Martin Charlier: «J'ai découvert la brosse quand je suis arrivé à Mons!»

11/06/2018 // Categorie: Années d'études




Il y a cinq ans, il a explosé dans la peau de son personnage fétiche, Kiki l'Innocent. Désormais, il est un des piliers du Grand Cactus de la RTBF. Mais d'où vient Martin Charlier? Tentative de réponse avec cette interview axée sur ses années d'études montoises.


GUIDO: Tu es originaire de Herve, mais pourtant tu as fait tes études à Mons?
Martin Charlier
: Depuis tout petit, je rêvais de faire de l'humour et du théâtre. J'ai donc longuement hésité à faire l'IAD (ndlr: une école de théâtre de Louvain-la-Neuve). Sous la pression familiale qui voulait que je fasse de 'vraies' études, j'ai choisi des études de traduction à Mons. Peut-être pas le bon choix quand on sait qu'il faut aller au cours tous les jours dans ce genre d'études. Et moi, j'ai plutôt découvert la brosse quand je suis arrivé à Mons! C'est dommage parce que ma mémoire me permet d'ingurgiter un mètre de matière très, très rapidement. J'avais même des 17/20 dans les cours généraux. Mais le problème, c'est qu'on n'apprend pas une langue sur un jour. Ce que j'ai appris à mes dépens.

«J'ai écrit mes deux premiers spectacles pendant mes études»

GUIDO: Ça n'a donc pas été facile de réussir dans ces conditions?
Martin Charlier
: J'ai fait deux fois ma première année, deux fois la deuxième… Quand j'ai entamé la première licence, j'ai décidé de continuer mes études à l'ISTI à Bruxelles, où je n'ai fait que la figuration parce que j'avais alors un boulot d'étudiant pour une société de crédit qui m'a ensuite proposé de m'engager en CDI. Et vu que ça marchait un peu plus dans mes spectacles à ce moment-là, je n'ai plus vu l'intérêt de continuer mes études.

GUIDO: Quel souvenir gardes-tu de ces cinq années à Mons?   
Martin Charlier
: Ce qui est dingue, c'est que c'est à Mons que j'ai connu mes plus beaux succès. L'EI (École des Interprètes) organisait une soirée-cabaret qui rassemblait chaque année près de 1500 personnes. C'est rare de jouer devant un public de 1000 personnes, encore maintenant! Même si j'avais déjà fait des spectacles auparavant, la vitrine que Mons m'a donné m'a conforté dans cette voie. C'est marrant parce que l'un de mes premiers sketchs à Mons, c'était J'ai encore rêvé d'elle des Frères Taloche, que je viens de refaire récemment sur scène avec Jérôme de Warzée et les Frères Taloche. La boucle est bouclée, en quelque sorte.

GUIDO: Quel genre d'étudiant étais-tu?
Martin Charlier
: C'étaient vraiment les prémisses de ce que je suis maintenant. Ce qui m'intéressait, c'était tout ce qui était parascolaire. J'ai fait partie de l'AG (ndlr: Assemblée Générale des Étudiants), j'ai organisé moi-même les soirées-cabaret à la fin de mon cursus. J'étais vraiment impliqué dans la vie étudiante. C'étaient de très chouettes années. J'ai de très bons souvenirs de Mons en tant que ville étudiante. C'est une ville à taille humaine, très festive, un peu comme Liège au final. Et j'ai très bien vécu le fait d'être en kot, d'être indépendant à 18 ans, et c'est peut-être ça qui a fait que j'ai beaucoup brossé aussi! Mes années d'études à Mons ont servi de base à mon métier d'humoriste d'aujourd'hui. Mes deux premiers spectacles ont d'ailleurs été écrits pendant mes années montoises. C'est marrant, parce que c'étaient des études d'interprète, et j'ai fini par devenir interprète, mais d'autres choses!

GUIDO: Tu as fait ton baptême étudiant?
Martin Charlier
: Il n'y avait pas de baptême à l'École d'Interprètes. On organisait plutôt des Welcome Days pour faire visiter la ville gentiment aux nouveaux. Tout le monde était donc intégré hyper vite, ce qui rendait superflu le rôle premier du baptême qui est d'intégrer les nouveaux. Personnellement, dans certains cas, j'ai considéré le baptême comme une humiliation plutôt que comme une intégration. J'avais un œil amusé là-dessus, j'en ai d'ailleurs fait un sketch à l'époque que j'ai gardé longtemps dans mon spectacle. Il y avait une sorte de rivalité entre l'EI et le reste de Mons. Pendant la Coupe du Mons (ndlr: une compétition de foot entre différentes équipes universitaires), tout Mons supportait les Tchèques qui étaient en finale contre nous, avec des slogans comme «EI, EI, Mons t'enc…!». À la fin du match, j'ai été montrer mon cul à toute la tribune! Et un mois après, j'écrivais ce sketch sur le baptême, pour me venger en quelque sorte!

«Avec un peu plus d'assiduité, j'aurais réussi mes études»

GUIDO: Quel souvenir marquant gardes-tu de cette époque étudiante?
Martin Charlier
: Bon, dans ma vie d'homme, c'est quand même à Mons que j'ai baisé pour la première fois! Et ça, ça ne s'oublie pas! Comme ma première frite chez Bily. J'étais totalement amoureux de Bily! (ndlr: la friterie emblématique de Mons) J'ai fait quatre passages à On n'demande qu'à en rire chez Ruquier il y a quelques années. Je quittais donc Paris vers vingt heures et je m'arrêtais en chemin à Mons, pour passer chez Bily! Dès que c'est possible, je fais toujours un détour pour aller chez Bily.

GUIDO: As-tu certains regrets par rapport à tes études?
Martin Charlier
: Oui, forcément. De ne pas avoir été un petit plus assidu la première année. J'aurais alors réussi facilement. À chaque fois que j'ai doublé, il ne m'a jamais manqué grand-chose pour passer. En deuxième candi, j'ai été le premier refusé avec 64%. Un tout petit peu plus d'assiduité et ça aurait passé.

GUIDO: Tu cartonnes depuis trois ans dans Le Grand Cactus sur La Deux. Pourquoi cette émission plaît-elle autant?
Martin Charlier
: Ça a très bien pris parce que le public était en demande d'une émission d'humour en Belgique depuis longtemps. Même si on avait tous nos carrières solo avant l'émission, on est rapidement devenu une réelle bande de potes. Pas que les comédiens, toute l'équipe aussi. Le public le sent, et c'est ce qui explique le succès. C'est pourquoi je trouve personnellement qu'il ne faut rien changer à la recette ni à l'équipe, car chaque personne a vraiment son importance et personne ne tire la couverture sur lui. Ça fait trois ans que ça dure et il n'y a jamais eu l'ombre d'une chamaillerie.

GUIDO: Kiki l'Innoncent va-t-il faire quelques apparitions à la télé pendant la Coupe du Monde?
Martin Charlier
: On revient cette année avec Jérôme de Warzée, mais uniquement pour les matchs des Belges. Donc pour sept matchs! (sourire)

GUIDO: Avec Jean-Luc Fonck, vous avez de nouveau imaginé un hymne déjanté pour encourager les Diables Rouges!
Martin Charlier
: C'était très chouette de rassembler tous les copains pour réaliser ce clip. On voulait faire une grosse déconnade. Et le rythme haka de la chanson amène quelque chose de très original à la chanson.

GUIDO: Après  la défection de Damso, elle deviendra peut-être la chanson officielle des Diables!
Martin Charlier
: Qui sait! Je l'ai en tout cas envoyée à Axel Witsel pour qu'il la mette sur son mur! Il a quand même joué pendant des années au Zénith Saint-Pétersbourg. C'est 147 millions d'habitants, les Russes, il ne faut pas l'oublier! Sans parler de la Chine et de son milliard d'habitants!

Quelque piques sur ses collègues du Grand Cactus
On a proposé un petit jeu impitoyable à notre interviewé du jour: dire du mal de ses compères dans l'émission à succès de la RTBF. Et beau joueur, il a accepté de se livrer à l'exercice, non sans un trait d'humour, bien entendu! «Je vais faire comme à un entretien d'embauche et leur donner des défauts qui n'en sont pas!»

FREDDY TOUGAUX
«Il fait trop bien Pierre Richard, j'ai été jaloux de ça parce que c'est l'une de mes idoles et que je suis un sacré maladroit, comme lui. Quand quelqu'un a dû imiter Pierre Richard dans Le Grand Cactus, je pensais vraiment que ce serait moi qui allais le faire, mais comme Freddy a ça dans le sang, il m'a soufflé le rôle! Vu qu'il l'a fait à merveille, je ne peux pas lui en vouloir.»

JÉRÔME DE WARZÉE
«Lui déjà, son gros problème, c'est qu'il est chauve! Avec un tel crâne, il n'arrivera jamais à grand-chose dans la vie! J'aurais envie de lui dire de se lâcher un peu plus. J'aime bien quand il se lâche physiquement. J'ai déjà essayé de le faire sortir de ses gonds avec Kiki, je lui ai fait boire de la vodka par exemple, qu'il a immédiatement recrachée par le nez!»

ADRIEN DEVYVER
«Ben lui, il est BW! Que dire de plus? Et là, c'est clairement un défaut! (rires) Plus sérieusement, il est à la base de mon succès lors de la dernière Coupe du Monde. Le fait qu'il ait un rire si communicatif, c'est réellement dopant pour les humoristes.»

SARAH GROSJEAN
«Elle ne se fait pas assez confiance. C'est dommage parce que ça pourrait péter encore plus si c'était le cas. On lui dit tout le temps; c'est d'ailleurs celle qui a fait la plus belle montée sur trois ans dans l'émission.»

BÉNÉDICTE PHILIPPON
«Elle ne mange pas de viande du tout, et ça c'est un défaut! (rires) Dans le sketch sur le boucher, elle a failli tourner de l'œil!»

JAMES DEANO
«Il est trop bruxellois! Mais ça fait clairement partie de son personnage et je m'entends super bien avec lui.»

KODY
«Pas besoin de dire son défaut, tout le monde le voit! (rires

Photo: © Stéphane Laruelle (petite photo © Jacques Spitz)



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