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12/10/2015

Et si tu investissais dans un kot à Louvain-la-Neuve?

Alors qu'il était encore étudiant en sciences du travail, Alexandre Mortier a créé sa société en février dernier. À la base de son projet, une idée toute simple et pourtant révolutionnaire: permettre à tout un chacun d'investir des parts dans des kots à Louvain-la-Neuve, via un système de crowdfunding. Il détaille en notre compagnie la genèse de sa petite entreprise.


GUIDO: La fibre entrepreneuriale a-t-elle toujours été en toi?

Alexandre Mortier: Je n'avais pas le caractère pour devenir employé, je pense. Après quelques stages, notamment chez Delhaize, j'ai bien remarqué que je n'appréciais pas me "laisser diriger". Par contre, lancer un nouveau concept, ce n'était pas mon but premier, contrairement à la création de ma propre entreprise qui me tenait réellement à cœur. Déjà dans mon enfance, je faisais du commerce avec des images Panini!

 

Le rendement immobilier pour toutes les bourses

 

GUIDO: Pendant tes études, tu as donc imaginé le concept de Kotinvest qui permet à ceux qui le désirent d'investir des parts dans des kots à Louvain-la-Neuve…

Alexandre Mortier: Au départ, nous étions deux, mon cokoteur et moi, mais il a vite arrêté quand le projet a pris davantage d'ampleur.

 

GUIDO: Détaille-nous le concept de Kotinvest en quelques mots.

Alexandre Mortier: Au départ, ma société achète des kots et en devient donc propriétaire. Ensuite, je permets à des personnes, qui n'ont pas 60.000 ou 100.000 euros à investir dans l'immobilier, d'injecter des parts (par tranches de 1000 euros) sous forme de prêt et ainsi de recevoir une quote-part des revenus locatifs (4% garantis cette année). En résumé, j'ouvre le rendement immobilier à toutes les bourses. Il y a même des étudiants qui ont déjà investi chez moi.

 

GUIDO: On suppose quand même que ce ne sont pas majoritairement des étudiants qui investissent dans Kotinvest?

Alexandre Mortier: Ce sont surtout des gens entre 35 et 60 ans qui, comme mes parents, n'ont pas les fonds nécessaires pour investir dans l'immobilier, même s'ils ont des bons salaires. Des personnes qui ont un petit patrimoine qu'ils ne veulent pas risquer d'investir en bourse. Il y a même une petite dame de 83 ans qui a mis une partie de son patrimoine chez moi.

 

GUIDO: Pourquoi cette idée et pas une autre?

Alexandre Mortier: Personnellement, j'ai toujours voulu investir dans l'immobilier, notamment quand je suis rentré à l'unif en voyant le loyer que je payais. N'ayant pas les 60.000 euros de départ nécessaires à acheter un kot, je me suis alors dit que ce serait bien de créer une société qui permet d'injecter des sommes moindres dans l'immobilier. Kotinvest part aussi d'un double objectif: redonner du pouvoir d'achat aux gens et rénover les kots.

 

GUIDO: Tu es donc le propriétaire de ces kots…

Alexandre Mortier: Oui, je m'occupe de tout, c'est ma société qui prend tout en charge s'il y a des dégâts locatifs ou des retards de paiement. J'ai acheté le premier kot avec un crédit et mes fonds propres. Et j'essaie toujours de les louer à des prix raisonnables pour le marché.

 

Envoyer des mails à quatre heures du matin

 

GUIDO: As-tu éprouvé des difficultés à jongler entre ton statut d'entrepreneur et tes études?

Alexandre Mortier: Pour être honnête, je n'allais déjà pas aux cours avant de lancer ma société! Ça n'a donc pas vraiment posé de problème pour moi. Selon moi, c'est aussi plus facile de créer son entreprise quand on est encore étudiant et non employé. Quand on est employé, il faut se lever le matin, on est en quelque sorte dans une routine. Moi, en tant qu'étudiant, il m'est souvent arrivé d'aller boire un verre jusqu'à minuit et de répondre ensuite aux mails à deux heures du matin! Il y a même une cliente qui m'a félicité de mon assiduité au travail, après qu'elle ait reçu un document de ma part à quatre heures du matin! C'est plus facile de jongler entre les deux maintenant que je suis étudiant plutôt que si j'étais déjà employé.

 

GUIDO: Que pensent les autres étudiants de ton parcours professionnel?

Alexandre Mortier: Dès que je raconte à d'autres personnes mon expérience, ils pensent immédiatement que je gagne des sommes astronomiques, que je suis indépendant financièrement et que je n'ai plus besoin de personne. Je dois alors leur expliquer que ce n'est pas le cas et que ce n'est pas comme ça que ça marche. Même si ça ne change rien pour mes amis proches, le regard des gens a un peu changé sur moi. Dès qu'on leur dit que j'ai créé mon entreprise, ils veulent immédiatement en savoir plus, cela titille leur intérêt, plus que si j'étais un étudiant "lambda".

 

GUIDO: Qu'est-ce qui te prend le plus de temps: dénicher des investisseurs ou t'occuper de la location des kots?

Alexandre Mortier: C'est quand même plus difficile de trouver des investisseurs que de gérer les kots au jour le jour. Pour les kots, je dois uniquement vérifier si je suis bien payé en temps et en heure. En ce qui concerne les investisseurs, c'est la quête continue pour en trouver des nouveaux.

 

Un proprio qui ne cherche pas à s'enrichir à tout prix

 

GUIDO: Les étudiants qui louent tes kots sont-ils au courant du concept de Kotinvest?

Alexandre Mortier: Oui, ils sont au courant, en tout cas deux de mes trois locataires. Ils voient alors que leur propriétaire n'est pas quelqu'un qui cherche à s'enrichir à tout prix et qui cherche à rénover les kots pour un loyer à un prix abordable.

 

GUIDO: Avoir un propriétaire qui est encore étudiant, ce n'est pas commun!

Alexandre Mortier: Il m'est arrivé, alors que je faisais visiter le kot, qu'une fille me demande si c'étaient mes parents qui louaient l'appartement! À ses yeux, j'ai bien compris qu'elle pensait que j'avais gagné à l'Euro Millions ou un truc du genre! (rires)

 

GUIDO: Comptes-tu continuer à gérer Kotinvest en tant qu'activité complémentaire ou à terme en faire ta principale source de revenus?

Alexandre Mortier: Évidemment, si je commence à posséder cinquante kots, ça deviendra inévitablement mon activité principale. Par contre, avec dix ou quinze kots, ça peut encore se gérer comme activité complémentaire.

 

Plus d'infos sur www.kotinvest.be


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