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10/12/2018

Le quidditch au pays des Moldus

Depuis le succès de la saga Harry Potter, le quidditch (ce sport virtuel inventé par l'auteure J.K. Rowling) a été adapté dans le monde des Moldus. Si, à la base, le sorcier à lunettes virevoltait dans les airs avec ses coéquipiers sur un balai à l'assaut du Vif d'Or, le sport qui en a découlé est nettement plus terre à terre même s'il garde les mêmes règles que dans l'univers magique de l'écrivain britannique (le balai volant a juste été remplacé par un simple bâton alors que le Vif d'Or est simplement 'scratché' au postérieur de l'arbitre). Désormais, plusieurs équipes belges continuent de s'opposer tous les mois dans des compétitions de quidditch, dont Tanghi, étudiant en kinésithérapie et membre du Brussels Quidditch Club.


GUIDO: Comment as-tu fait la connaissance du quidditch?
Tanghi
: J'en ai entendu parler via une vidéo postée par un ami sur Facebook. Mais j'étais alors plutôt dans la moquerie complète parce que c'était une vidéo des premières années du sport, avec des gens pas forcément athlétiques qui en donnaient une image plutôt délirante. Mon seul commentaire à cette vidéo a d'ailleurs été «Drogue»! Mon premier réflexe a été de me dire «Mais c'est quoi ces malades qui courent en rond sur un balai?». Je trouvais ça marrant et intéressant, mais je ne m'étais jamais imaginé en faire un jour. Ensuite, quelque semaines plus tard, par le plus grand des hasards, j'apprends qu'une amie est très intéressée de créer une équipe sur Bruxelles. Si je l'ai d'abord envoyée balader, elle a ensuite réussi à me convaincre de tenter l'aventure.

GUIDO: Es-tu toi-même un fan de l'univers de Harry Potter?
Tanghi
: J'ai lu tous les livres quand j'étais ado, mais je n'ai pas vu tous les films de la saga. Même si j'ai bien conscience de son impact sur mon développement, je ne me considère pas comme un fan absolu de Harry Potter, que du contraire.

«Si on passe à côté d'un terrain et qu'on voit des personnes qui courent sur des balais, on ne peut s'empêcher de trouver ça ridicule»

GUIDO: Aux étudiants extérieurs à ce sport qui te railleraient pour l'aspect geekesque du quidditch, qu'aurais-tu envie de répondre?
Tanghi
: Je leur dirais de venir essayer. Quand j'ai commencé le quidditch il y a cinq ans, il n'y avait que deux équipes, Anvers et nous. Le sport étant récent, on avait quand même cette image un peu décalée. Désormais, le sport s'étant fort développé, il est possible de trouver sur YouTube des vidéos de matchs de qualité professionnelle et intense. Si on passe à côté d'un terrain sans savoir et qu'on voit des personnes qui courent sur des balais, on ne peut s'empêcher de trouver ça ridicule. Oui, c'est ridicule, j'en conviens et ça ne cessera jamais de l'être. Mais ça vaut la peine d'essayer quand même. Parce que c'est un vrai sport, très physique. On peut continuer à trouver ça ridicule, mais on a moins tendance à se moquer quand on a essayé! (sourire)

GUIDO: Existe-t-il une fédération, un championnat de quidditch en Belgique?
Tanghi
: Ce n'est pas encore reconnu officiellement comme un sport en Belgique. On n'a donc aucun subside des communautés. La Belgian Quidditch Federation gère la ligue (ndlr: le championnat entre huit équipes belges, avec environ une rencontre par mois), les tournois nationaux et internationaux.

GUIDO: Récemment, l'équipe nationale belge de quidditch a réussi à se hisser en finale de la Coupe du Monde. On se défend donc pas mal sur la scène internationale?
Tanghi
: On est très, très bons en Belgique. Je ne sais pas quelle en est la cause, mais la Belgique s'est créé une sacrée renommée sur le plan international. Surtout grâce au club anversois qui pousse le sport sur le plan compétitif.

GUIDO: Quelle est la moyenne d'âge des accros au quidditch?
Tanghi
: C'est très large, ça va de 16 ans jusqu'à 35/40 ans en Belgique. Le sport n'est pas encore assez développé pour avoir des divisions ou des séparations d'âges. La première équipe de jeunes vient d'être créée à Liège, avec des membres entre 9 et 15 ans si je ne me trompe pas (ndlr: le sport est alors renommé pour devenir le kidditch!).

«Le quidditch est un sport obligatoirement mixte en termes de genres»

GUIDO: Le quidditch est un des rares sports à prôner la mixité…
Tanghi
: En effet, le quidditch est un sport obligatoirement mixte. Ce n'est pas juste pour faire joli, il faut que l'équipe soit mixte, c'est-à-dire que sur les sept joueurs en action, on doit en compter maximum quatre du même genre sur le terrain. Et j'insiste sur le terme 'genre' parce que l'un des aspects progressistes de ce sport est qu'il est inclusif au niveau du genre. Cela signifie qu'on accepte les personnes dont l'identité de genre n'est pas forcément binaire homme/femme. C'est-à-dire qu'on accueille également des personnes trans ou non-binaires. Le genre considéré est celui par lequel la personne se définit. Le quidditch est ainsi un des rares sports, le seul à ma connaissance, à envisager les choses sous cet angle. C'est bien pour des personnes qui ne trouvent pas toujours leur place dans les autres sports 'traditionnels'. Ils peuvent donc être reconnus pour ce qu'ils sont.

GUIDO: Le quidditch est-il facilement conciliable avec des études?
Tanghi
: C'est totalement conciliable, tout est une question d'investissement en quelque sorte. Comme n'importe quel autre sport. En plus, il a été prouvé qu'avoir une activité physique en-dehors de ses études permettait de relâcher la pression, de bouger ou de se maintenir en bonne santé physique et mentale.

GUIDO: Comment convaincrais-tu nos lecteurs à s'inscrire dans un club de quidditch?
Tanghi
: C'est un sport qui est physique mais aussi inclusif, comme je l'expliquais tout à l'heure. Le fait qu'il y ait plusieurs postes, plusieurs manières différentes de jouer permet à tout le monde de s'y retrouver. Tout le monde peut servir à quelque chose au quidditch. Celui qui serait rebuté par l'aspect physique du sport ne doit pas être découragé parce qu'il y a vraiment moyen de trouver sa place sur un terrain, de se développer et de prendre du plaisir à bouger. D'un autre côté, aux gens plus physiques qui trouveraient ce sport ridicule, j'ai envie de leur dire de venir essayer pour se rendre compte du très haut niveau de jeu de ce sport. Il y a plein de possibilités avec le nombre de balles différentes sur le terrain, des stratégies à développer. Et aussi sur le plan international, le quidditch permet de rencontrer des tas de nationalités différentes, et même d'améliorer ton anglais!

Photo: Quidpic.be


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