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17/06/2019

Les années d'études de TYPH BARROW: «Le plus rock'n'roll, c'étaient les examens!»

Impossible d'écouter une chanson de Typh Barrow sans tomber amoureux de sa voix. Et depuis son arrivée dans The Voice Belgique, la chanteuse n'en finit plus de faire chavirer le public. Alors que son expérience de coach a pris fin en avril dernier, Typh Barrow se confie sur son parcours étudiant.


GUIDO: Tu as étudié au Conservatoire tout en suivant des études de droit, c'était un souhait de tes parents de ne pas te focaliser uniquement sur l'artistique?

Typh Barrow: Tu as un peu mis le doigt dessus, en effet. En sortant des humanités, j'avais envie de faire de la musique. Je me souviendrai toute ma vie de l'examen du Conservatoire! Ma maman m'y a déposée de manière inquiète et protectrice et au moment de quitter la voiture, elle me dit: «Dis, Typh, t'as un plan B?». (sourire) Je ne pense pas que c'était une façon de me mettre la pression, elle était juste inquiète pour moi. Pour rassurer mes parents - un peu comme un contrat implicite -, j'ai donc décidé de suivre des études de droit en même temps que le Conservatoire. Quelque part, ça rassurait un peu tout le monde, moi y compris.

Des blocus militaires

GUIDO: Tu n'as pas souffert de burn-out estudiantin en suivant ces deux cursus en parallèle?!

Typh Barrow: J'avais mon petit sac à dos et je courais entre les deux unifs - Saint-Louis n'était pas très éloignée du Conservatoire. J'ai eu la chance d'avoir de super potes en droit qui me filaient toutes les notes. Je ne devrais pas dire ça au risque de me faire tuer par mes profs, mais dans les études de droit, si tu as des gens qui te filent de bonnes notes et les syllabi, tu peux t'en sortir aux examens.

GUIDO: Justement, tes sessions d'examens devaient être interminables!

Typh Barrow: En effet, le plus rock'n'roll, c'étaient les examens. Je me retrouvais avec des sessions de 25 examens. C'était le bordel! Mais, autant ils n'étaient pas flexibles du côté du Conservatoire, autant le secrétariat de droit prenait la peine à chaque fois de s'arranger avec mon horaire du Conservatoire pour m'aménager mon horaire d'examens.

GUIDO: Et toujours avec la même réussite, tu peux partager ton secret avec les autres étudiants?

Typh Barrow: Plus tu as de trucs à faire, moins tu peux procrastiner. Du coup, si tu ne fais pas les choses immédiatement, tu ne les fais jamais. En fait, je n'ai jamais été aussi efficace que quand j'avais trop de trucs à faire. J'étais évidemment obligée d'être organisée et d'avoir des blocus militaires. D'un côté, j'aimais bien ça parce que ça me donnait une certaine structure. Je n'ai jamais eu une vie aussi saine et calibrée qu'à ce moment-là.

GUIDO: On a presque l'impression que tu appréciais ces périodes de blocus!

Typh Barrow: Une chose à laquelle l'étudiant normal aspire, c'est d'avoir terminé son blocus. Moi aussi, évidemment. Cependant, ta vie est tellement réglée comme du papier à musique à ce moment-là que quand tu sors de là - même si tu t'imagines faire un milliard de trucs après tes exams -, tu te sens vide. J'étais perdue à ce moment-là; je n'avais plus de réveil, j'étais paumée en quelque sorte. Je vivais une sorte de petite déprime post-blocus. Il m'arrivait encore quelques jours après de me réveiller à six heures du mat', en mode étude.

Une étudiante imposture

GUIDO: Tu étais quel genre d'étudiante?

Typh Barrow: Je me sentais un peu comme une étudiante 'imposture'. Parce qu'il m'arrivait d'arriver de parler d'un truc avec passion pendant mes examens oraux de droit, comme si j'avais envie d'en faire ma vie, alors que ce n'était pas du tout mon intention. Au Conservatoire, j'avais opté pour la section jazz, je me suis donc retrouvée au milieu de jazzmen au talent fou, moi la petite meuf qui venait de la pop et du blues. Je réussissais très bien alors que je ne me sentais pas légitime des deux côtés.

GUIDO: Et la fête dans tout ça?

Typh Barrow: J'arrivais bien à survivre au blocus tout en ayant une chouette vie étudiante à côté. C'est aussi ça l'unif, ce sont les connaissances, les rencontres, c'est là que je me suis fait mes meilleurs amis. Mais bon, j'étais plutôt du genre à mettre mes plus belles pompes pour sortir plutôt que mon jean le plus dégueu et mes grosses baskets. Je n'étais pas très comitarde, tu vois. Mais quand je suis passée à l'UCL, j'aimais vraiment aller dans les soirées des kots-à-projets ou les fêtes de kot entre potes. J'étais moins souvent dans les cercles même si je l'ai fait aussi. Je n'étais pas non plus la grosse fêtarde, je prenais les choses assez au sérieux. Mais je ne regrette rien, ces années d'études furent mes plus belles années. C'était exaltant, super enrichissant, je ne me suis jamais ennuyée, c'est passé tellement vite.

GUIDO: La musique était évidemment déjà présente dans ta vie à ce moment-là,

Typh Barrow: Depuis que j'ai commencé à me produire dans les piano bars, je n'ai jamais vraiment arrêté de jouer et de composer. Mais je me cherchais beaucoup. C'est au Conservatoire que j'ai rencontré les musiciens avec qui j'ai pu construire mon projet. J'ai quand même mis pas mal de temps à me trouver, à construire les choses. C'est donc venu plus concrètement après mes études. On faisait évidemment des petits concerts par-ci par-là…

GUIDO: Mais dans ton esprit à ce moment-là, il y a déjà des rêves de carrière de chanteuse?

Typh Barrow: Il y avait déjà une énorme envie, c'était assez dessiné dans ma tête. Mais après, il faut le chemin pour y arriver. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que j'avais exactement envie de faire, à m'entourer d'une équipe en qui j'avais confiance et avec laquelle il y avait cette espèce d'ébullition artistique. J'ai besoin d'être entourée de gens avec qui il y a une alchimie. Tout ça a pris beaucoup de temps.

Une cicatrice sur les cordes vocales

GUIDO: Ta culture musicale a-t-elle pris forme avec les vinyls de ton papa?

Typh Barrow: À la maison, c'est surtout la musique de mon papa qu'on écoutait. Le jazz, le blues, la soul, le rock aussi. Très peu de chansons françaises, mon papa étant polonais.

GUIDO: Parlons maintenant de cette voix si caractéristique, tu t'es rendu compte de son pouvoir à quel moment?

Typh Barrow: Je n'aimais pas du tout ma voix, et c'est encore parfois difficile de m'écouter actuellement. Quand je chantais, ça me procurait des vibrations qui me faisaient du bien, la musique était un exutoire, quelque chose d'un peu thérapeutique. Pourtant, mon père entrait dans ma chambre en me disant d'arrêter de miauler, mes profs de solfège disaient à mes parents que je n'avais pas une voix normale, comme les autres petites filles. Au téléphone, il arrivait même que mon père me confonde avec mon frère! La première fois que j'ai entendu ma voix (sur un petit radiocassette), j'ai pleuré tellement j'ai trouvé cela horrible.

GUIDO: Cette voix a aussi une autre histoire plus douloureuse…

Typh Barrow: Un jour, alors que je rentre d'un long voyage à Madagascar en backpack, avec mon immunité au plus bas à cause d'un truc que j'avais chopé là-bas, je me retrouve sur scène et là, ma voix me dit «Stop». C'est à ce moment que les docteurs m'ont appris l'existence d'un kyste sur mes cordes vocales que j'ai depuis toute petite et me disent qu'il faut opérer. Moi évidemment, je ne veux pas toucher à cette cicatrice sur mes cordes vocales et je choisis alors le plan B: me taire pendant un mois. Et là, ça a été le silence total. Et ce fut la période la plus apaisante de toute ma vie. Ça m'a permis de découvrir plein de choses, d'être davantage dans l'observation. J'allais au restaurant avec des potes en étant la seule à ne pas pouvoir parler! En sortant de cette période, j'ai dû apprendre à réapprivoiser ma voix. Rien n'arrive par hasard. À un moment, cette voix est venue me dire «Maintenant, tu m'acceptes».

GUIDO: Tu dois forcément en prendre soin maintenant, de cette voix?

Typh Barrow: Ça implique plein de choses au niveau de l'hygiène, d'avoir une vie saine, un peu comme un sportif de haut niveau, toutes proportions gardées bien entendu. Les cordes vocales, c'est un muscle que tu dois bichonner, auquel tu dois faire attention. J'ai dû travailler sur cela pour pouvoir aujourd'hui enchaîner deux ou trois concerts par semaine.

GUIDO: Tu seras présente sur quelques festivals cet été, tu apprécies cet exercice?

Typh Barrow: C'est naturellement un tout autre type d'ambiance par rapport aux concerts. Ce qui est génial déjà, c'est qu'on croise dans les backstages tous les potes de la scène musicale. L'ambiance est plus détendue, en général il fait grand soleil et les gens sont là pour profiter. En même temps, il y a aussi quelque chose de particulier à se dire que les gens ne viennent pas spécialement pour te voir, toi. Il faut réussir à aller les chercher même si le public de festival est toujours bienveillant et avide de découvertes.

Zoom sur l'aventure 'The Voice Belgique'

Cette année, l'emblématique BJ Scott a cédé son siège à sa copine Typh Barrow. Si certaines personnes avaient peur que la jeune chanteuse n'aie pas le charisme de la Mamma de l'émission, ils ont rapidement revu leur copie tant Typh Barrow a été à l'aise dans l'exercice. Mais que retient la néo-coach de cette saison riche en émotions? «Ce fut une aventure très riche, musicale évidemment, mais aussi très humaine. Je suis quelqu'un de très pudique et les émotions que j'ai vécues dans l'émission m'ont quelque peu pris de court (ndlr: on se souvient notamment de ses larmes lors du Duel entre Mattéo et Arthur). C'était parfois perturbant pour moi de me mettre à nu de cette façon. Ces moments étaient tellement beaux que je n'aurais pas pu faire autrement.

PHotos: (c) François Leboutte


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