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05/06/2017

LOÏC NOTTET: «Je me considère comme une imposture»

C'est un véritable parcours sans faute qu'a entrepris Loïc Nottet depuis sa finale dans The Voice Belgique. Après une victoire sans appel dans Danse avec les stars, il nous livre enfin son premier album tant attendu. Et Selfocracy est une véritable pépite qui lui ressemble à 100%. Entretien avec la plus modeste des stars de notre pays.


GUIDO: Ton album très attendu a été positivement accueilli par la critique et le public. Tu as dû pousser un ouf de soulagement à ce moment-là!
Loïc Nottet
: Oh que oui! Je préférais pousser un ouf de soulagement qu'un cri de désespoir! (sourire) Ça m'a fait beaucoup de bien parce que cela faisait longtemps que je travaillais à cet album. Le retour des gens était très important.

«Je n'aime pas attirer l'attention»

GUIDO: Entre une finale à The Voice Belgique, la première place à Danse avec les stars, des concerts sold-out avant même la sortie d'un album, des millions de vues pour le clip de Million Eyes et un album déjà certifié Disque d'Or, comment fait-on pour garder la tête sur les épaules?
Loïc Nottet
: On reste chez soi. Moi, c'est mon point d'ancrage. Je reste à la maison, tout simplement, et je ne perds pas mes habitudes. J'ai des parents qui n'hésiteraient pas à me remettre les pieds sur terre si je venais un jour à décoller, ne fut-ce que d'un millimètre. La famille est très importante pour moi.

GUIDO: Cette célébrité ne doit pas être facile à vivre au quotidien…
Loïc Nottet
: Franchement, ça va. Parce que les gens sont respectueux et malgré tout, comme je suis myope, quand je porte mes lunettes et ma casquette, on ne prête pas forcément attention à moi. Comme je suis quelqu'un de très discret, je ne vais pas commencer à m'habiller en jaune flash pour qu'on me remarque dans la rue! C'est très important aussi de ne pas se priver de vivre, pour éviter de perdre pied. Je n'ai pas envie de me priver d'aller au cinéma ou de boire un verre avec des amis.

GUIDO: As-tu ressenti l'attente du public lors de la réalisation de Selfocracy?
Loïc Nottet
: Non, pas vraiment. Je ne vais pas beaucoup sur les réseaux sociaux, excepté pour parler à quelques amis ou pour partager des musiques que j'apprécie. Je ne me suis donc pas vraiment tenu au courant de ce qui se disait autour de moi pendant la composition de l'album.

GUIDO: Comment s'est déroulée la composition des différents titres de l'album?
Loïc Nottet
: J'ai tout composé tout seul, d'abord en piano-voix. Je faisais ensuite la base de la prod à la maison (les rythmiques, les notes de synthé, …). J'ai ensuite apporté le tout à des producteurs professionnels qui ont magnifié le travail que j'avais réalisé en amont.

GUIDO: Sortir un album homogène qui s'écoute du premier au dernier morceau en 2017, c'est une réelle gageure, non?
Loïc Nottet
: C'était un réel désir, je ne voulais pas que les gens s'ennuient non plus. Je voulais des musiques différentes mais qui restaient cohérentes entre elles. Et j'ai tiré ma principale inspiration des films.

GUIDO: Selfocracy parle de cette société narcissique pourrie par les réseaux sociaux et le culte du moi. Te sens-tu à ta place dans le monde d'aujourd'hui?
Loïc Nottet
: Pas vraiment, non. Je ne me reconnais pas là-dedans, parce que je ne suis pas quelqu'un qui prend des selfies, même si je ne refuse pas de poser avec les gens qui me le demandent, je ne suis pas une diva non plus. Personnellement, je trouve cela bizarre de se prendre en photo soi-même. Ça reste un avis personnel, bien entendu. C'est très compliqué aussi pour moi de voir des posters de moi, des affiches avec mon nom en grand, parce que je ne suis pas quelqu'un qui aime attirer l'attention sur lui. Mais à l'heure actuelle, si tu veux vivre de ta musique, tu es obligé de passer par là. Mon public est très compréhensif, ils ont compris le personnage que je suis et ne sont pas hystériques. Ça me fait du bien parce que j'aurais eu du mal si cela n'avait pas été le cas.

GUIDO: À quel moment as-tu pris conscience du potentiel de ta voix?
Loïc Nottet
: Au cours de cette année, en cherchant des mélodies, j'ai joué avec elle afin de voir jusqu'où elle pouvait aller, dans les aigus, dans les graves… J'ai découvert beaucoup de choses sur moi en travaillant sur cet album.

GUIDO: Le titre Dirty parle du passage de l'innocence de l'enfance aux insultes de l'adolescence. Pourquoi ce thème t'a-t-il touché en particulier?
Loïc Nottet
: Parce que c'est dans la cour de récréation que je me suis réellement construit. C'est là qu'on m'a beaucoup jugé par rapport à ma voix ou au fait que je préférais danser que faire du foot. C'est ce qui m'a permis de me forger un caractère. J'avais envie de parler de ça, je sais qu'il y a encore beaucoup de suicides ou de harcèlement parmi les adolescents, il y a aujourd'hui énormément de jeunes qui ont besoin d'aide et qui n'osent pas en parler à leur famille ou leurs amis. Si ça peut leur servir de thérapie et leur permettre de se rendre compte qu'ils ne sont pas tout seuls, c'est déjà pas mal.

GUIDO: La célébrité t'est tombé dessus et tu as donc fait une croix sur les études supérieures, une bonne chose selon toi?
Loïc Nottet
: Je n'ai pas beaucoup aimé l'école. Étant dyscalculique, c'était un peu plus compliqué pour moi dans tout ce qui était algébrique ou numérique, je ne garde donc pas un bon souvenir de ces cours. Malgré tout, j'avais cette envie de liberté, de faire ce que je voulais, même si l'école reste importante pour apprendre un langage, une éducation, une façon de se comporter. Est-ce que je pourrais faire comme Emma Watson, retourner à l'école supérieure quelques années plus tard? Je ne pense pas, mais il ne faut jamais dire jamais…

GUIDO: Te considères-tu comme quelqu'un de chanceux?
Loïc Nottet
: Oui, bien entendu. Je travaille beaucoup, mais je trouve qu'il y a quand même une part de chance dans tous les métiers artistiques. Maintenant, si vous ne passez pas bien à la télé, les gens n'auront pas envie de venir vous voir. Et on n'en peut rien de notre physique, c'est la nature qui nous a voulu comme ça. Personnellement, je m'estime chanceux que ma vraie personnalité ait pu traverser l'écran. Car je sais qu'il existe certains artistes dont l'image reflétée par la télé ne leur correspond pas. J'ai aussi eu la chance de trouver les bonnes mélodies. Il faut avoir l'inspiration au bon moment, qui corresponde à ce que l'on recherche. Je suis novice dans la musique. Je me considère d'ailleurs toujours comme une imposture: je n'ai aucune notion musicale et j'ai composé tout un album tout seul.

«Je suis quelqu'un qui ne triche pas»

GUIDO: Ton public est transgénérationnel, tu plais autant aux enfants qu'à leurs parents, aux ados qu'aux jeunes adultes. Comment te l'expliques-tu?
Loïc Nottet
: C'est génial, ça me fait plaisir de voir dans mes concerts plein de gens de différentes générations. Pourquoi, je n'en sais rien, je suis quelqu'un qui ne calcule rien du tout, je suis honnête, je dis ce que je pense, quand je ne veux pas faire quelque chose, je ne le fais pas. Je pense que les gens ont dû le ressentir, ils ont dû voir que j'étais quelqu'un qui ne trichait pas.

GUIDO: À quoi les spectateurs peuvent-ils s'attendre lors d'un concert de Loïc Nottet?
Loïc Nottet
: Un show à l'échelle du possible. Je ne suis pas Beyoncé, je ne peux donc pas avoir une scène de vingt mètres de long avec soixante danseurs! Il y aura de la danse, des écrans, des musiciens, le tout à l'échelle du possible. Je suis toujours excité par la rencontre du public, ce sont des moments que j'aime beaucoup. Ça fait du bien de les voir, de les entendre interagir ou même chanter la chanson. C'est assez dingue quand on pense qu'on a fait ça tout seul chez soi dans le fin fond de la campagne de Belgique, c'est super beau.

GUIDO: Appréhendes-tu les festivals (ndlr: il sera la tête d'affiche des Francofolies le 22 juillet) différemment de tes concerts?
Loïc Nottet
: Dans les scènes ouvertes, les plateaux multi artistes, j'ai toujours peur que quelqu'un me balance une tomate à la figure ou me crie «Dégage!», j'ai donc toujours un petit malaise par rapport à ça. Pour le moment, je n'ai jamais eu trop de mauvaises surprises, donc ça va! Mais ce sont quand même des choses qui m'effrayent.

GUIDO: Pour cet été, il n'y a pas de raison de t'inquiéter, les Francofolies, c'est quand même un festival bienveillant et tu en es en plus la tête d'affiche!
Loïc Nottet
: Justement, s'il n'y a personne, ce sera de ma faute! (rires)

GUIDO: As-tu participé à beaucoup de festivals en tant que spectateur?
Loïc Nottet
: Pas beaucoup, je n'aimais pas beaucoup sortir quand j'étais plus jeune. J'ai été une fois à Dour ou aux Francos, mais ce n'est pas quelque chose que je faisais souvent, et je le regrette un peu aujourd'hui.

GUIDO: Tu as déjà la France et la Belgique à tes pieds, as-tu des envies d'ailleurs?
Loïc Nottet
: J'ai beaucoup d'ambition, non pas pour le côté star-système, la notoriété en tant que telle, mais pour le partage de la musique. J'ai envie de partager ma musique un maximum et j'ai aussi besoin de la scène, donc pouvoir faire cela dans d'autres pays, ce serait énorme. Aller en studio avec d'autres artistes, travailler avec eux, composer pour eux, j'aimerais beaucoup ça.

GUIDO: Tout te réussit, y a-t-il donc d'autres choses auxquelles tu aurais envie de t'essayer?
Loïc Nottet
: J'aimerais beaucoup écrire un livre, j'y réfléchis d'ailleurs de plus en plus. Et aussi jouer dans un film. Un film avec une véritable performance d'acteur, un film dramatique ou d'horreur.


Photos: (c) Zeb Daemen
 


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