Image
09/11/2008

Thierry Cayman: «La BD, c'est quelque chose qu'on a dans le sang»

Dans la galerie des Dessous du dessin, alors que les gens tentaient vainement de s’abriter de la pluie qui tombait une fois de plus sur Bruxelles, j’ai pu rencontrer Thierry Cayman qui vient de reprendre le dessin d’une des séries de Jacques Martin, Jhen.

GUIDO: Comment en êtes-vous venu à la bande dessinée?
Thierry Cayman : Moi, la bande dessinée, c’est venu vers 13-14 ans. Ca vient aussi du fait que j’avais un papa qui travaillait chez Belvision, maison d’animation bruxelloise. Il est ensuite passé aux éditions du Lombard, qui publiait à l’époque Le journal de Tintin. J’ai démarré ainsi, comme amateur. Je n’avais jamais pensé à devenir auteur de bandes-dessinées, plutôt archéologue ou quelque chose comme ça. Professionnellement, ça a commencé un peu plus tard, quand j’étais à Saint Luc, en illustration. Je faisais toujours des BD à côté, et un jour mon père s’est dit qu’il montrerait toutes mes planches au rédacteur en chef de Tintin. Il a voulu me rencontrer et me donner ma première chance professionnelle. D’abord en faisant des histoires courtes. C’était très particulier, une planche tous les deux mois. J’ai continué pendant tout un temps mes études, pour finalement me jeter à l’eau définitivement. J’ai alors arrêté mes études à Saint Luc, et j’ai commencé professionnellement au Lombard.

GUIDO: Et les formations en bandes dessinées que l’on voit un peu fleurir partout, qu’en pensez-vous?
Thierry Cayman : La bande dessinée, cela peut peut-être s’apprendre, mais ça doit surtout être quelque chose qu’on a dans le sang. On doit avoir envie de développer quelque chose qui plaise aux gens, de faire partager. Alors, même si on peut y apprendre beaucoup, surtout pour tout ce qui est technique, un coup de crayon ne s’y apprendra pas. Il faut aussi essayer de pouvoir rencontrer des auteurs confirmés qui peuvent aider les jeunes à se développer et peut-être un jour exploser dans la bande dessinée, ce qui est très difficile de nos jours…

GUIDO: Plus difficile que lorsque vous avez commencé?
Thierry Cayman : Ça a très fort changé. Dans les années 80, on avait encore la possibilité de passer par les journaux, c’était une espèce de rodage avant de faire son premier album. On apprenait son métier dans le journal. C’était formidable car on avait déjà les critiques des lecteurs, mais aussi les encouragements des anciens qu’on rencontrait dans les couloirs. Les blogs peuvent partiellement remplacer ça. Les jeunes peuvent ainsi montrer leur travail et je sais que certaines maisons d’édition s’y intéressent très fort.

GUIDO: Et l’informatique, comme outil pour le dessin?
Thierry Cayman : Moi, je dessine toujours à la main, mais par contre, je me sers des ordinateurs pour la mise en couleurs. C’est quelque chose de très puissant qui permet de faire certaines choses qu’on ne peut faire à la main.

GUIDO: Comment Jhen vous est tombé dessus?
Thierry Cayman : C’est une commande des éditions Casterman! Sachant que j’ai une passion de longue date pour le Moyen-âge, ils m’ont proposé de reprendre cette série qu’ils voulaient relancer. Pleyers (ndlr: le précédent dessinateur de la série) avait un dessin qui m’a toujours intéressé et souvent servi de modèle pour d’autres projets. J’ai fait une série de croquis et Casterman m’a accepté. C’est un peu effrayant de reprendre ce genre de série. Il faut se documenter énormément, reprendre les personnages, tout en ne trahissant pas le dessin de Pleyers. Petit à petit, j’ai travaillé dans mon style, même s'il est très différent de ce que je fais d’habitude.

(JCVH)

  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider

Jobs in the picture





 

GUIDO SA est l'entreprise média de niche numéro 1 en Belgique vers le groupe-cible des jeunes (les étudiants en particulier), les écoliers et les young starters.

Bruiloftstraat 127, 9050 Gentbrugge
Tel.: +32 (0) 9 210 74 84