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27/02/2023

PIERRE DE MAERE: «Avec cet album, je veux prouver au public que je ne suis pas l'homme d'un seul tube»

Le 27 janvier est sorti Regarde-moi, le premier album ultra-attendu de Pierre de Maere. Après un single multidiffusé sur les ondes, le NRJ Music Award de la révélation belge de l'année et sa Victoire de la Musique, le chanteur belge ne cesse de faire parler de lui. Rencontre.


GUIDO: Dans quel état d'esprit es-tu depuis la sortie en janvier dernier de ton premier album Regarde-moi?
Pierre de Maere: Je me sens soulagé parce que c'est enfin derrière moi. Les deux, trois dernières semaines de production ont été un véritable enfer, avec des échéances qu'on n'a cessé de repousser. Oui, je sais, je m'y prends toujours à la dernière minute… On a donc passé deux semaines de nuits blanches absolues avec mon frère avec qui j'ai composé l'album. Je suis donc ravi d'une part d'en être débarrassé mais aussi soulagé et content parce que je suis fier de cet album.


«Je suis fier d'avoir remis la tendresse au goût du jour»


GUIDO: Après le méga-succès d'Un jour je marierai un ange, as-tu parfois eu la crainte de ne pas être à la hauteur des attentes du public avec les autres titres?
Pierre de Maere: C'est effectivement une question que l'on pourrait se poser. Personnellement, j'ai eu une chance folle que ce morceau ait connu une vie assez longue. Il a percé en juillet-août, quand l'album était déjà pratiquement écrit. Pendant le processus de création, je n'étais donc pas pollué par l'idée du tube qui doit être suivi par d'autres. Et j'ai envie avec cet album de prouver que je ne suis pas l'homme d'un seul tube.

GUIDO: Tu t'es fait connaître avec ton slogan Make Me Famous sur les réseaux sociaux. N'as-tu pas davantage besoin de reconnaissance que de notoriété?
Pierre de Maere: Cette phrase a pu irriter de prime abord, les gens ont dû penser que je me la racontais… À l'instar de mes idoles (Lady Gaga ou Stromae), j'ai envie d'écrire des chansons qui touchent un maximum de monde. Je n'ai pas envie de parler uniquement à un petit microcosme parisien, je trouve ça merveilleux de parvenir à être fédérateur. Avec Un jour je marierai un ange, je suis très fier d'avoir remis la tendresse au goût du jour.

GUIDO: Malgré un look rétro de dandy chic, on te sent quand même bien ancré dans cette époque…
Pierre de Maere: J'aime bien cette image de dandy moderne, avec des costumes croisés, une certaine façon d'être, le goût des belles choses… Même si je vis très bien dans cette époque et apprécie par exemple les réseaux sociaux, j'ai aussi un goût prononcé pour les années 70 ou l'Art nouveau. Il y a un certain anachronisme dans ce projet qui me correspond tout-à-fait.

GUIDO: C'était une volonté assumée d'écrire seul l'intégralité de tes textes?
Pierre de Maere: Je suis très lent, ce qui a fait stresser mon label par moments. Ils m'ont d'ailleurs souvent rappelé à l'ordre et ont proposé que des gens écrivent pour moi. Ça n'a pas fonctionné, les textes ne me ressemblaient pas. Inconsciemment, j'ai une façon d'écrire qui m'est propre, avec des mots très simples. Personnellement, je trouve le français plus musical quand on emploie des mots simples.
 

«Je suis un exhibitionniste des sentiments»


GUIDO: Tes premières chansons étaient en anglais, pourquoi avoir décidé de switcher rapidement vers le français?
Pierre de Maere: On m'a gentiment dit que je ferais mieux d'arrêter l'anglais! Ça m'a un peu vexé, d'ailleurs! (rires) Au départ, j'étais trop pudique pour chanter en français. C'est une véritable mise à nu de chanter dans sa propre langue. Le français a ce pouvoir sur moi; je deviens un exhibitionniste des sentiments. La chanson m'incite à écrire sur mes sentiments de manière totalement décomplexée. Et je vois cela comme une force.

GUIDO: Cette deadline qui se rapprochait dangereusement ne t'a-t-elle pas parfois bloqué dans l'écriture?
Pierre de Maere: Bloqué, pas vraiment même si ça m'a stressé de ouf. J'ai même parfois eu des tentations de facilité, que j'ai vite réfrénées. Et j'ai terminé l'album en étant fier de chaque titre, à peu près. Je ne me suis jamais laissé démonter par les échéances.

GUIDO: Même si la musique se consomme différemment actuellement, tu as mis un point d'honneur à garder une certaine fluidité entre les titres de ton album?
Pierre de Maere: C'était important pour moi d'avoir un album cohérent, avec un enchaînement entre les chansons. On a eu 5 à 6 tracklistings différents avant de trouver le bon enchaînement de l'album.

GUIDO: Tu es très actif sur Twitter où tu n'hésites pas à répondre directement aux haters. Ça t'amuse?
Pierre de Maere: Carrément. Twitter, c'est un superbe terrain de jeux où les gens sont sans foi ni loi. S'ils attaquent, on se doit de répondre, sans être méchant. Il y a certaines choses qui m'atteignent plus que d'autres. Quand on me traite de bobo de Saint-Germain-des-Prés par exemple, je n'en ai carrément rien à foutre parce que je sais que ce n'est pas le cas. Quand c'est vrai, c'est plus difficile à vivre… Je suis assez complexé de mes talents de vocaliste. J'ai une telle tessiture vocale que ce que je fais en studio est parfois difficile à assumer en live. Des sauts de gammes haut perchés, des allers-retours dans les aigus… En concert, il y a donc forcément des moments qui sont à côté. Je n'ai pas pris de cours de solfège, je suis autodidacte, il me reste donc toujours une sorte de complexe, une lacune à combler. J'ai le complexe du chanteur, vocalement je suis encore un peu à la traîne. Du coup, si on me dit sur Twitter que j'ai été faux du début à la fin du concert, je vais avoir tendance à le croire.

GUIDO: Cette année 2022 a quand même été dingue, avec des performances sur la Grand-Place de Bruxelles, aux NRJ Music Awards ou sur le plateau de Quotidien!
Pierre de Maere: J'ai été littéralement propulsé sur des scènes sans trop savoir quoi faire et sans rien y connaître!

GUIDO: Quel est le moment que tu as le plus kiffé?
Pierre de Maere: J'ai adoré chanter sur la Grand-Place, il y avait une telle ferveur dans la foule qui chantait en chœur ma chanson. J'y ai ressenti une énergie dingue.

GUIDO: Et le plus stressant?
Pierre de Maere: Ça doit être mon passage à Quotidien ou chez Ruquier. Les directs en télévision, c'est hyper compliqué, parce que tu sais que tu n'as qu'une chance et que tu es regardé par plus d'un million de personnes.

GUIDO: Désormais, tu es plus souvent à Paris qu'en Belgique?
Pierre de Maere: Je jongle entre les deux. Même si je suis plus souvent sur Paris actuellement.

GUIDO: Tu es donc finalement devenu un bobo parisien?
Pierre de Maere: Justement, non, je me suis installé dans le XIXème, qui est tout sauf bobo! C'est très mixte. Mais je n'ai pas vu ça comme un départ, étant donné que je reviens souvent à Walhain, chez mes parents. Ce qui est excitant à Paris, c'est qu'on a l'impression que tout s'y passe. Il y a beaucoup de fêtes. Je suis devenu fêtard cette année. J'ai été très sage pendant mon adolescence, je ne suis pratiquement jamais sorti, et là, ça y est, je rattrape mon retard! Je revis ma jeunesse en quelque sorte.

GUIDO: Tu as déjà eu l'occasion de faire quelques concerts en Belgique, en France et en Suisse. Il est comment, Pierre de Maere, avant de monter sur scène?
Pierre de Maere: Au départ, c'était horrible. Une de mes toutes premières dates (ndlr: en janvier 2022), c'était à la Maison de la Radio, à Paris. Je n'ai pas mangé quatre heures avant le show, j'étais paralysé et je suis arrivé sur scène en tremblant. Aujourd'hui, on n'en est plus là, heureusement. Au fur et à mesure que les dates passent, des automatismes se mettent en place et des points d'accroche te sécurisent. Je suis davantage en confiance.

GUIDO: On risque de te croiser dans les festivals cet été, c'est un exercice qui te plaît particulièrement?
Pierre de Maere: C'est à la fois un exercice excitant mais aussi compliqué. C'est très challengeant, car il faut aller chercher les gens qui ne sont pas spécialement venus pour toi. Mais ça s'est toujours bien passé pour moi. Et j'ai déjà hâte de retrouver le public cet été…
 

Les études de Pierre de Maere

À 18 ans, Pierre de Maere entame des études de photographie aux Beaux-Arts d'Anvers. Des études qui ne lui conviendront pas et qu'il arrêtera après une année seulement. «Je n'ai pas aimé le cursus des Beaux-Arts que j'ai trouvé trop axé sur le contemporain. Les profs racontaient des tas de choses auxquelles je ne croyais pas tellement. Il n'y avait aucune quête de beauté, d'esthétisme…» Même s'il n'a pas accroché au cursus, Pierre a quand même pu découvrir un nouvel univers en Flandre. «J'ai aimé la liberté sur place. Je kotais à Anvers, c'était excitant de découvrir une nouvelle ville même si je m'y suis retrouvé un peu trop seul. Alors que je suis quelqu'un de sociable, je n'ai pas réussi à m'y faire des amis. La langue n'a pas aidé, étant donné que je suis assez mauvais en anglais.»

Photo: © Marcin Kempski


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