VITAA: Une coach à fleur de peau
C'est une Vitaa émotive, décidée et professionnelle qu'on a découverte au cours de cette nouvelle saison de The Voice Belgique. Alors que ses talents s'apprêtent à mettre le feu pendant les duels, nous avions envie de savoir quel bilan l'acolyte de Diam's et Maître Gims tirait de cette première partie de l'aventure.
GUIDO: Après les blinds, c'est maintenant au tour des duels. Est-ce une étape que vous attendiez avec stress, impatience ou sérénité?
Vitaa: Ce n'est pas une aventure que j'aborde avec stress. Je suis en pleine découverte et je le vis comme une vraie aventure que je découvre étape par étape. Je me suis complètement prise au jeu, parfois avec émotion. Chaque étape est vraiment différente. Durant les duels par exemple, on va pouvoir découvrir les choix des autres coachs, les capacités des talents, … Avant les lives qui demandent un vrai travail en profondeur, surtout dans le coaching, quelque chose que j'apprécie particulièrement. C'est pour cette raison aussi que j'ai accepté de participer à ce programme.
«Même si je suis exigeante dans le travail, je reste bienveillante»
GUIDO: Cette partie de l'émission oblige aussi les coachs à faire des choix et à se séparer de certains de leurs talents…
Vitaa: C'est un peu le point noir du programme, qu'on découvre effectivement à partir des duels. Je suis assez proche de BJ qui me conseille et m'explique certaines choses. Elle m'avait confié que ce serait de plus en plus cruel, étape après étape, parce qu'on s'attache à eux et à leurs personnalités. Je suis très proche de mes talents, et c'est toujours difficile de faire un choix dans ces circonstances. Même s'il faut garder en tête que c'est un jeu et qu'on est là pour emmener certains d'entre eux le plus loin possible.
GUIDO: Ce coaching est-il uniquement vocal?
Vitaa: Évidemment, ça englobe tout, autant la voix que la gestuelle, la présence scénique ou le look. Maintenant, pendant les workshops, on bosse essentiellement sur la musique et l'interprétation. C'est vraiment un travail d'équipe. J'ai beaucoup de très jeunes dans mon équipe, notamment une jeune fille de 16 ans qui chante magnifiquement et ne se rend même pas compte de l'outil qu'elle a. On doit réellement faire un gros travail là-dessus pendant les workshops. Ensuite, lors des répétitions en plateau, on travaille plus la mise en scène ou le stylisme.
GUIDO: Avec ces talents qui ont la moitié de votre âge, vous vous comportez davantage en professeur ou en maman-poule?
Vitaa: C'est en quelque sorte un mélange des deux. Je suis assez bienveillante, je ne suis pas quelqu'un de méchant ou de dur dans la vie, même si je suis très exigeante dans le travail. J'essaie d'ailleurs aussi de leur transmettre la rigueur parce que c'est important dans ce métier qui est difficile. C'est du travail à 80%, ensuite vient le facteur chance, rencontres et circonstances. S'ils ne bossent pas sur les morceaux pendant les trois semaines qui précèdent les workshops, on va directement le ressentir. Même s'ils sont très jeunes, mes talents sont hyper impliqués et ne cessent de me proposer de nouvelles choses par mail. Je les sens très concernés.
«Une carrière, c'est une course de fond»
GUIDO: À mi-chemin dans cette aventure, y a-t-il eu certains événements inattendus qui vous ont quelque peu déstabilisée?
Vitaa: Principalement deux choses. La première, c'est que je me suis laissée emporter par les émotions très, très vite. Même si je suis très émotionnelle ou sensible dans ma musique, je ne me serais jamais imaginée verser une larme. Je ne suis pas quelqu'un qui pleure facilement dans la vie de tous les jours. Pourtant, je me suis laissée transporter par des voix, je n'ai pas compris. Je me suis retrouvée plein de fois en train de pleurer. Et je me suis dit: «Faut que t'arrêtes maintenant!». (rires) Ensuite, j'ai également dû me bagarrer pour avoir certains talents. Surtout quand on était à quatre à s'être retournés. Parce que forcément je suis nouvelle sur le banc des coachs et qu'on avait souvent les mêmes goûts avec Slimane. Je ne pensais pas avoir à sortir autant les armes pour remporter ces talents. Mais dans la deuxième partie de l'émission, il y aura quelques surprises que je ne peux pas révéler, vous allez voir!
GUIDO: Qu'auriez-vous envie de dire aux talents pour lesquels personne ne s'est retourné cette année?
Vitaa: Ils sont tellement jeunes qu'ils ont tout à gagner à patienter, à travailler dans l'ombre. C'est un métier qui se construit sur la longueur. C'est une course de fond qui demande certaines bases pour tenir. C'est déjà difficile de percer, ensuite il faut rester. Quand on a seize ans, on n'est pas nécessairement prêt, même s'il y en a certains qui le sont. Il y en a beaucoup qui ont entre seize et vingt ans, et c'est là qu'ils vont apprendre un maximum de choses, cette émission est bénéfique parce qu'elle vous met dans des conditions de live, c'est une super école. Ils ont la chance d'être entourés par une équipe de qualité. Moi, je n'ai pas eu cette chance-là. Je me souviens de mon état de panique à mes débuts en télé.
GUIDO: Ce n'est pas la première fois que vous posez vos valises en Belgique…
Vitaa: Ça fait très longtemps que je viens en Belgique. J'ai d'ailleurs composé mon premier album avec des producteurs belges de la scène urbaine. Je faisais déjà beaucoup d'allers-retours sur Bruxelles. C'est un pays que j'aime beaucoup, son ambiance. Les Belges sont beaucoup plus accueillants que les Français…
«L'alchimie entre les coachs a été instantanée»
GUIDO: L'alchimie entre les coachs a-t-elle été immédiate?
Vitaa: Ça a été assez instantané, dès le début de la promo cet été. Je n'ai pas senti d'ego démesuré, on était tous des artistes à part entière avec des horizons différents mais qui ont envie de partager et de donner à des jeunes talents. Je ne pensais pas qu'on se serait autant amusé pendant les émissions. On oublie vite les caméras et tout devient assez naturel et spontané. L'émission ne nous dicte pas ce qu'on doit dire ou faire, on a une réelle liberté de choix artistiques, ce qui est vraiment agréable.
GUIDO: Vous êtes maman de deux enfants. Quelle serait votre réaction s'ils s'inscrivaient à The Voice dans quelques années?
Vitaa: Pour être très honnête, je ne les pousse pas dans ce milieu-là. Parce que c'est un milieu qui est difficile, très sincèrement. On est dans une ère qui change, la musique change, les réseaux sociaux peuvent faire peur en tant que mère. Mais il y a certaines choses qui sont génétiques, je ne les empêcherai donc jamais de faire de la musique s'ils sont doués pour ça. Mais je ne les pousserai pas non plus. S'ils peuvent être médecins, c'est bien aussi! (rires)
GUIDO: En six saisons de The Voice Belgique, il n'y a jamais eu de gagnant au profil R&B ou musique urbaine, vous espérez un artiste qui se démarque dans ce style cette année?
Vitaa: Même si on me situe beaucoup dans cette case R&B, j'ai toujours été un peu au carrefour de plusieurs influences, j'ai fait une musique éclectique entre la variété, la musique urbaine, la pop, le hip-hop. Mais c'est clair que le R&B est dans mes influences et que j'adore ça. Vous allez le voir au cours des prochaines émissions: je suis allée chercher plein de choses dans mes talents, comme du rock ou de la pop. Je ne suis pas allée chercher uniquement des chanteuses à voix, là où on aurait peut-être pu m'attendre. Maintenant, la musique urbaine est une influence principale dans ma musique et j'ai envie de les aider aussi là-dedans. Tout en respectant les choix des talents, pour les accompagner au mieux.
Vitaa, une étudiante tête-à-claques?
Même si la musique a toujours été présente dans sa vie, Vitaa a pourtant toujours persévéré dans ses études. «Ça vient de mon éducation, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui me permettent de faire des études. J'avais des facilités à l'école, j'étais donc un peu la tête-à-claques! Et je traînais aussi avec les cancres!» Grâce à ces facilités, la chanteuse s'en est bien sortie pour réussir sans trop de problèmes. Ça aurait donc été bête, selon elle, de s'arrêter en si bon chemin. La musique, elle la faisait par passion, et non par notoriété, c'est aussi pour cette raison qu'il était important pour elle de décrocher un diplôme supérieur.
Mais à quoi ressemblait la Vitaa étudiante? «Je n'étais pas une étudiante très assidue! Je n'avais pas le sentiment de devoir travailler des masses. Alors, je fréquentais plutôt les autres étudiants qui s'amusaient.» Jusqu'au jour où les études en école de commerce ont rendu les choses plus compliquées. Il a donc fallu qu'elle s'accroche pour mener à bien ces études: «Je voulais avoir mon diplôme, parce que quand je m'engage dans quelque chose, je veux le faire jusqu'au bout.»
Photos: © Stéphane Laruelle