STAGES: La voie royale vers le premier emploi
Souvent considérés comme une obligation, les stages et les jobs d'étudiants sont pourtant la voie royale pour se lancer dans la vie active. Nous avons rencontré quelques anciens étudiants pour qui stages et jobs ont été le tremplin idéal.
Une fois n’est pas coutume, partons du principe que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Commençons donc par ma propre expérience qui, je l’avoue, m’a incité à écrire cet article. Deux stages étaient obligatoires lors de mes études en communication. Le premier s’est déroulé dans une ‘grosse’ agence de pub. J’ai très vite compris que, si je ne prenais pas l’initiative, j’allais passer mon temps à parfaire mon score à Tetris (eh oui, à l’époque, pas encore de Candy Crush). L’idée pour optimiser mon temps (que j’estimais perdu) a été de proposer la rédaction d’un rapport sur une saga publicitaire menée par ladite agence. Avec l’accord du directeur créatif, je me suis donc employé, en un peu plus d’un mois, à écrire l’histoire de la communication d’une marque automobile. Bonne pioche: l’ouvrage a plu. J’ai alors joué mon atout et ai demandé aux responsables de l’agence si je pouvais utiliser ledit rapport comme mémoire de fin d’études. Après approbation, j’avais donc fait d’une pierre deux coups et m’étais libéré d’une autre corvée: la rédaction de mon mémoire (dont on ne manquera pas d’encore vous parler).
Relationnel
Mon deuxième stage a été plus directement avantageux pour ma carrière future. Je suis rentré au service presse d’un ministre régional. Le job consistait à arriver tôt le matin et à éplucher la presse, elle aussi régionale, pour permettre au ministre de déterminer les points chauds à traiter et, dans un second temps, de garder un œil sur ce que l’on pouvait dire sur lui. Dans l’absolu, rien de passionnant sinon si l’on s’intéresse à la chose politique. Là où les choses sont devenues plus intéressantes, c’est que, mon boulot fini à 9h du mat’, j’avais tout loisir de me balader dans les bureaux. C’est là que j’ai rencontré la personne chargée d’écrire les textes signés par le ministre et servant tantôt de préface à un bouquin, tantôt de réponse écrite à une demande d’interview. J’ai pu très vite écrire mes propres textes et rencontrer l’un ou l’autre journaliste. J’ai gardé des liens avec ceux-ci. Diplôme en poche, je les ai recontactés et j’ai pu faire mes premiers pas dans diverses rédactions.
Il n’y a pas de sot métier
Caroline, étudiante en droit, se servira elle d’un de ces jobs étudiants pour se lancer dans la vie professionnelle, avant même la fin de ses études. «Je cherchais un petit job pour avoir de l’argent de poche. C’est l’amie de mes parents qui leur a parlé de cette société cherchant une réceptionniste pour remplacer la leur quand elle était malade ou partait en vacances. Ma chance est qu’elle partait souvent en vacances. Du coup, les employés de cette société ont eu l’habitude de me voir. Et comme, franchement, le job de réceptionniste n’était pas terriblement prenant, j’ai vite proposé mes services, tantôt pour classer des dossiers, tantôt pour préparer le point du jour d’une réunion. Un jour, c’est le service juridique de l’entreprise qui m’a demandé de créer un dossier et d’y inclure toutes les pièces indispensables pour résoudre un litige avec un client. Je n’ai pas dû m’y prendre trop mal puisque, très vite, on m’a demandé si je pouvais passer de la réception au département juridique. Aujourd’hui, j’ai un contrat étudiant qui me lie à celui-ci. Forte de mon bachelier, j’ai toutes les compétences requises pour leur filer le coup de main dont ils ont besoin. On m’a même proposé, une fois mes études terminées, d’intégrer la société. Je sais déjà que je ne veux pas y faire carrière, mais savoir qu’un job vous attend avant même d’avoir fini les études, cela a quelque chose de rassurant,» raconte Caroline.
Implication
L’ardeur que l’on met à réaliser les tâches qui sont confiées durant un stage peut également avoir des retombées inattendues. Eric se souvient très bien de cette demande de rédacteurs au sein d’une multinationale. «J’étais étudiant en com’. Mon rêve? Devenir copywriter en agence de pub. Alors quand j’ai vu que l’on cherchait quelqu’un pour rédiger des rapports et que les stagiaires – certes, non rémunérés – étaient les bienvenus, j’ai sauté sur l’occasion. J’avais déjà, le soir, un job de barman dans un quartier branchouille de Bruxelles et je pouvais donc me permettre d’offrir du temps tout en me construisant une solide expérience. Je suis un peu orgueilleux et j’aime le boulot bien fait. Je me suis donc appliqué et j’ai rendu des rapports pico bello. J’ai été repéré par un des administrateurs de la boîte. Il est venu me voir et m’a demandé ce que je souhaitais faire plus tard. Je lui ai parlé de mes rêves de copywriting. Il est reparti sans rien me dire. Sauf que, quelques semaines plus tard, alors que j’étais en pleine rédaction de mon mémoire, il m’a proposé de venir manger avec lui. Rien que ça! J’ai accepté et on peut dire que je ne regrette pas mon choix. Alors que les entrées n’étaient pas encore servies, il m’a proposé d’intégrer son service com’. Ils avaient décidé de rédiger une newsletter et un blog pour alimenter leur stratégie de contenu. Il aimait mon style et a convaincu ses collègues de me prendre à l’essai. Je vais bientôt fêter mon premier anniversaire au sein de la boîte et je suis en charge, désormais, de la newsletter interne. D’accord, je ne travaille pas en agence, mais la liberté qui est mienne dans cette société me laisse réellement exprimer ma créativité.»
Proactivité
Pour Damien, la réussite est passée par un coup de poker. Parfois, la réussite d’un stage, c’est comme le Lotto. Il faut faire partie des 100% qui ont tenté leur chance pour espérer pouvoir tirer le gros lot. Ce fut le cas pour lui. «J’effectuais un stage au sein d’une agence de com quand j’ai entendu un des copywriters dire qu’il était fatigué de devoir se ‘taper’ chaque année un événement au Heysel et d’en faire le compte-rendu quotidien dans un journal publié chaque jour à l’entrée du hall d’exposition. En boutade – même si j’espérais une réponse positive – je lui ai dit que si cela l’embêtait à ce point-là, moi, je voulais bien y aller. Il m’a pris au mot et je me suis retrouvé, quelques jours plus tard, dans la salle presse de l’événement. Durant une semaine, j’ai suivi les conférences, j’ai fait des interviews et j’avais la satisfaction de voir mon travail publié le lendemain. Mieux: j’ai été payé pour réaliser ce job qui, pour moi, n’était que le prolongement naturel de mon stage. L’année suivante, alors que j’avais fini mes études, on m’a proposé de recommencer l’opération. J’avais entamé une carrière de freelance. Rien ne m’empêchait donc d’honorer la mission. Cela aura duré six ans, jusqu’à ce que l’événement ne soit plus organisé. Cela m’a non seulement appris mon métier, mais aussi permis de rencontrer des dizaines de personnes dont certaines sont devenues, aujourd’hui, mes propres clients.»
Il faut semer…
Les diverses expériences relatées ci-dessus nous montrent une chose: il faut s’impliquer pour obtenir des résultats. Il est évident que si vous effectuez un stage dans une entreprise qui ne voit dans les stagiaires que des machines à café sur pattes, vous ne risquez pas d’y faire, plus tard, des étincelles. À l’inverse, toutes les opportunités sont bonnes à prendre et s’engouffrer dans la moindre brèche vous permettra sans doute de tirer parti de manière optimale de votre stage. Dans le monde professionnel – certains diront comme ailleurs – il n’y a pas de miracle. Il faut investir et s’investir un minimum si l’on veut pouvoir rentabiliser les heures passées au sein d’une entreprise. Caroline s’est ainsi vu offrir, alors qu’elle était considérée comme stagiaire, une tablette. Certes, c’était pour lui simplifier la tâche dans son boulot, mais le cadeau était bien réel.