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01/10/2018

VERONIQUE GALLO: Vie d'étudiante

Connue du grand public pour ses pastilles vidéo sur sa Vie de mère où elle décline les petits tracas d'une maman débordée de quatre enfants, Véronique Gallo a décidé de traverser l'écran pour débarquer sur scène avec un One Mother Show aussi délirant que piquant (toutes les dates de représentations sur www.veroniquegallo.com). L'occasion pour nous d'en savoir plus sur son parcours atypique. 


GUIDO: Après une année d'échange aux États-Unis, vous vous êtes inscrite en Romanes à l'ULg. Pourquoi des études littéraires?
Véronique Gallo
: Parce que j'avais fait du théâtre pendant toute mon adolescence, j'écrivais déjà beaucoup, j'étais passionnée de littérature. C'étaient - entre guillemets - les seules études dans lesquelles je me sentais bien. Ça me semblait correspondre à mon profil.

GUIDO: Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ces études?
Véronique Gallo
: Un regard un peu sévère, j'ai en effet été très déçue par mes études. D'abord parce que je m'étais imaginée faire beaucoup de littérature alors que les cours étaient focalisés davantage sur la linguistique, en tout cas en première et deuxième année. Je pense que l'Université de Liège a beaucoup évolué depuis mais à l'époque, c'était encore très élitiste. Je ne sais pas pourquoi mais l'ULg (ndlr: l'ancien nom de l'uLiège) pensait être au-dessus de tout le monde alors que ce n'était absolument pas le cas. Du coup, le rapport au corps professoral était très complexe. On ne pouvait pas réellement leur parler. Je pense avoir été dans la balance entre la vieille et la nouvelle époque, je pense que ce n'est plus du tout comme ça aujourd'hui.

GUIDO: Malgré ce petit regret, vos études se sont-elles déroulées sans encombres?
Véronique Gallo
: Ceci mis à part, j'ai vraiment adoré l'université. J'ai eu une première session en première candi (ndlr: la première Bac de l'époque), avec trois examens qui m'ont fait pleurer pendant deux semaines parce que j'étais persuadée que je n'allais pas réussir. Je n'ai jamais doublé, j'ai eu de la chance. Et je m'y suis bien plu au final, dans ces études.

«J'ai fait mon baptême à 20 ans, ce qui m'a valu le surnom de 'fossile'»

GUIDO: Comment dresseriez-vous le portrait de l'étudiante Véronique Gallo?
Véronique Gallo
: Une véritable catastrophe! (rires) À 18 ans, on ne se connaît pas encore! J'étais très scolaire, avec une espèce de pression sur les épaules, étant la première de ma famille à faire des études. Ce qui a donné deux premières années hyper studieuses. Je ne sortais pas, j'assistais à tous les cours, je n'étais pas vraiment dans le coup. J'avais un petit copain à l'époque, j'avais déjà une relation très sérieuse. Tout était très sérieux dans mon quotidien!

GUIDO: Et ça a continué jusqu'à la fin de vos études?
Véronique Gallo
: Pas vraiment. En fin de deuxième année, tout a complètement changé. Sans doute qu'il m'avait fallu du temps pour prendre mes marques…

GUIDO: Comment s'est matérialisé ce changement?
Véronique Gallo
: Alors que toutes mes copines avaient voulu absolument faire leur baptême en première année, je n'avais pas osé franchir le pas à ce moment-là. Par peur de rater, certainement. En plus, je ne kotais pas pendant ces années, je ne sortais donc pas beaucoup. J'ai ensuite décidé de faire mon baptême en première licence (ndlr: première Master)!

GUIDO: Mieux vaut tard que jamais!
Véronique Gallo
: J'ai d'ailleurs été surnommée 'fossile'. Forcément! (rires) Et j'ai adoré. Je me suis éclatée! Je pense que je n'aurais pas été prête à le faire à 18 ans parce que j'avais trop peur de ce qu'on risquait de vouloir me faire faire. Arrivée à 20 ans, j'ai pris cela au-dessus de la jambe, comme un jeu de rôle en quelque sorte. Et j'y ai rencontré des tas de gens formidables.

«Koter a été en quelque sorte l'ouverture à toutes les folies»

GUIDO: Vous avez donc koté à partir de votre troisième année d'études…
Véronique Gallo
: J'avais besoin d'indépendance… Et ce kot a été en quelque sorte l'ouverture à toutes les folies!

GUIDO: On veut des exemples, quel genre de folies?!
Véronique Gallo
: Je me souviens d'une Saint-Toré où on a terminé vers 17 heures sur la Place de XX Août. Un peu arrangés, donc. Et j'y rencontre un garçon. On s'embrasse directement - on était très directs à l'époque! Je ne sais pas comment, on trébuche et je me retrouve à califourchon sur lui, ce qui ne nous empêche pas de continuer à nous embrasser. Ensuite, ma mère vient me chercher pour me ramener chez moi. Elle savait que j'avais fait mon baptême mais j'avais vraiment minimisé le truc, genre «on boit une bière et pour se baptiser, on te renverse une bière sur la tête». Au moment où je rentre dans la voiture, assez paniquée, elle me dit: «je suis contente de te voir, que tout va bien, ça fait des heures que je tourne pour trouver une place pour me garer et j'ai vu de ces choses, notamment une jeune fille à califourchon sur un garçon Place du XX Août, est-ce que tu te rends compte de ça?».

GUIDO: Et elle n'a jamais su que cette fille, c'était vous?
Véronique Gallo
: Si, je lui ai dit, mais bien des années plus tard.

GUIDO: Cette nouvelle vie de guindailles a-t-elle pris le pas sur le sérieux de vos études?
Véronique Gallo
: J'avais en effet plus de mal à me lever pour aller au cours après avoir guindaillé la veille. Dieu merci, je n'avais aucun souci à étudier sur les notes des autres. C'est une chance, c'est pratique. J'ai ainsi pu louper beaucoup de cours du matin à partir de la première licence, avec une espèce de je-m'en-foutisme assumé. Par contre, j'ai des souvenirs de blocus bien remplis, pour rattraper ce que je n'avais pas fait pendant l'année.

GUIDO: Vous aviez déjà la fibre comique à l'époque?
Véronique Gallo
: Pas du tout! Je pense avoir été en sommeil pendant un certain temps. Je l'ai eue en secondaire et puis bizarrement, une fois que j'ai commencé mes études universitaires, c'était tellement branché littérature et intellectuel que je me suis davantage consacrée à l'écriture. L'humour est arrivé après.

«Je souhaite à mon fils de faire les mêmes bêtises que moi à l'université»

GUIDO: On vous connaît en tant que mère, mais si vous deviez changer de perspective, quel genre de fille étiez-vous à 18 ans?
Véronique Gallo
: Une fille assez policée qui veut toujours bien faire, j'étais un peu celle de la famille qui fait tout bien. Je ne voulais pas causer de problèmes à mes parents. Mais cela ne m'empêchait pas d'être hyper autonome et indépendante. Je pense donc que j'ai dû être un peu chiante: tant qu'on me laissait faire tout ce que je voulais, tout allait bien mais si on m'empêchait un peu, je ruais dans les brancards. Il a fallu que j'attende mes trente ans pour m'affirmer et presque me rebeller contre des choses acquises jusque-là.

GUIDO: Et vos enfants, ils réagissent comment à vos pastilles? Ils se reconnaissent parfois dans vos sketchs?
Véronique Gallo
: Même si je fais très attention à ne pas raconter leur vie à eux, un de mes fils s'est une fois reconnu dans l'une de mes vidéos. À propos de difficultés avec la conjugaison, en l'occurrence. Ce à quoi je lui ai répondu: «montre-moi un enfant de deuxième primaire qui n'a pas de problème avec la conjugaison»! Maintenant, ils sont plus grands, ils savent bien que ce n'est pas du tout inspiré de leur quotidien. Par contre, ils savent que c'est basé sur mon ressenti à moi. Et je leur en parle aussi très librement, je ne suis pas le genre de maman qui dit que tout va bien et qui pleure ensuite en cachette dans les toilettes.

GUIDO: Vous avez un fils en rhéto actuellement. Êtes-vous prête à ce qu'il fasse les mêmes bêtises que vous l'année prochaine à l'université?
Véronique Gallo
: Oh oui! Et je lui souhaite, même! Parce que ça fait partie de l'apprentissage de la vie. Même si je suis par moments une maman-poule, je me rends compte aussi que l'on est le résultat de différentes expériences, qu'elles soient positives ou négatives. C'est ce que je dis toujours aux ados: ce qui vous fait pleurer aujourd'hui sera une force à l'avenir. Parce que vous en aurez fait quelque chose de positif. Je suis convaincue qu'on peut transformer tout ce qu'on vit en quelque chose de beau.

GUIDO: Après les capsules sur Internet et le one-woman-show, pensez-vous aussi à une adaptation du concept de Vie de mère au cinéma?
Véronique Gallo
: Ce serait tout-à-fait possible, je pense qu'on y viendra à un moment donné. Mais alors, sous un autre format. C'est ça que j'aime, d'en faire quelque chose de neuf, comme les capsules qui n'ont pas été transposées pour la scène. J'ai réécrit des choses qui se prêtent mieux à la scène. Et ce sera certainement la même chose au cinéma…

Photo: (c) Arié Elmaleh


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