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Marc Radelet: Attaché de presse
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Marc Radelet: Attaché de presse


Posté: 29/07/2007
Catégorie: Jobwatch


Marc Radelet nous avertit dès le début de l'interview: « En fait, je n'ai qu'un seul boulot: attaché de presse. Boulot qui est divisé en deux parties distinctes: attaché de presse pour des grands festivals tels que les Francofolies de Spa et attaché de presse pour des artistes comme Vincent Venet, Mud Flow ou Marie Warnant ».

En ce qui concerne les artistes, le métier de Marc consiste à faire la promotion de celui-ci, de son CD et de la tournée qui va avec. C'est exactement la même démarche, mais appliquée de manière différente, qu'il mettra en place pour promouvoir les festivals en question. Ceci étant dit, nous pouvons commencer notre discussion sur les ficelles du métier d'attaché de presse…

Itinéraire d'un enfant du rock

Evidemment, pour être performant dans ce domaine, il faut établir des réseaux et des contacts privilégiés avec la presse. Quand on ne part de rien, il est certainement difficile de s'engager dans cette voie. Alors, comment on commence sa carrière d'attaché de presse? « Il faut savoir que j'ai toujours eu un pied dans la musique depuis l'âge de 15 ans. J'ai commencé comme musicien, je faisais de la batterie. J'avais donc déjà à l'époque des contacts avec les musiciens et les organisateurs de concerts. »

Ensuite, par le biais de ses études en journalisme, Marc a été rapidement amené à faire des stages: « J'étais correspondant, il m'arrivait donc d'aller dans des concerts et de faire des interviews d'artistes. » De fil en aiguille donc, il décide alors de rester dans le domaine de la musique, mais de passer de l'autre côté, en tant qu'attaché de presse, pour le Forum à Liège en premier lieu. Pour ce faire, Marc est obligé d'opter pour le statut d'indépendant: « J'ai d'abord commencé en tant qu'indépendant personne physique avant de lancer ma propre SPRL. Je propose donc mes services comme sous-traitant à quelqu'un qui organise un festival, par exemple. »

En 1994, quand les Francofolies sont arrivées en Belgique, Marc n'a pas hésité très longtemps avant de les contacter et de proposer ses services. « Les Francos m'ont évidemment permis de rencontrer beaucoup de monde et d'élargir mon audience. Comme Pierre Rapsat par exemple que j'ai suivi tout au long de sa carrière. »

De Pierre Rapsat à Mud Flow

Etant donné son goût pour la musique, Marc n'a pas eu de problèmes particuliers à se mettre dans la peau d'un attaché de presse: « Faire la promo de ces artistes a toujours fait en quelque sorte partie de moi ». Bien que ses études en journalisme l'ont aidé pour la rédaction de communiqués de presse, il lui a fallu un certain temps avant de se constituer un épais carnet d'adresses, la base du métier d'attaché de presse. « Désormais, en Belgique francophone, je suis très au fait, je sais qui fait quoi, je suis ça de très près. »

Certains artistes ne voient pas la promo d'un très bon œil, comme par exemple Mud Flow qui nous ont expliqué que la promo n'était pas trop leur business. « Ils sont tous de bonne volonté, ils font tout ce qu'on leur demande de faire même si ce n'est pas ce qu'ils préfèrent. Ce qui est clair, c'est que ce ne sont pas des artistes qui s' auto-vendent comme d'autres peuvent le faire. »

Autre artiste notoire avec qui Marc a collaboré: Pierre Rapsat , qui reste encore aujourd'hui un des grands monuments de la chanson française en Belgique. « J'ai travaillé plus de dix ans avec lui. J'ai un peu appris le métier avec lui, étant donné que la première promo que j'ai faite, c'était la sienne. Il s'est montré très coopérant, m'a soutenu, m'a donné des conseils. Ce fut une très belle manière d'apprendre son métier en tous cas. »

Tributaire du choix des médias

Tout est-il toujours aussi rose dans le milieu de la musique? N'est-il pas possible de lui trouver quelques petits défauts? « Le milieu de la musique est parfois un peu coupé du monde, où chacun a ses petites priorités. Il est quelque fois étonnant de voir que des programmateurs de radio écoutent certaines choses, et de cette manière-là. C'est parfois un peu frustrant de constater qu'une chanson n'arrivera pas sur telle ou telle chaîne de radio parce qu'elle ne convient pas à un certain nombre de conditions. Ce n'est pas toujours facile d'être en phase. Il est important de savoir que les programmateurs de BelRTL n'écouteront pas de la même façon que ceux de PureFM , par exemple. » Le métier de Marc est donc d'arriver à sentir tout ça et de savoir où placer telle ou telle chanson. Son but ultime étant évidemment de faire connaître l'artiste du public, et pour cela le chemin obligé, ce sont les médias qui le diffuseront sur leurs canaux.

« Le plus important, c'est de connaître le terrain. De savoir qui il faut aller trouver. On offre quelque chose, que les médias prennent ou ne prennent pas. On est quand même toujours tributaire du choix des médias. Moi, je peux garantir que les gens importants recevront l'album, mais je ne peux pas garantir qu'ils vont le promouvoir ou même en parler. C'est laissé à leur objectivité. » Il y a donc toujours une part d'inconnue dans le métier d'attaché de presse qui peut parfois entraîner une certaine frustration par rapport à certains choix des médias. « On a parfois travaillé durant un certain temps pour promouvoir un artiste et on se rend compte que l'impact est très réduit dans les médias. Chaque nouveau projet doit faire face à ce genre de réactions. »

Peu de critiques gratuitement méchantes

Un attaché de presse est aussi confronté aux critiques musicales des artistes qu'il promeut. Ces critiques sont-elles toujours justifiées? « En Belgique francophone, on a la chance d'avoir des médias mesurés. Ils essaient quand même de soutenir les artistes belges. Cela fait assez longtemps que je n'ai plus été confronté à une critique simplement méchante de la part d'un journaliste. »

Etant donné la difficulté pour les artistes francophones de passer la frontière linguistique, Marc délègue alors cette responsabilité à un attaché de presse néerlandophone qui gèrera au mieux les médias du Nord du pays qu'il connaîtra un maximum. « Les médias flamands ne se mobilisent pas forcément pour des artistes francophones. Ils sont très critiques, parfois trop. »

Dans les festivals, le boulot de l'attaché de presse est très étendu: la préparation des accréditations pour les journalistes, l'encodage du badge, répondre aux questions des journalistes, faire l'intermédiaire entre les maisons de disque, les agents et les journalistes pour organiser des interviews, organiser des conférences de presse, veiller à ce que tout soit en ordre, …

Alors qu'il avait entamé une carrière de batteur auparavant, Marc Radelet ne regrette en rien d'être passé de l'autre côté du rideau. S'il ne retient que du positif, il reste lucide et sait que ce n'est pas ce travail qui lui apportera la richesse: « ç a reste difficile. Je suis content quand j'arrive à équilibrer en fin d'année. Comme c'est plutôt un service, je ne ferai jamais fortune. Si l'artiste avec qui je travaille fait un grand succès, je ne m'enrichis pas, je ne suis pas producteur. Je serai juste satisfait de mon boulot et très fier de lui, ce qui est déjà pas mal!»

(SD)



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