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15/10/2018

Victor Polster ("Girl"): «À la lecture du script, j'ai vite compris que quelque chose de spécial était en train de se passer»

Il est éblouissant dans le rôle de Lara, une fille emprisonnée dans un corps de garçon, dans Girl, le film belge qui a fait sensation à Cannes en mai dernier et sur nos écrans depuis le 17 octobre dernier. Étudiant à l'École Royale de ballet d'Anvers, Victor Polster n'a que 16 ans et pourtant déjà un prix d'interprétation en poche. Et, croyez-nous sur parole, la belle histoire de ce film utile et touchant sur la transidentité risque encore de faire parler de lui dans les semaines qui viennent…


GUIDO: Un prix d'interprétation, des critiques dithyrambiques et de nombreuses interviews… Tu as vécu un véritable rêve au dernier Festival de Cannes. T'attendais-tu personnellement à un tel engouement autour de ce film?
Victor Polster
: Honnêtement, non. Parce que je ne connaissais pas grand-chose au cinéma, je ne pouvais donc pas avoir un avis et savoir si ce film allait fonctionner ou pas. Je ne m'attendais pas à un tel succès, à Cannes ou même après. C'était un moment très fort et surprenant, aussi.

GUIDO: Pour le grand public, Cannes, ce sont les paillettes, les fêtes et les stars… Mais, de l'intérieur, comment on vit un tel festival?
Victor Polster
: Même si j'avais un planning très chargé, j'ai pu en profiter en tant qu'acteur. Parce que c'était la première fois et que c'était tout nouveau pour moi, c'était assez excitant. Mais je pense que c'était plus stressant pour Lukas (ndlr: Dhont, le réalisateur du film) parce que c'est un projet qu'il portait en lui depuis de nombreuses années.

GUIDO: Tu n'étais pas à Cannes pour recevoir ton prix. Te souviens-tu encore de l'endroit où tu étais quand tu as appris la nouvelle?
Victor Polster
: C'était à l'école, juste après un cours de danse. J'étais très surpris, c'était quelque chose de très inattendu pour moi, d'assez irréaliste quand je voyais les autres acteurs en compétition. Des acteurs incroyables que je regarde avec beaucoup d'admiration. Je me disais que c'était impossible d'avoir fait un travail qui soit mieux que ces gens-là. Il m'a fallu un petit moment avant de m'en rendre compte.

GUIDO: Tu as beaucoup hésité avant d'accepter le rôle de Lara?
Victor Polster
: J'en ai évidemment parlé avec mes parents, notamment parce que le tournage avait lieu pendant mes heures de cours à l'école. Il a donc fallu voir avec l'école si c'était possible avant de prendre une décision. Il y avait quand même un petit doute, comme dans tous les projets qu'on entreprend. Mais finalement, pas tant que ça. En lisant le script, on a directement remarqué qu'il avait quelque chose de spécial et que quelque chose d'important était en train de se passer au niveau des émotions.

GUIDO: Comment t'es-tu préparé au rôle de Lara?
Victor Polster
: Je me suis beaucoup préparé au rôle sur le plan physique, notamment avec des essais d'extensions capillaires ou de maquillage. J'ai aussi suivi des cours avec une logopède, pour travailler ma voix, qu'elle soit plus féminine. J'ai aussi beaucoup échangé avec des personnes transgenres qui m'ont raconté leurs histoires. Sur le plan de la danse, j'ai également eu des cours de pointes pour m'entraîner à danser en tant que fille. Toutes ces choses m'ont permis de devenir plus féminin pendant la période de tournage.

GUIDO: On ne pourrait que conseiller aux vieux réacs de voir ce film pour enfin changer d'avis sur la transidentité!
Victor Polster
: Je pense que Girl va toucher les spectateurs et peut-être leur apprendre quelque chose. C'est ce genre de film qui peut expliquer les choses et faire comprendre que c'est quelque chose de très compliqué.

GUIDO: Girl est ton premier film en tant qu'acteur, on suppose donc que Lukas Dhont t'a beaucoup accompagné pendant le tournage?
Victor Polster
: Sur le tournage, Lukas ne m'a pas donné de conseils spécifiques, et c'était voulu de sa part. Il savait très bien ce que je devais faire pour atteindre certaines émotions plus fortes. Il savait donc comment agir dans ces cas-là parce qu'il me connaissait très bien. Tout se passait dans sa tête.

«Ça fait du bien parfois de penser à autre chose qu'à la danse»

GUIDO: Revenons à tes études: quelle est la journée-type d'un élève de l'École Royale de ballet d'Anvers?
Victor Polster
: La journée commence à huit heures avec les cours 'normaux' (maths, anglais, français, …). Après la pause, jusqu'à six heures du soir, on a des cours de danse.

GUIDO: Des études en danse impliquent une certaine discipline…
Victor Polster
: C'est un choix important et on sait, quand on le fait, la discipline que cela implique.

GUIDO: Malgré le travail engagé, est-il possible pour toi de vivre une vie d'étudiant 'normale'?
Victor Polster
: Oui, quand même. Le week-end surtout, je vois d'autres gens, ce qui fait du bien, parce que je vois toujours les mêmes personnes pendant la semaine, 24 heures sur 24, étant donné qu'on dort à plusieurs dans un internat. Ça fait du bien aussi, de penser à autre chose qu'à la danse.

GUIDO: Comment ont réagi les autres étudiants au triomphe cannois?
Victor Polster
: Tout le monde a été très étonné. Ils ne s'attendaient pas à autant de bruit autour du film, tout comme l'école et la direction. Les élèves étaient très contents et très émus à l'annonce des prix.

«Je profite le plus possible de ce qui se passe actuellement»

GUIDO: Toute cette médiatisation autour du film est-elle facile à vivre? N'as-tu pas envie parfois de vivre la vie d'un étudiant lambda?
Victor Polster
: Non, pas vraiment parce que je sais que la vie d'étudiant, je l'aurai juste après. Parce qu'un film, ça passe au bout d'un moment. Je profite plutôt le plus possible de ce qui se passe actuellement.

GUIDO: Le 17 octobre, le grand public découvrira le film, tu vas vivre cette sortie nationale avec appréhension?
Victor Polster
: C'est quand même assez stressant de savoir si le public va aimer le film ou pas. C'est aussi très chouette de voir ce que le film va procurer comme émotions chez les spectateurs.

GUIDO: On a récemment appris la présélection de Girl pour représenter la Belgique à l'Oscar du Meilleur Film Étranger. Hollywood, ça te fait rêver?
Victor Polster
: Oui, quand même. Ce serait incroyable d'être en lice aux Oscars, quelque chose de presque irréel. Ça fait bien entendu rêver.

GUIDO: Même si tu te concentres actuellement sur la danse, aurais-tu envie de réitérer l'expérience du cinéma?
Victor Polster
: J'ai envie de continuer dans le cinéma. Après, je suis toujours en train de réfléchir à la façon de procéder, parce que c'est très compliqué avec la danse qui prend beaucoup de mon temps.

Photos: (c) Kris Dewitte

Victor vu par son réalisateur

Victor Polster avait 15 ans lors du tournage du film. Le réalisateur du film Lukas Dhont n'a-t-il jamais envisagé d'engager un acteur majeur qui paraissait plus jeune pour ce rôle délicat?

En mettant à l'écran quelqu'un de 15 ans, encore en pleine puberté, Lukas Dhont a saisi la grande responsabilité qui lui incombait. «En plus, c'était aussi mon rôle de le protéger, c'est pour cela aussi que Victor Polster est un pseudonyme. Il était assez vulnérable, mais nous en étions très conscients durant le processus de création et je pense que nous avons bien géré tous ces paramètres. Victor s'est toujours senti à l'aise et savait très bien ce qui serait montré à l'écran et ce qui ne le serait pas. Pour un garçon de 15 ans, il avait une maturité énorme et un sens acéré de la discipline.»

Pour jouer le rôle de Lara, le réalisateur aurait aussi pu naturellement choisir une actrice féminine. D'ailleurs, le casting n'était pas genré, ils ont aussi bien auditionné des garçons, des filles ou des filles transgenres. «La difficulté de ces castings était de trouver quelqu'un qui réunissait ces trois qualités: savoir jouer, savoir danser à haut niveau et pouvoir représenter l'identité transgenre d'une manière complexe.» Trouver une telle perle a été la principale source de stress lors de la préparation du film: «Pendant l'écriture, nous avons souvent pensé: ce rôle est trop difficile pour trouver un acteur à la hauteur. C'est pour cette raison que nous avons commencé les castings un an avant le tournage et nous avons continué à croire que c'était possible. Et on a réussi. Apparemment, rien n'est impossible!»  


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