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04/04/2004

JULIEN POHL, photographe

Notre série "Career Start" s'intéresse de plus près à l'entrée des étudiants dans le monde du travail et à la difficile transition entre l'aspect théorique des études et celui plus concret de l'emploi. Dans ce numéro, nous avons porté notre attention sur le métier de photographe sur base du parcours de Julien Pohl, 30 ans.


Julien: Après mes études secondaires, j'ai commencé par des études de communication sociale à l'IHECS. J'ai choisi la section 'Animation socio-culturelle et éducation permanente', une section branchée sur le culturel et le social. Ensuite, j'ai fait différents stages dans le cinéma en tant que régisseur. Le hasard a alors fait que j'ai trouvé un poste de chargé de relations publiques dans un Ministère. A ce moment-là, je n'avais pas encore trouvé ce qui me correspondait le mieux. Donc, pendant ce boulot, j'ai suivi des cours du soir à l'Ecole de Photo de la ville de Bruxelles.


Naissance d'une passion

GUIDO: N'était-ce pas trop difficile de se lancer dans de nouvelles études avec un boulot sur le côté?
Julien
: L'horaire était un peu lourd, vu que je travaillais toute la journée. Les cours étaient dispensés à raison de 3 à 5 jours par semaine, de 6 heures à 9 heures 30. Comme la photo était une passion depuis longtemps, je me suis dit que c'était l'occasion de réorienter ma formation vers un domaine qui me convenait mieux. J'avais besoin de quelque chose de plus artistique, de plus créatif. Je ne voulais pas un boulot qui m'impose un règlement ou des heures de travail bien précises.

GUIDO: La photo a donc toujours eu une place prédominante dans ta vie…
Julien
: J'ai toujours été branché par les arts plastiques, tout a commencé lors de ma petite enfance. Je suivais des cours de dessin et vers l'âge de quatorze ans, j'ai reçu l'appareil photo de mon père, c'est l'ensemble de tout cela qui m'a donné envie de faire ce métier.

GUIDO: Pourquoi ne pas avoir suivi des cours de photo dès le début de tes études?
Julien
: A la fin de ma rhéto, la photo était une des possibilités que j'avais envisagée. A cette époque, mon beau-père travaillait aussi dans le domaine de la photo et m'en avait un peu dissuadé. Il me répétait sans cesse que ça n'allait m'amener que sur des voies de garage. J'ai donc mis ma passion entre parenthèses et je me suis lancé dans des études qui a priori m'auraient ouvert plus de portes.

La photo est une langue étrangère

GUIDO: Comment sont organisées ces études?
Julien
: La première année est consacrée principalement aux cours théoriques (chimie, physique, optique, esthétique, gestion, …), on a commencé à faire du studio en deuxième année pour apprendre à construire l'éclairage, à manipuler la chambre technique, … Il n'y avait pas d'option spécifique à suivre, les différences d'approche de la photographie varient plus d'école en école. Par exemple, on était majoritairement branché studio alors que le 75 était plus axé sur les reportages.

GUIDO: Quel regard portes-tu maintenant sur ton apprentissage?
Julien
: Je pense avoir été bien formé au niveau technique, peut-être moins sur le plan artistique. Si on compare à l'école de photo de La Cambre, on n'a pas vraiment eu de formation artistique. On attendait plus des démarches personnelles de notre part, comme aller voir des expos par exemple. Tous les arts concourent à former un regard de qualité, que ce soit le cinéma, le théâtre, la photo ou la peinture.

GUIDO: On dit de la photographie que c'est un milieu très restreint, n'est-il pas alors trop difficile de se dégoter du boulot une fois son diplôme en poche?
Julien:
C'est le discours qu'on nous a toujours tenu durant nos études, on nous ressortait des phrases comme "la majorité d'entre vous ne fera jamais de la photo" ou "vous travaillerez dans un magasin". La difficulté du milieu, c'est qu'on ne trouve pas d'emploi par les petites annonces. On trouve principalement par le bouche-à-oreille ou par les contacts qu'on se fait au fur et à mesure. Il y a donc aussi la notion d'être au bon moment au bon endroit. Pourtant, l'image est omniprésente, on a besoin de la photo partout. Le problème, c'est qu'on n'a pas partout l'argent pour payer les photographes. Cela me fait penser à une phrase que j'ai lue quelque part: "La photo est comme une langue étrangère, tout le monde pense savoir la parler, mais c'est quand même un peu plus complexe que ça". Tout nécessite une formation.

GUIDO: Quel a été ton parcours personnel?
Julien
: Personnellement, j'ai eu beaucoup de chance car je n'ai pas dû beaucoup chercher. J'allais souvent chez un photographe déposer mes films. On a lié connaissance et, de fil en aiguille, il m'a proposé un job chez lui quand j'ai quitté mon boulot pour m'investir pleinement dans la photo. Parallèlement, j'ai été contacté pour faire des photos de spectacles, ce qui faisait partie de mes rêves. Je suis donc passé indépendant complémentaire pour avoir le statut légal pour pouvoir travailler et vivre en tant que photographe. J'ai alors rencontré d'autres gens qui m'ont proposé d'autres boulots. C'est un peu comme une tache d'huile, on commence un petit truc et ça prend ensuite des proportions plus importantes.

Passer des photos alimentaires à ses propres rêves

GUIDO: Ce n'est pas trop stressant de s'installer en tant qu'indépendant?
Julien
: Oui, on ne sait en effet pas de quoi l'avenir sera fait. J'ai la chance d'être à moitié salarié, j'ai toujours cette sécurité. On n'a quand même pas trop de droit à l'erreur. Comme c'est un milieu où tout le monde se connaît par le bouche-à-oreille et où on est recommandé par quelqu'un, il ne faut pas faire trop de faux pas. J'ai aussi l'impression que tout le monde doit passer par là, doit galérer pour finalement y arriver.

GUIDO: Beaucoup de gens se sentent attirés par la photographie et rêvent de grands reportages, quels conseils leur donnerais-tu?
Julien
: Je suis encore un peu jeune pour pouvoir donner de bons conseils. Il y a encore beaucoup de choses que je ne connais pas dans ce milieu et que je dois apprendre avant de pouvoir tirer des conclusions. Il faut bosser dans les milieux qui nous tiennent à cœur, la passion est nécessaire pour se donner à fond. Il faut être complètement mordu. Il faut aussi avoir un sens artistique, avoir un certain regard et s'intéresser à ce que les autres font. En plus, il faut aussi faire preuve de débrouillardise et avoir des rêves qu'il faut toujours essayer de concrétiser. Un brin de réalisme est aussi nécessaire pour se rendre compte qu'il faut accepter de faire des photos alimentaires et ensuite faire ce qui nous intéresse le plus. Ce n'est jamais gagné d'avance.

GUIDO: Quel serait pour toi le futur idéal?
Julien
: Evidemment ne faire que des choses qui me tiennent réellement à cœur. Pouvoir m'investir totalement dans les photos que j'ai envie de faire et ne pas devoir encore faire des photos alimentaires. Le spectacle me tiendra toujours à cœur, mais également les grands reportages de société. Je souhaiterais entrer dans une réalité, l'appréhender petit à petit et essayer de la retransmettre en photo. La seule façon de bien retransmettre une réalité est de bien la maîtriser. Aussi développer un univers qui me serait propre dans les portraits en studio. J'y touche déjà avec des amis via un projet axé sur le numérique. La photo est un monde en perpétuelle mutation, on note des différences par exemple entre la technique argentique et numérique. Au niveau de l'investissement, il est aussi important de savoir dès le début vers quelle technique on va décider de se tourner. Il faut se poser beaucoup de questions avant de lâcher les billets.

(SD)

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