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05/02/2003

Les cercles politiques

Cercle ne rime pas forcément avec guindaille, sinon, on dirait ‘cercaille’, ce qui sonne tout de suite moins bien, forcément. A côté des traditionnelles facultaires et régionales, certaines associations d'étudiants permettent de s'impliquer peut-être plus sérieusement dans la vie universitaire. Parmi celles-ci, les cercles politiques. De leurs motivations à leurs activités, en passant par les contacts qu'ils entretiennent avec les partis, certains membres ont accepté de répondre à nos questions.


Motivé, motivé, il faut rester motivé
De l'avis unanime, la motivation d'intégrer un cercle politique vient tout d'abord de la volonté de s'impliquer dans la vie estudiantine autrement que par les activités folkloriques, et plus particulièrement par une activité citoyenne. La politique, ça vient généralement ensuite. Pour exemple, Arnaud, du Cercle des Etudiants Libéraux ULBiste (CEL), a rejoint le mouvement par affinité philosophique. Mais il arrive que l'engagement fasse suite à certains faits d'actualités ou à l'envie de (ré)-agir par rapport à ceux-ci. «Je ne voulais pas que ma vie d'étudiant se limite à la prise de notes et aux soirées arrosées, et je me suis aperçu que l'ULB offrait plein de possibilités pour cela. », raconte Gilbert, aujourd'hui membre du cercle des Étudiants Socialistes. « Je suis arrivé au cercle à un moment où je me sentais un peu dégoûté par la politique belge: il y avait le problème des expulsions de sans-papiers, suivi du meurtre de Semira Adamu, le désintérêt complet de l'Etat pour l'enseignement et les chômeurs, la montée de l'extrême droite, etc...  Je me disais que ces problèmes, difficiles à résoudre, méritaient qu'on s'investisse et surtout pas qu'on se contente du classique "tous pourris" ou "de toute façon, la politique je n'y comprends rien"! », continue-t-il. Même son de cloche du côté d'Axel, aujourd'hui membre du Mouvement Marxiste-Leniniste (MML) de l'ULB. Axel a rejoint le MML suite aux manifestations de 1996, contre le plan Onkelinx. Il était alors en rhéto. « Nous avons manifesté pendant des mois. Finalement, cette réforme a été votée au Conseil de la Communauté française, alors que dehors, des étudiants, profs et sympathisants se faisaient matraquer. Parmi ces sympathisants, il y avait la délégation syndicale des Forges de Clabecq et des militants du PTB. Juste après, il y a eu l'affaire d'Orazio. J'entrais en fac de droit. Quand les Forges ont fermé, il m'a semblé important d'être à leurs côtés. Le PTB était présent et je suis devenu membre des MML cette année-là. ». Pour d'autres, c'est plus simplement l'occasion qui s'est présentée. Marie-Céline, ex-membre de Vague Verte (cercle écolo de l'ULg aujourd'hui disparu), affichait depuis toujours son intérêt pour des associations environnementalistes ou écologistes . « L'envie y était; le temps et la volonté surtout, un peu moins, je l'avoue. C'est une fois à l'unif que je me suis vraiment décidée. Il y avait des affiches de Vague Verte un peu partout sur le campus. Et je me suis lancée ». Enfin, il y a les motivés depuis toujours (ou presque), lesquels faisaient déjà partie d'une organisation politique avant leurs études supérieures. Cédric, président du Groupe Ecolo ULB (GEULB), cercle qui refait d'ailleurs son apparition cette année, fait partie de ceux-là. Et Thomas, Student CDF, a envoyé sa lettre de motivation à Dominique Harmel (fondateur du CDF) suite à la lecture d'un article relatant la création du parti. « Je m'intéressais fort à la politique, au mouvement social chrétien, plus particulièrement. Cela dit, je restais dans l'expectative: la création du cdH (ex-PSC) ne m'avait pas convaincu, loin de là. Alors, quand Harmel et les autres dissidents ont créé le CDF, qui répondait plus à mes attentes, je me suis lancé.»

Cercles ou pépinières de partis?
Cela peut sembler un peu étonnant aux yeux de certains. L'unif n'est donc plus seulement un lieu d'étude et de guindaille; la voilà maintenant lieu de réflexion et d'engagement. Eh bien sachez que certains de ces cercles existent depuis pas mal de temps d'une part, et qu'ils ne pourraient exister sans la participation de vos chers voisins d'auditoire (pour ceux qui s'y rendent, évidemment). Pour exemple, le Cercle des Etudiants Socialistes de l'ULB est vieux de plus d'un siècle, à l'instar de son homologue libéral, plus tout jeune non plus puisque les premiers signes de son existence remontent aux alentours de 1840 (principes libre-exaministes oblige!). D'autres chiffres? Le Mouvement Progressif Libéral (MPR UCL) compte à ce jour quelque 150 membres. Et le Student CDF de Louvain-la-Neuve compte déjà plus de 25 adhérents, alors que le parti n'est entré sur la scène politique belge qu'en mai 2002. Pas mal, non? Cependant, la motivation de 4-5 étudiants ne suffit pas toujours. Ainsi, le GEULB s'est vu contraint de rester en veille quelque temps, faute de membres actifs. « Nous étions trop peu nombreux et il est vrai que la plupart des étudiants désirant s'engager dans ce type d'activités avaient d'autres choses en vue, comme l'élection au Bureau des Étudiants, par exemple »,  explique Cédric.  Les cercles politiques n'auraient-ils pas la cote auprès du public universitaire? « Je pense surtout que c'est la peur de s'affilier à une idéologie bien précise, continue-t-il, de s'enfermer dans un parti». Il ne s'agirait donc pas de la crainte de s'engager pour une cause (en témoignent les manifestations estudiantines, qui remportent toujours un vif succès) mais bien de le faire sous couvert d'une étiquette politique. Pourtant, la quasi majorité de ces cercles restent indépendants du parti éponyme, et l'adhésion au mouvement estudiantin n'entraîne pas forcément celle au parti. Le cercle politique, porte-drapeau de l'idéologie plus que du parti? « Nous portons le projet du cdH, nous l'aidons dans sa mission de diffusion d'un idéal humaniste; mais nous conservons une certaine autonomie. Les objectifs d'un parti ne peuvent être confondus avec ceux d'un groupe étudiant! » rappelle Matthieu. Certes, les cercles bénéficient d'un certain appui, quand il s'agit par exemple d'organiser une conférence, ou d'obtenir des subsides. « Nous sommes un peu les parents pauvres. Les subsides de l'université vont dans les cercles facultaires, ainsi que dans les AGE, Fédés, ...,  ajoute Samuel, président de la Fédération des Étudiants Libéraux (FEL) au niveau national, alors, quand Ducarme nous propose la rue Naples pour le congrès annuel de la FEL (laquelle regroupe tous les étudiants libéraux de la Communauté française), c'est une aubaine pour nous. Mais nos rapports restent plus cordiaux qu'autre chose. » Une exception, cependant, le MML revendique haut et fort son appartenance au PTB; comme nous l'argumente Axel: « Nous estimons stupide de se couper de ce parti révolutionnaire et anti-capitaliste, qui représente à lui seul 30 années de lutte et dans lequel nous trouvons une source de formation et d'inspiration importante. Cela nous permet aussi de dépasser le carcan unifs-étudiants. Et puis, je pense qu'à la différence des autres cercles politiques, le MML se caractérise surtout par le militantisme ». Enfin, un certain effet de mode peut aussi expliquer la fluctuation du nombre de membres au sein d'un cercle. Ainsi, feue Vague Verte a connu son pic de fréquentations à l'avènement de l'écologie (d'abord l'idéologie puis, le parti), puis, s'est essoufflé peu à peu.

Et ils organisent des TD?
Ben non, et elle est bête cette question. Tous, sans exception, proposent conférences et débats qui ne manquent pas d'intérêt: des orateurs au devant de la scène politique; des sujets liés à l'actualité et beaucoup de sérieux dans l'organisation. La FEL organise un cycle itinérant de trois conférences sur les différents campus dont les sujets portent sur la politique internationale, l'intégration, et la Communauté française (en charge de l'enseignement). Les cercles politiques de l'ULB (CEL, CES, MML) s'associent dans l'organisation  de la Semaine Politique (début février) au cours de laquelle les différents chefs de parti viendront parler de leur projet. Il y a aussi la rédaction et la diffusion d'un journal (l'Instant ES, au CES de l'ULB; Solidaires chez les MML,...). Très actif, le MML organise son action autour de 3 axes: des formations et débats (ils étaient 370 à participer au débat sur la politique américaine au Moyen-Orient!), mener la lutte politique (Axel est d'ailleurs le représentant de la fac de droit au Conseil d'administration de l'ULB), et sortir du carcan universitaire par l'organisation d'un voyage annuel (cette année, ils sont 100 à partir pour la Palestine). Quant aux cercles plus jeunes, comme le GEULB, le cdH de Louvain-la-Neuve ou encore le Student CDF, ils ont des projets plein les poches. Seule ombre au tableau: il semble que l'ULg et Mons soient un peu à la traîne, en matière de cercles politiques*.

Trop sérieux, tout ça? Certaines activités sont beaucoup moins formelles. C'est ainsi que la FEL a organisé une soirée Bourse au cours de laquelle il était possible de spéculer sur le cours de la Chimay; que le stand bières bio de Vague Verte en a saoulé plus d'un; et que dans chaque cercle, on a déjà refait le monde tout rose à pois verts suite à un souper-débat trop animé, pour ne pas dire arrosé. Dans le cas de Gilbert, le fait d'intégrer le cercle des ES lui a permis d'approfondir de nombreux sujets, de se battre pour des causes justes à ses yeux, et de rencontrer pas mal de monde (« dont ma petite amie »), le tout en restant dans l'ambiance étudiante, c'est-à-dire sans trop de prise au sérieux.

Tenté par l'expérience? Allez les voir, ils vous attendent. Vous trouverez certainement des membres battant la campagne sur le campus, des affiches un peu partout ou des stands lors des gros événements (6h cuistax ULB, 24h LLN,...). N'hésitez pas, le devis est gratuit. Chez qui, nous direz-vous? Eh, comptez pas sur nous pour vous inciter à porter une veste bleue, verte, orange, rouge, rouge très foncé. L'unif, c'est bien plus beau quand c'est bariolé. Quoi? Neuneu comme conclusion? Euh, ben... ouais!

Nathalie Roisin

*Si tel n'est pas le cas, n'hésitez pas à nous le faire savoir!

(Encadré: titre= Pour plus d'info:)
MML (Mouvement Marxiste-Léniniste)
ULB: Axel Bernard: axbernar@ulb.ac.be
www.ptb.be
chengetheworld@solidaire.org

Student-CDF (Chrétiens Démocrates Francophones)
Thomas Vigneron
www.cdf-info.be/9student-cdf/studentcdf.html
cdlln@hotmail.com

CEL ULB (cercle des Étudiants Libéraux ULB)
www.ulb.ac.be/students/cel/
celulb@hotmail.com

cdH Louvain-la-Neuve
Matthieu Bruyndonckx
matthieubkx@hotmail.com

GEULB (Groupe Ecolo ULB)
Cédric Libert
www.ulb.ac.be/student/ecolo (pas à jour)
mbohler@resulb.ulb.ac.be

ES (Étudiants Socialistes ULB)
Gilbert Chabrillat
www.ulb.ac.be/student/es
etudiants_socialistes@hotmail.com


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