KODY: «Pendant mon baptême, ce sont mes copains qui faisaient les à-fond à ma place!»

05/03/2018 // Categorie: Années d'études




Toutes les deux semaines, il plie de rire une bonne partie de la Belgique grâce à ses sketches piquants dans le Cactus ertébéen. Pourtant, avant de devenir le maître de la caricature, Kody est passé, comme beaucoup, par la case 'études supérieures'. Nous l'avons donc rencontré dans un bar du Cimetière d'Ixelles pour en savoir plus sur son parcours d'étudiant.


GUIDO: Vous avez commencé par des études en sciences politiques…
Kody
: En dernière année au Collège Cardinal Mercier de Braine-L'Alleud, j'ai commencé à chercher ce que je voulais faire. Personnellement, je trouve qu'on n'est jamais assez informé sur les différentes possibilités quand on est en secondaires. On va donc vers les classiques, soit par tradition familiale ou par manque d'infos. Et le choix est tout autant compliqué quand on arrive à l'université. Je me suis ainsi dirigé vers un choix un peu inspiré par celui de mon père, étant donné qu'il était diplomate. J'ai donc choisi les sciences po à l'UCL.

Louvain-la-Neuve ou Dubaï?

GUIDO: Pourquoi avoir choisi Louvain-la-Neuve?
Kody
: Pour suivre mes copains, principalement. Mais je dois aussi avouer que l'idée d'avoir un kot me plaisait assez bien! Pour couper en quelque sorte le cordon avec ma famille. Je me suis donc retrouvé en kot avec mes copains pour la première fois de ma vie et j'ai pu expérimenter la liberté. Quand j'ai débarqué dans cette ville, j'ai été très étonné par son apparence de station de ski, de petit village où tout le monde se connaît et a ses endroits de prédilection. J'ai pu me reposer sur pas mal d'anciens qui m'ont bien épaulé dès le début lors de ma découverte de Louvain-la-Neuve. D'ailleurs, j'y suis revenu quelques années plus tard. Et arriver par les escalators dans le centre commercial, c'est un choc incroyable, c'est devenu Dubaï, quoi! (rires)

GUIDO: Kody, étudiant en sciences politiques, on ne s'en serait jamais douté!

Kody: Même si je ne regrette pas ce choix, je pense aujourd'hui que j'aurais dû faire cela différemment. J'aurais peut-être pris ces études plus au sérieux. J'y allais un peu en pilote automatique. Les deux premières années de sciences po sont très vastes, mais il y a beaucoup de matières intéressantes qui permettent d'étendre sa culture générale. Après avoir loupé ma première candi (ndlr: les candidatures sont les 'ancêtres' des années de Bac actuelles), j'ai recommencé mon année, avec de nouveau quelques examens. J'ai voulu ensuite refaire une année, mais je me suis rendu compte que ça allait être compliqué. Du coup, j'ai fait une passerelle vers le commerce extérieur, à l'EPHEC à Woluwe. Vu que j'étais plutôt tête-en-l'air et désorganisé, je me suis dit: autant aller dans un système à taille humaine qui pourra davantage me cadrer.

GUIDO: La fibre comique arrivait-elle malgré tout à transparaître malgré ces études davantage commerciales et techniques?
Kody
: Quand j'étais en sciences po, je me suis rapidement retrouvé dans la bande qui organisait la Revue (ndlr: un spectacle annuel humoristique dans lequel les étudiants se moquent gentiment de leurs profs). Pendant trois années, j'ai donc pris part à la Revue. Et ça, je réussissais sans problème! (rires) C'était en quelque sorte mon exutoire.

GUIDO: Comment décrirais-tu le Kody d'alors?
Kody
: C'était un étudiant tiraillé entre ce rêve d'ado de faire du théâtre et la réalité qu'il y avait beaucoup d'appelés et peu d'élus. C'est pour ça que je me suis accroché dans mes études. Car si ça ne marchait pas dans la comédie, au moins j'aurais un diplôme qui me permettrait de travailler.

Premières imitations

GUIDO: Vous avez fait votre baptême au CESEC!
Kody
: Je me suis retrouvé à faire mon baptême avec des copains qui le sont encore aujourd'hui, plusieurs années après. C'était vraiment un exutoire. Je ne l'aurais peut-être pas fait à Bruxelles, mais j'étais tellement loin de tout que je n'ai pas trop hésité à le faire. J'ai été parrainé par des anciens du Collège Cardinal Mercier, du coup ça m'a mis en confiance. Je n'arrivais pas à faire les à-fond, ce sont donc mes copains qui le faisaient en cachette à ma place! Je me suis arrangé pour avoir un baptême plutôt 'soft'. Avec le recul, quand on regarde ce qu'on nous fait faire, on se dit «mais qu'est-ce que c'est que cette connerie?»! Se mettre gueule en terre, tremper sa tête dans de l'éther, … Des trucs un peu bizarres que l'on fait dans une période de totale insouciance.

GUIDO: Vous êtes maintenant connu pour vous glisser dans la peau de différents personnages célèbres, c'était déjà un exercice quotidien dans votre jeunesse?
Kody
: Mes premières imitations datent de mes années de secondaire, et j'ai évidemment commencé avec mes profs. Même si ça marchait pas mal auprès de mes potes, je n'ai jamais réellement rêvé de devenir humoriste. Je rêvais plutôt de faire du cinéma ou du théâtre. Et ça a continué avec la Revue pendant mes études à Louvain-la-Neuve.

GUIDO: La Revue a été votre première expérience sur scène?
Kody
: Devant un public qui avait payé, c'était en effet la première fois. J'ai eu en quelque sorte une révélation. Tout le monde me disait que je devrais faire cela plus à fond, mais subsistait la peur de décevoir ma famille. Mais ça n'a fait qu'accentuer, nourrir cette envie grandissante de faire ce métier plus tard.

GUIDO: Que vous a appris la vie en kot?
Kody
: Ça m'a appris à vivre avec d'autres gens que les membres de ma famille, mais surtout à vivre dans le bordel! (rires) En fait, ça apprend pas mal de choses de vivre en kot, notamment à découvrir l'autre, je garde un excellent souvenir de cette période. À ce moment-là, on a tout l'avenir devant soi, cette période de ma vie m'a énormément marqué et m'a permis de me construire.

Cyril Hanounoir

GUIDO: Quel a été votre parcours après vos études?
Kody
: Après mes études, j'ai pu faire un stage à Mexico, une expérience géniale. Comme il y avait un aspect marketing dans ces études, je mettais beaucoup d'humour déjà dans mes présentations. Ça pouvait pratiquement s'apparenter à des sketches. Dans un certain sens, je me rapprochais petit à petit de la scène. Ensuite, j'ai trouvé un boulot en tant que commercial. Ce qui a été compliqué pour moi, parce qu'il fallait atteindre un certain objectif par mois. Je me réveillais parfois en pleine nuit après un cauchemar parce que je n'avais pas réussi à atteindre mes objectifs! Et vendre un truc qui ne m'intéressait pas, je me suis vite rendu compte que je ne savais pas le faire! Après un boulot dans une start-up de développement d'albums-photos (que j'ai beaucoup aimé grâce à son aspect plus créatif), j'ai eu ce déclic de revenir à mon rêve d'ado.

GUIDO: Comment s'est opéré ce déclic?
Kody
: Je réalisais très souvent les discours de mes potes qui étaient tous en train de se marier. Et ces discours, c'étaient des sketches, quoi! À la fin d'un de mes discours, lors d'un mariage au Mexique, tout le monde me confirme que c'est vraiment ça que je dois faire comme métier. Il fallait donc que je trouve un boulot qui me permette à la fois de gagner un peu d'argent et à la fois de chercher les possibilités d'exercer ce métier de saltimbanque. J'ai ainsi travaillé pour un marchand de biens immobiliers. Comme j'organisais mes horaires un peu comme je le voulais, ça me laissait du temps pour courir les castings, monter des capsules vidéo, … Petit à petit, je suis réellement tombé dans l'humour grâce à des rencontres et j'ai pu obtenir mon statut d'artiste.

GUIDO: Vous vous mettez dans la peau de différents personnages, comme Mylène Farmer, Emmanuel Macron ou Eddy Merckx pour Le Grand Cactus. Existe-t-il des tabous, des personnalités dans lesquelles il vous serait impossible de vous glisser?
Kody
: Non pas vraiment, je pourrais tous les faire. Tout dépend ce qu'on en fait, de ce qu'on va faire dire à ce personnage. J'ai fait Kim Jong-un, un jihadiste, des dictateurs, … C'est l'angle adopté pour le personnage qui compte vraiment. Même si parfois on se met un peu d'auto-censure.

GUIDO: Vous avez participé à quelques émissions de Touche pas à mon poste, que retenez-vous de cette expérience française?
Kody
: C'est évidemment une autre machine que Le Grand Cactus. Alors que je n'ai fait que quatre passages dans l'émission, les gens me reconnaissaient en rue en France, même jusqu'à Genève où on m'a apostrophé dans un restaurant! On sent que l'impact médiatique est beaucoup plus fort, que la visibilité est beaucoup plus grande. C'était une chouette expérience, même si c'est plus une émission d'humeur que d'humour. Intégrer de l'humour dans cette émission, c'est plutôt compliqué. J'avais proposé à Cyril Hanouna de faire autre chose, mais il voulait que je reste dans ce personnage de Cyril Hanounoir.

GUIDO: Le Grand Cactus réalise de très bonnes audiences depuis quelques mois…
Kody
: C'est possible surtout grâce à la bonne entente qui règne au sein de cette équipe. Tout le monde, autant devant que derrière la caméra, travaille avec la même envie de faire une émission d'humour de qualité. Il n'y a pas d'ego dans l'équipe, personne ne vient avec des revendications. Jérôme a réuni autour de lui une équipe qui a envie de bosser, de se marrer et de ne pas se prendre la tête. Et le résultat est là.

Photo: © Martin Godfroid



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