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25/04/2017

SUAREZ: L'énergie positive

Avec une tournée qui devrait voir son groupe enfin percer en France, l’écriture du second album d’Alice et sa présence à The Voice, le moins que l’on puisse écrire, c’est que Marc Pinilla ne chôme pas. Toujours aussi sympa et disponible, le leader de Suarez a répondu à nos questions quelques heures avant l’enregistrement d’une émission télévisée à Louvain-la-Neuve.


GUIDO: Suarez était en concert à Louvain-la-Neuve il y a quelques jours. Sur scène, le groupe est au top et j’ai l’impression que tu assumes de plus en plus ton côté séducteur!

Marc Pinilla: Oui, je pense que David apporte pas mal de fraîcheur et de présence sur scène. Mon côté séducteur? (rires) Je ne sais pas… Pour le gag, parfois comme sur Passe Passe. Mais c’est vrai que j’aime chanter l’amour. Cela reste le thème éternel, inépuisable. Et je me sens mieux à chanter l’amour qu’à chanter la guerre. Dans la vie, j’ai tendance à faire ce que j’aime faire et ce que j’aime faire, c’est chanter l’amour. Que ce soit sur un ton humoristique ou plus sérieux, voire même plus dramatique comme sur Sans rancœur ni colère. Cet album chante globalement l’amour sur tous les titres.

Des histoires de ruptures

GUIDO: Les textes de ce nouvel album sont nettement plus fouillés que sur les premiers albums de Suarez…

Marc Pinilla: Il y a une grosse volonté de raconter des histoires, bien plus que de faire du son. Suarez a toujours été à la recherche du gimmick, de l’esthétique, d’une couleur, d’un groove. Sur des morceaux comme L’indécideur ou Un souffle de délire, on ne raconte pas grand-chose. On transmet un état d’esprit, une énergie positive. Mais on ne raconte pas vraiment d’histoire. Et là, je ne sais pas si c’est l’âge, mais j’ai de plus en plus envie de raconter des histoires. 

GUIDO: Vous avez fait appel à une belle brochette de paroliers, parmi lesquels Barcella pour plus de la moitié des titres…

Marc Pinilla: La rencontre avec Barcella s’est faite grâce aux gens du label Sony France avec qui je travaille depuis deux ans sur Alice on the roof. Ce sont eux qui m’ont conseillé d’écouter ce qu’il faisait et m’ont proposé de nous mettre en contact si cela me plaisait. Je suis tombé raide dingue de son écriture, de sa plume, de sa manière de chanter.

GUIDO: Bensé (Voir la mer), Ben Mazué (Si seulement) et Antoine Hénaut (La foudreSi on savait) ont également participé à l’écriture.

Marc Pinilla: En fait, tous les paroliers avec qui nous avons travaillé sont des paroliers-chanteurs. Ben Mazué, Antoine Hénaut. Barcella chante aussi, il est de la famille de Tryo, Cali, … Ben Mazué a un côté urbain, très poétique, alors que Barcella est très français-français. J’avais envie d’une écriture et d’un ton qui me rappellent des gens comme Brassens, les standards de la chanson française. Barcella a été incroyable, terriblement réactif. Nous nous sommes directement entendus sur l’écriture. Je donnais les impulsions, les envies de thématiques et il réagissait au quart de tour. En brainstorming, nous sommes arrivés à des choses qui me parlaient et me plaisaient énormément. Par rapport à l’album précédent, on va encore plus loin au niveau des textes. Il y a des textes qui sont absolument magnifiques.

GUIDO: Avec le single Sans rancœur ni colère, tu abordes le thème de la rupture mais de manière bien différente de ce qu’aurait fait Christophe Miossec par exemple!

Marc Pinilla: Parler des ex, parler des histoires de ruptures. Qui peuvent parfois bien finir et déboucher sur quelque chose de positif. Cette thématique me plaisait vraiment bien et me parlait. Et puis, Barcella est venu avec 'j’ai envie de te dire ni rancœur ni colère'. J’adore et je voyais tout le concept. Et puis, au-delà de ce thème, cette phrase correspond bien à l’état d’esprit dans lequel je me trouve maintenant. Je suis moins… rageux. J’ai toujours été quelqu’un de très énervé, d’anxieux. Je ne le montre pas mais quand je me lève le matin, je peux être énervé de la veille, de l’avant-veille, ou même de la semaine précédente pour des choses qui m’ont déplu. Je pense que j’ai un peu grandi et que je suis un peu assagi à ce niveau-là. Ce qui fait le changement? C’est l’âge, enfin je pense, la vieillesse et la paternité sans doute. J’ai un fils de 5 ans et demi. Cela permet de prendre du recul et relativiser.

The Voice

GUIDO: Le fait de travailler avec des Malgaches aide aussi à voir les choses de manière plus cool!

Marc Pinilla: Avec eux, tout va toujours bien. Parfois, c’est génial. Et parfois, franchement difficile à vivre. Car il se passe parfois des choses dramatiques dont il faut absolument parler. Mais non… Ils ont la faculté de ne montrer que le côté positif de la vie. On montre que l’on est bien. En général, c’est très plaisant, mais pas toujours.

GUIDO: Pourquoi avoir resigné pour une nouvelle saison de The Voice alors que ton agenda est déjà bien rempli pour les prochains mois?

Marc Pinilla: Tout d’abord, parce que Quentin me l’a demandé. Il m’a appelé et m’a dit: j’ai envie de le faire, et j’ai envie de le faire avec toi. Quentin est un ami. Cela m’a touché qu’il parle ainsi et cela a réveillé en moi une envie de remettre le couvert. Et puis ensuite, quand je fais le bilan, je me dis que c’est quand même là que je ai croisé Alice (ndlr: on the roof) pour la première fois. The Voice, c’est un endroit de rencontre où, potentiellement, on peut trouver une perle rare ou faire la rencontre qui peut changer une vie. Et Alice, elle a changé une partie de ma vie. Pendant deux années, j’ai constamment travaillé pour elle, dans l’ombre. J’ai composé les musiques de son album avec Dada. J’ai géré tout l’encadrement professionnel autour d’elle, fait en sorte que tout soit bien structuré et fonctionne. The Voice a la pouvoir de provoquer des rencontres. J’aime aussi le partage, l’échange que l’on a pendant les répétitions, les workshops avec les talents. Franchement, il y a pire comme métier (rires). J’ai fait le bilan des pours et des contres, et il y avait plus de pours que de contres.

GUIDO: Lorsque j’ai rencontré Max d’Oscar and The Wolf durant la promo de son album, il a reconnu Dada sur une cover du Guido Magazine!

Marc Pinilla: Oui oui, il connaît très bien Dada. Ils ont bossé ensemble. Moi, j’ai connu Max quand il avait environ quinze ans. Il faisait Eurokids à ce moment-là. Il est venu plusieurs fois au studio de Dada, qui lui a d’ailleurs composé des chansons pour Eurokids. À cette époque, nous n’avions pas encore formé Suarez, mais j’étais déjà copain avec les Malgaches et je traînais tout le temps dans leur studio. Dada m’apprenait comment enregistrer. Je me souviens très bien avoir vu Max passer. C’était la mini star flamande qui débarquait au studio. Par contre, je ne me souviens plus si c’est la chanson de Dada qui a été sélectionnée pour Eurokids. Max, c’est un mythe maintenant. C’est l’élégance. C’est loin de tout de qu’il était lorsqu’il avait 15 ans.

Niagara et les années 80

GUIDO: On retrouve une reprise de L’amour à la plage de Niagara sur l’album. Pourquoi ce choix?

Marc Pinilla: L’exercice a été le même que sur les autres albums. Une fois que l’on a terminé l’écriture de l’album, il y a toujours ce moment de folie où l’on se dit: faisons une reprise, et essayons d’apporter un plus à une chanson existante. Apporter un plus, c’est bien sûr un peu prétentieux. D’abord, c’est important de bien choisir la chanson que nous voulons reprendre. Je ne cherche que des chansons féminines car cela évite la comparaison avec un autre mec. Je suis revenu dans les années 80 car c’est une période que je n’aimais absolument pas. Je pense que c’est un traumatisme qui remonte à l’enfance. Je me souviens, gamin, que mes parents me forçaient à sortir avec eux. Je suis né en 1980. La musique des années 80, c’est pour moi la musique des mariages, des baptêmes. Après minuit, j’étais méga fatigué, et je voyais les adultes danser sur Indochine et autres. Moi, ça m’a traumatisé. Pour moi, la musique des années 80 représente la souffrance. J’ai du mal à aimer les années 80 de par les souvenirs que j’en ai. Par contre, la chanson de Niagara, je la trouvais très bonne. L’amour à la plage, c’est un texte élégant, fin, un peu simplet mais en même temps classieux, et avec une vraie mélodie. Je me suis dit qu’il y avait un espace de liberté dans cette chanson. Lorsqu’on a décidé de la reprendre, j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Alice. Elle est arrivée cinq minutes plus tard et en une demi-heure, c’était enregistré. C’était un moment magique, un moment de grâce lorsqu’elle a pris le micro. En une prise, c’était fait.

GUIDO: Tu vas participer à l’écriture de son second album?

 Marc Pinilla: Dada et moi commençons la semaine prochaine. On a du boulot évidemment… Alice et Suarez. Il faudrait plus que 24 heures dans une journée pour pouvoir bien gérer les deux projets, mais ça va. C’est passionnant. Travailler avec Alice, c’est juste un rêve. Humainement, c’est une crème, et artistiquement, elle est phénoménale.

GUIDO: Les deux projets sont tout de même fort différents…

Marc Pinilla: Le cœur d’Alice, c’est le même cœur que celui de Suarez. Ce sont des vraies chansons que l’on peut retenir. Tu joues les chansons d’Alice à la guitare, de manière complètement dénudée et tu verras que cela fonctionne. On cherche d’abord à faire de bonnes mélodies.

On ne sait pas encore qui va le produire, mais on verra. Nous avons décidé de procéder de la même manière que pour le premier album. On fait des chansons, et on voit ensuite la couleur qu’on mettra. Je reste convaincu que c’est ainsi que l’on obtient les meilleurs résultats.

GUIDO: L’album sort en France. Une tournée est prévue là-bas?

Marc Pinilla: Pour l’instant, on est en attente. Les gens de chez Sony travaillent. Ils font le boulot d’attaché de presse, de médias, … On a une grosse série d’interviews et mai, j’espère un Taratata. Tout est en négociation, tout est en cours de route. Je n’ai pas envie de forcer les choses, mais c’est clair que nous avons envie d’exporter notre musique.


Photos: (c) Fabrice Hauwel
 


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