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20/10/2014

EMILY HOYOS: «Les manifs étudiantes, ça me grisait!»

La co-présidente d'Ecolo a appris le militantisme sur les bancs de l'université. L'occasion pour nous de passer en revue ses cinq années d'études bruxelloises riches en bouillonnement étudiant et autres manifestations de masse.


GUIDO: Vous avez effectué l'entièreté de votre parcours étudiant à Bruxelles?
Emily Hoyos
: En effet, j'ai étudié les Romanes, d'abord à Saint-Louis pour mes candidatures. Le plus important pour moi était de rester à Bruxelles, j'ai donc décidé de poursuivre à l'ULB.

 

40.000 étudiants dans la rue

 

GUIDO: Pourquoi ce choix des Romanes?
Emily Hoyos
: À dix-sept ans, je ne savais pas vraiment ce que j'avais envie de faire. Je trouve cela tellement difficile. Encore actuellement d'ailleurs, si vous me demandez ce que j'ai envie de faire au cours des cinq prochaines années, je serais bien incapable de vous répondre. Se projeter ainsi à dix-sept ans, c'est un lourd choix qui est demandé au futur étudiant. Personnellement, les études de Romanes m'intéressaient par la formation générale qu'elles proposaient. J'ai aussi fait l'agrégation, avec l'intention de devenir enseignante. Je pourrais d'ailleurs toujours l'être, on verra bien ce que me réserve l'avenir! (sourire)

 

GUIDO: Quel bilan général tirez-vous de ces cinq années d'études?
Emily Hoyos
: C'étaient des études très intéressantes en soi, mais ce qui l'était encore plus, c'était le double regard que j'ai pu avoir, entre Saint-Louis et l'ULB. La vision philosophique n'est pas la même, qu'on soit dans une université libre et exaministe ou d'obédience chrétienne. Ça change fort le regard qu'on porte sur la littérature. Les études de Romanes sont des études rigoureuses, mais qui éveillent aussi à la créativité. Par rapport à la voie que j'ai choisie à l'issue de mes études, cela m'a été très utile parce que la critique historique, l'analyse de textes, la confrontation de points de vue, c'est mon quotidien, en fait!

 

GUIDO: La fibre politique était-elle déjà présente en vous ou a-t-elle émergé pendant vos études?
Emily Hoyos
: C'est vraiment apparu durant mes études. Et très vite… Quand je suis rentrée en première candi à Saint-Louis, c'était l'époque ou Philippe Henry était président de la FEF (ndlr: Fédération des Étudiants Francophones). L'époque des premières tentatives de grandes fusions entre les écoles supérieures et des premières lois de financement des universités et des Hautes Écoles qui allaient vraiment mettre l'enseignement supérieur à la diète. Ainsi, ça bouillonnait partout, dans toutes les grandes villes de Wallonie et de Bruxelles. Et à Saint-Louis, il ne se passait rien! On s'est posé la question avec plusieurs étudiants et de retour dans mon kot, j'ai pris le bottin téléphonique - pour vous dire, comme il y a longtemps - et j'ai cherché le numéro de la FEF. Le lendemain, avec une copine de cours, j'ai rencontré un permanent de la fédération et une semaine plus tard, je distribuais déjà des tracts à la sortie d'un auditoire! C'était parti…

 

GUIDO: Vous êtes donc restée en plein cœur de la mobilisation étudiante pendant cinq ans…
Emily Hoyos
: Je n'aurais pas pu vivre avec des œillères et ne rien faire, ce n'est pas mon tempérament. La première année, je me souviens qu'on mettait chaque semaine 40.000 étudiants dans les rues. Notamment lors d'une manifestation à Namur où, quand on avait passé le pont des Ardennes, la fin du cortège n'était pas encore arrivée au pont de Jambes. Les manifs étudiantes, ça me grisait! J'en ai même presque la chair de poule rien que d'y penser! Quand on parle de nuits blanches de négociation, on pense immédiatement à la Rue de la Loi. Pour moi, ces premières nuits blanches ont eu lieu à l'automne 94, entre étudiants, pour décider du sort de ce mouvement étudiant qui bouillonnait à l'époque.

 

Une bière de Gembloux à huit heures du matin

 

GUIDO: Ce militantisme étudiant vous laissait-il du temps pour la guindaille?
Emily Hoyos
: Je faisais la fête, évidemment, mais pas vraiment dans les TD et autres guindailles du genre. Je n'avais pas beaucoup de temps pour ça, étant donné que le jeudi soir était souvent réservé aux assemblées étudiantes. Ce qui a marqué mon parcours étudiant, c'est que j'ai pu faire la fête dans toutes les villes de Wallonie et de Bruxelles. Quand on a fini une réunion à neuf ou dix heures, on ne rentre pas dormir, on fait la fête, que ce soit à Mons, à Namur, à Liège, … J'ai donc pu tester le folklore étudiant un peu partout en Belgique. J'ai même bu des bières de l'Abbaye de Gembloux à huit heures du matin à l'AG de Gembloux, parce qu'ils avaient décidé qu'ils m'accueilleraient ainsi!

 

GUIDO: Vous étiez plutôt studieuse ou brosseuse?
Emily Hoyos
: Je n'étais pas une étudiante très assidue aux cours. Même si j'étais très assidue aux examens. Ma présence aux cours dépendait de l'actualité étudiante. En deuxième licence, je pense même ne pas avoir été aux cours du tout, ou très peu. Certains profs m'ont d'ailleurs accueillie aux examens en me disant qu'ils étaient contents d'enfin me voir en vrai et pas à la télévision. Une petite vengeance en quelque sorte.

 

GUIDO: Vous n'avez pourtant jamais trébuché et eu un cursus plutôt fluide.
Emily Hoyos
: J'ai une très grande faculté à emmagasiner très très vite beaucoup d'infos et à aller à l'essentiel. Une qualité utile et nécessaire dans le boulot que je fais aujourd'hui. Par contre, si on me cuisinait en allant davantage dans les détails, on devait trouver quelques failles.

 

GUIDO: C'est en 1999, lors de votre dernière année, que vous vous êtes présentée aux élections…
Emily Hoyos
: Alors que j'étais encore présidente de la FEF, Ecolo est venu me trouver pour me proposer d'être candidate d'ouverture sur leur liste. Donc de figurer sur leur liste sans être membre du parti. Ecolo avait eu, selon moi, le discours le plus novateur, le moins sclérosé sur l'enseignement supérieur. Je n'avais jamais eu de carte d'aucun parti, j'ai donc beaucoup réfléchi avant d'accepter et de démissionner de mon poste à la FEF pour me présenter aux élections de 1999. Après notre victoire, Jean-Marc Nollet m'a proposé une place dans son cabinet. Une très chouette collaboration de cinq ans après quoi nous nous sommes pris une véritable tatouille électorale! Ensuite, après m'être réoxygéné l'esprit pendant trois ans à la Ligue des Familles, je suis retournée en politique. Actuellement, je suis à un tournant et je vais voir ce que je vais décider dans les semaines et mois qui viennent…

 

GUIDO: L'enseignement pourrait-il un jour reprendre le dessus sur la politique?
Emily Hoyos
: Enseignant, c'est un métier que j'ai dans la peau. Ma mère était enseignante, mon grand-père aussi… Sans doute que je le serai un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre…


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