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21/05/2014

HERVÉ MATHOUX: De la télé au jeu vidéo

Présentateur du Canal Football Club sur Canal+ depuis 2008, Hervé Mathoux est le journaliste de sport numéro 1 en France. Mais il est aussi connu en tant que commentateur de la franchise de jeu vidéo FIFA, depuis la version 07. Rencontre avec un journaliste que Michel Denisot en personne est venu dénicher à TF1, en 1998.

 


GUIDO: Comment êtes-vous devenu commentateur de jeu vidéo?
Hervé Mathoux
: Ma première expérience de jeu vidéo, c’était déjà pour Canal, au début des années 2000. Le groupe avait alors sorti un jeu réservé à la plateforme PC qui s’appelait Canal+ Football. J’avais posé ma voix sur le jeu en compagnie de Jules-Édouard Moustic de Groland. Étant donné la qualité de nos commentaires, le jeu n’a bien sûr pas marché (rires). Canal a donc décidé de ne pas prolonger l’aventure. Et quelques années plus tard, Electronic Arts m’a demandé de poser ma voix sur FIFA (pour la version 07, ndlr). Depuis, j’ai aussi couvert les éditions spéciales du jeu pour les Euros et les Coupes du Monde.

GUIDO: Cela vous prend beaucoup de temps de poser votre voix sur ce jeu vidéo?
Hervé Mathoux: Les premières années, c’était très chronophage: 9 à 10 jours complets de studio par an. Et au fur à mesure des versions, ils conservent ce qu’ils ont en boîte. On fait désormais plutôt des aménagements: faire entrer de nouveaux joueurs, rafraîchir un peu les fichiers avec de nouvelles actions… Donner du contexte historique, avec les choses qui se sont passées depuis. C’est donc beaucoup plus léger aujourd’hui: 4 à 5 jours, dont deux jours communs avec Franck Sauzée. Honnêtement, on ne comprend pas toujours tout. Il y a des choses qu’on a l’impression d’avoir fait cent fois, et qu’on refait quasiment chaque année: des phases de jeu etc. Et d’autres qu’on essaie de changer: des noms de joueurs qui ont émergé, dont on sait que la prononciation n’est pas bonne.

GUIDO: Dont le fameux Gerard Piqué.
Hervé Mathoux
: Pour l’anecdote, la première fois qu’on l’a enregistré, il n’était même pas remplaçant à Manchester United, il devait avoir seize ans. On l’a refait durant des années et des années, et malgré tout le changement ne se faisait pas dans le jeu. Il faut cependant avouer que parfois, la rencontre entre les commentaires et l’informatique ne se fait pas. Il m’arrive moi aussi, de pester devant la console sur des choses que je dis dans le jeu et qui ne sont pas adaptées à la situation. C’est le genre de choses qu’on me fait remarquer sur Twitter. Voici donc un scoop: je ne suis pas dans la télé de votre salon, avec vous, à dire des choses incohérentes. Quand je dis des bêtises, ce n’est pas parce que je suis débile, c’est une synchronisation qui ne s’est pas faite (rires)!

GUIDO: Le 'vrai' commentaire de match ne vous manque pas?
Hervé Mathoux: Franchement, non. Ponctuellement sur certains grands rendez-vous, c’est vrai que cela peut m’arriver. C’est une question qu’on me pose souvent. Après, avec tous les matches que je commente virtuellement, je suis recordman du monde de commentaires par an je pense (il sourit). Et on ne peut pas tout faire dans la vie non plus. J’ai pris plaisir à commenter beaucoup de matches, c’est certain. Mais beaucoup m’ont également ennuyé au point de vouloir la fermer, alors qu’au contraire il faut parler. Donc du coup… Je trouve que le commentaire de match est finalement un exercice moins personnel que la présentation d’émissions comme le Canal Football Club ou les Spécialistes Ligue 1 par exemple. Je n’ai pas de frustration là-dessus car j’ai eu la chance d’en faire pas mal. Je suis passé à autre chose, tout simplement.

GUIDO: Vous êtes le présentateur du Canal Football Club depuis bientôt 6 ans. Un vrai plaisir, l’exercice de la présentation?
Hervé Mathoux: Oui, et c’est ce que je préfère aujourd’hui, clairement. Mais j’ai tout aimé faire dans ce métier: faire du reportage, commenter des matches, aujourd’hui la présentation. C’est pour ça que je suis toujours surpris par les gens qui débutent dans le métier et qui n’ont qu’une envie, celle de faire de la présentation. Ce qui m’a attiré dans la télévision au départ, c’était le reportage, la possibilité de réaliser des sujets. J’avais le sentiment d’être Spielberg en salle de montage, et j’adorais ça. Pas spécialement d’apparaître l’antenne.

GUIDO: Quels conseils donneriez-vous aux jeunes étudiants qui aspirent au journalisme de sport?
Hervé Mathoux
: Même si on est passionné, je conseillerais déjà de ne pas partir avec l’idée exclusive de faire du sport. De surtout, dans un premier temps, se former aux métiers du journalisme. Parce qu’aujourd’hui je trouve que le niveau des journalistes de sport s’est nettement amélioré. A l’époque, il y avait juste des gens qui aimaient bien ça et qui le devenaient, un peu par hasard. La passion pour le sport est indispensable mais elle n’est plus qu’un élément. Elle n’est pas suffisante. Donc d’éviter de se restreindre au sport, tout en continuant à s’y intéresser bien sûr. Ensuite, de ne pas être attiré par ce métier pour de mauvaises raisons: devenir célèbre, être là où ça brille… Pour moi, ce n’est pas ça le journalisme. Pour terminer, je conseillerais aussi de ne pas forcément viser les très grosses structures dès les stages (à la sortie c’est différent: il faut viser le plus haut possible). Il vaut mieux être dans un petit média, partir avec rien et revenir avec quelque chose, plutôt que d’être dans un grand média à observer les gens travailler, et de ne finalement jamais rien faire soi-même.


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