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13/06/2016

PUGGY: «C’est notre disque le plus produit et pourtant il sonne comme le plus naturel»

Au lendemain de leur mini concert à la Madeleine bruxelloise et au retour d’une dizaine de dates françaises, Puggy accordait quelques interviews à la presse. Le sujet à l’ordre du jour: la sortie de Colours, le quatrième album du plus européen des groupes belges. Rencontre avec trois gars super sympas: Matthew (guitare et chant), Romain (basse) et Egil ‘Ziggy’ (batterie), Puggy au grand complet.


GUIDO: Comment s’est passé le concert d’hier?

Ziggy: C’était bien, mais ce n’était pas un véritable concert. On revient d’une dizaine de dates en France et on a terminé par Bruxelles hier.

Matthew: Ces dates ont permis à la fois de rôder les nouveaux morceaux, de les intégrer dans une playlist pour que les gens prennent du plaisir et de juger des réactions du public vis-à-vis des nouvelles compositions.

 

GUIDO: Quel est votre feeling par rapport aux nouveaux titres?

Romain: Nous nous sommes vraiment éclatés en faisant l’album mais nous sommes hyper nerveux en amont de la sortie du disque. Et pour l’instant, en live, les gens sont hyper positifs. Que des bons retours. C’est hyper excitant.

Ziggy: Du nouvel album, nous avons joué Change The ColoursSoulLonely Town… On a fait 7 ou 8 morceaux du nouvel album.

Matthew: Territory… Celle-là,on a dû la roder un peu, parce que c’est une grosse pièce.

 

GUIDO: Et après ces concerts, voilà le moment que vous préférez, la promotion?!

Matthew (après un rire général): Oui, absolument! Mais généralement, ça se passe bien. On ne peut pas se plaindre. C’est une vraie chance que les gens aient envie de nous parler et de parler de nous. C’est un luxe.

 

GUIDO: Puisque vous êtes là pour ça, on va parler de ce quatrième album? Vous adoptez un rythme de croisière, quasiment un disque tous les trois ans. C’est planifié?

Ziggy: Assez bizarrement, c’est une sorte de cycle. On sort un disque et on tourne plus ou moins deux ans et nous avons environ un an pour préparer et sortir le suivant. C’est le temps dont nous avons besoin. Ce n’est pas le cas de tous les artistes. Pour certains qui n’écrivent pas et ne composent pas. Ils ont une grosse équipe derrière eux et le matériel est prêt. Ils gagnent du temps.

 

GUIDO: Puisque vous restez dans le même timing, c’est que l’inspiration est toujours présente?

Matthew: Du moins, on l’espère. En tous cas, elle n’a pas disparu. C’est vrai qu’on a tendance à chercher de nouveaux arrangements pour d’anciens titres, et puis on compose toujours, même en tournée. Il y a toujours de nouvelles idées, des riffs qui s’installent.

Romain: On est toujours en train de bosser. Je crois que c’est un défaut professionnel.

 

GUIDO: Parlons un peu de John. Il vous a accompagné sur scène. A-t-il participé à la réalisation du disque?

Matthew: Il n’était pas avec nous lors de cette mini-tournée, dommage car c’est un pote de longue date. Et il n’a pas collaboré à la réalisation de l’album. Le noyau, clairement, c’est nous trois. On compose ensemble et c’est lorsque nous arrivons à mi-parcours ou vers la fin de la réalisation qu’on demande l’intervention d’un producteur pour donner une dimension supplémentaire à la production. Puggy est vraiment notre enfant. Par contre, quand on sort du cadre de la composition, comme les tournées, le booking… alors le groupe est une grande famille. Des gens de confiance, ingénieur de son, éclairagiste, … On a vraiment de la chance d’être entourés de plein de compétences. Et John fait partie de ces gens. Mais il ne fera pas partie de la prochaine tournée et nous le regrettons. On partira avec Matthieu Vandenabeele, un pianiste de jazz, très doué. D’ailleurs, on aime tous les trois le jazz, particulièrement Miles Davis.

 

GUIDO: La production a été confiée à David Kosten. Ce n’est pas une figure connue du grand public. Depuis quand le connaissez-vous?

Matthew: On l’avait déjà contacté pour l’album précédent mais il n’était pas libre. On a réessayé en lui demandant s’il avait un peu de temps. On lui a envoyé des maquettes et il a réagi immédiatement et hyper positivement. Et puis, on a travaillé sur la longueur, sans se bloquer des semaines entières de studio. En fait, on a bossé comme dans l’univers électronique, petit bout par petit bout, par passages.

 

GUIDO: Cela sous-entend différents studios également?

Matthew: Oh non, c’était principalement chez nous, dans notre local. On a juste été à Londres chez David et pour les batteries au studio Konk.

 

GUIDO: Chez Mister Ray Davies (ndlr: le leader des Kinks). Il va bien?

Ziggy: Oui, oui, on l’a rencontré, il est très sympa. Il a un sublime studio. Il n’y passe pas tous les jours mais régulièrement. C’est un des grands! Justement, pendant que nous y étions, la BBC faisait une rétrospective de sa carrière… Impressionnant. On ne se rend pas compte de tout ce qu’il a sorti.   

 

GUIDO: Après cette parenthèse Kinks, revenons à nos moutons: que vous a apporté David Kosten?

Matthew: Le silence! C’est un truc très étrange à dire, mais à la base, Puggy est un power trio de scène, guitare-batterie-basse. On jouait à Londres à l’époque, avant ou après des groupes formés de cinq ou six musiciens. Alors, pour nous faire entendre, on devait faire un max de bruit et produire une musique très dynamique, syncopée, très frontale. On a appris à travailler les moments de silence et David fait des créations sonores avec ses logiciels. En partant de rien, de silences, il crée des atmosphères très puissantes. Le morceau This Time est pour moi l’illustration de cette collaboration. Sa présence sur ce morceau est marquante.

 

GUIDO: Au niveau des chœurs aussi?

Romain: Non, pas vraiment. On a toujours eu beaucoup de voix. On vient un peu de l’école Queen, Beatles. David nous a poussés à garder cette ambiance.

 

GUIDO: L’album semble plus varié, plus riche dans les arrangements…

Romain: Hé, c’est cool si tu le ressens comme cela, parce que c’est la direction que nous souhaitions donner à l’album. On sait que certaines prises ne sont pas parfaites, mais David nous a conseillés de les garder. Il travaille avec les oreilles plutôt qu’avec les yeux ou les doigts rivés sur une console.

Matthew: En fait c’est le disque qu’on a le plus produit et pourtant il sonne comme le plus naturel. C’est organique.

 

 

GUIDO: Le disque comprend plus de titres low-tempo comme This Time et Anything For You, et puis il y a Territory. Je le comparerais un peu au Good Vibrations des Beach Boys. Une sorte de laboratoire?

Romain: On s’est éclaté en faisant ce morceau en y mettant des trucs jamais tentés auparavant. On a décidé de ne pas mettre de limites en se disant que, de toute manière, ce ne serait quand même jamais sur disque. On a travaillé sur ce titre sans pression et sans prétention aucune. Et finalement, il est sur l’album.

 

GUIDO: Le premier single Lonely Town n’est pas très joyeux, comme le clip d’ailleurs…

Romain: C’est aussi le fruit du travail avec David. Il a réussi à créer des ambiances, une atmosphère qu’on ne connaissait pas. Pour le clip, nous avons délégué ce projet. Notre seul briefing était d’avoir une ambiance urbaine. Il a été tourné à Berlin.

 

GUIDO: Change The Colours sera-t-il le prochain single?

Matthew: On ne sait pas du tout. Rien n'est décidé. On n’est pas encore sûrs. Cela me paraît relativement probable. Et même relativement certain… Le morceau fait mouche. On l’a constaté pendant la tournée préparatoire.

 

GUIDO: Nous avons parlé de l’album, mais comment se porte Puggy en dehors du microcosme belge?   

Romain: Cela se passe bien. Notre label est Mercury France. Donc, on est bien distribués là-bas. On s’exporte de plus en plus et de mieux en mieux. On a une équipe qui travaille pour nous en Hollande, une autre en Allemagne. On est distribués au Québec, en Suisse. Tout se passe vraiment bien. Cela prend du temps.   

Ziggy: L’album ne va pas sortir en même temps partout. Tout dépend des marchés, des sorties prévues dans les pays. Par exemple, nous consacrons les deux semaines à venir pour la promo, mais la France est bien entendu plus vaste à couvrir. Il y a beaucoup plus de travail à faire là-bas.

 

GUIDO: Vous avez joué trois jours au Bataclan. Trois concerts sold-out. Qu’est-ce que vous gardez dans le cœur après ce qui s’est passé?

Romain: On est passé devant la salle récemment. Un drôle d’état d’esprit.        

Matthew: Nous avons perdu quelqu’un de proche au Bataclan. Un très bon ami avec lequel on travaillait depuis longtemps. Nous connaissons les gens qui bossent là-bas. Nous avons été très touchés par ces attentats. Mais le pire, c’est ce qu’on arrive à imaginer, car on a passé pas mal de temps dans cette salle. Car quand tu es dans cette salle, tu ne peux pas en sortir. Et quand un truc comme cela arrive, tu es pris au piège. Tu nepeux pas en sortir. Plus proche de nous, j’ai été particulièrement affecté par les attentats de Bruxelles. Pendant six ans, j’habitais à quarante mètres de la station Maelbeek. Dans la tête, c’est d’abord la fureur et puis c’est le cœur brisé. Ce jour-là, on était au Havre pour le premier concert de la tournée. Nous étions partagés entre le désir de rentrer chez nous, à Bruxelles, et le besoin de jouer. On s’est rendu compte de l’importance de jouer pour les gens qui étaient présents. La musique n’est pas seulement de la musique. Ce sont aussi des gens qui éprouvent le besoin de communiquer. Que ce soit en hurlant comme un dingue dans un micro ou simplement avec une guitare folk dans les mains. Même si c’est en italien ou en arabe, la musique est un langage international. Alors, le Bataclan et ce qui s’est passé chez nous marquera une génération entière, je le pense. Voilà pourquoi il est important de jouer. Que ce soit dans des salles de cinquante personnes ou des stades de trente mille personnes.

 

GUIDO: Nous voilà arrivés au terme de notre rencontre. Souhaitez-vous souligner encore quelque chose?

Matthew: Venez tous nous rejoindre en décembre à Forest National!

 

GUIDO: Le rendez-vous est pris!       

 

         

 


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