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25/03/2019

Entre biberons et syllabi: ÊTRE MAMAN ET ÉTUDIANTE, MISSION IMPOSSIBLE?

La vie est faite de surprises, plus ou moins bonnes. Mais lorsque les jeunes filles qui ont participé à cet article sont tombées enceintes, ce n’est pas de surprise qu’elles ont parlé, mais bien de bouleversements. Et pour cause, elles étaient toutes encore sur les bancs de l’unif.


Qu’il soit réfléchi ou la conséquence de ce que d’aucunes ont nommé un ‘accident’ de la vie, avoir un bébé alors que l’on est toujours étudiante n’est certainement pas une mince affaire. Nous avons rencontré ces jeunes filles qui ont poursuivi leurs études, jonglant avec les biberons, et celles qui ont mis leurs rêves professionnels entre parenthèses. Et si cela a été particulièrement difficile pour certaines, l’heureux événement en est resté un.

«Après chaque journée de cours, mon seul objectif était de me vautrer dans le canapé»
Si une chose est ressortie de toutes les discussions que nous avons eues avec ces jeunes mamans ou ces mamans en devenir, c’est que la fatigue prend généralement le pas sur tout le reste. «Je me suis très vite rendu compte que je ne suivais plus le rythme,» commence Justine, étudiante en architecture. «Heureusement, le papa – qui travaille – était bien présent. En plus, comme je suis en dernière année, j’ai essentiellement passé mon temps à travailler sur mon mémoire de fin d’études. Mais je sentais bien que, après une journée de bibliothèque, il n’aurait pas fallu me demander de faire un cinoche ou quoi que ce soit d’autre. Mon objectif a été, durant des mois, de rejoindre notre appart et de me vautrer dans notre fauteuil.» Même son de cloche chez Marie, étudiante en sciences économiques, qui devrait accoucher juste avant la session de juin. Pour elles, il est primordial d’écouter son corps, de ne pas vouloir jouer les héroïnes et surtout de se laisser chouchouter par le futur papa. «J’avais l’impression que les choses prenaient une tournure exponentielle. Quand j’étais fatiguée et que je ne voulais pas me résoudre à me reposer, j’étais encore plus fatiguée le lendemain, au point parfois de ne plus être en mesure de réaliser les choses que je m’étais fixé de faire,» poursuit Justine.

«Comme ils n’ont pas encore imaginé les auditoires couchettes, j’étais privée de cours et de travaux pratiques»
Pour Isabelle, étudiante en troisième Bac en histoire de l’art, les choses se passent un peu différemment puisqu’elle a accouché il y a peu, pendant que nous rédigions cet article. C’est elle, d’ailleurs, qui a permis de rencontrer ces jeunes femmes ayant vécu l’expérience de la maternité combinée à un parcours universitaire. Et, pour ceux que cela intéresse, Isabelle est maman d’un superbe petit Jules, maman et enfant se portant bien. Mais revenons à nos moutons ou, devrions-nous écrire, à notre maternité. Isabelle a effectivement dû mettre ses études entre parenthèses. «J’ai eu ce que l’on appelle une grossesse à problème,» explique-t-elle. «Les médecins m’ont indiqué que, pour le bien du bébé, je devais essayer de rester couchée le plus longtemps possible. Comme ils n’ont pas encore imaginé les auditoires couchettes, j’étais donc privée de cours et de travaux pratiques. J’ai bien essayé, dans un premier temps, de suivre les cours en demandant à deux ou trois copines de me ramener leurs notes, mais j’ai vite compris l’impossibilité de la chose. Les bonnes volontés, cela ne dure qu’un temps. Du coup, j’ai décidé de repousser mon cursus d’un an. J’ai le soutien de ma famille et j’ai déjà envoyé un mail à tous mes profs pour pouvoir reporter les travaux déjà effectués dans mes cotations de l’année prochaine. La bonne nouvelle, c’est qu’ils ont quasiment tous accepté. De quoi recommencer une année académique sous les meilleurs auspices.»

Marie, elle aussi, sait déjà que cela ne va pas être des plus simples. Mais elle a décidé de continuer. «Même si ce n’est pas une science exacte, les médecins m’ont dit que je devrais accoucher le 13 mai, plus d’un mois avant le début de ma session d’examens. J’aurai donc eu le temps de me remettre, même si je considère que lorsqu’on est enceinte, on n’est pas malade. En plus, j’ai une chance inouïe puisque ma maman m’a promis qu’elle prendrait ses congés durant mes examens pour pouvoir s’occuper de bébé. D’ailleurs, avec Damien, le papa, nous avons décidé de nous installer chez mes parents pendant quelques semaines (voire quelques mois) parce que notre appart au quatrième sans ascenseur, ce n’est pas le plus simple avec un bébé dans un bras et la poussette accrochée à l’autre.»

«Les proches? Un élément-clé dans la réussite d'une grossesse estudiantine»
C’est sans doute le fil rouge qui nous a accompagnés durant nos différentes rencontres: les proches sont des éléments-clés de la réussite d’une grossesse associée à une vie estudiantine. Par chance, les trois jeunes filles avec lesquelles nous avons parlé vivent ou ont vécu une grossesse souhaitée. Ce n’est pas toujours le cas. C’est ainsi que l’on nous a rapporté l’histoire de Muriel. Elle tombe enceinte alors qu’elle entre à l’unif, en communication. Ses parents s’insurgent. C’est inadmissible. Pourtant, elle n’envisage pas l’avortement. Le conflit est ouvert. Elle quitte la maison et, dans le même temps, l’université. Il faut travailler pour pouvoir faire face aux frais, présents et à venir. Elle n’a de soutien de personne. Le futur papa – dont chacun jugera du courage – a pris la poudre d’escampette. Aujourd’hui, Muriel est réceptionniste dans une agence bancaire. Elle ne se plaint pas. Ses amies savent, elles, qu’elle regrette de ne pas pouvoir travailler dans la communication comme elle en rêvait. Mais une maman seule, ça travaille pour le bien de son bébé (qui aujourd’hui n’est plus un bébé, d’ailleurs). Cette histoire, c’est une des filles qui nous l’a racontée. On lui avait raconté auparavant. Pour lui faire peur? Pour insister sur l’importance de garder des liens forts avec sa famille? On ne le saura jamais parce que, Muriel, nous n’avons pas été en mesure de la rencontrer. Mais le fait même que des personnes autorisées – ici dans le milieu médical – se sentent obligées de raconter ce genre d’histoire montre bien l’importance de l’entourage dans une grossesse et une maternité réussies.

«Je sais que la reprise des cours va être un moment compliqué»
Isabelle sait aussi qu’elle ne retrouvera pas le rythme de ses études d’antan aussi facilement. «On s’habitue à être au repos. La reprise pourrait donc s’avérer plus difficile encore que je ne l’imagine. Heureusement, je suis parfaitement entourée et maman, qui m’a eue alors qu’elle était également aux études, me fait parfaitement profiter de son expérience. Je sais, par exemple, que la reprise des cours va être un moment compliqué. De par la séparation avec Jules, mais aussi parce que le rythme va, tout à coup, être plus intense. Nous avons donc mis au point un plan d’attaque. Je recommence déjà à relire les cours que j’aurai l’année prochaine. Cela me permet de mieux ingurgiter la matière et, le cas échéant, de pouvoir faire face aux imprévus.» Tout pareil chez Marie qui sait qu’elle aura une seconde session et qui a prévu des mois d’été réglés comme du papier à musique. «Entre biberons, couches, siestes et autres balades au plein air, je me suis déjà réservé des moments plus studieux. Je sais que cela ne va pas être facile tous les jours, mais ce bébé, nous le voulions et nous l’avons eu.»

Nous avons souhaité raconter trois histoires de grossesse et de maternité voulues, revendiquées, parfaitement assumées. Il n’en reste pas moins que le postulat de base est de souhaiter avoir un bébé à ce moment précis de la vie où l’on passe normalement plus de temps en guindaille qu’à pouponner. Il est toutefois important de préciser et préciser encore qu’avoir un bébé est avant tout un choix personnel, qu’aucune contrainte ne peut entrer en ligne de compte. Cela donne un peu l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais force est de constater que ce n’est pas toujours aussi évident dans l’esprit de certaines familles voire de certains (futurs) géniteurs qui n’auront sans doute pas, par la suite, le courage d’assumer leurs actes.

Des endroits où se faire aider
Nous l’avons vu, il n’est pas toujours facile de faire face à une situation stressante que peut être l’annonce d’une grossesse. Et cette dernière ne peut être bien vécue que si elle est consentie, souhaitée, acceptée. Parce que tout le monde n’est pas égal devant la pression familiale, les non-dits, les tabous, voire la connaissance de sa propre sexualité, des structures sont mises en place pour venir en aide aux jeunes confrontés à ce souci. Ce sont les centres de planning familial. Toutes les grandes universités du pays en possèdent au moins un. Ils permettent de bénéficier d’une oreille attentive, neutre, sans jugement. Ils permettent aussi de trouver des solutions à des problèmes que l’on croit inextricables. Ils permettent, enfin, de prévenir des situations non souhaitées. Une visite du site de ton établissement universitaire te permettra de connaître les modalités pratiques d’accès au planning familial qui te concerne.

5 astuces pour éviter l’épuisement*

1. Appelle à l’aide!
Les soucis viennent de l’accumulation de petites choses que tu n’arriverais pas à gérer. N’attends pas qu’il soit trop tard pour demander de l’aide. C’est une évidence, mais on est toujours plus fort à plusieurs pour faire face aux événements.

2. Dors!
La fatigue est, elle aussi, vectrice de soucis. Celle-ci a tendance à s’immiscer dans le quotidien et, une fois bien installée, est difficile à combattre. Il est donc important de se réserver des plages horaires, de jour comme de nuit, pour dormir intensément.

3. Évite les questions inutiles
Durant ta grossesse et les premiers mois de ta maternité, tu vas être confrontée à de nombreux avis et surtout au jugement de ceux qui croient savoir. Essaie de ne pas te poser de questions inutiles par rapport à cela. Cela pourrait t’amener à culpabiliser et la culpabilité, pour une jeune maman, c’est tout sauf positif.

4. Prends le temps
Rome ne s’est pas faite en un jour  La maman parfaite non plus. Prends le temps d’avoir du temps pour toi, pour le bébé et pour t’adapter à cette nouvelle vie qui ne te quittera plus jamais. Prendre du temps pour soi, c’est aussi prendre celui de se faire du bien. Parce qu’une maman épanouie, c’est déjà la moitié du bonheur acquis.

5. Redémarre en douceur
Nous aurions tendance à t’inciter à profiter du moment. Avoir un bébé, c’est sans doute un des moments les plus heureux de ta vie. Inutile de vouloir brûler les étapes. On ne perd jamais une année en repoussant ses études d’autant. Au pire, on renforce ses expériences.

*Les conseils prodigués ici sont le résumé de nos conversations avec trois jeunes (futures) mamans. Ils n’ont donc pas de valeur scientifique, mais il est certain que les suivre ne peut en rien nuire à l’expérience.

 

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