JULES: Un humoriste comme on les aime
Voici le nouveau nom à retenir dans le monde des humoristes. Jules. Alors qu’il est de plus en plus difficile de percer dans ce métier, il se démarque grâce à son humour populaire et sincère en s’inspirant de faits de la vie réelle. Pour lui, «l'essentiel quand on est humoriste, c'est d'aimer son métier autant que les pâtes au beurre.» Vous pourrez découvrir ce talent sur la scène du Bouche à Oreille à Etterbeek le 18 juin dans son spectacle Bientôt papa (ainsi que Jérôme de Warzée dans son spectacle Morceaux choisis).
Ses débuts
Au départ, il voulait être musicien. Il a d’ailleurs pris des cours de batterie mais n’a pas su les pousser assez loin pour devenir un batteur de studio ou pour jouer dans un groupe. À l’école, les maths et la physique l’intéressaient. C’est donc tout naturellement qu’il s’est dirigé vers la scène, mais plutôt du côté technique en tant qu’ingénieur du son. Jules n’avait pas programmé, dès le départ, de devenir humoriste. C’est quand il a commencé à écrire pour lui que ce métier est devenu une évidence. À l’époque, il habitait à Paris et il n’avait pas assez d’argent pour se payer des cours de comédie. Il s’est donc créé son propre spectacle pour pouvoir être le seul à décider de son embauche.
Des bons et des mauvais départs
La première fois que Jules est monté sur scène, c’était dans sa ville natale, à Lyon. Le directeur des lieux lui avait demandé s’il avait assez de texte pour tenir une heure. Alors qu’il n’en avait pas suffisamment pour rester 60 minutes sur scène, Jules a quand même accepté le contrat. Il a donc fini d’écrire son texte juste avant de se produire. Après cette première représentation, il a été programmé dans ce théâtre pendant quinze jours. Tous les soirs, son spectacle remportait un franc succès.
Après son triomphe à Lyon, il décide de partir à Paris. Seulement, là-bas tout a été plus compliqué. En effet, dans la capitale française, il y a beaucoup plus de théâtres, beaucoup plus de spectacles et aussi beaucoup plus d’humoristes. Malgré ces obstacles, il a su se produire pendant six mois au Ciné 13 et au Théâtre de Montmartre. Un soir, dans un théâtre parisien, Jules entre en scène et, à son étonnement, voit qu’il n’y a que six personnes dans la salle. Il pense donc que ce spectacle va rester dans sa mémoire, classé dans les mauvais souvenirs. Mais, au final, tout s’est très bien déroulé. Il savait que ces gens s’étaient déplacés pour lui, pour le voir. Ça ne pouvait donc être que positif. «Le bon souvenir, c’est de quitter la scène avec ces six personnes qui sont toujours dans la salle.»
Les secrets d’une réussite
Le secret de Jules, c’est tout simplement le travail. Pour réussir en tant qu’humoriste, il faut sans arrêt tester ses vannes et ses spectacles (petite précision de Jules: «évitez de tester vos blagues sur vos proches car c’est insupportable pour eux»). Il ne faut jamais hésiter à remettre son jeu et ses blagues en question. D’ailleurs dans son spectacle Bientôt papa, Jules à réécrit le dernier quart d’heure. Il a d’abord essayé de réécrire la dernière partie d’une autre façon, l’écrire sous un autre angle. Mais, finalement, il a remarqué que ça ne servait à rien de chipoter et qu’il valait mieux tout barrer pour recommencer! Un tel perfectionnisme est peut-être la clé de sa réussite actuelle.
Être humoriste
Quand nous demandons à Jules ce qu’il aime dans le métier d’humoriste, voici ce qu’il nous répond: «l’adrénaline avant de monter sur scène, voir les spectateurs après le spectacle, partager un verre avec eux et s’apercevoir qu’ils ont passé un bon moment, qu’ils ont ri, qu’ils ont oublié leur tracas. Faire rire les gens, c’est ce que j’ai envie de faire au plus profond de moi!» Pour Jules, «le talent d’être comique, on sait qu’on l’a quand on est tout gosse.» Grand fan de Benny Hill, il se souvient d'avoir regardé ce comique à la télé le dimanche soir avec ses parents. Autres humoristes qu’il adore, c’est Kad et Olivier dans la Grosse émission.
"Bientôt papa"
À 38 ans, l’humoriste décide que le moment est venu de prendre les choses en main et d’arrêter d’être un enfant. «Il faut grandir un peu.» Pour construire son spectacle il s’est renseigné auprès de ses sœurs qui sont mamans ainsi qu’auprès d’amis, parents eux aussi. «Le spectacle montre l’idée qu’un trentenaire se fait de sa future paternité. Il ne sait pas où il doit aller et dresse donc un bilan.» Pour créer ce spectacle, Jules s’est basé sur des anecdotes personnelles, des souvenirs qui se racontent dans la famille, dans la rue, des idées que tout le monde a de la paternité. Il s’est aussi beaucoup renseigné sur des sites Internet pour découvrir comment les pères appréhendaient l’arrivée d’un bébé. Il a dû aussi vérifier les idées qu’il avait auprès des gens. Il fallait en effet que son spectacle touche l’ensemble des spectateurs.
Sa seconde passion: la radio
«J’adore faire de la radio.» Qui lui permet de pratiquer un humour très différent de celui qu’il pratique sur scène. «Ce n’est pas du tout la même écriture et il n’y a pas un retour immédiat du public. C’est très rythmé et ça me permet de créer des univers différents.» La radio l’aide dans le métier d’humoriste. Et si les auditeurs aiment son travail en tant que chroniqueur, ça peut leur donner envie de voir son travail en tant qu’humoriste. Et vice-versa.
Des projets?
A l'avenir, Jules compte continuer la scène et la radio. Il va d’ailleurs écrire un nouveau one-man-show et jouer dans des pièces de théâtre, comme par exemple dans Une fille drôlement gonflée avec Alain Soreil et Nathalie Van Tongelen. Un des souhaits de Jules est d’écrire un spectacle avec d’autres artistes. Autre projet: il va participer à une émission d’humour diffusée à la télévision. Vous risquez donc encore d'en entendre parler dans les mois à venir…