LUCE: Chaud devant!
On l'avait quittée boulotte et mettant le feu au plateau de La Nouvelle Star à chacun de ses passages en 2010. La voilà qui revient amaigrie, maquillée de la tête aux pieds et accompagnée de son nouvel album Chaud. La pétulante Luce nous a donné rendez-vous dans un chouette café de Paris. Et c'est avec un grand plaisir qu'on a foncé dans le Thalys pour la retrouver!
GUIDO: Dans quel état d’esprit te sens-tu maintenant que ton album va enfin pouvoir rencontrer son public?
Luce: Cela fait plus d’un an que cet album est enregistré. Les chansons étaient donc déjà prêtes même avant de rentrer en studio. J’aime ses qualités et ses défauts. Mais le fait de ne plus le garder que pour soi laisse un drôle de sentiment. À la fois agréable, car je souhaite le faire partager au grand public et aussi un petit peu désagréable, parce que le posséder personnellement est toujours quelque chose de spécial. Je ressens une certaine excitation dans le fait de le faire découvrir au plus grand nombre.
«Je ne dénigrerai jamais La Nouvelle Star»
GUIDO: Le titre de ce nouvel album (Chaud) laisse penser que tu souhaites t’écarter un peu des chansons pour enfants de ton précédent album…
Luce: En réalité, le titre fait référence à une expression que j’utilise couramment: «Je suis chaud». Pour moi, le terme chaud fait référence à la voix mise en avant ou encore aux tropiques. De plus, il y a un contraste avec l’image froide présente sur l’album. Quelques chansons possèdent une certaine fraîcheur et du peps, alors que d’autres sont plus rondes et coton.
GUIDO: On retrouve également quelques sous-entendus sexuels dans tes chansons!
Luce: Je ne cherche pas à provoquer, mais à montrer aux gens que je peux placer certains mots dans mes chansons. Et pourquoi ne pas clouer le bec à l’une ou l’autre personne? Cela fait partie de moi et c’est dans mon tempérament.
GUIDO: En écoutant la première chanson de ce nouvel album, on sent directement une évolution dans ta voix. À quoi cela est-il dû?
Luce: Sur le premier album, j’étais dans une démonstration pour montrer que j’étais capable de faire tout et n’importe quoi. C’était donc plus dans un but de prouver que je pouvais tout faire. Ici, j’ai souhaité définir un style propre à moi. J’ai pu également gommer les tocs que j’avais dans la voix lors du précédent album. On a voulu faire passer la voix en avant en l’habillant avec les instruments. Je trouve que j’ai fait des erreurs sur le premier album, car j’étais trop jeune et que je m’étais perdue dans des styles différents. Pourtant, il y avait de très beaux morceaux et j’ai pu travailler avec des personnes comme Orelsan. À 19 ans, c’est vraiment pas mal.
GUIDO: Quel regard portes-tu sur La Nouvelle Star qui t'a propulsée sur le devant de la scène?
Luce: J’avais peur à la sortie, car c’était une période assez forte en émotions et virulente. Je me suis un peu cachée derrière plein de choses et pourtant, c’est une émission qui m’a tellement apporté. Je regarde toujours La Nouvelle Star et je ne dénigrerai jamais cette émission.
GUIDO: Comment étais-tu quand tu étais encore étudiante ?
Luce: J’ai fait trois ans de théâtre au lycée et un an de conservatoire à Perpignan. Je travaillais beaucoup, mais j’étais 'relou' en classe, il m’est même arrivé de me faire sortir par le professeur. Ces années d’études ont des liens avec mes chansons sur le plan théâtral.
«Ça me plait d'être la muse de quelqu'un»
GUIDO: Pourquoi Polka pour le premier single?
Luce: Ce titre est venu complètement par hasard, j’ai écrit une phrase avec ce mot dedans et il est resté.
GUIDO: Sur cette chanson, on se surprend à retrouver des accents de Camélia Jordana!
Luce: Je parviens à bien l’imiter. (elle nous fait une démo plutôt convaincante) Plusieurs personnes me le disent et en plus, c’est une personne que j’apprécie énormément.
GUIDO: Comment se passe la réalisation de tes chansons?
Luce: Sur ce second album, je sentais qu’il fallait que j’écrive. Pas parce que c’était important, mais pour dire que je participe également à 'ça'. Même si je prends plaisir à écrire des chansons, ce n’est pas fait pour moi et je le ressens. C’est un vrai métier et cela se travaille. Je me suis donc orientée vers Mathieu Boogaerts qui s’est chargé de quelques titres du second album. J’ai vite compris que ma place était celle d’interprète. Être la muse de quelqu’un me plait bien et je m’épanouis ainsi. Travailler dans une sorte de cocon est beaucoup mieux pour moi, chose que je n’avais pas faite pour le premier album.
GUIDO: Chanter en anglais pourrait te convenir?
Luce: J’ai un énorme problème avec l’anglais, c’est que je ne comprends pas cette langue. J’ai un gros traumatisme d’un professeur d’anglais lorsque j’étais à l’école, une chose horrible pour moi. Et ce n’est pas ma langue maternelle, ce qui peut expliquer cela.
GUIDO: Quelle importance accordes-tu à ton look maintenant que tu as totalement changé d'apparence? Tu es toute pimpante aujourd'hui, c'est juste pour nous ou tu es habituée à te maquiller comme ça tous les jours?
Luce: J’aime faire attention à mon image. Je suis donc toujours bien présentable. Je suis capable de sortir aller faire mes courses au magasin en pyjama, mais ma musique doit être imagée en quelque sorte. Les gens doivent se dire que je fais attention à mon image. Selon moi, l’image d’un artiste doit coller avec ses créations et son style. J’ai l’impression que faire attention à soi fait partie de moi. Mon look a également changé, car j’ai un autre rythme de vie. Je fais attention à ce que je mange, je vais courir. Je pense que faire plus attention à moi est une évolution tout-à-fait normale.
GUIDO: Est-ce que les gens te reconnaissent dans la rue, maintenant que tu es devenue une artiste ?
Luce: Eh bien non, ici (ndlr: à Paris) c’est assez différent par rapport à chez moi. À Perpignan, je suis l’enfant du pays et les personnes me connaissent. Il est vrai également que je suis sélective avec les médias. Je ne dirais pas que je suis discrète, mais je préfère choisir les personnes avec qui je peux parler. Des émissions comme sur NRJ12 ne m’intéressent plus, car il n’y pas d’intérêt pour moi et pour eux. On ne parle pas la même langue…
«Cette fille qui a le feu au cul me ressemble un peu»
GUIDO: Tu as dédié une chanson à ta maman sur cet album!
Luce: J’avais très envie qu’il y ait une chanson pour ma mère, car je suis très fusionnelle avec elle. Je l’ai au téléphone plusieurs fois par jour afin de savoir ce qu’on fait toutes les deux à tout moment. Même si aujourd’hui je suis installée à Paris, mes proches font toujours partie de ma vie. Mon métier me donne du plaisir et j’aime le faire, mais je profite d'un autre côté à fond des moments que je partage avec ma famille et mes amis.
GUIDO: Dans une de tes chansons, tu cries à qui veut l'entendre que tu as le «feu au cul»!
Luce: C’est l’histoire d’une fille qui a le feu au cul. Elle a un voisin qui le sent et qui cherche à y aller. Cela me ressemble un peu, même si je ne suis pas une personne chaude, mais c’est une sorte d’autobiographie.
GUIDO: Deux dates sont prévues en Belgique, à quoi doit-on s’attendre?
Luce: Je serai juste avec Mathieu sur scène, en duo acoustique. Il y aura de la chaleur et du rythme. On prend un risque, car c’est tout nouveau. Il y aura une seconde tournée avec des ambiances différentes en reprenant les morceaux autrement et qui seront joués d’une autre manière. On proposera un coté plus intimiste et qui sera aussi explosif à la fois.
GUIDO: Et la comédie dans tout ça?
Luce: Pour le moment, la priorité est l’album, même si une part de moi crie de faire du théâtre, car c’est un moteur pour moi. Je vais sûrement reprendre une formation, même si j’ai déjà tourné dans des séries pour France 2.
GUIDO: Que peut-on encore te souhaiter pour la suite?
Luce: De me déstresser un peu et de partager des moments sur scène avec les gens que j’aime. Passer outre mes peurs et mes angoisses par rapport à mes promotions, mes tournées et surtout me souhaiter bonne chance pour ce nouvel album qui me tient vraiment à cœur.
Luce sera en concert en Belgique aux deux dates suivantes:
Le 19/3 à la Maison de la Culture de Tournai
Le 4/4 à la Maison de la Culture de Namur