte. J’ai vite déchanté quand je me suis rendu compte que le monde du travail, surtout pour un nouvel arrivant, était un monde très fermé sur lui-même et que le pénétrer allait me demander efforts et patience.»

L’heure des choix

Se lancer dans la vie professionnelle se déroule en différentes étapes et nous y reviendrons. Mais la première chose à faire est de savoir, justement, ce que l’on souhaite réaliser. Les aspirations des uns et des autres sont très différentes, mais on peut répartir en trois grandes catégories les domaines de travail: les premiers voudront travailler pour un patron, être salariés; les deuxièmes préféreront se tourner vers l’administration et devenir fonctionnaires; enfin, les troisièmes opteront pour la création de leur emploi et deviendront indépendants. Chaque catégorie possède ses avantages et ses inconvénients. Nous ne prendrons donc pas position sur ce point puisqu’il s’agit essentiellement d’aspirations très personnelles.

«Je n’ai jamais eu l’âme d’un fonctionnaire,» nous indique Pierre. «Pourtant, après mes études en Sciences Po et un stage auprès d’un cabinet ministériel, j’ai été rappelé par le chef de cabinet d’une députée. Le bouche-à-oreille avait bien fonctionné et on me proposait d’intégrer l’administration régionale. Tout n’est donc pas question d’aspiration, mais aussi d’opportunités.»

Mais avant tout…

Dans un monde idéal, diplôme en poche, vous devriez pouvoir accéder au monde de l’emploi sans souci et ne pas avoir besoin des éventuelles aides de l’État. Mais celles-ci sont soumises à condition et ne pas les respecter risque fort de vous mettre dans la mouise. «J’étais persuadée que je trouverais directement un emploi,» poursuit Sandrine, ex-étudiante en journalisme. «Certes, j’avais bien quelques jobs par-ci par-là, mais pas de CDI. C’est là que j’ai appris que je devais m’inscrire comme demandeuse d’emploi…»

Effectivement, à la sortie de vos études, si vous n’avez pas d’emploi ou seulement un emploi à temps partiel, il est primordial de vous rendre dans votre service régional de l’emploi (VDAB, Actiris, Forem ou ADG) afin de vous inscrire comme demandeur d’emploi. C’est important, car, sans cela, vous perdez vos droits sociaux comme le fait de toucher, un jour, un chômage.

«Je n’en revenais pas,» s’amuse Sandrine. «Le marché du travail est à ce point compliqué que la première démarche à faire est de se positionner comme future chômeuse. Et je n’étais pas au bout de mes surprises. L’inscription comme demandeuse d’emploi m’a permis de commencer mon stage d’insertion professionnelle. En plus clair, cela signifie que tu n’as droit à rien pendant un an. Enfin, à rien… Comme je vis isolée et que, jusqu’ici, je vivais de jobs étudiants divers et variés, on m’a dit que j’aurais droit à des allocations d’insertion. Autant ne pas se réjouir tout de suite. Non seulement les conditions d’obtention sont dures, mais le montant alloué est à ce point faible que je suis tombée dans des plans m’éloignant de mon rêve de carrière journalistique.»

Une autre obligation est de s’inscrire à une mutuelle. «Je n’avais jamais pensé à ça,» nous explique Lucie. «Depuis toujours, mes parents me paient mes médecins et se font rembourser via leur mutuelle. Ce sont eux qui m’ont rappelé que maintenant que je travaillais, je devais m’acquitter de cette obligation légale. Comme je suis indépendante, j’ai dû le faire via une caisse d’assurance sociale.» Quant aux nouveaux employés, la cotisation est directement prélevée sur le salaire. C’est donc un peu plus simple.

Un contrat? Quel contrat?

Un premier emploi, c’est aussi la fin des missions à la petite semaine. Jeroen se souvient de son premier contrat de travail: «J’avoue que j’étais un peu impressionné. Je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse autant de pages. En plus, je ne comprenais pas tout ce qui était écrit. J’ai demandé à un pote qui terminait ses études de Droit d’y jeter un œil.»

Et mieux vaut être précis, car il existe différents contrats de travail que certains employeurs préféreront nommer ‘convention de travail’. Vous pourrez ainsi avoir un contrat à durée indéterminée. C’est le Graal. Vous êtes engagé et il n’y a pas de date de fin de contrat. Sachez toutefois qu’il existe toujours une période d’essai durant laquelle l’employeur a les coudées franches pour mettre un terme à votre relation. Vient ensuite le contrat à durée déterminée. Celui-là comporte une date de début et de fin. L’employeur ne peut pas multiplier comme il le souhaite les contrats à durée déterminée. Mais, comme l’a vécu Jeroen, ils sont sans doute la possibilité de se faire une place dans l’entreprise.

«J’ai été engagé pour remplacer une femme en congé de maternité. Trois mois et pas un jour de plus était-il indiqué (pas dans ces termes). Sauf que je me suis fait remarquer… en bien. Lorsque la jeune maman est revenue, mon boss m’a appelé dans son bureau. Je m’attendais à être remercié sur-le-champ. Mais il avait eu des échos positifs et cherchait un jeune pour gérer ses réseaux sociaux. Une fonction en parfaite corrélation avec mes études de communication. Depuis, nous avons signé un contrat à durée indéterminée.»

Enfin, il y a le contrat d’intérim. C’est souvent un passage obligé à l’heure actuelle si l’on en croit les nombreux jeunes diplômés auxquels nous avons posé la question. Ici, vous travaillez pour quelqu’un via une agence d’intérim. Cela offre plus de flexibilité à l’employeur qui peut mettre un terme assez facilement au contrat. Mais ce n’est pas le seul danger que court le jeune travailleur. En effet, l’’agence d’intérim ne retient que 11,11% de précompte professionnel, l’impôt versé directement au fisc. Thomas, étudiant en comptabilité, l’a vécu à ses dépens. «J’ai décroché un job via une agence d’intérim. J’étais content. C’était dans mon domaine. En plus, c’était plutôt bien payé. Je n’ai pas fait attention plus que ça. Sauf que l’année suivante, j’ai reçu un courrier de l’administration fiscale m’indiquant que les impôts versés via le précompte n’étaient pas suffisants. La pilule a été difficile à avaler. D’autant que, entretemps, mon contrat avec l’agence d’intérim avait pris fin.»  

Quid du salaire

«Combien pouvais-je demander?» La question est quasiment sur toutes les lèvres. Pour Michel, étudiant en criminologie, les choses se sont passées différemment. «J’ai été engagé dans un service public. Ils ont des barèmes. Pas question ici de négocier quoi que ce soit. Mais ma copine, elle, a été confrontée à cette question difficile. On se présente à un nouvel emploi et on devrait savoir ce que l’on mérite pour effectuer une mission dont on ne connaît, en somme, rien du tout. En plus, il faut se débrouiller avec la notion de brut et de net. C’est réellement compliqué…»

Effectivement, déterminer son premier salaire n’est pas chose aisée. Il faut savoir que l’employeur parlera le plus souvent de salaire brut duquel il faudra déduire les cotisations sociales et les impôts pour arriver au salaire net. Notez que viendront s’ajouter au salaire brut de base les éventuelles heures sup’ et autres primes. De même, il peut être intéressant de voir quels sont les avantages extralégaux qui accompagnent ledit salaire. Aurez-vous directement droit à un véhicule de société, à un abonnement aux transports en commun, voire une participation à une pension complémentaire? Ce sont autant d’éléments qui entrent en ligne de compte lorsque vous négociez votre salaire.

Sachez toutefois que vos attentes en matière salariale peuvent être déterminées via différents sites Internet. En effet, en tapant votre profession et ‘salaire moyen’ dans Google, vous trouverez une multitude de sites qui vous indiqueront ce à quoi vous pouvez prétendre. De plus, votre métier est certainement inscrit dans une commission paritaire. C’est, là aussi, un moyen de déterminer ce à quoi vous avez droit et dans quelle mesure votre salaire va évoluer avec le temps.

Vos droits!

Il serait sans doute trop long de tous les énumérer ici, mais, même si cela en étonnera plus d’un, un jeune travailleur possède également des droits. En d’autres termes, l’employeur ne peut pas faire ce qu’il veut. Thomas est laborantin et a souffert de cette impression de ne pas avoir de droits. «J’avais travaillé un an pour une société pharmaceutique et j’ai été recruté par un concurrent. On a très vite tenté de me donner l’impression que l’on me faisait une fleur en m’engageant alors que je n’avais qu’un an d’expérience. Pourtant, je faisais bien mon boulot. J’ai eu la pire des difficultés à poser mes congés. J’étais persuadé de ‘voler’ du temps à mon nouvel employeur. Il est vrai que mon chef de service n’a rien fait pour me donner l’impression du contraire.»

Que ce soit en termes de vacances ou de salaire minimum, un jeune travailleur possède des droits. Il peut être intéressant de se rendre dans des centres d’information avant de signer son premier contrat. Simplement parce qu’un jeune travailleur averti en vaut deux.


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