CANDICE KOTHER: «Pendant mes études, j'ai trouvé le bon mélange entre détente et apprentissage»
Alors que ses recettes continuent d'exciter les papilles des plus gourmands d'entre nous, Candice Kother revient en cette rentrée à la barre de Comme un chef!, l'attachante télé-réalité culinaire de la RTBF. L'occasion pour nous de la cuisiner sur son parcours étudiant…
GUIDO: À regarder votre parcours étudiant de plus près, il n'a strictement rien à voir avec la cuisine ou même la télévision!
Candice Kother: En effet, j'ai commencé par une licence en sciences politiques à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) avec une orientation 'Monde arabe'. Pour continuer ensuite sur un DES en coopération au développement à l'Université Catholique de Louvain (UCL). J'ai choisi ces études - et plus spécifiquement les sciences politiques - pour leur aspect polyvalent, ne sachant pas très bien à 18 ans ce que je voulais faire plus tard. J'hésitais d'ailleurs entre vétérinaire et sciences po! (rires)
Tout sauf chef
GUIDO: Connaissant votre passion de la cuisine, pourquoi ne pas avoir choisi l'école hôtelière?
Candice Kother: Dans mon esprit à cet âge-là, travailler en cuisine, c'était être chef, il n'y avait pas d'alternative. Et je ne voulais pas être chef, parce que je ne voulais pas de ces horaires ni travailler enfermée dans une cuisine quinze heures durant. Ce n'était pas la vie que je voulais. Je pensais que c'était la seule option possible alors qu'on peut faire plein de choses en cuisine!
GUIDO: Certains étudiants regrettent plus tard leur choix d'orientation, ce ne fut pas votre cas?
Candice Kother: Pas du tout, car j'ai trouvé des tonnes de choses intéressantes dans les études en sciences politiques. Grâce au nombre incalculable de domaines (droit, économie, politique, sciences humaines, sociologie, …) qu'elles touchent, ces études forgent un esprit critique et une culture générale, ce qui est un véritable cadeau pour la vie par la suite. Par contre, le revers de la médaille, c'est qu'on sort formé en tout, mais spécialisé en rien. Lorsqu'on postule à des emplois où l'histoire est un plus, les historiens sont pris avant nous, idem avec les sociologues, etc. C'est mon seul petit bémol à cette formation très complète.
GUIDO: Ces études vous ont également permis de vous découvrir une attraction particulière vers l'Asie…
Candice Kother: Au fur et à mesure des études, mon intérêt s'est porté sur toute une partie du monde, l'Asie au sens large. J'ai d'ailleurs passé quelques mois en Inde en tant que coopérante après mes études. Pour ensuite travailler dans la foulée à l'Ambassade indienne de Bruxelles.
Une étudiante rêveuse, naïve et sérieuse
GUIDO: Comment esquisseriez-vous en quelques mots le portrait de la jeune étudiante qu'était Candice Kother?
Candice Kother: Ce n'est pas une question facile ça! (réfléchit) Je dirais que j'étais une étudiante rêveuse, naïve et sérieuse.
GUIDO: Naïve? Dans quel sens exactement?
Candice Kother: J'avais dans l'esprit que tout était possible, qu'il serait très facile de trouver un job après les études, que la vie professionnelle était simple et ne demandait qu'un peu de chance et un peu de travail. Mais la réalité est toute différente. Même s'il y a du travail, de la chance parfois, il faut maintenant avoir le bon diplôme, dans le bon domaine. Ça, on ne s'en rend compte qu'une fois sur le marché du travail.
GUIDO: Quand la passion de la cuisine s'est-elle déclarée dans votre vie?
Candice Kother: Ma passion de la cuisine me vient de mes parents qui sont dans le domaine et ont toujours aimé cuisiner. Plus qu'une passion, ça a été un réel apprentissage.
GUIDO: On vous imagine aussi mitonner des bons petits plats à vos cokoteurs… Quels autres souvenirs gardez-vous de vos années de kot à Bruxelles?
Candice Kother: Ce sont surtout des souvenirs de soirées au kot entre copains, (parle tout-à-coup tout bas) les beuveries, voilà c'est dit! (rires) Même si je ne me suis pas fait baptiser, si je n'étais pas dans cet esprit-là, j'aimais bien faire la fête. Mais je restais une bosseuse, aux bons moments de l'année. Comme pendant les exams, pour être tranquille pendant l'été. Le reste de l'année par contre, on était tous très cool, on prenait les choses un peu par-dessus la jambe. On avait trouvé le bon mélange entre détente et apprentissage. C'est à cela que doit ressembler une année d'université selon moi.
GUIDO: Qui dit étudiant dit presque inévitablement jobs d'étudiants. Vous avez aussi dû passer par là?
Candice Kother: Et comment, j'en ai fait plein! J'ai notamment été ce qu'ils appellent archiviste - donc esclave! - dans une boîte d'abonnements à des magazines, j'ai encodé 26 milliards de choses dans différentes boîtes, j'ai mis dans des enveloppes dans des milliards de boîtes, j'ai travaillé dans des parfumeries, emballé des cadeaux pour les fêtes, …
GUIDO: Pour terminer: aux étudiants qui ne prennent pas le temps de cuisiner sainement au kot, quels conseils leur donneriez-vous?
Candice Kother: Le premier critère ne doit pas être spécifiquement le côté sain de l'assiette. En ce qui concerne les étudiants, il faut trouver une recette qui va vite, qui ne demande pas trop de vaisselle et dont on peut faire une grosse portion pour en avoir pendant quelques jours! Je leur conseille donc des gnocchis gratinés, des tartes salées (et pas la pizza!), … Il faut aussi avoir un placard construit avec deux-trois vinaigres, deux-trois moutardes, des pâtes ou des nouilles, des légumes en bocaux et un petit congélateur avec des légumes surgelés. Ce sont en effet les seuls légumes que l'étudiant mangera, on le sait bien. La clé, c'est de prendre une poignée de ces légumes et de les mettre dans quoi qu'on fasse!
Comme un chef!: Troisième service
Y a rien à faire. Même si toutes les déclinaisons des programmes de cuisine pourraient provoquer une sévère indigestion, nous, on reste fans du ton bien belge, bon enfant et surtout bienveillant de Comme un chef!, émission qui revient pour une troisième saison sur la RTBF. Pour ceux qui auraient raté les deux premières fournées, elle met en compétition de jeunes cuisiniers dans des établissements étoilés de notre plat pays, le tout sous le regard attendri de Candice, la nounou des candidats.
«Je garde encore beaucoup de contacts avec les anciens candidats des deux saisons passées et tous ont derrière eux un beau parcours. Je crois que c'est ça la clé de cette émission: on les suit autant avant, pendant qu'après le tournage,» nous explique Candice Kother, véritable maman-poule auprès des participants de 18-20 ans. «Maman-poule, ça me correspond totalement! C'est ma personnalité qui est ainsi faite. Je me dispute d'ailleurs chaque année avec la production qui aimerait que je sois plus dure, mais je n'y arrive pas! Je suis tellement attendrie par ces gamins soumis à une pression de dingue que je ne pourrais pas me comporter différemment avec eux. Maman-poule un jour, maman-poule toujours, j'en ai bien peur!»
Même si elle ne peut pas révéler trop de choses concernant cette troisième saison, on a quand même pu savoir que le nombre de candidats sera différent cette année («ce qui changera la dynamique de l'émission»), que les grands chefs chez qui les apprentis-cuisiniers se rendront totaliseront à eux six 10 étoiles Michelin et que la compétition sera très serrée entre des candidats qui se disputeront la victoire jusqu'au bout. Un programme alléchant en perspective.