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29/04/2019

Manon Lepomme: «Mon baptême m'a apporté beaucoup de choses sur le plan professionnel»

Élu Meilleur Spectacle d'Humour au Festival d'Avignon en 2018, Non, je n'irai pas chez le psy a littéralement propulsé Manon Lepomme sur le devant de la scène. Forte de ce succès, l'humoriste belge enchaîne les dates devant un public conquis. Profitant d'une pause dans ses représentations, nous avons eu envie de savoir comment Manon Lepomme avait vécu ses études en sciences politiques.


GUIDO: Vous avez étudié les sciences politiques à Liège. Au vu de votre parcours actuel, un choix assez surprenant!

Manon Lepomme: Au départ, je voulais suivre des cours en arts de la parole, mais mes parents voulaient que je fasse des "vraies" études. J'ai hésité entre les langues germaniques, les langues modernes, HEC, le droit et les sciences politiques. Et il se fait qu'un Quinze Août, je croise un étudiant en sciences po qui m'en fait tellement la pub qu'il finit par me convaincre. J'ai donc choisi les sciences politiques, mais toujours en me disant que je ferais du théâtre sur le côté. Le deal, c'était de faire mes cinq ans d'études et puis basta, mes parents me foutaient la paix!

GUIDO: Malgré l'absence de vocation pour cette matière, ces études vous ont-elles comblée?

Manon Lepomme: Étonnamment, j'ai adoré. Je n'ai jamais regretté d'avoir choisi ces études-là. Par contre, ce que j'ai regretté, c'est le peu de cours de langues proposés.

GUIDO: Vous avez aussi beaucoup bourlingué pendant cette période?

Manon Lepomme: En effet, j'ai fait mon Erasmus à Dublin pendant six mois. J'y ai notamment suivi un cours hyper intéressant sur la politique au Moyen-Orient. J'ai aussi fait un autre séjour Erasmus à Gand, une ville que j'ai vraiment adorée. En deuxième Master, j'ai fait un stage de trois mois et demi au Chili. J'ai donc bien profité de la mobilité étudiante! Je ne regrette donc absolument pas d'avoir choisi ces études qui m'ont permis ces voyages et de pratiquer les trois langues (anglais-néerlandais-espagnol) que je voulais approfondir. Donc, vraiment zéro regret.

GUIDO: Ces études vous servent-elles dans votre vie de tous les jours?

Manon Lepomme: Encore aujourd'hui, il m'arrive de côtoyer des experts en droit lors de mes chroniques sur La Première (ndlr: Manon Lepomme fait partie de la longue liste des chroniqueurs du Café Serré dans la matinale de la radio). Clairement, ça a un impact. Ça m'a permis d'avoir un certain regard sur l'actualité, un certain esprit critique. Beaucoup de mes amis sont des gens qui ont fait les mêmes études, ils peuvent donc souvent me donner des idées pour ma chronique. Mes études me servent pour cela, mais aussi pour la gestion de ma carrière. Le fait de ne pas avoir fait des études artistiques m'a permis de garder les pieds sur terre et d'être consciente de pas mal de réalités. Ça, c'est évident.

GUIDO: Elle était comment, la Manon Lepomme étudiante?

Manon Lepomme: J'étais une grosse fêtarde, une bonne guindailleuse. J'ai d'ailleurs fait mon baptême, en faculté de droit.

GUIDO: Que retenez-vous de cette expérience de baptême étudiant?

Manon Lepomme: Je retiens beaucoup de fous rires, beaucoup d'excellentes soirées, beaucoup de délires, beaucoup de déguisements. On m'a forcément déguisée en pomme! Selon moi, le piège est de rester toujours dans le même cercle d'amis de baptême. À un moment donné, c'est bien aussi d'en sortir. J'avais beaucoup d'amis en-dehors du baptême, ce qui me semble important pour ne pas rester toujours uniquement dans le même milieu. Maintenant, je suis toujours choquée de voir le traitement souvent négatif des baptêmes par les médias. Cela m'attriste un peu parce que le baptême, outre la partie 'boire beaucoup d'alcool', c'est aussi le folklore qui m'a permis d'apprendre de nombreuses choses sur ma ville. C'est aussi une ambiance un peu scout qui m'a permis de me créer un réseau professionnel incroyable. Le baptême m'a apporté beaucoup de choses sur le plan professionnel, c'est indéniable.

«Je fais partie des dinosaures qui ont connu L'À-Fond Liégeois»

GUIDO: Vous étiez déjà la petite comique pendant les cours?

Manon Lepomme: Au cours, je ne me faisais pas vraiment remarquer. Quoique… Parce que je posais beaucoup de questions! J'avais un côté un peu… (réfléchit) Pas lèche-bottes, mais la bonne élève qui n'arrête jamais de poser des questions. J'étais consciencieuse mais je n'étais pas très assidue aux cours. Au cours des profs qui lisaient leur syllabus, je n'y allais plus, j'essayais de faire ma popote moi-même pour me mettre à jour.

GUIDO: Vu que vous êtes originaire de Liège, vous n'avez pas koté au cours de ces années?

Manon Lepomme: Je n'étais pas en kot parce que mes parents habitaient à douze minutes de l'unif. La première année, mes parents n'étaient pas très cools sur ma vie étudiante, même s'ils m'ont laissé faire mon baptême. Ensuite, quand ils ont vu que je réussissais sans problème, ils m'ont fait davantage confiance. Mais j'ai quand même vécu en 'kot' lors de mes multiples voyages à l'étranger. Je n'ai donc pas spécialement de regret par rapport à cela même si la vie en kot me faisait forcément rêver.

GUIDO: Quels étaient vos lieux de prédilection en Cité Ardente?

Manon Lepomme: Je fais partie des dinosaures qui ont connu L'À-Fond Liégeois sur le Boulevard de la Sauvenière. Je me suis d'ailleurs rendu compte que ça faisait douze ans que j'avais fait mon baptême, et ça, ça m'a tuée! Sinon, on était souvent fourrés à La Cour Saint-Jean, L'escalier ou au Far-West qui faisait des cocktails déments pour pas très cher, parfait pour les étudiants! Encore aujourd'hui, Liège reste ma ville de cœur, j'aime beaucoup partir, mais j'aime toujours revenir.

GUIDO: Aucun regret sur cette partie de votre vie?

Manon Lepomme: Je n'ai pas vraiment de regret parce que j'ai pu faire la fête à fond, mon baptême, trois séjours en-dehors de l'unif, et malgré tout ça, je n'ai jamais eu de seconde sess', ce qui m'a à chaque fois permis de profiter à fond de mes vacances d'été.

GUIDO: Vous pensiez déjà au one-woman-show à l'époque?

Manon Lepomme: C'est venu plus tard. À ce moment-là, j'étais encore à l'Académie, on avait donc monté une pièce de la Comedia dell'arte avec d'autres élèves. Je voulais d'abord finir mes études avant d'envisager un spectacle seule en scène. Le one-woman-show était alors un doux rêve que je ne pensais pas forcément réalisable. Quand j'ai fini mes études, ma prof de déclamation m'a proposé de faire un spectacle (ndlr: le spectacle précédent intitulé Je vous fais un dessin?) et c'est comme ça que tout a démarré.

«Debout sur une chaise devant 300 gamins et mes collègues en train de se retenir de rire»

GUIDO: Pourtant, entre les études et votre carrière d'humoriste, vous avez passé trois années dans l'enseignement…

Manon Lepomme: Eh oui, prof d'anglais-néerlandais! (rires) C'est là la magie de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui doit faire face à une sévère pénurie de profs de langues! Après une année dans le privé, je me suis tournée vers l'enseignement. J'ai réellement adoré être prof. Trois ans, c'était bien, pas dix, c'est à devenir cinglé! Ça m'a beaucoup inspiré, j'en parle d'ailleurs dans mon spectacle.

GUIDO: Justement, vous pensiez déjà au sketch possible quand vous donniez cours à ces jeunes?

Manon Lepomme: Non, pas du tout. Par contre, un jour, alors qu'on était en voyage scolaire avec d'autres collègues, c'est moi qui devais donner les consignes aux élèves. Je m'en souviens encore: j'étais debout sur une chaise devant un réfectoire de 300 gamins. Et là, je vois mes collègues en train de se retenir de rire, je me dis «Qu'est-ce qui se passe?». Et ils me répondent tous en chœur: «Mais c'est un sketch, ce que tu viens de nous faire!». Et c'est de là qu'est parti le sketch qui se trouve aujourd'hui dans mon spectacle.

GUIDO: C'est à Avignon que votre carrière a réellement décollé?

Manon Lepomme: Ça a été le coup d'accélérateur. Le Festival d'Avignon, c'est quelque chose de très impressionnant, avec 1300 spectacles tous les jours. Il faut se démarquer. Pour mon premier Avignon, j'avais fait un crowdfunding pour récolter les 15.000 euros à investir, une somme que je n'avais pas, évidemment. Ce qui m'a vraiment aidé parce qu'Avignon est une vitrine pour les professionnels. Ça m'a permis de tourner dans plein de cafés-théâtres en France avant de faire de plus grandes salles en France aujourd'hui grâce au nouveau spectacle que j'ai également présenté à Avignon.

GUIDO: Vous compare-t-on souvent avec d'autres humoristes belges comme Virginie Hocq ou Véronique Gallo?

Manon Lepomme: On me dit souvent que j'ai le même genre d'énergie que Virginie Hocq, un véritable compliment parce que c'est une comédienne de grand talent. Elle m'impressionne très fort corporellement dans son jeu. On me dit aussi parfois que j'ai la même voix que Véronique Gallo. Ce genre de comparaisons fait toujours plaisir. Moi, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde, il n'y a aucune rivalité malsaine entre nous.

GUIDO: Aux étudiants qui vous découvrent grâce à cet article, comment les convaincriez-vous de venir voir votre spectacle?

Manon Lepomme: J'ai un super bon argument, c'est qu'on fait des prix pour les étudiants! C'est très important pour moi. Aller voir des spectacles quand on est étudiant entraîne un certain coût. Pour le Théâtre Royal de Namur par exemple, on propose un tarif étudiant de 8 euros (ndlr: avec le code 'student').

Plus d'infos sur www.manon-lepomme.be


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