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NICOLAS BUISSART: L'homme derrière le safari carolo
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NICOLAS BUISSART: L'homme derrière le safari carolo


Posté: 28/01/2010
Catégorie: Jobwatch


C'était il y a quelques mois. L'annonce d'un safari en terre carolo faisait l'effet d'une bombe. Non pas pour l'initiative en tant que telle, mais plutôt suite à l'annonce de détours pour le moins glauques, notamment la maison de Dutroux ou la rue la plus moche de Wallonie. Derrière cette provocation, on trouve un artiste culotté, Nicolas Buissart (29 ans), qui n'en est pas à une idée farfelue près. Nous avons décidé de donner la parole à cet amoureux de sa région (eh oui!) afin de comprendre les raisons qui l'ont poussé à vouloir mettre Charleroi en lumière.


C'est à deux pas du ring de Charleroi, dans la maison qu'il loue avec d'autres amis, que nous avons rencontré Nicolas. Comment cet apprenti boucher est-il aujourd'hui devenu un artiste provocateur qui multiplie les projets farfelus? Tentative de réponse ci-dessous.
 
Sa vie, son œuvre
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Nicolas a commencé sa carrière professionnelle par le métier de boucher! «Notre idée des carrières professionnelles possibles est souvent réduite à son entourage. Cela se limitait donc à mon village. J'ai certainement été impressionné par le boucher, ce qui m'a peut-être donné envie de suivre cette voie. A cette époque, j'avais une vision du milieu de l'art assez ennuyeuse. Des gens ennuyeux, souvent gays, élitistes, inabordables en quelque sorte.»
 
Après une expérience de barman à Londres où des touristes québécoises lui ont donné envie de se lancer dans l'art plastique, il revient à Charleroi suivre une formation de soudure. «J'ai directement trouvé un travail de ferronnerie, plus créatif que celui de boucher. Ce qui m'a permis de réaliser quelques créations en métal sur le côté.» Pendant la même époque, il suit des études de design à l'Académie des Beaux-arts de Châtelet, ensuite à Saint-Luc à Tournai. «C'est là que je me suis rendu compte que le milieu de l'art renfermait plusieurs caractères différents: des gens un peu moins créatifs, mais très minutieux, avec une patte et d'autres plus impulsifs et fous.» Inutile de préciser que Nicolas fait partie de cette dernière catégorie et a donc trouvé sa place au sein de l'école. Il finit même premier de sa promo, ce qui le motive à aller encore plus loin. Il devient dessinateur industriel, mais son caractère débordant ne supporte pas la hiérarchie de la profession. Direction l'Académie des Beaux-arts d'Anvers où il suit encore aujourd'hui des études d'In-Situ, art dans le milieu: «Je leur ai montré mon portfolio, ce qui a provoqué l'hilarité générale!» Parallèlement à ses études, en avril 2009, il crée Charleroi Adventure, un safari urbain dans la région de Charleroi (www.charleroiadventure.com).
 
L'art de la provoc'
 
Que ce soit sur la télé anglaise, néerlandaise, allemande ou française, jamais on n'avait autant parlé de Charleroi dans les médias! Mission accomplie donc pour Nicolas qui a lancé, suite à une rencontre avec Liv Vaisberg, le safari carolo en grandes pompes au printemps dernier. C'est donc par le biais de la provocation qu'il veut faire passer son amour du Pays Noir. Pourtant, le Charleroi Adventure ne se résume pas aux images glauques que certains médias ont privilégiées pour faire leurs gros titres. La navette emmène aussi les touristes dans divers lieux artistiques de la région: la maison où la mère de Magritte s'est suicidée, des espaces de créations comme BPS 22 ou le Vecteur et le Musée de la Photo. Sans pour autant oublier les arrêts plus insolites: le métro fantôme, le ring, l'ascension d'un terril ou la visite d'une usine désaffectée. «Quand un touriste arrive à Charleroi, il n'est pas facile pour lui de visiter l'agglomération sans se perdre. L'idée était donc de relier tous ces lieux par un safari en camionnette.»
 
Et quid de la Maison de Dutroux et de la rue la plus déprimante de Belgique? «Cette publicité autour des coins moches a été effectuée plus pour attirer l'attention qu'autre chose.» Une provocation qui a payé et qui a donc réussi à mettre les aspects plus artistiques de Charleroi en lumière. Une visite qui peut également se révéler didactique par moments. «Quand on monte sur le terril par exemple, on peut vraiment expliquer aux visiteurs les contrastes, les paradoxes de la ville. On est coincé dans un couloir de maisons et une fois en-haut du terril, on se rend compte que c'est tout vert. Il y a de superbes panoramas à Charleroi, de magnifiques vues de vallées, cachées par des murs d'1m50 ou des autoroutes urbaines bordées de maisons derrière lesquelles on peut trouver des champs. Ce qu'il faudrait parfois faire, c'est raser une ou deux maisons pour y faire une percée. Creuser des vues en quelque sorte.»
 
Tous les mois, une poignée de touristes investissent donc les moindres recoins de Charleroi, avec le succès que l'on connaît. Pourtant, ce n'est pas le but lucratif qui est recherché par Nicolas. «La camionnette nous coûte 50 euros, un pote nous imprime les T-shirts Charleroi Adventure, Ich bin ein Carolo ou Ik hou van Charleroi à des prix d'amis. C'est davantage dans l'optique d'ajouter cela à mon press-book plutôt que pour se faire de l'argent qu'on a lancé ce safari. Tout marche par ricochets dans le monde de l'art.» Et est-ce que le politique a déjà essayé de récupérer l'initiative? «On n'a encore eu aucune réaction de la part de la ville de Charleroi. Ils nient l'affaire. C'est un peu triste.» Qu'importe, son safari affiche complet à chaque sortie. Il n'y a donc pas de raison de s'inquiéter.
 
Plus d'infos sur www.nicolasbuissart.com
 
Ses autres délires artistiques
 
«J'avais lancé une tente pour les enfants qui n'a pas du tout marché. C'est un peu pour ça que je suis passé à une forme de terrorisme artistique. En un sens, ça ne sert à rien d'être trop gentil! En art, le succès arrive grâce à 90% de réseau et 10% de talent. Grâce à ces bêtises, j'ai pu au moins me constituer un réseau et me faire un nom dans le milieu.» Quelques exemples ci-dessous:
 
- Les Cabanes de Barakis: A l'arrière des maisons, il y a souvent un amas de cabanes, de constructions horribles. C'est un peu ça l'influence qui lui a donné envie de construire des Cabanes de Barakis dans divers lieux de Belgique, des constructions éphémères qui intriguent autant qu'elles fascinent. En partant de constructions assez repoussantes, le concept s'est développé et propose maintenant des maisons plutôt futuristes ornant par exemple des locaux à poubelles (voir photo).
 
Le bracelet à mayonnaise: Nicolas a imaginé la solution à tous les amateurs de paquets de frites. Plus besoin de demander sa sauce «à part» avec ce bracelet pouvant contenir notre sauce nationale! Il cherche actuellement quelqu'un pour distribuer son idée.
 
- Le Marcel qui se transforme en sac: Tu te balades en rue et tu décides à l'improviste de faire tes courses au supermarché du coin, mais tu as oublié ton sac? Pas de problème, ton Marcel se transforme en sac! Etant donné qu'il n'a pas déposé le brevet de cette trouvaille, l'idée s'est retrouvée chez un célèbre vendeur de vêtements.
 
- Mais encore: On citera aussi Milouxxx, le chien gonflable, les moufles pour brocanteurs, la fausse porte de garage pour avoir une place de parking en toutes circonstances ou le troisième bras pour pilier de bar plutôt bourré!
 


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Lors de son marathon promo à travers l'Europe, Sarah est passée par Bruxelles. Elle trépignait d'impatience de visiter la capitale européenne de la BD. «J'avais réellement envie de venir à Bruxelles,» nous confie-t-elle. «Tout à l'heure, j'irai d'ailleurs visiter le Musée de la BD et j'ai pu remarquer que plusieurs murs de la capitale sont ornés de personnages de BD. Super! Je suis une grande fan du style belge. On peut le remarquer dans mon œuvre: je suis plus



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