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08/06/2020

BLANCHE: «Le processus de création de l’album a été long et épuisant»

Enregistré entre Londres et Bruxelles et fruit de nombreux mois de travail acharné, le premier album de Blanche est une réussite éclatante. Adolescente timide il y a trois ans, Ellie Delvaux nous recevait peu de temps avant sa prestation à l’Eurovision. C’est une jeune femme sûre d’elle qui a cette fois pris le temps de partager avec nous l’expérience de la composition et de l’enregistrement de son premier album.


Blanche: Ces dernières années ont été bien remplies. On pourrait s’imaginer que les artistes ne font que composer ou se produire en concert. C’est très loin d’être le cas. J’ai fait des choses très différentes durant cette période. J’ai passé pas mal de temps à composer, j’ai travaillé sur le côté visuel du projet, j’ai également fait pas mal de rencontres… Il y a aussi du travail administratif à certains moments.

GUIDO: Quand as-tu commencé à travailler sur les compos de l’album?

Blanche: Un mois après l’Eurovision, j’ai participé à un camp d’écriture organisé par Strictly Confidential (une division du label PIAS) avec Alice (On The Roof), Emma Bale, Noémie Wolfs et Tessa Dixson. Nous nous sommes retrouvées pendant trois jours avec plusieurs personnes avec pour but d’écrire des chansons. Il y avait des spécialistes dans l’écriture des paroles ou des mélodies et quelques musiciens. Les gens de chez Strictly nous avaient concocté un petit programme et nous avons ainsi toutes les cinq pu passer du temps avec chaque musicien ou songwriter. En partant de quelques notes sur un piano ou à la guitare, ou de quelques mots, d’idées ou encore d’images. Franchement, j’ai adoré. En trois jours, j’avais réussi à écrire mes premières ébauches de chansons alors que je n’avais jamais composé auparavant. C’était hyper efficace, et franchement excitant. En travaillant ainsi, tu te retrouves dans une atmosphère de travail très structurée, avec une super dynamique.

Trois rencontres déterminantes

GUIDO: Après avoir terminé ta rhéto, te lancer dans une carrière musicale s’est imposé comme une évidence?

Blanche: Lorsque City Lights est sorti, j’étais un peu perdue. J’avais très envie de me lancer dans une carrière artistique, mais cela me semblait tellement difficile d’en vivre, tellement irréalisable. À l’époque, j’ai vraiment tout envisagé. Le design, l’histoire, la sociologie, la musique… J’ai du mal à faire des choix, je suis très ouverte et j’ai beaucoup de doutes. D’ailleurs, je n’exclus pas de commencer des études supérieures plus tard. Tout est possible.

GUIDO: Ce camp d’écriture t’a permis de prendre confiance en toi en tant qu’artiste?

Blanche: Ces trois jours de travail m’ont vraiment boostée. J’ai alors senti que c’était possible et qu’il fallait que je m’accroche. Après ce camp d’écriture, j’ai participé à quelques sessions d’écriture dans un petit studio à Bruxelles. J’ai travaillé avec Pierre Dumoulin (leader de Roscoe et compositeur de City Lights) et Thomas Medard (The Feather). J’ai eu beaucoup de chances de travailler avec eux. Petit à petit, les choses prenaient forme.

GUIDO: Comment as-tu rencontré ces personnes?

Blanche: Pierre, c’est à The Voice qu’il m’a découverte. Il m’a contactée peu après et m’a proposé de travailler sur des maquettes. Qu’il a ensuite fait écouter au management de chez PIAS. Ce sont eux qui ont soumis City Lights au comité de sélection de la RTBF. Thomas, c’est un ami de Pierre… François Gustin (des Girls in Hawaii), je l’ai rencontré via Alexandre Pinchart, mon agent pour la scène. François a commencé à travailler avec moi en tant que musicien sur scène et producteur des chansons lors des concerts. C’est ensuite que l’on a commencé à travailler ensemble sur l’album.

GUIDO: Pierre Demoulin, François Gustin et Thomas Medard sont tous les trois des artistes expérimentés…

Blanche: Je sais que c’est un peu dingue et je mesure la chance que j’ai. La suite est également incroyable. Dans un second temps, le staff de PIAS UK m’a proposé de travailler avec quelques songwriters en Angleterre. À Londres principalement. Lorsque j’utilise le mot songwriter, je t’avoue que c’est parce que je ne sais pas trop comment appeler ces personnes. Des gens hyper polyvalents capables aussi bien d’écrire des mélodies de voix, de production à l’ordinateur… Vraiment full options! (rires) À Londres, ils ont blindé mon agenda et j’ai rencontré un tas de gens que je ne connaissais absolument pas. Avec pour but d’écrire des chansons. J’ai décidé de jouer le jeu à fond.

London Calling

GUIDO: Tu connais donc Londres comme ta poche aujourd’hui?

Blanche: Franchement, oui… Le métro londonien, on s’y fait rapidement. Attention, on ne m’a pas envoyé non plus n’importe où. J’ai travaillé avec des gens qui ont collaboré avec des artistes que j’admire tels que Soak, Mystery Jets, Aurora ou Billie Marten, mais tout cela a été organisé de manière vraiment épatante. Lorsque les sessions se passaient bien, j’avais également la possibilité de revoir ces gens plusieurs fois.

GUIDO: C’est ainsi que l’album a pris forme petit à petit…

Blanche: Cela n’a pas été simple. Il y a eu quelques changements au sein de l’équipe qui s’occupait de moi à Londres. Il y a eu des périodes très calmes ou qui paraissaient creuses. D’autres vraiment très intenses. L’objectif était clairement que je puisse enregistrer un album, mais mon label n’a jamais mis de pression au niveau d’une deadline particulière.

Non, leur but était de développer le projet, c’est pourquoi ils ont tenté de mettre les bonnes personnes sur ma route afin que je puisse trouver mon chemin en toute sérénité. Le processus de création de l’album a été long et épuisant. À un certain moment, je me suis sentie comme vidée, sans inspiration. Je n’arrivais plus à avancer et les sessions d’écriture ne donnaient plus aucun résultat. J’étais assez gênée. J’en ai parlé à l’équipe, et nous avons alors décidé ensemble de faire le tri dans le matériel afin de finaliser plusieurs morceaux.

GUIDO: Au final, même si le processus de création semble avoir été un peu laborieux, Empire est très cohérent…

Blanche: Je sentais tout de même vers où je voulais aller, vers quel style de musique. Durant les différentes sessions d’écriture, j’ai veillé à mettre un cadre, des balises. Le staff de PIAS m’a ouvert de nombreuses portes, et j’ai tenté de garder une ouverture d’esprit tout en sachant vers quoi je voulais aller. Lorsque les chansons étaient encore au stade de démos, il y avait un manque de cohérence, et c’est logique. Il y a ensuite eu un gros travail au niveau de la finalisation des chansons et de la production. Rich Cooper et François Gustin m’ont beaucoup aidée à ce niveau. Rich, je l’ai rencontré plusieurs fois lors des sessions d’écriture à Londres. Il a produit le titre Moment ainsi que la moitié des morceaux de l’album. François a produit les autres titres. Le mix et le mastering ont été faits par une même personne pour garder une certaine cohérence.

GUIDO: Tu as été couvée durant tout le projet. C’est assez génial, non?

Blanche: C’était loin d’être gagné d’avance. Je pense qu’il y a de moins en moins de labels qui font encore du développement de projet. Ils ont pris le temps de voir vers où j’étais capable d’aller, mais cela aurait très bien pu déboucher sur rien du tout.

La musique, une affaire de famille

GUIDO: L'artwork de l’album est très réussi. Tu as travaillé avec un directeur artistique?

Blanche: Absolument. Mon bookeur, Alexandre, m’a présenté un bonhomme assez extraordinaire: Ludovic Beun. Nous avons eu de nombreux échanges d’idées et il a réussi à traduire mes envies de manière très concrètes. Rien n’a jamais été imposé. Cela dit, ils ont dû être patients. Je sais que je peux être soûlante! (rires)

GUIDO: L’album a pour nom Empire. Tu te considères comme une impératrice?

Blanche: Non, je te rassure! (rires) C’est l’une des chansons-phare de l’album. Pour moi, ce mot évoque la construction de quelque chose de solide, qui implique beaucoup de monde, beaucoup de choses. Blanche, c’est un projet global qui englobe plein de gens. C’est moi qui suis au centre de tout cela, mais cela va bien plus loin que ma petite personne. Sur scène, nous serons trois (avec François et Brian, tous les deux membres des Girls in Hawaii), mais il y a de nombreuses personnes qui ont travaillé dans l’ombre et elles font toutes partie du projet. 

GUIDO: Tu chantes uniquement en anglais… Un choix ou une évidence?

Blanche: Depuis que je suis ado, je ne chante quasi qu’en anglais. Adele, London Grammar ou Birdy m’ont donné l’envie de chanter lorsque j’étais plus jeune. Et aujourd’hui, j’écoute surtout de la pop indé. J’adore des artistes comme Alt-J, RY X, Lorde, Ben Howard ou encore Tamino. Des artistes qui chantent en français, j’en écoute beaucoup pour l’instant - Fauve, Feu! Chatterton ou Christine & The Queens par exemple – mais je ne me vois pas chanter en français, c’est un monde différent et cela ne me correspond pas. En tout cas pas aujourd’hui.

GUIDO: Tu viens d’une famille de musiciens. Cela t’a aidé à trouver ta place dans ce métier?

Blanche: La musique occupe une place importante dans ma famille, depuis toujours. Ma grand-mère est pianiste et peintre. Ma maman également. Mon frère chante et joue du piano. Au départ, j’ai commencé à chanter pour copier mon frère. (rires) Petit à petit, je suis devenue une acharnée du karaoké. Seule, dans ma chambre, j’ai passé des heures à chanter, et cela m’a permis de découvrir comment utiliser ma voix. J’ai suivi quelques cours de chant, mais assez peu. C’est bête à dire, mais à force de chanter et rechanter des trucs, c’est clair que j’ai beaucoup appris. Je joue du piano et de la guitare, mais je ne me considère pas encore comme une bonne musicienne.

Blanche: Empire (PIAS)
Blanche sera en concert à l’Ancienne Belgique le 11 septembre 2020


Photo: (c) Marie Wynants


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