BRUNO COPPENS: "J'ai littéralement explosé à l'unif!"
Si Bruno Coppens jongle avec les mots comme personne, c'est peut-être grâce à ses quatre années d'études en Langues Romanes à l'UCL. Nous l'avons donc convié à venir tailler une bavette en notre compagnie afin d'en savoir un peu plus sur son cursus universitaire.
Bruno Coppens : J'ai effectué ma première candi de Romanes à Leuven avant de continuer à Louvain-la-Neuve. Vu que j'avais été à l'Internat (le Collège Notre-Dame de la Tombe!) pendant six ans auparavant, j'ai littéralement explosé lors de mes études universitaires. J'ai découvert la vie nocturne et j'ai vraiment adoré. Je me souviens même de veilles d'examens où je n'étais pas chez moi à étudier, mais ailleurs en train de m'éclater.
GUIDO: Pourquoi avoir choisi les Langues Romanes alors que vous étiez visiblement attiré par la scène?
Bruno Coppens : Devenir prof de français avait toujours été mon idéal. Ça a en effet toujours été mon trip de lire et d'analyser les auteurs français. J'ai été personnellement marqué par Queneau, Boris Vian et Prévert. Et ce grâce à mes professeurs de l'époque, j'aspirais donc à transmettre ce savoir à mon tour.
GUIDO: Quels souvenirs gardez-vous de Leuven et de Louvain-la-Neuve?
Bruno Coppens : La période de Leuven fut assez particulière vu qu'on était les derniers francophones dans la ville. J'y ai vraiment découvert le monde universitaire. Il y a aussi le fait que ce soit une vraie ville, à l'opposé de Louvain-la-Neuve où il n'y avait à l'époque que des étudiants. A Leuven, quand on guindaillait, on rencontrait des gens de tous les âges. Par contre, à Louvain-la-Neuve, on a plutôt cherché une maison à l'extérieur de la ville pour y vivre une vie communautaire intense entre nous.
GUIDO: Y a-t-il des cours qui vous ont plus marqué que d'autres?
Bruno Coppens : Je garde un grand souvenir de mes cours de linguistique qui me servent encore aujourd'hui lors de l'élaboration de mes spectacles. En effet, je joue encore constamment avec les mots. Pour moi, les mots, c'est de la pâte à moduler.
GUIDO: C'est à cette époque que vous avez commencé à écrire vos sketches?
Bruno Coppens : Bien que je n'étais pas vraiment prédestiné à faire du one-man-show, c'est durant ces années que j'ai pu commencer à raconter mes histoires. C'est l'occasion qui a fait le larron! C'est avec une troupe d'étudiants que j'ai commencé à toucher au métier d'acteur. On a aussi créé durant cette époque les Pastis Littéraires lors desquels chacun ramenait des livres ou des BD qui nous avaient plus, mais c'était plus une occasion de guindailler et de se retrouver entre nous qu'autre chose!
GUIDO: Avez-vous déjà eu l'occasion de revenir à Louvain-la-Neuve lors de l'une de vos tournées ( ndlr: Bain Zen, son nouveau spectacle, sera à l'affiche à l'Aula Magna le 9 mars)?
Bruno Coppens : L'année passée, je suis retourné à Louvain-la-Neuve pendant un mois pour jouer mon spectacle au Théâtre du Blocry. Ça m'a procuré une drôle d'impression de revenir dans ma ville d'étudiant et y jouer mes propres textes. Surtout que c'est là qu'a germé mon envie de monter sur scène.
GUIDO: Après vos études, avez-vous exercé le métier de prof ou vous êtes-vous directement tourné vers le spectacle?
Bruno Coppens : J'avais évidemment envie de travailler dans le métier du spectacle mais vu que je gagnais pas encore ma vie en ne faisant que cela, j'ai dû me résoudre à enseigner six heures par semaine. En plus, c'était dans des classes professionnelles section "garage", qui n'étaient donc pas du tout motivés pour lire quoi que ce soit. J'ai donc beaucoup ramé pendant ces années-là avant de pouvoir faire le métier qui me passionnait.
Le Marchand de Fables va passer au Théâtre des Martyrs du 15 décembre au 7 janvier
(SD)