Michaël Dufour: De la psychologie au Juste Prix
Alors qu'il squatte les planches de Belgique et de France avec son spectacle Faites l'amour avec un belge depuis quelques mois, Michaël Dufour ne s'en est pas arrêté là et ajoute une corde à son arc avec l'animation du Juste Prix sur RTL-TVI. Comment en est-il arrivé là? Retour sur un parcours sans faute.
«J'avais du mal à rester sur les bancs de l'auditoire»
GUIDO: Tu as étudié la psychologie. Pourquoi ce choix?
Michaël Dufour:Alors que je terminais ma rhéto, je n'avais encore jamais réfléchi aux études que j'avais envie de faire. J'étais impatient de découvrir le monde universitaire, j'ai donc été m'inscrire en psycho à Mons, notamment pour suivre une fille avec qui j'étais à l'époque et donc être sur le même site universitaire!
GUIDO: On t'imagine plutôt guindailleur…
Michaël Dufour:J'étais guindailleur avant de commencer mes études. Mais pas pendant, j'ai fait connaissance avec tout le monde en moins d'un mois car j'étais le gai luron de la bande.
GUIDO: Tu n'y es resté pourtant qu'une année.
Michaël Dufour:En effet, même si j'ai eu la chance d'avoir des profs extraordinaires, j'avais du mal à rester sur les bancs des auditoires étant donné mon caractère impatient. Cela m'a quand même permis de m'ouvrir sur le monde et de découvrir plein de choses intéressantes.
GUIDO: Qu'est-ce que tu as fait ensuite?
Michaël Dufour:J'ai travaillé à la province du Brabant Wallon. J'étais responsable du service pensions. Très vite, ma vraie personnalité est ressortie, on m'a donc vite proposé de m'occuper des animations, des fêtes du personnel et du magazine.
«Un chauffeur de salle doit mettre en avant les autres et non soi-même»
GUIDO: Quel souvenir gardes-tu de ta première prestation seul en scène?
Michaël Dufour:La première fois que je me suis produit seul en scène, ça devait être en rhéto. Mais ma première véritable scène, c'était à Nivelles, devant tous mes potes, à l'ancien cinéma de la ville. C'était évidemment formidable vu que le public n'était constitué que d'amis! C'était gagné d'avance!
GUIDO: En parallèle, tu es devenu chauffeur de salle pour diverses émissions de RTL. Quelles sont les qualités d'un bon chauffeur de salle?
Michaël Dufour:En premier lieu, il faut aimer les gens pour faire ce métier. Lors de ces enregistrements, on rencontre monsieur et madame tout-le-monde, des gens de tous les milieux sociaux et culturels. Si on n'est pas ouvert, il ne faut pas choisir ce métier-là. Il faut également avoir beaucoup d'énergie et être dynamique, ne pas avoir peur de mettre en avant les autres et non soi-même.
GUIDO: Tu as même lancé ta propre boîte à ce moment-là.
Michaël Dufour:En effet. Une régie 'public' qui proposait les services d'un chauffeur de salle et un public. A cette époque-là, il y avait beaucoup plus d'émissions enregistrées en public en Belgique. Il n'était donc pas rare qu'on me téléphone quand on avait besoin de 200 personnes dans un public pour une émission ou de figurants pour un film vu que j'avais un fichier assez important à disposition. Avant de devenir producteur de pastilles ou de publicités et enfin de monter ma propre boîte de production.
GUIDO: Tu n'as donc pas eu de période creuse dans ton parcours?
Michaël Dufour:Pas vraiment non. Etant donné que j'avais ma boîte de production, je n'étais pas obligé de vivre de mes spectacles. Ce qui m'a rendu la vie plus facile.
«Il existe une grande histoire d'amour entre la Belgique et la France»
GUIDO: Ton spectacle Faites l'amour avec un belge (en tournée en Belgique et en France actuellement) parle avec humour de la relation entre un homme belge et une femme française. D'où est venue cette idée?
Michaël Dufour:Cela fait maintenant dix ans que je vais chaque année au Festival d'Avignon. Si bien que je suis devenu à un moment le Belge d'Avignon! J'ai donc décidé de créer un spectacle sur le mariage d'un Belge avec une Française. Et la sauce a directement pris.
GUIDO: Les réactions sont-elles différentes en Belgique et en France?
Michaël Dufour:J'adapte un peu le spectacle selon le lieu. Mais les moments forts restent les mêmes, que je sois en Belgique ou en France. Ce spectacle est une grande histoire d'amour entre la Belgique et la France même si ça se taquine pas mal, bien évidemment.
GUIDO: Cela fait maintenant plus d'un an et demi que tu tournes avec ce spectacle. N'y a-t-il parfois pas une certaine lassitude qui s'installe?
Michaël Dufour:Non, car c'est un spectacle vivant. Chaque ville est différente, surtout en France.
«Je dormirai quand je serai pensionné!»
GUIDO: Quelle a été ta réaction quand on t'a proposé d'animer Le Juste Prix?
Michaël Dufour:J'avais un peu laissé tomber l'idée de faire de la télévision quand on m'a appelé pour Le Juste Prix. J'ai donc été assez surpris de leur coup de téléphone et je n'ai pas attendu longtemps avant d'accepter ce nouveau challenge. Un tel jeu, un public et la possibilité de faire ce que je veux, je ne pouvais pas dire non!
GUIDO: La comparaison avec Lagaf est inévitable…
Michaël Dufour:Evidemment, le Belge francophone a le regard rivé sur la France alors que les mêmes émissions existent dans le monde entier. Personnellement, je ne pense pas faire un one-man-show comme Lagaf, mon but est plutôt de m'amuser avec les gens dans le studio et d'être décalé sans me mettre trop en avant. J'essaie de jouer la proximité avec les candidats. Des candidats qui sont souvent incroyables! Ce qui est aussi génial, c'est l'émotion des candidats qui gagnent des milliers d'euros juste parce qu'ils ont mis une balle de golf dans un trou! C'est assez gratifiant de donner du bonheur aux gens.
GUIDO: Une journée d'enregistrements n'est-elle pas trop fastidieuse?
Michaël Dufour:Quand même. En plus, lors de la première journée, je revenais d'Avignon, où on ne dort pas beaucoup. Physiquement, c'est assez fatigant, mais je ne vais pas me plaindre. J'apprends un nouveau métier et ça me plait. ça a toujours été ma philosophie de vie: je dormirai quand je serai pensionné!
GUIDO: La télé représente-t-elle une parenthèse dans ta vie ou aimerais-tu continuer dans cette voie?
Michaël Dufour:Pour l'instant, j'espère juste qu'on va me proposer de continuer Le Juste Prix! Après, si ce qu'on me propose est aussi confortable et fait avec autant d'énergie et de moyens, j'accepterai certainement. Du moment que ça reste une émission de jeux et que je peux y rester moi-même, pourquoi pas.
GUIDO: Tu ne te vois pas dans un autre format que celui d'une émission de jeux?
Michaël Dufour:Je ne serai jamais un animateur sérieux, c'est certain. Les gens risqueraient bien d'être surpris si on me confiait la présentation du journal télévisé!